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13/01/2021

Si tu m'aimes...

Tes yeux tu sais je m’en fous

Qu'ils soient bleus verts, qu’ils soient fous

Qu’ils soient perdus sur l’horizon

Ou qu’ils se perdent sur le plafond

 

Tes yeux et puis aussi tes seins

Même si j’aime y poser mes mains

Qu’ils me remuent lorsque tu danses

Tes seins au fond je m’en balance

 

Comme ton ventre tendre et soyeux

Comme l’étoile file sous le vœu

N’est rien d’autre qu’un gîte d’étape

Cette peau tendre je m’en tape

 

Et le creux charmant de tes reins

Fosse profonde et ronds si pleins

A t’il le don de m’inspirer

En fait j’en ai rien à cirer

 

Et la longueur de tes cuisses

Cette chair ambrée ce délice

Qui ferait chanter les poètes

Moi tu vois je m’en bats les couettes

 

Tes paumes roses comme tes fesses

Comme un rêve chaud de caresses

Où parfois mon bonheur se niche

Si tu savais comme je m’en fiche

 

Je me fous de ce que tu es

Je me fous de ce que tu hais

Tu n’es que ce miroir menteur

Où je me vois comme une erreur

 

Mais si tu m’aimes je prends tout !

 

D.L 13 09 2005

 

 

Écrit par BONTEMPS dans Humour, Texte | Lien permanent |  Facebook

23/03/2018

Nouvelle norme (nouvelle)

Madame Jourdain, comme chaque jour attend le tram pour rentrer chez elle après avoir fait ses commissions. Elle est retraitée déjà depuis longtemps, une retraitée veuve et tranquille qui vit seule dans ce petit immeuble du centre un appartement rénové, confortable et silencieux. Elle fait ses courses le matin assez tôt, à une heure à laquelle il n'y a que peu de clients. Comme ça elle n'emmerde personne en bloquant la caisse, en fouillant son porte-monnaie. Elle est gentille de nature madame Jourdain, elle l'a toujours été, une gentillesse et un patience qui paraissent sans limite.

 

A cette heure là les trams passent plus rarement, il n'y a pas la grande foule pour l'attendre. Il n'y a même personne sous l'abribus. En tirant d'une main son caddie et en tenant de l'autre son sac à main, elle s'installe sur le banc, au milieu, pourquoi pas... Il fait beau, le temps est sec et frais, le ciel à peine décoré d'un ou deux petits nuages blancs. Elle apprécie madame Jourdain parce qu'hier encore il a plu, qu'il pleuvait déjà depuis une semaine, une brouillasse collante, pénible, qui piquait les yeux et bloquait le regard. Alors elle a le sourire madame Jourdain même quand elle voit s'approcher cette bande d'adolescents bruyants et rigolards. Elle les a déjà vu, au même endroit, ce sont des lycéens qui prennent le tram pour rejoindre leur école. Sept garçons fringués dans le même style, les futals de jeans déchirés, trop courts et trop serrés, le même genre de blouson brillant sur des sweat-shirt couverts de publicités, des chaussures de sport pour parfaire l'uniformité. Ils ne paraissent pas méchants, juste un peu trop de forfanteries, d'escalade dans la bêtise mais ça leur passera, forcément.

 

Ce jour là ils sont peut-être un peu plus provoquant qu'à l'habitude, surtout un, un grand dépendeur d'andouilles à grande gueule qui est le seul à faire entendre sa voix, les autres laissant éclater des rires sonores. Ils entrent tous sous le auvent de l'abribus, ils se bousculent en riant encore. Le dépendeur d'andouilles s'adresse à madame Jourdain :

 

-Ça vous dérange pas qu'on se pose ? Ma copine est enceinte...

 

Il n'a pas fini sa phrase que groupe entier se tient les côtes d'un faux rire énervant, pénible. Madame Jourdain se garde bien de répondre. Elle aime ordinairement bien les jeunes en général et ceux qui habitent son immeuble en particulier, bien sûr. Ils sont sympathiques et attentifs, ils ne manquent jamais de la saluer lorsqu'ils se croisent dans les escaliers. Peut-être que dans la rue ils sont comme ceux-là ? Elle préfère ne pas le savoir. Les jeunes s'installent sur le banc, pas tous mais un de chaque côte d'elle et au plus près. Elle hésite à jouer des coudes. Pendant ce temps là la grande gueule, fière de son succès, continue sur sa lancée :

 

-Ben quoi ! Elle n'est pas là, ma copine, mais ça l'empêche pas d'être enceinte ! Et il rit de plus belle, fier de sa blague.

 

Lassée, son sac à main coincé sous le bras, traînant son caddie à roulettes, madame Jourdain se lève et s'éloigne sous les rires mais elle ne va pas loin avant de s'arrêter. D'ailleurs, plus haut sur l'avenue elle aperçoit le tram arrêté à la station précédente. Elle ouvre son sac à main, elle semble fouiller à l'intérieur, chercher quelque chose. Mais finalement elle hausse les épaules et elle attend. Et puis, de l'autre côté des rails, un peu plus haut, ils ont vu un aveugle qui venait vers eux assez vite en tâtonnant avec sa canne blanche. Un homme d'une quarantaine d'années qui marchait d'un bon pas rapide. Le seul ado bavard jusque là, le dégingandé, s'est levé pour voir où en était le tram qui arrivait :

 

-Il va se payer le tram ! Je parie cinq thunes !

 

Les autres se sont levés aussi, ont calculé la vitesse du tram, celle de l'aveugle et, tous les six, ont déterminé que l'homme avait le temps de les rejoindre avant l'arrivée du tram, ils ont parié. Ils ont détourné leur attention de madame Jourdain, ils l'ont proprement oublié, fascinés par leur jeu horrible, impatients de gagner, ou de perdre...

 

Le bout de la canne est passé au dessus du premier rail sans le toucher mais il n'a pas manqué le second. L'homme a donc suivi ce rail, se pensant à l'extérieur de la voie en se dirigeant vers la station. Le tram arrivait, il l'entendait très bien, il avait l'habitude de l'endroit où il le prenait presque quotidiennement. Mais d'habitude il arrivait plus tôt, il attendait sous l'abribus. Il savait au bruit le moment précis auquel il devait faire un pas en arrière pour s'écarter et laisser passer la machine sans prendre de risques. Il était sûr de lui. Des personnes qui venaient d'arriver à l'arrêt lui ont crié de faire attention, d'avancer vite. Madame Jourdain a crié aussi.

 

L'homme a fait ce pas en arrière qui lui a permis de s'arrêter au beau milieu entre les rails.

 

Le tram s'est arrêté à la gare, l'aveugle avait disparu après avoir roulé sous les roues, sous l'engin ensuite et sous le regard horrifié de toute l'assistance, y compris devant le groupe d'ados ordinairement prompts à la rigolade mais qui -sur le coup- ne riait plus. Mais, toujours par crânerie, la grande gueule a aussitôt repris l'ambiance en mains. Il a demandé le pognon aux perdants en rigolant, en disant qu'il avait gagné, qu'il n'y avait rien à dire, fallait raquer ! Par les portes du tram quelques personnes sont descendues, qui n'avaient rien vu, pendant qu'une voix électronique annonçait le nom de la station. Les derniers arrivants se sont dépêchés vers le tram. Les jeunes étaient tous alignés le long du trottoir, prêts eux aussi à monter dans le wagon. Madame Jourdain s'est approchée, la main dans son sac, elle a sorti un pistolet, un bel objet noir, luisant, elle a levé le bras, très vite, elle a tiré, deux fois.

 

Ils sont cinq à être tombés. Les deux qui restaient debout sont partis en courant pendant que madame Jourdain rangeait sont pistolet dans son sac et qu'elle grimpait dans le tram. Celui-ci -automatique- est parti vers la station suivante, abandonnant sur la chaussée le cadavre horriblement mutilé de l'aveugle -une jambe avait disparu, certainement coincé sous le tram, ainsi qu'une bonne partie de la calotte crânienne qui laissait ainsi s'échapper de la matière cervicale mêlée avec du sang, le tout s'écoulant à côté des rails- de l'homme qui n'avait fait qu'une petite erreur...

 

Sous l'abribus, le dépendeur d'andouilles à grande gueule ouvrait grand la bouche. Il perdait son sang peinardement. La balle était entrée par une oreille avant de sortir par le cou et de remplacer l’œil de son voisin par un trou sanglant. Le troisième de la file avait reçu la deuxième balle entre les deux yeux et était tombé sur ses copains qui étaient derrière lui, qui étaient tombés à leur tour et qui, pétrifiés par la trouille n'osaient pas bouger.

 

Des curieux s'approchaient maintenant, ils étaient plusieurs, téléphone portable en main à faire des photos qu'ils envoyaient déjà sur les réseaux sociaux. Quand même, l'un d'eux s'est décidé à appeler la police, un autre a sonné les pompiers. Quand quelques minutes plus tard les klaxons deux tons se sont fait entendre, tous les curieux se sont égayés comme une volée de piafs.

 

Dans le tram madame Jourdain avait retrouvé le sourire...

 

D.L 23 03 18

Écrit par BONTEMPS dans Texte | Lien permanent |  Facebook

28/03/2017

C'est le printemps !

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25/03/2017

Printemps

C'est le matin

Un coq lointain

Cocoricote

 

Une petite faim

Met dans ma main

Une biscotte

 

La boule soleil

De sang vermeil

Troue l'horizon

 

Quelques abeilles

Sonnent le réveil

Dans leur maison

 

Près de la route

Des vaches broutent

L'herbe mouillée

 

Elles écoutent

Le bruit des gouttes

De la rosée

 

Combien de temps

Dure cet instant

Miraculeux

 

Ce temps si lent

Que même le vent

Est silencieux

 

Souffle coupé

Par la beauté

d'un tel moment

 

en oublier

De respirer

C'est le printemps

 

D.L 25 03 2017.

 

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29/12/2016

Solex 1970

 

Une aurore de janvier parfaitement serein

Avec des stalactites pendouillant des bacchantes

Après une courte nuit encore empli de vin

J'allais vers mon destin d'une allure innocente

 

J'esgourdais la musique aigrelette du moteur

Tandis que dans les gants mes doigts s'engourdissaient

J'imaginais ma peau des myriades de couleurs

Allant du vermillon au pourpre et au violet

 

Et j'allais tête haute sur mon fier destrier

Quelques larmes discrètes verglassaient sur mes joues

Je partais au boulot pour trop d'heures alignées

La capuche du Kway me cisaillait le cou

 

Dire que j'avais froid refléterait bien peu

la pétrification de tout mon organisme

Mais le temps a passé et j'ai été chanceux

c'est pourquoi j'utilise ce mignon euphémisme

 

Quelques centaines de mètres passèrent incognito

Avant que me surprenne l'absence de voitures

Quand je sentais la moelle congeler dans mes os

L'esprit encore ailleurs et rêvant d'aventures

 

C'était bien le moment que ma montre indiquait

A longueur de semaines comme une fatalité

Debout six plombes du mat et à sept je les mets

A partir du lundi pour tous les jours ouvrés

 

Quelque chose de bancal vivait dans ce silence

Telle une hésitation qui me ralentissait

Je devais me secouer quitter la somnolence

Que l'alcool et le froid encore entretenaient

 

C'est après quelques bornes d'intenses réflexion

Le cerveau transformé sans doute en gelée blanche

Qu'il m'apparut soudain qu'il fallait être con

Pour pas se souvenir que l'on était dimanche...

 

D.Laudrin 29 12 16

 

 

 

 

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