01.08.2008
Ordures
De quoi alimenter la colère ! La désespérance définitive dans l’espèce humaine ! De quoi avoir honte d’en faire partie ! Il y a dans les environs d’ici, des conteneurs destinés à recevoir les ordures recyclables. Ce n’est ni très chiant ni très fatiguant de mettre de coté les bouteilles vides, les emballages, les cartons, etc. Une fois de temps en temps et de préférence avant l’envahissement, il suffit de charger tout ça et de se déplacer jusqu’aux conteneurs les plus proches. Ce que j’ai fait ce matin. L’horreur m’y attendait. Un des conteneurs est abimé, il manque un morceau de planche, un petit malin a sans doute eut l’envie de récupérer ce beau bois si bien traité… Bof… Ce n’est pas le pire bien qu’il y ait déjà de quoi avoir la paluche qui contient son désir de donner des baffes. Mais le coupable n’est pas là… Entre les conteneurs, un amas de sacs poubelles éventrés, une vraie calamité ! Une décharge publique à l’ancienne ! Il y a des cons dans le secteur ! Je tente de me mettre à la place de ses abrutis, ça fait bien longtemps que je cherche cette compréhension des mécanismes qui amènent un abruti total au summum de son abrutissement imbécile. Les vrais cons qui emmènent leurs épaves de bagnoles, de machines à laver, de frigos et de toutes autres sortes d’ordures, qui font l’effort de charger une remorque ou autre et qui vont balancer ça dans la nature alors qu’il y a des déchetteries à proximité ! Je pense aux pique-niqueurs qui bouffaient au bord de la rivière à Muzillac il y a une vingtaine d’années, toute une famille, dix personnes au moins. Quand ils ont terminé leur repas, ils ont consciencieusement mit leurs déchets dans des pochons et ils ont tout balancé dans la rivière ! Manque de bol, je pêchais cinquante mètres en aval. J’ai ramassé leurs petits cadeaux et je me suis fait un plaisir de leur rendre. Je me suis contenté de les engueuler, il y avait des mômes dans le tas, personne a moufté, ils sont repartis avec leur merde. Comment faire pour comprendre ce genre de comportement ? Pas envie de parler de « citoyenneté » la citoyenneté m’emmerde. Rien d’autre que l’être humain qui a droit au respect, qui doit lui-même se respecter comme il doit respecter la planète et tout le vivant… Que faire avec ceux qui ne se respectent pas eux-mêmes ? Que faire face à la connerie à ce point ? Ils sont anonymes, toujours ! Courageux dans la fuite autant que dans l’ignominie ! Ils attirent le mépris et la violence ! Parce que ce n’est certainement pas une solution, mais si je tombe sur un de ces gougnafiers, j’aurais très envie de cogner, de leur faire bouffer leurs saloperies, de leur faire mal ! On peut gueuler contre les politiques libérales polluantes et impérialistes des yankees, des chinois et globalement de tous les pays riches, d’ailleurs je ne m’en prive pas. On peut lutter contre le capitalisme suicidaire qui envoie à grande vitesse le monde entier dans le mur. Mais qu’est-ce qu’on peut faire contre la connerie des minus, la connerie génétique enfermée dans les gènes des cons depuis moult générations ? Parce que ce n’est pas possible qu’il s’agisse d’une connerie spontanée ! Je n’y crois pas ! J’arrête là, j’écris pour me calmer et j’obtiens l’effet inverse…
12:36 Publié dans Texte | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : tri
09.07.2008
Amitié, encore
Bien sur, je commence ce texte à zéro heure cinquante et c’est une chance pour celui à qui je m’adresse parce que, à moins que je choisisse de lui envoyer par la poste, il ne le lira jamais. (Ceci est faux, je lui expédie par courrier). Parce qu’il y a une heure environ, j’ai tenté à plusieurs reprises de lui téléphoner, moyen moderne depuis plus d’un siècle, de communiquer… Et ça ne marche pas ! Une honte ! Rien à voir avec lui, problème technique ! Aussi loin que mes souvenirs d’amitié remontent, je ne fais pas de faute, l’amitié est singulière, toujours ; Il en fait partie, et même une partie importante.
L’amitié est le sentiment le plus étrange que je connaisse. A partir de quel phénomène ou phéromone, étrange nait-il ? J’ai fait, il n’y a pas si longtemps, une déclaration d’amitié à Alain, que je renouvelle, sans aucun autre intérêt que l’amitié.
Presque aussi ancienne, celle avec celui à qui je m’adresse, mais, qui est assez silencieuse pour me tracasser un brin ! Il est juste de dire que l’intimité favorise les conflits et que lui et moi n’avons pas manqué, en quelques années, d’être intimes et conflictuels. Surtout moi ! Il est vrai qu’il a une façon naturelle d’accepter les conflits qui… Mais merde ! J’ai toujours été admiratif ! Ce talent qu’i a pour transfigurer les mots, les images, pour les musiquer avec à peine six cordes (et même douze), Ce coté métaphorique avec lequel il sait utiliser la langue française, ce bonheur qu’il sait donner sans s’en rendre compte… Cette capacité d’écriture qu’il ne sait pas assez mettre en valeur, tout ce qu’il démontre intimement d’un artiste qui, hélas, ne sait rester qu’intime ! Et j’ai bien peur que cette intimité ne suffise pas, ou plus, à lui donner assez confiance en lui pour persévérer ! Et bien plus que ça ! Tous les souvenirs qui nous unissent dans une mémoire commune qui, je le souhaite, n’est pas une « fosse commune », depuis Charny jusqu’à Muzillac, Sulniac, Questembert, Limerzel et partout à Montreuil et ailleurs, tous ces lieux où nous nous sommes retrouvés depuis si longtemps… Nous avons fait scène commune quelquefois, il y a… Déjà !
Je connais et je me souviens de la plupart de ses chansons, et j’en suis fier ! Qui peut dire la même chose ? J’ai lu et aimé le roman qu’il a écrit, mais tout le monde s’en fout, je connais, j’ai essayé aussi ! Mais ce mec a un talent qu’il sait et dont il ne veut pas entendre parler. Pour lui, le talent ne peut exister que dans la réussite.
Il peut être mal-aimé, ce mec là ! Aimé dans le souvenir de ceux qui n’ont dans le cœur et dans les oreilles que quelques accords de guitare, des chansons de feux de camp, des ambiances de colonies de vacances ! Sans jamais avoir la volonté de chercher ou de deviner ce qui se cache derrière cette façade, toutes les interrogations, les blessures, les fêlures, les fractures… Moi, j’ai envie de lui dire qu’il reste mon frère, de cœur, malgré tout ce qu’il a dû subir de mes méchancetés involontaires mais, qu’il me pardonne, désespérées et lucides… On ne choisit pas ses amis ni sa famille chantait Leforestier… Il a tort, on choisit ! Ce qui ne veut pas dire que l’on fasse les bons choix…
Je me souviens de ses chansons, mais ce n’est qu’une partie infime… Le sens aussi, les explications de textes, Béart, Brassens, Pete Seeger, Férré and Co… L’hirondelle, Bellefontaine, L’immortelle, les destinations rectifiées et Changer de vie ; même droite… devenue sage.
Une heure déjà que je tente d’écrire un petit machin pour dire à ce mec que c’est mon pote et que s’il est en droit d’en avoir ras le bol de mon désespoir agressif, il a raison, mais que !
C’est vrai que j’ai choisi des voies qui conduisent à la solitude… Pas un mec vraiment drôle… C’est vrai qu’il m’a montré une partie du chemin, sans le faire exprès, sans doute parce que c’est aussi le sien ? Il est chez moi chez lui comme il l’a toujours été. Il en sera toujours ainsi parce que si un jour quelqu’un décide qu’il en est autrement, c’est que je ne serais plus chez moi chez moi ! Je ne bois jamais une gorgée de whisky sans que ce soit à sa santé ! Chaque jour, ou presque… Parfois ça manque…. Mais nous en avons bu tant ensemble ! Alors c’est très triste sans doute, moins triste toutefois que Brel dans « ne me quitte pas » : pas plus devant une gonzesse que devant un mec… Mais il arrive quelquefois qu’un seul être vous manque… Allez, un dernier petit verre et je file dans les plumes ! A la tienne…
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06.07.2008
Rencontre
Il n’y a pas de moment de la rencontre. Ni amour ni haine, le mélange imparfait de ces deux éléments imbriqués de manière fusionnelle, indescriptible, quelque puisse être le travail de toute une vie, du début jusqu’à ce moment de l’écriture… Ce serait trop facile de pouvoir ensuite, maintenant, se raconter d’un seul tenant, comme un conte, pouvoir dire « il était une fois ». Pouvoir situer l’espace, l’heure précise, la minute et la seconde, pourquoi pas ! Avoir la patience suffisante pour ramasser les miettes, la fumée des cigarettes, le chaume et les lianes, l’Amsterdamer et les P4, le shit, le thé et les pétales de roses, l’acide, le whisky et les bribes parolières de chansons incomprises, la chaleur incroyable des amitiés adolescentes, la première fille ou le premier rêve de fille… Avoir la capacité monstrueuse de dire, en étant sur de soi, c’est là, à cet instant ! Dans une nuit montreuilloise avec la trouille des loubards en maraude et l’inconscience alcoolisée qui pousse à la castagne. Ou alors, c’est là ! Dans cette cave obscure avec cette nana sans culotte qui relève gentiment sa jupe pour accueillir ma première giclée encore plus solitaire que les autres… C’est là, après la mort de Kennedy avec l’innocence de douze piges pour penser que c’était un mec bien ! C’est en soixante six et cette manif contre la guerre du Viet Nam et la première collision flicarde. C’est dans l’écoute des potes communistes qui ne souhaitaient surtout, et pas grand-chose d’autre, que rester dans la ligne ! Dans l’utopie anarchiste et merveilleuse tant que la folie sait rester à sa place. C’est dans le yoyo blagueur de soixante huit, coincé entre le besoin de fraternité et d’affection et le sentiment profond de solidarité avec les révolutionnaires. C’est dans l’écoute de Léo Férré, dans les rencontres avec ce mec, innombrables, avec sa puissance et son intelligence désespérée. Avec d’autres aussi, des bizarres comme Béart, mystiques comme Dylan, Auffray et Allwright, sincères comme Ferrat et Escudero. Dans les longues nuits solitaires, dans les livres, dans les amours sincères d’une journée ou de cinq minutes. Dans les réunions cathos où je m’emmerdais pour ne rien rater de ce qui pourrait, éventuellement se passer après… La pelouse de la cipale et cette fille accueillante pour toutes les paluches en goguettes, en soixante sept…Je n’avais rien à dire, je ne disais rien…Dans les conversations circulaires à la fédération anarchiste ou à la librairie Rouge. Dans la cage grillagée d’un commissariat de police… Au comptoir des bistrots. Dans l’atrocité des souffrances de mon père, à peine squelette encore vivant, ravagé par le crabe.
S’il y avait un moment précis, comment pourrais-je le trouver ? Le hasard m’a permis de rencontrer un jour un mec, une gonzesse, un ami, un amour. Et puis d’autres et d’autres encore dont je me souviens. Le hasard qui a fait que je sois là, aujourd’hui, six juillet deux mille huit à zéro heure et quelques… A chercher la source… La mienne, ce qui fait que j’ai vécu ce que j’ai vécu et que je vis ce que je vis. J’ai eu l’immense bonheur de rencontrer des oreilles attentives dans lesquelles je me suis soulagé de l’encombrant, du lourd, de ce qui gène, comme un boulet que l’on traîne enchaîné à des chevilles d’esclave. Je suis d’une fidélité… Je n’en reviens pas ! Fidèle en permanence, la tête bourrée de souvenirs avec tous les détails ! Même ce dont il faudrait ne pas me souvenir, ce qui ajoute des vérités comprises bien plus tard, des lâchetés, des amitiés fugaces et intéressées, des amours étranges avec des filles qui ne comprenaient jamais tout à fait une vérité pourtant clairement exprimée et répétée. Des secrets que je persisterai à garder jusqu’au bout…
Au fond du fond, je crois que je suis un pur ! Que j’ai toujours cherché la propreté dans les relations, que j’ai toujours voulu et, sans doute, que j’ai toujours été clair dans mes relations avec les autres. C’est impardonnable et déraisonnable ! C’est ignorer volontairement la présence de l’animal dans la conscience humaine, c’est de la folie ! J’ai toujours aimé admirer et même j’ai toujours eu ce besoin d’admirer pour aimer. Admirer la finesse de raisonnement, la capacité d’apprendre et d’écouter, la modestie sans mensonge, l’ouverture sans calcul, la facilité sans perversion de l’esprit. J’ai ce privilège d’avoir croisé quelques personnes qui ont répondu à cette admiration et je suis sur que j’en rencontrerai d’autres.
Je me rencontre tous les jours et tous les jours sont différents, même ma tronche dans le miroir ! Je n’oublie jamais rien ni personne, je me contente de trier et dans ce tri je me cherche et parfois je me trouve. Je persiste à tourner autour de mon nombril, déçu qu’il soit si petit et si moche… « Les gens, il conviendrait de ne les connaître que disponibles, a certaines heures pâles de la nuit, près d’une machine à sous, avec des problèmes d’hommes, simplement, des problèmes de mélancolie. Alors, on boit un verre, en regardant loin derrière la glace du comptoir, et l’on se dit qu’il est bien tard… » Léo encore, bien sur, « Richard » en soixante quatorze…
Je ne sais pas ce qui motive cet écrit, maintenant. Le magnifique bouquin que je viens de terminer : « Camarades de classe » de Didier Daenninckx ; la part de ma nostalgie montreuilloise qu’il remue ; le désir de soleil et celui de boire une bonne bière avec un pote ; mes cinquante sept balais qui se pointent dans deux jours ; le train dépressif qui tarde à trouver une voie de garage ? Peut-être simplement l’envie de me rencontrer et de cerner précisément un instant, un lieu, un espace pour pouvoir affirmer : C’est là ! A ce moment précis ! Je me suis croisé, je me suis arrêté pour faire ma connaissance, j’ai botté le cul de toutes les folies et je vais bien ! Dans quelques petites heures, le jour va se lever… Alors ?01:15 Publié dans Texte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bof
25.06.2008
Centre de rétention
Je tourne, je vire, je retourne je… Paumé dans le vide dépressionnaire de la brise de nordet, galerne, noroit et compagnie, incapable d’une quelconque concentration, contrairement à Hortefeux qui concentrationne avec un plaisir non feint…J’allume des pétards qui créent la flamme jusqu’à Vincennes ! Pas besoin d’herbe ou de résine, un matelas pourri suffit amplement ! Yes ! C’est toujours ça ! Je suis d’accord pour brûler tous les camps, en France et ailleurs, pour faire des trous dans les murs des prisons, que n’y restent que ceux qui l’ont mérité et qui ne sont pas majoritaires ! Comment peut-on être français, européen même et accepter que l’on vire de notre « territoire » des gens qui y vivent et qui y bossent depuis longtemps, sans papelards, libres à peine de payer des impôts et de faire survivre douloureusement leur famille. Des mômes sans aucune attache à leur « pays d’origine », des pères de familles, unique ressource pour, souvent, beaucoup de monde !
Moi je traînaille dans cette maladie de luxe, je m’y installe sans que personne ne cherche à m’en virer hormis les gens qui en sont incapables. Je me dis à moi-même, et je m’écoute, que je serais moins dépressif dans un centre de rétention administrative ! Plus combattif, plus encore révolté, si c’est possible…
Bientôt le couple Hortefeux Sarkozy virera les nourrissons ! Ils sont en bonne voie pour le faire et l’Europe, celle qui existe, celle de l’ultralibéralisme les encourage. Les cancéreux, les malades graves de toutes maladies, SIDA et compagnie, vont devoir payer les médicaments « de confort » parce que, ne vous y trompez pas, c’est confortable de prendre un médoc contre ces saloperies de chimie médicamenteuse, contre un médoc qui vous envoie aux chiottes dix fois par jour, ou une fois par semaine, ou qui vous fait gerber, ou bien pisser dans votre froc, ou chier dans votre lit… Pour contrer les effets pervers de ces médicaments, il y en a d’autres, « de confort » paraît-il ? Les pauvres ne peuvent pas se les offrir, bien sur.
Sept ans ! Pas grand-chose dans une vie… Merde ! Un cadre vit en moyenne sept ans de plus qu’un ouvrier ! Aujourd’hui, ici, en France ! Et il vit mieux bien sur, tout ce que les statistiques ne racontent pas. Il ne bouffe pas de la merde en poulet classe A, des patates à cochons, des volailles à l’eau de javel !
Est-ce qu’on est dans un monde normal, en deux mille huit ? Encore qu’en France il ne faudrait même pas se plaindre parce que dans les pays « émergents » et dans les autres… Ceux qui n’émergent pas encore…
Je ne prends pas de médicaments anti dépresseur, c’est de la merde ! C’est fatiguant, ça ramollit la bite, ça t’expédie dans un monde flou dont tu te fous comme de ta première couche ! Je sais, j’ai essayé ! J’ai arrêté brutalement, ce qui n’est pas conseillé par la médecine et je me suis traité tout seul, au scotch, qui n’est pas si adhésif que ça, à condition d’avoir un peu de tempérament ! Mais je ne vois pas demain avec un franc soleil illuminant un avenir radieux ! Globalement… Parce que, c’est sur, je vais gagner au loto, au millionnaire ou à autre jeu et je vais aller voir dans le midi comment ça se passe, si les petites filles grandissent, si les loups sont mordeurs et je vais compter les galets sur les plages… A pieds, combien de temps pour mille trois cent bornes ? En stop avec le sourire, deux jours… A deux jours près…
En attendant, l’heure me fait peur, je vais mettre la bidoche dans le torchon…
01:22 Publié dans Texte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : dépression
21.06.2008
Fascisme
OUEST-FRANCE
samedi 21 juin 2008
Hôpital de Carhaix : élus chargés et matraqués
A Quimper, élus et gendarmes mobiles se sont affrontés. : Vincent Mouchel
Peu avant l’heure de midi, les forces de l’ordre ont violemment chargé les
manifestants qui s’étaient donnés rendez-vous à Quimper pour défendre l’hôpital
de Carhaix. Parmi eux, une soixantaine d’élus.
Ce matin, environ 700 personnes manifestaient vers 11 h 30 devant la préfecture
de Quimper pour la défense de l'hôpital de Carhaix, parmi lesquelles de nombreux
élus du centre-Bretagne. Alors qu'une délégation d'une vingtaine de ces élus
s'apprêtait à être reçue par le préfet, deux feux de palettes ont été allumés et
la délégation expulsée. Presque aussitôt, les forces de l'ordre ont chargé les
manifestants le long des quais de l'Odet. Vers 11 h 40, manifestants, élus
ceints de leur écharpe tricolore en tête et gardes mobiles se faisaient face,
sur les deux rives de l'Odet.
Les forces de l'ordre ont alors violemment chargé les manifestants. Certains
d'entre eux ont été mis à terre, dont Christian Troadec, maire de Carhaix. "J'ai
vu une femme avec un enfant de deux ans se faire charger et se trouver au bord
du malaise", témoigne Christain Derrien,maire de Langonnet. Quant à Pierre
Belleguic, maire de Kergloff, il avouait, en larmes, "n'avoir jamais vu cela. La
police nous a tendu un piège et nous a agressé, nous les élus du peuple".
Des doigts arrachés pour un manifestant
Visiblement décidés, les manifestants centre-Bretons ont repris leur face à face
avec les forces de l'ordre après leur déjeuner. Suite à un désaccord sur le
parcours de la manifestation, une nouvelle altercation est survenue, lors de
laquelle, un manifestant a été blessé à la main par un engin. Il aurait un ou
deux doigts arrachés et a aussitôt été pris en charge par les secours. Vers 16 h, les 300 derniers irréductibles entamaient un dernier défilé le long des quais de l'Odet avant une probable dislocation.
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Ceci est exemplaire de la démocratie sarkozienne. Ce n’est qu’un exemple parmi, hélas, beaucoup d’autres. Je n’ai pas envie de rajouter un couplet sur les flics et sur leur « devoir » de robots décervelés, d’abrutis totaux, de pervers zélés de la matraque. L’image est assez parlante. Sarkozy fait ce qu’il veut avec la seule et unique excuse qu’il a été élu pour le faire. Donc, il réforme à tout va, il fait des discours et il emmerde le peuple. Quand celui-ci, lassé de patauger dans la fange, décide de manifester son mécontentement, d’enrayer le processus de destruction systématique des services publics, de casser l’idéologie ultralibérale, de dénoncer ce que le « tout privé » a d’inégalitaire, le pouvoir néofasciste de Sarkozy envoie ses sous hommes casqués ! Toutes les décisions importantes sont prises sans concertation, sauf pour la frime, des similis concertations à posteriori qui ne peuvent avoir aucune influence. La France a voté, ce référendum sur la constitution de l’Europe. Un non retentissant ! Donc, les français ne voteront plus, le congrès se chargera d’entériner les décisions du président… L’Irlande a voté non au traité de Lisbonne, Sarkozy sera pour six mois président de l’Europe, je parie qu’il va trouver une solution tout aussi démocratique pour flouer les irlandais… J’ai été élu pour réaliser des réformes, j’irai jusqu’au bout ! Toujours les mêmes mots dans la bouche du dictateur. L’Europe est une belle grosse merde, je ne trouve pas d’autre mot ! Un enfer libéral dans lequel notre président se sent à l’aise comme un poisson dans l’eau. Il est bien aidé en cela par les autres chefs de gouvernements européens : Cherchez la gauche… Plus que jamais, la révolution est urgente et indispensable !
17:29 Publié dans Texte | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, europe
18.06.2008
Martin Hirsch
Je me décide à mettre sur mon blog une copie du courrier que j'ai envoyé à Martin Hirsch au début du mois de mai et qui n'a toujours pas fait l'objet d'une réponse...
Limerzel le 7 mai 2008
Daniel LAUDRIN
17, clos Minier
56220 LIMERZEL
0297662784
A monsieur Martin HIRSCH
Haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté.
Objet : Attirer votre attention sur un manque de prise en charge dans certains cas particuliers.
Monsieur,
Je n’ai pas l’intention de vous exposer dans le détail la totalité de mon parcours professionnel mais simplement un minimum afin que vous compreniez ce qui a contribué à créer ma situation actuelle.
Je vais avoir cinquante sept ans au mois de juillet prochain et je suis chômeur, dispensé depuis deux ans de recherche d’emploi. Je n’ai droit à aucune allocation et, plus grave je n’ai aucun statut. Je vis maritalement, ni « pacsé », ni marié. Ma famille « recomposée » compte quatre membres dont un garçon de sept ans et une fille de dix huit ans.
En deux mille un, au terme d’un contrat à durée déterminée comme responsable d’une association d’aide aux demandeurs d’emploi, Je me suis inscrit au chômage.
Après avoir vainement cherché un emploi de formateur ou de conseiller emploi formation, je me suis décidé en deux mille quatre, pour échapper au chômage, à me mettre à mon compte. Pour ce faire, je suis revenu à mon premier métier, la menuiserie et j’ai créé une entreprise en octobre deux mille quatre, de fabrication de meubles sur mesures. J’ai bénéficié de l’ACRE et l’ASSEDIC m’a affirmé à ce moment que, créateur d’entreprise alors que j’avais plus de cinquante ans, je bénéficierai d’une allocation, mobile en fonction de mon chiffre d’affaire (474€ au maximum), jusqu’à mes soixante ans, âge auquel je pourrais prétendre à la retraite. Je me suis donc lancé avec un souci en moins…
Pour moult raisons, je n’ai pas réussi à me faire une clientèle suffisante pour que l’entreprise soit viable. Je n’ai pas eu beaucoup de temps pour la développer… Lorsque qu’en février deux mille six, après seize mois d’activité, l’ASSEDIC m’a annoncé que j’avais épuisé mes droits, j’ai du fermer mon entreprise de toute urgence, fermeture enregistrée le vingt huit juin deux mille six. J’ai du vendre tout le matériel dans lequel j’avais investi pour finir de payer les charges et les taxes et j’ai même du demander de l’aide à ma famille pour m’en sortir.
Ayant bénéficié de l’aide à la création d’entreprise, je n’ai plus aucun droit avec les ASSEDIC, donc pas même l’allocation de solidarité spécifique. J’ai fait une demande pour bénéficier du RMI, mais la CAF m’a répondu que nous avions un quotient familial trop élevé. Sur ma feuille d’impôt sur le revenu deux mille sept figure la somme de quatre vint douze euros (92€) ! Ma compagne, vendeuse dans une librairie papeterie déclare quatorze mille cent vingt six euros. Ce qui place notre ménage assez largement sous le seuil de pauvreté…
J’ai tenté de travailler à l’usine mais après douze heures j’ai du renoncer, ma colonne vertébrale trop fragile, abîmée et douloureuse refusant que je poursuive l’expérience.
Comme, hélas, un grand nombre de « seniors » je ne parviens pas à trouver un emploi.
Sans aucun statut, je suis sans aucun droit. Le RMI me permettrait, en dehors des questions financières, de bénéficier de la CMU et donc de me faire soigner sans l’obligation de quémander pour payer le médecin et les médicaments… Cas particulier, je ne pense pas être un cas unique c’est pourquoi je vous envoie ce courrier en espérant vous alerter sur la situation de ceux qui, comme moi, éprouve des difficultés pour simplement survivre et se soigner. Quelles solutions s’offriront à moi si un jour prochain j’ai un « pépin de santé ». Si je dois être hospitalisé, me faire opérer ? Comment pourrais-je payer alors que je suis dans l’incapacité de faire les courses, que l’achat d’un timbre me culpabilise ?
Au-delà même des problèmes du quotidien en terme de santé, de budget du ménage et de la simple survie difficile dans notre société, au-delà de la culpabilité et de l’angoisse qu’engendre ma situation, au-delà de ce que je ressens comme la perte de ma dignité, je ressens comme une injustice le fait que dans la France d’aujourd’hui l’accès à la santé me soit refusé parce qu’un jour j’ai commis l’erreur de vouloir sortir du chômage par mes propres moyens. Je dois maintenant assumer la pleine conscience de mon inutilité et du poids que je fais peser sur ma famille. Cette inutilité est attestée et confirmée par l’absence de statut. Que vais-je faire pour sortir de cette situation ? Il me reste, au moins, trois années à attendre pour faire valoir mes droits à la retraite qui sera d’autant plus maigre que depuis bientôt deux ans, je ne cotise pas.
Je pense faire partie d’une catégorie de personnes oubliées par le système et j’espère que cette situation ne durera pas. Je ne pense pas avoir une grande responsabilité dans le déficit de l’État, pas plus que dans le « trou » de la sécurité sociale. Je revendique le droit d’être un citoyen à part entière, le droit de ne plus être un exclu de la société. Un simple statut y suffit !
Je pense qu’il serait nécessaire et utile, en relation avec les différents acteurs de l’insertion et de la lutte contre l’exclusion, institutionnels et associatifs, de recenser les personnes qui sont dans mon cas afin de pouvoir les aider. Il est, à mon sens, tout à fait possible de créer un dispositif léger et efficace qui, en leur donnant un statut, leur ouvre l’accès à la santé et à la dignité.
Si je joins mon CV à ce courrier, ce n’est pas avec l’espoir que vous m’embauchiez, mais je sais que ce document est parlant quand à ma situation actuelle.
Espérant beaucoup dans le bon usage que vous pouvez faire du pouvoir qui est le votre, je vous prie de recevoir, Monsieur, l’expression de mes respectueuses salutations.
Daniel LAUDRIN
11:51 Publié dans Texte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16.06.2008
Maisons
J’ai été citadin longtemps. Vingt trois ans à Montreuil, là où je suis venu au monde et ensuite à Rennes, Nantes, Vannes. La vie en ville, quand on y est, il faut faire avec. Avec aussi, rapidement l’envie de campagne, de prés, de fleurs, de vaches et d’accents.
Le métro et le bus pour aller au taf, le vélo ou le Solex, la cohue, les odeurs, la pollution… Les salles de spectacles, de concerts, les cinémas… Les loubards de quartier, blousons noirs, l’abondance de troquets et de filles, la ribambelle de copains, de copines et de connaissances diverses et variées, avariées parfois… Toutes ces nuits… Mes vingt trois premières années se sont passées dans une petite maison de planches fragiles dans un petit jardin, au pied d’un petit immeuble. Génial pour un marmouset insouciant. Quand j’allais voir mes potes qui créchaient dans des appartements, ce n’était pas toujours dans des immeubles modernes, sauf rarement. Les chiottes communes, sur le palier ou entre les étages, les vieux parquets noircis, les petites ouvertures sur la lèpre des murs. J’enviais un peu ceux qui habitaient dans les cités récentes, des HLM, des apparts spacieux (par rapport à la maison), et des chambres indépendantes. Sans oublier la salle de bains, le confort… Chez moi, pendant longtemps, on allait chercher la flotte, avec un broc, dans les toilettes (Que l’on appelait « les cabinets »), au rez de chaussée à l’arrière de l’immeuble, dans la cour. Je ne me souviens pas précisément à quelle époque on a eu l’eau au robinet… La toilette hebdomadaire avait lieu dans le baquet, le samedi soir, en écoutant « feu de joie » à la radio. Nos douches étaient municipales et rares, sauf plus tard, quand j’ai pratiqué le judo. Les salles de sport étaient équipées. Ma mère a déménagé en juillet soixante quatorze, à un moment où j’habitais (pas pour longtemps), chez une copine. Je n’ai quasiment pas habité dans le grand appartement auquel elle a eu droit. J’ai quitté Montreuil au début du mois d’août pour ne plus y revenir que pour des week-ends et des courts séjours.
Après quelques péripéties routardes et quelque temps à Rennes, à Cesson-Sévigné plus exactement, dans un appart aménagé au dessus d’une étable dans une ferme, c’est à Nantes que le hasard, le boulot et bientôt la naissance de notre fille ainée, que Michèle et moi avons posé nos sacs. D’abord quelques temps à l’hôtel, un meublé minable en centre ville, dont on a jamais fini de payer la note… A Nantes, on est entré ensuite dans un appart flambant neuf dans un immeuble de trois étages. Enfin le confort « moderne ». L’endroit était sympa à ce moment là, il n’y avait pas encore de voie rapide, de prison, d’autoroute… On habitait le nord de la ville, presque la campagne, « le bout des landes ! » Il y avait juste à coté un grand terrain en friche, une ancienne base américaine qui est devenue depuis un cimetière parc. On y était peinard… Mais la ville était bien trop grande, bien trop longue dans tous les sens, trop bruyante. On y avait un paquet de copains dans le quartier, je me souviens de certains d’entre eux, pas souvent, pas beaucoup…
On a décidé de venir à Vannes. La ville toujours mais en bien plus petit. Ha ! La belle époque ! Les affreux militaires du régiment le plus con de l’armée française qui foutaient le bordel dans les cafés, rares, qui ouvraient tard dans la nuit. Les beaux skins de ce moment là qui semaient dans les rues toutes les poubelles, histoire de construire des chicanes et d’amuser les matinaux travailleurs et les éboueurs… Les castagnes au sortir des boites, le meurtre d’un jeune mec dans les cagoinces d’un trocson. Voilà une ville vivante et bien tranquille pour qui sait se tenir à l’écart, celui qui rentre tôt le soir chez lui pour n’en ressortir que tôt le matin ! Ce qui n’était pas vraiment mon cas ! Je politiquais breton à ce moment là, je me fourvoyais avec le centralisme démocratique d’un minuscule parti sans idées. Au sujet des soldats, j’exagère, bien sur. Mais j’ai eu affaire à eux, les militaires du RIMA des années soixante dix, la bêtise formatée par la haine, le complexe de supériorité, l’argumentation baffes et rangers, le regret amer de n’avoir pas connu de vraies guerres. Mais ça n’allait plus tarder, Liban, Tchad, etc. Je me souviens même d’un mec en uniforme, c’était en soixante dix huit ou soixante dix neuf, au comptoir nocturne d’un tabac de la rue Thiers, un gamin d’à peine vingt balais qui affirmait à ses collègues aussi bourrés que lui qu’il avait fait la guerre d’Algérie ! L’armée française était déjà ridicule à ce moment là, elle enrôlait même les nourrissons ! Il ne devait pas être bien grand, encore au biberon, au moment de la signature des accords d’Évian, ce mec là !
Elle a changé, la ville de Vannes, les militaires ont mis les voiles. Nous, on n’a pas attendu jusque là. Mille neuf cent quatre vingt, envie de campagne, de jardin, de poules, de champignons. Colpo, même pas vingt bornes au nord de la ville, une grande vieille maison, un chouette jardin, des cheminées dans les chambres et le salon, une cuisine spacieuse. C’était sympa Colpo, pas trop loin du boulot et des bois pour se balader… Pas sympa longtemps !... Il y a des sujets morbides que je préfère garder en secret, que j’élude sur le papelard…
En habitant à Saint Avé, quelques mois plus tard en cette année quatre vingt un, je savais bien le provisoire. Maison à emmerdements divers, inondation du garage à chaque pluie un peu forte, le train qui siffle dans le soir (le matin, le midi, la nuit, etc.), le loyer trop cher, les voisins gentils et chiants, le doux parfum, transporté par la brise, des émanations nauséabondes de légumes vert en provenance directe de l’usine Saupiquet. Le lotissement excentré derrière la zone d’activité, le village sans vraie vie, sans vrai centre, parfaite caricature de cité dortoir trop près de la ville… La aussi ça a changé en bien depuis, mais je n’ai pas attendu, je voulais de la campagne, sans faire de choix précis sur l’endroit.
C’est à Sulniac, moins de deux mille habitants en quatre vingt trois que nous avons trouvé une ancienne ferme plus ou moins en ruine sur laquelle on a jeté notre dévolu, lassé de ne rien trouver d’autre dans les limites de notre budget. Ce n’est pas faute d’avoir fait des kilomètres un peu partout dans les environs de Vannes, et d’avoir collectionné les visites immobilières. On rêvait d’une belle maison sur un beau terrain… A Sulniac, pas de grand terrain, mais des murs de pierres, de la surface habitable, des travaux à n’en plus finir. Le voisinage sympathique de jeunes vrais paysans, les vaches, les moutons, les tracteurs. Sans être parfaitement tranquille, c’était quand même pas mal. M’enfin… La vie, la mienne, étant ce qu’elle a été, après une douzaine d’années de taf, de bon et de mauvais temps, j’ai largué Sulniac, Claudine et cette maison qui était devenue quelque chose de bien.
Peut-être que le hasard des lieux dans lesquels on vit agit sur l’essence même de notre existence. Que ce que l’on a coutume d’appeler le destin n’est que le résultat d’une suite de hasards, de choix quelquefois, de coups du sort, de relations, de découvertes. Un peu comme, sur le quai d’une gare, si on grimpait dans le premier train, vers une destination inconnue… Enfin, je n’engage que moi.
Retour provisoire en ville, à Vannes, chez mon frangin Claude qui m’a hébergé quelques temps dans son minuscule studio près du port. Époque épique, pas de fric, une bagnole qui refuse régulièrement de démarrer, sans mes filles, ma copine à Questembert… Voilà ma future destination. Questembert ! J’y débarque en janvier quatre vingt seize, dans un studio sans électricité et sans chauffage, dans l’urgence, une urgence virtuelle que je me crée, tout seul comme un grand. Je laisse Claude à Vannes, j’étais bien chez lui, j’en garde un super souvenir, mais j’ai ressenti le besoin de le libérer, de lui rendre son intimité et par la même occasion de retrouver la mienne. Questembert, c’est la campagne, mais c’est un « gros bourg » avec un vrai centre, des superbes halles sur la toiture desquelles donnait ma fenêtre. L’église juste à coté, les cloches, la sirène des pompiers. Quarante cinq mètres carrés sous les toits dans lesquels on a habité à cinq, sans compter Embûche le chien et Titus le chat. Cela ne pouvait être que provisoire… Grimper la machine à laver dans l’escalier minuscule a été une aventure ! Ronan m’a filé un coup de main, deux super héros tout en muscles… Questembert avait beau être assez petit, une ville est une ville quelque soit sa taille. Son centre ne correspondait pas à mes aspirations, même si la proximité des potes du C.O m’évitait de prendre la bagnole puisque nous étions juste à coté. Deux minutes pour y aller, un temps assez aléatoire pour en revenir… Quatre vingt dix sept, Questembert toujours, on loue une maison au bord de la route de Rennes, tranquillité assurée ! Bagnoles et camions en permanence ! Pas moyen de rencontrer la moindre parcelle de silence, hormis le dimanche, et encore… Quelques menus ennuis, un feu de cheminée coriace, la fumée qui sort sous les ardoises, le mitron de terre cuite qui explose, les pompiers qui rappliquent… La bagnole à Annie qui est volée dans le garage, un matin, sans que personne dans la maison ne s’en rende compte ! Des voisins sympas encore, heureusement et des barbecues chargés en côtelettes et en saucisses.
Mais tout de même, ça fait des années que je tente de prendre la fuite, de m’éloigner des villes, du bruit, du mouvement incessant des êtres humains, des longues années hasardeuses pour me rapprocher de moi, dans le silence et l’isolement, avec les gens que j’aime qui ne sont jamais trop loin tant ils sont avec moi. Bon, on sort de cette baraque parce que le proprio avale son bulletin de naissance et que son fils veut la récupérer. En deux mille, direction un petit lieu dit, toujours à Questembert. Une maison énorme, mais c’est ce dont on a besoin. Cinq kilomètres du centre, pas trop près pas trop loin. Des prairies, des moutons, des chevaux. Enfin, la paix ! On est au fond d’une vraie fausse impasse, au bout de la route mais un chemin la continue sur quelques centaines de mètres. Quelques voitures, des tracteurs, éventuellement des vélos ou des piétons, rien d’autre. Là, c’était bien. Rien à dire. Difficile de trouver un endroit plus peinard ! Le plus proche voisin créchait à une bonne centaine de mètres. Un étang pas loin avec des berges couvertes de cèpes à la saison. Des prunes à pleins seaux (quetsches) à la saison. Un potager qui nous a permis de profiter de bons légumes… Le loyer était tout de même férocement lourdingue ! Ce n’est pas très drôle de filer du pèse à un particulier tous les mois, une somme considérable ! Il est devenu évident qu’en étant propriétaire, on ne lâcherait pas plus d’oseille ! Donc, on s’est mis en chasse, on a visité des agences, des notaires, des maisons. Et on a trouvé ! Limerzel, mille trois cent habitants, un village à l’ancienne, des taxes locales légères, une petite maison dans un lotissement mais avec de l’espace, du terrain. Questembert est à dix bornes, Vannes à trente cinq, Redon idem. Les villes sont loin, tant mieux !
Il faut bien longtemps pour parvenir à ce résultat ! Bon, il n’y a pas que des avantages sans doute. Trouver du boulot est par exemple difficile. La lettre de motivations que j’ai fait parvenir à la mairie au mois de mars n’a jamais eu de réponse ! Comme je n’ai aucun moyen de locomotion, ça n’aide pas, je suis limité… S’il n’y avait que cette limite… Mais en dehors de cette situation merdique dont je ne vois pas le terme, pour moi qui commence à prendre de l’âge, qui aime la solitude, c’est le panard. Pas de bruit, pas de cris sinon ceux des mômes et rarement ceux des voisins. C’est là que je suis maintenant, la porte ouverte sur le jardin et la rue. J’entends à peine les gosses qui jouent, les pinsons qui chantent. Je vois passer les hirondelles, je donne à manger aux mésanges et aux moineaux. Si j’avais dix huit berges, il est probable que je me ferais chier !
Les villes sont bien là où elles sont ! Je n’y vais que contraint, sans plaisir. Je ne deviens pas un ours, je l’ai sans doute toujours été, plus ou moins misanthrope et pourtant ouvert mais n’aimant pas lerchouille mes semblables, les voyant comme un miroir de mes défauts, de mes lâchetés, de ma violence.
J’ai menacé dernièrement un jeune voisin qui fait un barouf pas possible avec son scooter ! Un autre qui se foutait de ma gueule en passant devant la maison… Tellement habitué au silence, à la paix que j’ai du mal à supporter qu’on puisse la troubler. Si un jour prochain le hasard (et la nécessité) me ramène en ville, je m’adapterai parce que je suis un animal, mais je crois que je souffrirais, que même ma chère solitude deviendra lourde à vivre.
Je n’ai pas parlé de toutes les maisons que j’ai plus ou moins habité sans pour autant y emménager. A Rennes encore pendant deux années, chez des copains ou des copines, a Montreuil bien avant et ailleurs en région parisienne. Ce serait fastidieux ! Malgré ça, je me demande si je n’ai pas habité plus de maisons que j’ai eues de bagnoles ? Peut-être qu’un jour j’écrirais sur les bagnoles ?
23:27 Publié dans Texte | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : déménagements
11.06.2008
Petits bonheurs
Le plaisir simple au fond de la tasse encore tiède, encore parfumée par le café, le plaisir subtil dans l’assemblage complexe des arômes qui viennent enrichir les sensations papillaires. Ce plaisir n’est rien d’autre que celui que me donne quelques gorgées de Whisky, la puissance de l’alcool, la délicatesse du malt, l’élégance paysanne des sphaignes et de la terre, la pureté de l’eau. Bref, il n’a beau être qu’un « blended » sans la noblesse coûteuse et tourbeuse des grands « pure ou single malt », et même s’il n’a pas la finesse des nectars qui vieillissent pendant des années dans les fûts de chênes qui donnent cette couleur particulière d’ambre et d’or, je trouve dans sa dégustation une égoïste satisfaction, un ravissement sans pareil. Je refuse la culpabilité liée à cet égoïsme. Mon plaisir est trop grand pour j’accepte de le gâcher en pensant qu’avec l’argent du flacon j’aurais pu être utile en le consacrant à autre chose, de la bouffe, quelque chose comme ça. Je devrais ? Sans doute ! J’ai été incapable de résister à la pulsion qui m’a envahi quand je suis passé dans ce rayon en faisant les courses. Je n’ai pas, pour certaines choses, le sens du devoir… La culpabilité, l’utilité, le devoir… Le cul enfoncé dans le moelleux ferme du fauteuil, Le regard yoyotant entre la télévision et le tome deux de « Fils de plouc » de Jean Rohou, je laisse la culpabilité et le reste, toutes ces saloperies qui nous emmerdent, elles se diluent dans le savoureux mélange des bonheurs !
Le lendemain, en l’occurrence aujourd’hui, est ensoleillé, doux grâce au léger vent du nord qui nous épargne le cagnard, j’écris tranquillement cette petite note avant d’aller tailler la haie, encore… Je n’ai toujours pas un rond ou presque, pas de bagnole, et l’espoir que j’avais d’un boulot pour juillet et août s’est évanoui… Pourtant, à certain moment, quand j’oublie ces emmerdements divers, j’ai le sentiment de vivre dans le luxe le plus absolu ! Il suffit de peu de chose parfois, quelques centilitres de whisky dans le fond d’une tasse, un peu de soleil, les patates qui poussent, la bourrache qui envahi les plates bandes, mon fiston qui fabrique des machines étranges avec ses jeux, le chant du merle, l’alarme du pinson guetté par le chat, la haie à tailler…
11:22 Publié dans Texte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : whisky
02.06.2008
Gauche
Le Parti Socialiste affirme son ancrage à droite en acceptant le libéralisme, l’économie de marché. Il se dévoile en préparant ses attaques les plus sévères, non pas contre la dictature sarkozienne mais contre le nouveau parti de la gauche alternative qui se crée en ce moment à l’initiative de la LCR. Ségolène Royal se met subitement à citer Jean Jaurès et à désigner le capitalisme comme étant l’ennemi qui détruit les femmes et les hommes. La voilà qui déclare que le libéralisme est incompatible avec le socialisme. Venant de Royal, c’est une surprise de taille ! Mais Sarkozy lui-même citait Jaurès il n’y a pas si longtemps, alors, au point où l’on en est… Bientôt, et pour être efficace, le P.S utilisera sans honte les arguments de la droite en mettant en garde contre les gauchistes, contre l’aventurisme du nouveau parti (d’extrême) gauche. Je mets une parenthèse parce que, si ce nouveau parti se crée effectivement, il sera le seul vrai parti de gauche ! On constate que le PC n’existe plus vraiment… Si le P.S arrive au pouvoir, ils feront sans nul doute aussi bien que Jospin avant 2002. Ils seront « aux affaires » pour reprendre leur expression… Ils auront à cœur de montrer aux électeurs qu’ils sont des bons gestionnaires de l’économie et ils taxeront un peu plus les riches, mais pas trop, par crainte de l’évasion des capitaux. Les belles citations de Jaurès et les petites phrases antilibérales auront fait leur temps ! Les réformes qu’ils mettront en place ne changeront rien sur le fond, n’amélioreront en rien la répartition des richesses, ne changeront rien à la paupérisation galopante des français et plus largement de tous les salariés du monde.
Sarkozy continue tranquillement son travail de destruction systématique des services publics. Les socialistes se taisent tout aussi tranquillement. Ce qui est fait ne sera pas à faire ! Quand à reconstruire… Qui en parle ? Sarkozy et son gouvernement au complet mentent effrontément en permanence par l’intermédiaire des médias les plus regardés et les plus lus. Le mensonge institutionnel est une mécanique parfaitement huilé, une démonstration de l’utilisation dictatoriale de la démocratie. La baisse du chômage ? On est passé sous la barre des deux millions ? En multipliant par deux, on n’arrive pas encore au chiffre réel, d’autant moins que l’on ne tient aucun compte des personnes touchées par le chômage, les familles, les enfants… Quand on turbine douze heures par semaine pour trois cent euros par mois, on est plus un chômeur ! On ne compte plus ! On n’est plus compté dans les statistiques ! On est simplement dans la merde et dans la misère. Qui entend le parti socialiste dénoncer ce mensonge ? Plus les revenus du capital augmentent, 58% pour les entreprises du CAC40, plus les salaires baissent ! C’est un effet logique de la balance libérale, un effet accepté par tous les libéraux ! Y compris au parti socialiste. Combien de socialistes sont aussi des actionnaires attachés à l’augmentation à tout prix de leurs bénéfices ? Sans souci des « dommages collatéraux.» A l’assemblée nationale, il va falloir faire des travaux importants pour serrer les rangs du coté droit de l’hémicycle ! Y a-t-il un député socialiste, un seul, encore à gauche ?
La préoccupation principale des petits soldats du P.S est de se demander derrière quel chef ils vont se ranger. Il ne faut pas se rater, en cas de « retour aux affaires », qui sait ?... Les socialistes vont agir sur la peur parce que les français votent avec la trouille au ventre, toujours. Leur seule chance de reprendre le pouvoir est d’agiter l’épouvantail du parti de gauche, de mettre en avant les affaires européennes, la nécessité de respecter les règlementations de l’Europe, que la recherche d’une alternative ne peut se faire qu’à ce niveau là et qu’il convient d’être crédible, ce qui, à l’évidence (diront-ils) ne sera pas le cas du parti anti-capitaliste ! Ils ne se trompent donc pas de cible en tapant à gauche ! Comme ils sont infoutus de se mettre d’accord pour attaquer le pouvoir de la droite dure, qu’ils comptent encore dans leurs rangs un certain nombre de membres dans les strartings blocs de la trahison, ils espèrent se reconstruire un semblant d’unité en visant à gauche. La ou ils se trompent, c’est en imaginant que les français vont les suivre, emboîter le pas à ce parti au sein duquel chacun tire de son coté et où personne n’a d’idées ! Quelles sont les propositions du P.S ? On ne sait même plus de quoi on parle ! Delanoë, Royal, Aubry ? Et Hollande, est-ce qu’il va se contenter de fermer sa gueule ?
Le coté sympathique d’un P.S des années soixante dix, gouverné par un chef indéniable, ce parti dans lequel se retrouvaient moult courants et qui générait de l’espérance ; ce coté est définitivement passé aux oubliettes, remplacé par un ramassis de bobos trouillards accrochés à leur richesse et à leurs actions humanitaires, des pros de la politique ringarde bien éloignés des problèmes réels que vivent la grande majorité pauvre des français ! D’ailleurs ce parti « sympathique » n’a pas lésiné sur les pressions diverses quand Coluche a souhaité se présenter aux présidentielles…
Enfin, je fais parti de ceux qui espèrent que le parti anti-capitaliste sera à la base d’un grand mouvement, exemplaire, que ça va se faire rapidement, que la révolution va avoir lieu, que le monde va être un peu plus souriant. Même si jamais je ne m’encarterais, fidèle que je reste à ma liberté et à la certitude « qu’un homme de parti n’est qu’une partie d’homme.» Ce n’est pas encore demain la veille que je suivrais des consignes…
11:25 Publié dans Texte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, parti socialiste
10.05.2008
journal du vide
Il arrive un moment, fatalement, ou il devient nécessaire de tourner la page et d’y inscrire le mot fin. Pourquoi pas le dix mai ? L’embarrassant dans une chronique, c’est la chronicité ! La répétition dans le sujet, dans l’objet, l’habitude qui risque de devenir une manie… L’obsession quotidienne de la feuille blanche avec cette impatience de l’écriture qui peut facilement se transformer en obligation. Que l’on m’oblige à écrire, pourquoi pas ? A condition que cela me rapporte autre chose que la satisfaction de l’entassement des mots et la satisfaction orgueilleuse d’une analyse personnelle des situations.
Décider de l’instant précis auquel il est primordial de se dire : je ne sais pas ce que je vais faire, mais ce sera différent ! J’en suis là ! A partir du moment où je constate que je ne laisse plus aller librement. Ce moment où l’écriture perd du goût, où la dissection de ma situation au jour le jour et le voyage dans l’introspection ne me soulagent plus, il est grand temps d’arrêter ! Je veux descendre de ce manège, quitter ce cycle avant qu’il ne soit insupportable. Rabâcher sans cesse mes malheurs, mes douleurs, mes angoisses et tous les petits tracas désespérants du quotidien revient peut-être à les entretenir et à leur donner une dimension qu’ils pourraient ne pas avoir. Le manège que je veux quitter, c’est moi qui le crée et qui lui donne l’énergie qui le fait tourner ! Aujourd’hui comme à la fin de l’année dernière, le jour où j’ai commencé à écrire et où j’ai donné un nom à ce que j’écrivais : Le journal du vide, rien n’a changé ! Le vide est toujours là, oscillant entre la présence permanente et les bonheurs d’artifice des phases maniaques. Est-ce qu’en écrivant je n’entretiens pas ce système ? Où est la réalité ? Dans ce vide qui n’en est pas un puisque je le comble de mots ? Dans la colère et l’excitation qui l’accompagne ? Chaque jour il est facile de trouver dans le monde un sujet pour alimenter cette chronique tout comme chaque jour je peux déblatérer sur mes états d’âme et sur ma façon d’envisager l’avenir. Mais je ne le fais que pour moi ! Il s’agit d’une écriture égoïste, fermée, inutile. Jamais jusqu’ici je ne m’étais posé cette question sous cette forme, aujourd’hui elle m’apparaît fondamentale. Écrire sert à être lu et comme j’écris sur moi…
Sarkozy est présent pour cinq ans, encore quatre… Et après ? Qui en face pour le battre ? Je peux bien écrire sur ce sujet tous les jours qui nous sépare des prochaines élections, son gouvernement et lui me donnent tous l’aliment nécessaire pour. Mais à quoi bon ?
Bien sur je rêve d’édition, de publication. De voir mon nom sur la couverture d’un livre, accompagné par le nom d’un éditeur. Combien sommes-nous en France et ailleurs à partager ce rêve, à estimer que notre prose vaut l’investissement, à feuilleter des bouquins en se disant que, merde, finalement, ce n’est pas terrible ! Je fais mieux que ça ! Alors, pourquoi pas moi ? C’est bien de rêver mais ce genre de rêve a comme une saveur libérale, le mensonge qui consiste à faire croire à l’exception et à généraliser à partir de celle-ci… tout le monde peut y arriver, s’enrichir… Alors pourquoi pas mon nom sur une couverture de livre ? Pourquoi ne pas y croire, pourquoi ne pas imaginer que l’édition est ce petit point lumineux, là-bas dans le fond, comme la sortie d’un tunnel, ce tunnel dans lequel je me confis dans l’obscurité et le désespoir ? Quel est la part de ce rêve dans la motivation secrète qui m’amène devant le clavier de l’ordinateur tous les jours, quand il fait beau dehors, que les oiseaux chantent que les tomates poussent tranquillement, que ma chienne roupille en pensant qu’elle se promène…
J’ai aujourd’hui le sentiment amer de me complaire dans la commodité du glauque, je maintiens une mécanique fade dans un spleen terne qui facilite le passage en phrases, en pages, en recueil. Arrêter cette forme d’écriture ne veut pas dire que ma situation va changer, qu’un miracle va se produire, que les patrons du coin vont me téléphoner pour m’embaucher, que le pognon va pleuvoir dans mes poches ni même que mon rhume va disparaître ! Ça me parait en tous les cas plus facile d’arrêter mon journal que d’arrêter de fumer ! Il n’y a aucun rapport, je sais, ne cherchez pas… De plus, ce n’est peut-être pas définitif ? Comment savoir ?
Je vais écrire autre chose, continuer sur d’autres voies, revenir si je peux, si elle est d’accord, à la poésie, à la musique. Je vais persister dans mes recherches d’emploi, j’ai toujours envie de sortir de la merde !
Je veux flinguer le vide au lieu de le visiter et je veux être capable de l’écrire d’une autre manière si il insiste encore. Je verrais comment…
Il n’y aura donc pas de page datée du onze mai dans ce journal.
FIN
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