05/04/2021
Années 70 et 80
Ce qui fait vivre l'espérance
Tout ce que je crois
Ce que je dis ce que je chante
Je voudrais sortir du silence.
1979
ANNÉES 70 et 80
Comme une perle de rosée
Un beau matin m'a réveillé
Tu es si fraîche entre mes bras
Je ne rêve plus que de toi
Comme une étoile au ciel de nuit
A effacé les matins gris
Comme une princesse une fée
Tu es venue tu m'as trouvé
Comme un océan de plaisir
La douce fleur de ton sourire
Que je ne cesse d'embrasser
Que je ne cesse d'appeler
Comme une feuille un jour d'automne
Soudain que sa branche abandonne
Tu es venue te reposer
Près de moi tu t'es allongée
Comme une source inespérée
Vient mouiller ma gorge asséchée
Comme une oasis un mirage
Tu es le but de mon voyage
Comme le calme comme la paix
Comme l'enfance que j'aimais
Comme une grande solitude
Comme une immense quiétude
Comme une perle de rosée
Un beau matin m'a réveillé
Mon Amour...
29 03 73
Que pourrais-je te dire qu'à moi même je ne dis
L'amour n'est pas folie mais je suis fou d'aimer
Plus rien ne m'appartient ni la mort ni la vie
J'ai trop soif d'être seul pour ne pas te quitter
Je fais mon désespoir mes chagrins et mes peines
Que puis t'expliquer qui ne s'explique pas
Tu es toi peu importe ce que tu es je t'aime
Mais nos amours ne marchent pas du même pas
Rien n'est rien et pourtant dans mes yeux pas de larmes
Pas de sanglots cachés avalés silencieux
Rien que des nuits blanchies alarme après alarme
Plus rien que la lumière qui a brûlé mes yeux
Depuis longtemps mon âme n'avait plus souvenance
Des jours après les jours sans comment ni pourquoi
Je ne savais plus les longues heures de souffrance
A n'attendre plus rien que le temps qui s'en va
J'ai voulu boire tout les promesses les serments
J'ai voulu croire tes mots les boire jusqu'à l'ivresse
L'oubli serais trop beau je n'oublie rien vraiment
Pas plus le dégoût que nos nuits de tendresse
A quoi bon dire je t'aime mon amour à quoi bon
Quand c'est si vrai que déjà résigné je suis
J'ai déjà trop perdu mes belles illusions
Alors amour ou pas maintenant c'est fini.
06 04 1973
Silence dans la nuit folle des cris de tes silences
Souffrance dans la nuit sourde aux cris de mes souffrances
Amour dans le silence où souffre mon amour
Le jour où meurent mes cris aux nuits d'après le jour.
04 04 73
De senteurs salées ici le vent se charge
Sortie des rêves enfin ma Bretagne revit
J'ai sur les lèvres le parfum de l'air du large
J'a dans l'âme les vagues qui viennent et qui s'enfuient
Bretagne de demain que je fais chaque nuit
Bretagne je te rêvais hier sous les étoiles
Tu n'es plus une image une belle utopie
Tu fais souffler l'amour qui vient gonfler ma voile
Michèle te souviens-tu du temps déjà enfui
Le souvenir me porte vers les anciennes nuits
Les ciels chauds de Bretagne abritaient nos désirs
Et je disais qu'un jour et je disais qu'un jour
Je viendrai vivre ici et j'y viendrai mourir
La terre garde le feu de mes premières amours
Dans ton âme Michèle la flamme brûle t'elle encore
La Bretagne tient captif mon cœur jusqu'à la mort.
14 08 73
Parler encore et dire les mêmes choses
Les mêmes heures cent fois recommencées
Raconter son histoire quand tout est habitude
Qu'aujourd'hui est hier et qu'il sera demain
Parler dire les mots sortis de mille bouches
Bonjour comme ça va banal et quotidien
Comme un geste envolé le sourire de l'autre
Rencontré dans la rue et qu'on ne connaît pas
Parler de tous les rêves qui fabriquent la vie
Et de ce fait-divers écrit sur le journal
Pour dire je suis là j'existe écoutez moi
Ma voix traîne des mots qui sont aussi les vôtres
Parler tout simplement pour taire la solitude
Pour taire au fond de soi ce désir si fort
Parler pour ne pas dire la folie qui s'acharne
comme une vague forte aux plages d'amertume
Pour étouffer dans l'œuf cet instinct cette peur
Cette envie de s'enfuir comme le gibier traqué
Parler pour endormir la douleur de l'ennui
Pour dominer l'angoisse de ce monde à la porte
Parler de rien de tout ce qui fait l'habitude
Pour être un peu ici où les gens semblent vivre
Et pour combattre encore ce désir violent
De devenir enfin prisonnier du silence.
1975
Je vois par la fenêtre le soleil qui s'éteint
Derrière moi le disque tourne tourne tourne
Tu peux venir quand tu veux la porte est ouverte
Je ne sais pas ce que je ferai demain
J'ai un lit pour ce soir et un sourire aussi
Je suis fatigué « tu fais comme chez toi »
Je ne vois plus le soleil la route est longue
J'ai en moi la lumière de ton sourire
Le disque est dans ma tête il tourne tourne tourne
Michèle sourire amie amour Michèle
Les yeux fermés je meurs « j'arrive à vingt et une heures trente »
Et derrière la fenêtre il n'y a que la nuit
06 09 74
NAUFRAGE
Il était temps que tu arrives Je ne t'attendais déjà plus Je cherchais une main ou n'importe quoi Pour reposer ma tête ou ma main Tu n'as pas pris ma solitude Et je t'aime
J'ai fait naufrage dans tes yeux Au ciel de tes étoiles larmes Et dans l'océan silencieux De ton sourire qui me désarme Dieu ou diable qui donc viendra Pour me sortir de cette mort Au large qui m'emmènera Loin de l'eau tranquille du port
J'ai fait naufrage sur tes lèvres Où stagne ta douleur salée Je me suis noyé de ta fièvre Et de tes rêves réchauffé Pluie ou tempête qui donc viendra Me sortir de cette lumière Et dans l'obscurité du froid Qui me rappellera l'hiver
J'ai fait naufrage à tes sanglots Je ne sais plus où est la porte Et je suis ivre de ton eau Qu'une rivière d'amour emporte |
Faudra t'il donc que j'abandonne Et que je me plie à l'été Moi qui aie tant aimé l'automne Faudra t'il aussi le quitter
J'ai fait naufrage sur ta peau Emprisonné de tes caresses Et de la douceur des barreaux Si bien scellés de ta tendresse Qui donc viendra chagrins ou peines Me sortir de ce lit de soie Faut-il que je dise je t'aime J'ai fait naufrage entre tes bras.
10 74 |
Qu'adviendra t'il de toi
Ma fille mon amour
Qu'adviendra t'il de toi ?
Que t'aurais-je laissé
Me reste t'il encore
quelque chose à donner
Je n'ai su qu'être aveugle
Je te laisse un enfer
Et pour seul héritage
Une planète morte
Qu'adviendra t'il de toi
Comment pourras-tu vivre
Comment pourras-tu vivre ?
Qu'aurais-je fait pour toi
Les mots sont un peu faibles
Surtout quand on est seul
Je n'ai que courtisé
Mon royal égoïsme
Entassant des ordures
Jusque dans ton jardin
Ne me pardonne pas
Ma lâcheté cruelle
Ne me pardonne pas
Et crache sur mes larmes
Puisque comme cadeau
Je laisse une poubelle
Comme c'était facile
De vivre de mon temps
On était bien dressé
On faisait des enfants
Qu'adviendra t'il de toi mon enfant...
1977
Au vent ces regards qui me chantent le passé
Au vent qui me bouscule et me parle de toi
Ces images d'hier ta tête sur mon bras
Ces parfums qui recréent les regrets oubliés
Les nuits douces d'étoiles les nuits douces de lune
L'horizon qui se meurt Dans la brume et la nuit
Ces chemins du passé de soleil ou de pluie
Ces rêves que j'aimais hier dans les dunes
Le temps comme le vent passe et souvent revient
Es-tu rêve en ce rêve où je dors et je vis
Est tu l'amour pour moi et l'amour est-il vie ?
Ma Bretagne renaît d'hier pour demain
Mais toi, sauras-tu lire et comprendre ces vers
Aujourd'hui le soleil est tout glacé d'avant
Glacé vient le parfum du port de Lorient
Pourras-tu me comprendre ou m'es-tu étrangère ?
Assis sur le jetée là je ne vois plus rien
Je suis peut-être ailleurs je couche sur le vent
Tu es là dans mon âme et ta main douce me prend
Assis sur la jetée étranger et plus rien
Les souvenirs d'amour sont toujours nostalgiques
13 08 1973
J'ai les yeux déjà loin de ces murs sales et gris qui cernent mes regards
Mes yeux voguent déjà vers d'autres horizons de Bretagne et d'espoir
J'ai déjà quitté tout le terne de la ville et de ces rues sans joie
Pour retrouver les yeux fermés l'écume sur la vague et le vent de noroît
J'ai oublié le bruit d'ici pour le silence des chemins creux
J'ai oublié les gens qui courent pour le pas sûr des paysans
J'ai oublié ce ciel trop triste et dès que j'ai fermé les yeux
J'ai vu la mer rougir là-bas dans le soleil finissant
J'ai entendu le vent chanter le goût des îles bretonnes
Quand la lumière dévoile la terre qui se réveille là devant
Belle comme ce sourire que mon amour me donne
Belle comme l'avenir qui se réveille là devant
10 10 1973
Le temps passe bien vite
Dans la vie des autres
On les voit s'agiter
De pendules en horloges
De journée en journées
Et s'égrainent les heures
Et soufflent les années
Ainsi passe la vie
Qui va de mort en mort.
16 06 1972
A quoi bon chaque jour refaire le jour passé
Est-on venu au monde pour ne rien y changer
Ses routes bien trop vieilles pour nous intéresser
A quoi bon malgré tout vouloir s'y enchaîner
Homme où vas-tu si vite quel vent peut te pousser
Regarde autour de toi ce monde pollué
Les rivières qui se couvrent de poissons crevés
Les goélands qui meurent d'une mer empoisonnée
Mon amour jamais nous ne ferons d'enfants
Quelle terre connaîtraient-ils qu'est-elle maintenant
Il ne sert à rien de pleurer les larmes sont du vent
L'homme a semé de mort le paradis d'antan.
02 09 1973
Je suis mort depuis jamais je suis de l'an zéro de l'ère zéro
Je cavale au hasard perdu dans les rues sombres Je crache sur les murs des vierges graffitis Je gueule sans qu'on m'entende je parle d'anarchie Mais en ont-elles encore des oreilles ces ombres ?
Le maquillage est réussi je félicite L'esthéticien de la clownerie des sentiments Votre amour ne ressemble presque plus à l'argent Seule la vérité est maintenant illicite
Je dégueule ma haine à vos principes usés Et je pose mon cul sur vos institutions Et l'église et l'armée et tous ces pièges à cons Elle a goût de moisi l'eau de vos bénitiers
La justice ne se fait que moyennant finances Si t'as plein de pognon à toi la liberté Si tu n'as pas de pèse tu seras bien logé Dans un cachot malsain d'une prison de France
On vend l'art au kilo en prêt à consommer Les publicités chantent une vie d'aventure Vous l'avez si vous achetez leurs pourritures La connerie fleurie sur le mur des cités
La télé bourre de peur le crâne des français L'État banque organise le lavage de cerveau Votez toujours pour nous et payez vos impôts Vos intérêts ne sont pas les pavés de mai |
Le sexe tient sa place dans le marché commun La France au goût du jour parle d'éducation Et les bourgeois pensent qu'ils font la révolution Partout des sex-shop naissent le long des chemins
La guerre fait travailler des millions d'ouvriers Seule sur elle peut se reposer l'économie On ne peut supprimer une telle industrie Les patrons eux ne vont jamais se faire tuer
Et moi je crache du noir et je lève le poing Je fais parti des fous qui prêchent la liberté Poète miséreux peut-être mal aimé J'aurais dû n'être rien ou bien naître demain
Le virus anarchiste à envahi mes veines M'a donné le dégoût de cette société Et celle dont je rêve ne peut que se rêver Ce monde n'est pas le mien il met mon cœur en peine
Je suis mort depuis jamais je suis de l'an zéro de l’ère zéro.
10 01 1973
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Il faut oublier la flamme
Quand le feu nous brûle encore
Il faut oublier la pluie
Quand le ciel nous noie de larmes
Il faut oublier le corps
Ne se soucier que de l'âme
Il faut oublier la vie
Pour mieux oublier la mort
27 09 1973
Le temps me revient d'un amour avorté
Une vieille carte postale aujourd'hui retrouvée
Une rose s'enfuit une rose revient
Qui fane et refleurit une rose demain
Un amour platonique un amour en courrier
Une tendresse lointaine et le ciel d'un été Une rose
Les images me reviennent et sous mon ciel sombre
Fleurissent des étoiles des transparentes ombres
Une rose fleurit parmi mes souvenirs
Une rose rouge et rose comme un sourire
L'espoir vierge encore de douceurs infinies
Éclose la douce fleur au cœur de mes nuits Une rose
Les secrètes envies les rêves d'un jardin
Où naîtrait dans la friche le plus doux des parfums
Une rose embaume l'horizon de mon âme
Une rose de feu une rose de flamme
C'est la trop vieille fleur d'une enfance fanée
La brume porte les traces d'un amour avorté Une rose
Il y a d'un côté trois maisons sous l'hiver
Des mots sur l'autre face couchés tout de travers
Une rose qui meurt seul reste le rosier
Une rose qui pleure l'odeur d'un été
Mais que meure le temps d'une jeunesse vieillie
Au soleil je vois : un espoir refleurit
Une rose
07 11 1973
ON AURAIT
On aurait, écoute, on aurait ce que tu veux, ce que je veux, une maison, une grande maison avec des lits pour tous, pour tout le monde et des animaux et du soleil et de la paix. On aurait la paix et la liberté et tout le monde serait comme nous, on aurait l'égalité totale et la liberté. On aurait la liberté et l'amour.
Je suis fou de voguer comme ça au gré d'un vent de rêve et d'amour, on aurait l'amour.
J’effleure ta peau encore les clos de sommeil
Je sens ta bouche sous ma bouche
Je viens dans la nuit m'éclairer à tes rêves
Je t'aime
On aurait, mais qu'a t'on ? On a un cœur un corps, on a entre les lèvres une fleur qui rit, une fleur qui pleure aussi, on a au fond des poches des restants de misère, on a aussi dans le cœur des bonheur et des chagrins d'amour.
Mais on a l'amour, on a dans la tête trop de liberté quand des lourdes chaînes de principes et d'habitudes entravent nos pieds
On a des poings serrés.
On a dans la tête des belles idées de liberté,
trop de liberté ?
Trop de liberté !
On aurait la liberté, on aurait des fleurs dans les yeux, des folles musiques d'espérance dans la bouche, on aurait des mots d'amour, tous les mots seraient amour, on aurait l'amour.
Mais au présent l'amour est béton et fumées, contrat et hypocrisie, mais l'amour n'est plus la vie ! Alors, aimer ?
Pourquoi puisqu'on a rien, que faut-il ?
A quoi bon les larmes ?
On a plus rien que des rêves, que vains espoirs alors il faut s'inventer une prison nouvelle pour goûter la solitude. Il faut être seul pour savoir l'amitié, pour savoir les hommes et les femmes qui tendent les mains.
Alors aime moi, cache moi et regarde dans mon regard la folie du rêve, la folie du vent. Écoute, on aurait un toit et des amis et on s'aimerait, on s'aimerait. On s'assumerait sans contrainte et on serait peinard. Viens, plonge avec moi dans ce rêve.
J'effleure ta peau, j'ai les yeux rougis de peine
Je sais en toi mon chagrin
Je sens ta bouche sous ma fièvre
Je sens tes lèvres sous mes lèvres
On aurait...
29 07 1973
Vivre sur un nuage se baigner de soleil
Se taire toujours se taire voyageur égaré
vivre au milieu de tout et être à tout pareil
Vivre seul isolé et pourtant toujours là
Connu aimé ou mal aimé ou étranger
Croire à l'amour du monde d'une femme qui tend ses bras
Vivre comme le vent tout en ne bougeant pas
Aimer la pluie la nuit l'automne et puis l'été
Et plonger dans mes rêves pour voir au fond de moi
Savoir crier sa haine savoir serré le poing
Quand la force et la haine s'appelle liberté
Aider le camarde qui a tendu sa main
Vivre pour un oiseau vivre pour un espoir
Vivre pour une fleur Vivre sans y penser
vivre comme une mort pour un jour ou un soir
Mes idées
05 08 1973
Paris tout sale Paris tout le temps
Je crève la vie toute sale me tue
Où est ma terre je ne respire plus
Ma terre qui vit loin de Paris
J'ai dans la bouche l'odeur des vagues
J'ai dans les yeux la mer qui joue
L'écume n'est plus qu'un reflet vague
A Paris l'odeur vient de l'égout
Un jour j'irai à Montparnasse
Une fois pour toutes une dernière fois
Un jour j'irai à Montparnasse
Cette vie de con n'est plus pour moi
J'ai dans la tête la marée haute
La berceuse de l'océan
J'ai dans la tête la marée haute
Les cris des mouettes et goélands
Paris tout sale Paris tout le temps
Terre et mer Glenmor Bretagne
Je sens enfin venir le vent
La brise du retour en Bretagne
20 08 1973 (Paris gare du nord)
Bientôt s'éveilleront de nouvelles aurores
Nous aurons tant marché de routes sans ailleurs
A l'horizon s'étire un chemin sans ennui
Je sais pour nous demain la chaleur d'autres ports
Je sais des matins neufs de mille belles couleurs
Ton regard est en moi qui bouscule la nuit
demain nous abordons un bien plus doux rivage
Que ces rues d'habitudes qui tuaient nos espoirs
Que ces cris qui mouraient sans sortir de nos voix
Partir est déjà fait dans tes yeux qui voyagent
Le vent a dispersé les restes de brouillard
Je serra le soleil quand tu es dans mes bras
Vient dans le ciel baigné de la folie des jours
Le temps dort pour nous ne le réveillons pas
Viens s'égayent dans l'air les chansons des forêts
Comment t'appellerais-je ? Sourire mon amour
Fermes sur mon épaule tes yeux ne dors pas
Ton souffle sur mon cou rêves de joie et de paix
Bientôt viendra le jour des corbeaux évadés
Entends tu leurs chansons dans l'espace tout près
Tes longs cheveux sur moi qui tendrement se posent
Demain nous laissons là les regrets du passé
Pour là-bas des torrents je te dirai je t'aime
Je te ferai des lits de pétales de fleurs
Bientôt s'éveilleront de nouvelles aurores
J'abandonne ces routes glacées et solitaires
Mon Amour laissons faire ce vent qui nous entraîne
Laisses ma peau se chauffer aux douceurs de ton corps
Je sais pour nous demain des nouvelles lumières
Ne bouges plus près de moi fermes les yeux je t'aime.
30 10 1974 (la Monniais – Cesson-Sévigné)
La folie me fait mal à la mort mon amour
Et toi qui est ma vie je meurs de vivre à te rêver
Toi ma réalité des cris qui font le jour
Des douleurs du silence de l'âme transpercée
La folie fait de bruit la musique des corbeaux
Mes ailes me font mal de te faire souffrir
Dans l'enfer de mon ciel tu te brûles la peau
Et mes larmes bloquées me déchirent à mourir
La folie ne fait rien qu'un tremblement abstrait
Aujourd'hui est tant mort qu'il en est éternel
Ma tête dans les murs pour y trouver la paix
La folie de ton sang à ma corde je bêle
La folie est prison dans mes yeux de la mort
Et me casser les mains à frapper les barreaux
Aliéné que je suis au béton de mon corps
Mon bec à te blanchir les nuits de mes corbeaux
La folie me fait mal à la vie toi ma vie
Mon soleil éclaté quand la mort se ramène
Mon étoile blessée par le vide des nuits
Et la vérité mots de ma folie des peines.
01 11 1974
Ne pas aller plus loin que demain à la fois
Être sans être plus que des ombres
Multiplié quel est le nombre
Un plus un ça fait deux je crois
N'être rien que ce rien qui me fait
N'être que ce sanglot que je pleure en dedans
Que je me cache à moi et que la mort me tait
Et que je métaphore en des larmes et du vent
Tu ne sais pas l'étendue de mon désespoir et c'est bien
C'est toujours mieux
si j'écris ça maintenant que tu es là c'est de ne pouvoir faire autrement
tu comprends peut-être je t'aime
Je ne sais pas même l'eau me saoule
Je croyais te dire ma folie mais que dis-je ?
Rien qui ne vaille la peine de se souvenir
Tu te souviendras de ces heures mortes
Ce temps fini qui part en cris étrangers
Je parle et c'est un vent anarchique qui me porte
Et de te dire je t'aime je me sens libéré
Je suis un prisonnier de toi et toi m'étrange
Je t'aime et ma folie me souffre dedans toi
Comme une armée d'oiseaux ou d'éléphants mélange
Et mes mots se répètent ma solitude est toi
Tu ne connais peut-être que ça à me perdre mon désespoir idiot égoïste et de solitude !
J'en ai marre et je t'aime comme l'automne qu'on a vu ensemble et mes mots corbeaux qui viennent comme les
autres comme des cons il ne m'en reste qu'un seul
Je t'aime et tu es seule quand je pars ou quand tu pars et peu importe où tu es
Je t'aime.
11 11 1974
La neige s'est faite pluie et coule sur le seuil
La montagne se cache sous son lit de nuages
Le ciel est bien lourd comme portant le deuil
Devines dans la brume un plus beau paysage
La chaleur tranquille de mes rêves oppressés
A fondu dans l'ennui les reflets de tes yeux
Et d'obscurs tourments voyagent dans nos cœurs
Inventes des couleurs pour repeindre le ciel
Si tout le poids du temps se pose sur ton âme
Penses que je t'aime et que je suis là
Que j'ai à jamais pour toi une flamme
Un rêve d'éternité pour construire nos joies
Berces de ta voix la musique des songes
Emplis toi le corps d'espoir et de vie
Fais de ce jour gris où les regards se plongent
Un rêve d'amour pour égayer les nuits
Écoutes la nouvelle chanson du silence
La musique neuve des jours
Ton regard revit dans la grise mouvance
Et invente de bleu le bonheur de l'amour.
27 11 1974 (Léard, Jarrier)
Qui sait jusqu'où nous mèneront les vents
Tant de chemins appellent nos voyages
Ailés de rêves vers quels océans
D'amour ferons d'autres vagabondages
Tant d'horizons nous restent inconnus
Où seront nous lorsque naîtra le jour ?
Nos mains scellées ne se détachent plus
Sur chaque route se refait notre amour
Et tant de matins nous verront partir
Encore vers d'autres idées d'autres gens
Tant de pays viendront nous endormir
Qui sait jusqu'où nous mèneront les vents.
19 11 1974 (Lagarde-Enval)
Regardes celui-là qui voudrait boire le ciel
qui dit avec les gens faire autant de soleil
Qui marche dans Paris en y voyant la mer
Et qui dit de la mort faire jaillir la lumière
C'est lui aussi qui meurt du désespoir de l'ombre
Qui meurt de ce monde sans âme froid et sombre
C'est lui qu'on dit perdu quand il dit vous êtes fous
C'est lui que l'on dit fou parce qu'il reste debout
Laisse dire le monde ce n'est rien qu'un poète
27 12 1974 (Montreuil)
J'ai quitté le champ de pierres
Où ne fleurissait plus rien
Et voilà que m'abandonne
L'arbre rêvé de demain
Je quitterais la rivière
Si la source se tarie
Comme un jour j'ai quitté la pierre
Qui peignait les arbres en gris
J'ai quitté la mort et l'ombre
Pour mourir dans la lumière
Si la lumière devient ombre
Moi je resterais de pierre
Ma vie n'est pas un jardin
Où fleurit n'importe quoi
Si les arbres y meurent trop vite
Les pierres n'y meurent pas
J'ai quitté le champ de pierres
Pour une rivière asséchée
Les pierres ont bloqué la source
Je meurs d'avoir trop rêvé.
28 12 1974
Où sont les mille horizons
Du royaume de triste joie
Où sont les belles illusions
Que j'avais inventé pour toi ?
Où sont-ils donc tous les oiseaux
Dont je t'ai raconté l'histoire
Les mouettes et les corbeaux
Où sont-ils donc tous nos espoirs ?
Quand aurons-nous notre maison
Près du ciel et de l'océan
Refuge des fous et vagabonds
Quand voudra t'il tourner le vent ?
Et lorsque je te dis je t'aime
Sais-tu l'espérance du mot
L'amour brisera toutes nos chaînes
Et viendra un monde nouveau
Où sont les mille horizons
Du monde que je rêve pour toi
Faisons la vie d'une illusion
Faisons d'une illusion la joie
Notre route est longue notre rêve est loin
Notre route est dure donnes moi la main
Notre route est longue en vois-tu la fin
Sais-tu ? L'amour est le plus court chemin.
31 12 1974
Douces nuits fécondes de rêves
Où vous êtes vous donc perdues
Les nuits de sommeil sont brèves
Et de mirages dépourvues
Heureux celui aux jours sereins
Au creux du soleil et des vagues
Aux nuits sans soucis de demain
Courant sur les plages et les algues
Heureux qui peut rêver la mort
Heureux qui peut rêver la vie
Se rassasier de métaphores
Et se laver de l'eau des pluies
Ceux dont le temps ne compte pas
Qui choisissent le liberté
Pourquoi pas vous pourquoi pas moi
Dans le berceau des nuits rêvées
Tant de sentiers sont devant nous
Loin du bruit et loin des cités
Qui se fait oiseau n'est pas fou
De solitude imaginé
Douces nuits fécondes d'amour
Un homme sait vous retrouver
Rêver la nuit pour faire le jour
Un poète vit en liberté.
08 01 1975
Dans les pas du présent s'empalent mes silences
Et le vent solitaire s'en revient m'appeler
Mais que dire qui ne soit pas chargé de souffrances
L'amour la solitude l'amour la liberté.
17 01 1975
La terre et grasse de trop de pluie
Et me rassasie de douceurs
comme le ciel de cette nuit
Où se perdent les yeux et le cœur
Je n'étais qu'un graine au vent
Nulle Glèbe ne voulait de moi
J'allais comme un oiseau planant
Même mes soleils étaient froids
Et je me rive au sol enfin
Chaque jour forme mes racines
Dans la terre douce à la main
D'une magie qui me fascine
Aimer au point de s'en nourrir
D'être l'immobilité qui bouge
Serrer le vent sans fléchir
Au cœur des automnes rouges
Aimer au point de n'être plus
La folie qui rêve de mort
Mais la joie d'avoir voulu
Et d'avoir pu toucher le port
J'aime cette terre au gré des temps
au fil de l'eau des jours des nuits
J'aime cette terre comme le vent
Qui est devenu mon pays.
23 01 1975
Si tes rêves sont dans le ciel
Je me ferais oiseau pour te les amener
J'irais jusqu'à la nuit pour te donner le jour
Mes ailes seront toi pour me porter d'amour
Si ton rêve est bergère je me ferais mouton
Et je viendrais manger ta forêt de velours
Je tisserais de laine les plus chauds de tes jours
Et la glace du vent fondra en notre amour
Si ton rêve le plus beau est fleur épanouie
Je me ferais pensée pour t'éclairer de feu
Dans ton jardin d'amour je serais liberté
Et naîtrait au soleil de tes yeux parfumés
Tu es mon rêve oiseau le feu de mon soleil
Et je veux que ma sève soit la fleur du printemps
Et que rose tu pousses dans mon jardin d'amour
que tes rêves se noient d'un temps baigné d'amour.
20 12 1974
Quand le temps s'en ira de nos rêves folie
Comme une flamme meurt dans le fond de la nuit
Je fera des champs rouges sous le ciel de granit
Je fera des poèmes pour nos voix nostalgiques
Je resterai de braise pour faire d'autres feux
Je t'aime et je me vis au hasard des voyages
Comme les dés que l'on jette en changeant de maison
Je t'aime et me consume et te consomme aussi
Que je meurs en rotin au bois de l'horizon
Je t'aime dans l'anarchie que l'on vit et l'on rit
Car si on doit pleurer faut laisser faire le ciel
Et les savantes critiques qui sourient aux pavés
Peuvent si elles le veulent détruire l'éclat de rire
Et mes alexandrins pourquoi pas de quinze pieds
Dansent sur le parquet des danses étrangères
Pour combler quelques blancs maculant mon délire
Je recommence aussi comme le temps violet
Que je viole de mes dents au dedans du dehors
La folie n'est-elle pas ce rêve de mort qui vit
Et qui fauche alors vient j'ai encore bien du blé
Diraient les paysans car moi je n'en ai plus
Et ça m'emmerde tant que j'en perds l'appétit
La mort est une dame que nul aime faut pouvoir
Faux qui fauche les fausses vies qui s'en vont
Celles qui poussaient bien aussi mal celles qui pouvaient nuire
De toute façon je m'en fous je ne veux plus rien
Il n'y a plus de place je raccourcis un peu
Je pouffe sur mon pouf et bouffe du caramel
En attendant que le vent emmène la folie du rêve
Le temps des flammes ne m'a pas brûlé la braise est douce
Et mes alexandrins qui disent que je t'aime
Le dise pour combler les restants du désir.
02 02 1975
Je dis je t'aime pour la vie
Et je renais dans chaque mot
Et j'ai tant peur à chaque cri
Qu'il soit le dernier des oiseaux
Tu vas tu viens devant mes yeux
Un jour il nous faudra mourir
Je mets ma main dans tes cheveux
Et mes yeux fous sur ton sourire
Le bruit se fait dans le quartier
Le jour s'en va jusqu'à demain
Dans la chambre triste et glacée
Il me semble tenir ta main
Je dis je t'aime pour toujours
Toujours c'est aussi maintenant
Quand la pierre devient velours
Quand la douceur me fait amant
Dans les musiques de mon âme
Quand les corbeaux sont apaisés
Qu'incessantes viennent les larmes
Sur mes plages de sable mouillé
Quand ma bouche avale tes larmes
Baisant tes paupières de soie
Et que mon cœur sans fin s'alarme
De tes chagrins où je me noie
Alors je t'aime et c'est jamais
Et je me fonds au fond de toi
alors c'est toi que j'aimerai
Tant que notre vie durera.
25 02 75 (Nantes)
Quand glacée dans le vent froid les quais sont déserts
Les mouettes se cachent là-bas dans les creux de rochers
J'ai perdu le fil me reliant à l'infini
Dans le soleil du désespoir dans la chaleur de l'hiver
J'ai perdu l'ailleurs où je me suis tant saoulé
Les nuits ou la mort était encore la folie
Et je vois que sont les hommes que ce qu'ils étaient
Je me voulais oiseau il ne reste plus rien
J'ai manqué un barreau de l'échelle du temps
Et je suis revenu de mes rêves abstraits
Et je vois et je touche et je ne comprends rien
Car j'ai perdu les ailes qui me tenaient au vent
Je veux que mon enfant connaisse une autre vie
Connaisse une autre terre et un ciel plein d'oiseaux
Je veux tant que les hommes soient des hommes enfin
Et l'amour m'est venu tant est longue la nuit
Écoutez moi écoutez je suis un corbeau
Et l'enfant de l'amour viendra naître demain
Et quand la pluie glacée et grise d'amertume
Et que je pense à toi mon amour les chemins
Dans ma tête se croisent et se bousculent encore
D'où viens-tu ? Si longtemps et tant et tant de brume
Et l'enfant mon amour cet enfant de ton sein
Cet enfant de mon corps dans l'acier de la mort
La folie s'oublie loin de la solitude
Et le cœur aux étoiles je rêve de jamais
Et je noie de fumier le passé et les peines
Et la folie revit loin de la solitude
Dans l'ailleurs d'un enfant que nous deux avons fait
Et dans le froid désert d'ici je vis je t'aime.
08 03 1975
Je ne veux pas brûler ma peau sous les soleils du désespoir
Et les nuits blêmes de jadis s'en sont allées entre tes mains
Je ne veux plus fouiller l'abîme obscur de la lumière noire
Quand mon cœur tremble de joie pour qu'un oiseau vive demain
Je veux laisser venir le jour quand tu es douce entre mes bras
Et voir l'aube renaître encore au fil des jours de notre vie
Je veux vivre pour cet enfant quui se réveille au fond de toi
Je ne veux plus chanter la mort je ne veux plus chanter la vie
Je t'aime et dans ses tourbillons la mer traîne des rochers
Et je te blesse et je me tue au gré des vagues en colère
Dans tes yeux je pleure et tes larmes brûlent les blessures ravivées
Et dans l'océan de l'amour le temps oublie le temps amer
Tes yeux je les ai tant noyé de peine et de mort inutiles
Un oiseau prendra son envol un jour de nos deux mains serrées
Le soleil ne s'éteindra pas je t'aime et mon âme vacille
Sous ces mots larmes mais de joie qui me naufrage d'être aimé.
15 03 1975
...J'ai rêvé sur ton corps vagues et océan
Les tempêtes la nuit ont d'obscurs desseins
Je t'ai fait goéland comme on fait un dessin
Pour courir avec moi sur les plaines du vent
J'ai posé sur ta peau des baisers de velours
Dans la soie langoureuse de nos doux corps à corps
Tes lèvres avec mes lèvres ont signé leur accord
J'ai noyé dans ta chair les graines de l'amour
J'ai semé dans ton corps les ailes d'un oiseau
Cet enfant dont mes rêves se peuplent et je voyage
D'un sommet imaginé et des nouveaux rivages
J'ai semé dans ton sang mes rêves les plus beaux
J'ai trouvé sur ta peau un nid et je m'endors
Dans le parfum des fleurs et dans la quiétude
du repos mélangé de nos deux solitudes
J'ai fait d'amour ma vie sur l'aube de ton corps.
23 03 75
J'ai eu froid j'ai eu faim partout le long des routes
Ne vivre que d'amour faut se nourrir de vent
Et les pieds dans le ciel la tête vide de doutes
Il aimer là-bas des nouveaux océans
Pour t'aimer dans le ciel je me suis fait mouette
Quand tu étais cette île où je vins me poser
J'étais parti enfin les yeux dans la tempête
Te disant la musique des vagues la liberté
Mais quels murs nous cernent à ne pouvoir s'enfuir
Le chemin est devant serrons nos mains d'espoir
Quelles prisons croient avoir la force de nous tenir
La liberté est vraie la mort est illusoire
Je sais être dans l'arbre qui se nourrit de terre
Et tant que le vent souffle je vole avec lui
Je t'aime je suis le vent et le ciel est ma terre
Je t'aime viens avec moi et nous serons la vie.
15 04 1975
Mais je n'ai rien écrit pour toi !
Il fut un temps où je savais
Quand je vivais de solitude
Que ce n'était qu'une habitude
Une habitude que j'aimais
Il fut un temps je l'écris bien
Car il est mort et enterré
Tu es toute ma liberté
Et tu es tout ce qui est mien
Mais je n'ai rien écrit pour toi
Quand je meurs de ton absence
Dans ces murs clos de silence
Qui ne respire qu'avec toi
Et si j'ai chanté les oiseaux
Les étoiles et les draps de soie
C'est sans savoir que sans toi
Les nuits ne sont que des tombeaux
Le silence habite le silence
Et sans un bruit coulent les mots
Tu n'es pas là je suis en trop
Et je souffre dans ta souffrance
Mais je n'ai rien écrit pour toi
Qu'en ce soir de déchirure
Et au profond de ma blessure
Le sang qui vient me vient de toi
Car je n'ai rien écrit pour toi !
27 04 1975
Écrire pour mes racines nues
Arbre levé dessus la terre
Dans l'impuissance solitaire
De la nuit
Dans le lit vide ou je m'endors
reste un soupçon de ton parfum
Dans le silence où meurt le jour
Dans le noir je cherche ta peau
Et je rêve déjà du jour
Où nous pourrons faire l'amour
Je voudrais écrire les cris
De la pluie qui frappe à la vitre
Dans la lumière d'aube blafarde
Le vent souffle sur le pays
Où est ton cœur que je m'abrite
Des larmes que le vent brouillarde
Et de brume se font les heures
Au pas cassé du temps banal
Et arbre je ne sais voler
Mon âme éraille sa fureur
A gueuler le feu de son mal
Dans ces instants assassinés.
29 04 1975
Je t'aime dans le fraîcheur du vent qui peigne les genêts
Qui ride la Vilaine et envole mes rêves fous
Et envole mes rêves fous
Je t'aime
Dans la chanson d'amour d'un merle ou d'une hirondelle
quand le matin doré les réchauffe et les caresse
Nous réchauffe et nous caresse
Je t'aime
Dans le va et vient lourd de la marée qui monte
Dans l'odeur des algues et la mousse d'écume
qui roule sur la plage
Je t'aime
Je t'aime comme la terre où mes pieds s'enracinent
fleurissent les ajoncs les coucous et la lande
Je t'aime dans le vert et le jaune de mai
Dans ce printemps et la beauté de ce pays qui se réveille
Et son soleil sur les rochers
Chauffe les lézards et les vipères
Et rosit tes joues comme des pétales
Je t'aime Michèle comme un arbre aime sa terre.
19 05 75
Un peu de nuit où s'endorment les vents
Où le silence naît et la paix
Un peu de nuit où respirent les fleurs
Où repose l'amour
Et la vie
Un peu de vie dans ce souffle si doux
qui s'endort
Un peu de vie clame comme le serait
La mort
Un peu de ciel et le chant des oiseaux
Et la fraîcheur du soir sur la mer
Un peu de sel d'une larme séchée
De la joie de l'été
De la vie
Un peu de vie où meurent les canons
Et la mort
Un peu de vie quand la vie à raison
D'être vie
Un peu de terre où la graine a germé
Et l'épi sera beau de demain
Un peu de terre quand l'enfant sera grand
Et fera de sa vie
De la vie
Un peu de vie où nous vivrons nos rêves
Dans l'amour
Un peu de paix que l'on a dans les mains
De la vie
Un peu d'amour et les chant des oiseaux et la nuit tranquille de la paix.
01 06 1975
Dans a pluie de l'aube
Le long du chemin
Crèvent les nuages de mes souvenirs
Et je me rappelle le temps maudit
Quand tu n'étais pas
Quand je n'étais pas
Dans la pluie de l'aube
Dans le gris de l'aube
Je lis dans les larmes
L'éclat de la lampe derrière les carreaux
Et je me rappelle
Derrière la fenêtre
Que j'étais mal
Et que tu étais mal
Dans le gris de l'aube
Je lis dans les larmes
Dans le gris du ciel
Je sais ton sourire
Ton espoir de moi mon espoir de toi
Et je me rappelle
toutes ces villes les soirs
Tu m'aimais déjà comme je t'aimais déjà
Dans le gris du ciel
Dans un coin du jour
Vivent nos solitudes
Au creux de l'amour qui les a réchauffées
Et je vois demain
L'été d'aube claire
Je sais que tu es je sais que je suis
Dans un coin de l'aube je vois le soleil
Je vois le soleil. 28 06 1975
Quels seront les mots d'aujourd'hui
Quelle sera la force du sourire ou des larmes
Combien de mains écriront ce poème
Quels seront les mots de l'instant ?
D'où viendront le repos et la paix
Après la blancheur de la nuit
Les gens s'en vont dans la rue
Le soleil chauffe t'il leur cœur ?
Quelles seront les armes du temps provisoire
Les armes du vent et de l'amour
Fugitive seconde d'un sourire inconnu
Ou mon chien calme qui sommeille
Quels seront les sons d'aujourd'hui
Des aujourd’hui passés des aujourd'hui demain
Des yeux se ferment sur la mort
Les mêmes motos se forment dans ma main
Suprême instant de triste joie
L'arbre et la terre tant unis
Et les mots toujours de l'instant
Et les mots de demain déjà s'en vont
Quels seront les mots de ma mort
Qu'un long poème recommencé
J'écris sur l'aile d'un corbeau
Les mots abstraits de l'infini.
09 07 1975
Dans le silence cloîtré des habitudes
Quand le vent vient parfois me caresser
Je me dis que l'amour n'a rien changé
A la triste joie de nos solitudes
Tu t'en vas dans un rêve et tu me laisses
Choisir mon chemin vers d'autres au-delà
On se dit que l'on sait que l'autre est là
Et on va doucement et sans tristesse
La maison est remplie de ta présence
Sans toit il n'y aurait pas de liberté
Je te sais près de moi sans pouvoir te toucher
Mais l'instant dans l'air se charge d'espérance
Sur le lit le chien dort dans le matin
Je n'ai rien à perdre et rien à donner
Décidément l'amour n'a rien changé
Et pourtant sans toi je ne suis plus rien.
16 07 1975
NOSTALGIQUE BLUES
On partait de la ferme, on allait dans la boue jusqu'au parc du château glaner du bois pour la cheminée
Marie-Pierre venait nous voir, elle nous amenait un pain, elle se taisait et elle ne mangeait presque rien
Tu te souviens ?
Il faisait froid, on se serrait près du feu, je lisais tu tricotais, dans le silence on était bien
Jean-Pierre venait, on allait faire les courses en passant le pont de l'autoroute, à la petite épicerie
Lucie jouait de la guitare et chantait Marie-Claire, je te serrais dans mes bras, au chaud on était bien
On écoutait de la musique, Ferré, Glenmor et les beatles et puis aussi Simon and Garfunkel
Dans le froid de la chambre on chantait un peu désespéré, pour cacher la souffrance la folie et les larmes
Tu faisais des bouquets avec les fleurs des champs, ça sentait bon et on s'aimait comme des fous
Tu te souviens, gitane aboyait toujours après nous et le mouton paisible nous regardait
On partait de la ferme et on allait dans la boue jusqu'au parce du château glaner du bois pour la cheminée
Tu te souviens ?
19 07 1975
La tempête nous a glacé en un instant
Il est déjà cinq heures et la nuit va tomber
Novembre gris s'avance et son odeur fanée
Amène près de nous le souffle de l'océan
Nous arriverons dans la nuit à la maison
Mais pourquoi s'en aller déjà l'air est si pur
Le ciel qui s'assombrit se souvient de l'azur
Mais est-ce bien le froid qui te donne ces frissons
Mon enfant mon amour ma fille de satin
Approche toi de moi vient contre mon épaule
Que ton souffle si doux et mon souffle se frôlent
Reste près de moi et ne pense pas à demain
Viens et marchons au rythme des vagues qui se couchent
Entre les draps glacés du sable de la nuit
Ce lent balancement des instants qui s'enfuient
Comme l'oiseau de vapeur envolé de ta bouche
Nous rentrerons plus tard ou ne rentrerons pas
qu'importe c'est si bon près de toi de mourir
sur la plage égayée d'une écume sourire
La tempête revient rentrons il fait trop froid
Le temps s'allonge automne et nous gèlent les vents
comme la solitude silence comme la mort
Le temps s'allonge et dans la lumière de l'aurore
Vient au creux du rêve le souffle de l'océan.
22 07 1975
Écume moite d'un dimanche août écume bouillante
La brume de chaleur d'est vite dissipée évaporée
Et l'instant fugitif à l'allure éternelle
De l'ennui
Pas un souffle de vent ne tremble les rideaux
Et le soleil éclate en lambeaux d'incendie
Et le jour est si chaud qu'il chauffera la nuit
Août merde !
03 08 1975
Bien sûr c'est JE
C'est aussi TU
Car tu c'est je
Car tu sais je
Aussi me tue
Et quand c'est Il
Je se retrouve
Mais qu'en sait-il ?
Si c'était ELLE
Ce serait tu
Qu'en saurais-tu ?
Toi si belle
Nous sommes NOUS
Tenez le fil
Car VOUS est tu
Et tout se noue
Nous sommes ILS
Et tu es elle
Si tu est elle
Je deviens fou
Après vous je
Est encore tu
Tout ça c'est je
Car tu c'est je
Car tu sais je
Aussi me tue !
07 08 1975
Quand tu auras quitté les remparts de l'enfance
Qu'il te faudra courir les chemins de la vie
quand seront épuisés les jeux de l'innocence
Quand tu seras seul sur les chemins de l'ennui
Alors mon fils si l'espoir s'enfuit loin de toi
Et si tu te demandes pourquoi vivre la peine
Songe aux temps oubliés rêve d'un autre là-bas
Fais d'amour ton chemin les amours seront tiennes
Quand tu seras révolte au temps d'adolescence
Et que tu sentiras les forces de ton corps
Dans l'aube d'un printemps bois aux fleurs l'espérance
Si avant l'été tu ne rencontres la mort
Alors mon fils alors si tu passes ce pas
Si éclatent d'été les grains de ta jeunesse
Gardes toi des raisons tous ces feux sans éclats
N'ont de gloire qu'argent et d'amour tristesse
Quand tu verras l'automne habiller tes cheveux
Et derrière toi la grisaille des souvenirs
Si tu as échappé aux gens qu'on dit heureux
Que de franchise amère se plisse ton sourire
Alors quand tu seras proche de toucher le port
L'enfance te reviendra comme un peu de poussière
Tu rêveras encore aux portes de la mort
D'un parfum de printemps dans le cœur de l'hiver
Mon fils quand tu auras terminé ton chemin
Que ne sonneront plus les gaietés et les rires
Ton fils où sera t'il quel sera son destin
Lui diras-tu ceci au moment de mourir ? 09 08 1975
Où vent les mots dans la fatigue du travail
Quand le soir vient sans envie de faire l'amour
Où va l'espoir quand demain i faut se lever
Quand le vol du corbeau ne perce plus la brume
Une goutte d'aube comme un retour de poésie
Deux doigts de vent dans la fraîcheur du matin
La caresse d'un cri d'oiseau qui se réveille
Où va la poésie dans des journées sans fin
Dois-je dire à l'enfant le monde t'appartient
Et ne fais pas le con tu as une bonne place
Je lui donne la vie il faut déjà mourir
Mais alors qu'on me dise ce que c'est : le bonheur
Que fais le désespoir dans ce temps qui avance
Et à quoi bon l'amour si plus rien ne l'appelle
Où va la poésie dans la mort quotidienne
quand le cri des corbeaux ne disent plus liberté.
24 09 1975
Un dernier rêve dans la nuit
Un dernier regard avant le seuil du jour
Justice liberté amour
Une dernière aurore de vie
Des noms résonnent dans nos têtes
Une première pensée au réveil
Où vont dans leurs derniers sommeils
Les rêves des martyrs de Franco
Mourir pour des idées goût de littérature
On est loin de la mort à ne faire que dire
Ce n'est pas pour un mot que demain vont mourir
En Espagne des hommes sous le garrot franquiste
Allons je me dégoûte de rester bien vivant
Avec juste des cris pour aider la conscience
A rester bien en paix crions « à bas Franco »
Ces hommes en Espagne ne meurent pas pour des mots.
26 09 1975
Le froid comme les flammes pénêtre dans mes pores
Une vieille sur le chemin tremblotte sous son châle
Dans le silence du parc un écureuil s'étonne
Ma chienne se tait roulée en boule dans le soleil
J'entends le bruit d'un bus un enfant joue tout seul
Je pense à l'éternité à la sagesse des arbres
Je pense à mon amour et je pense à la mort
Au silence précieux des diamants de lumière
La paix est dans le gel qui étourdit ma chair
Comme la pluie transpercée d'un vieil imperméable
J'ai envie de boire un coup dans une ferme isolée
Du vin rouge quand le soleil s'apaise aux rideaux de la porte
Je pense à mon enfance et puis à mon enfant
blottit contre le dos de ma femme dans le lit
Je bande au pont du Cens d'un rêve chaud de tissu
Triste joie solitaire d'un royaume sans roi
Le froid est dans la laine du pull sur mon corps
La paix s'en va pressé par la rage impuissante
La semaine dernière en Espagne des hommes
Troués et de leur peau n'a pas jailli mon sang.
04 10 1975
Le vent d'automne
Passe et me donne
Des longs baisers
De rêves emplis
Dans cette nuit
Déjà rêvée
Et d'un regard
Dans le brouillard
De mon passé
Je vois fleurir
Des souvenirs
Recommencés
Dans le silence
alors je pense
Quelle triste vie
Et je repars
Dans le hasard
Vers d'autres nuits.
09 10 1975
Nous partirons dans une aube claire
Ou dans un soir tiède
Vers des pays que nous ne connaissons pas
Tu me prendras par la main
Tu me feras traverser des fleuves
Je te dirai que je t'aime
Nous aurons la sagesse des montagnes
Et de l'océan
Nous irons à pied dans la plaine
Le vent n'emporte pas les souvenirs
Demain est déjà un souvenir
Maintenant je te dis je t'aime
Nous trouverons un jour une vérité
Sans dieu ni rien pour l'obscurcir
Nous trouverons le vide
La paix et le silence
Tu m'apporteras l'oubli
Je te dirai que je t'aime.
11 10 1975
Je suis né où mon cœur m'appelle
Dans le vent d'amour et de nuit
Un goût de mer dans la bouche
La terre est à moi sans pays
Je suis né où l'amour m'attend
J'hérite du feu et du gel
J'aime le soleil et la pluie
La terre est à moi sans frontières
Je suis né sans père ni mère
Sans saisons ni nostalgie
Là où la liberté respire
Je suis né sans état civil
Et si mon cœur s'est fait arbre
Pour grandir dans la terre d'ici
Le vent peut emmener mon âme
Ailleurs au gré de sa folie
Je suis né sans le faire exprès
Dans un monde où l'on m'a fiché
Je nais où le veulent de mes désirs
La terre est à moi sans papiers
Je suis né suis-je déjà mort
Dans le béton de la cité
Le vent m'indique le chemin
D'un autre rêve où je suis né
Mille autres rêves où je naîtrais.
01 12 1975
Je n'oublie rien il n'est rien que je ne donne
Ce rire mêlé de toux secouée ce regard
Je suis par vous il n'est rien qui m'abandonne
Un parfum de tendresse de vent qui passe espoir
Je n'oublie rien fenêtre ouverte à deux battants
Poignées de mains caresses au chien et ce silence
Si chaud si clair ce sourire je vous aime tant
Que dire de l'amour que dire de l'espérance
Je suis nu de par vous je suis bien
Je n'oublie rien
30 12 1975
Je rentre le soir il fait jour encore
Il gèle parfois et ce matin
Quelques flocons de neige sont tombés
Les arbres sont gris et paraissent morts
Encore un mois d'hiver le printemps vient
Viendront bientôt des jours ensoleillés
Le temps nous mène et d'habitudes
Se font les jours recommencés
Le temps nous mène et l'habitude
Dans la mort bientôt va casser
Dans la mort demain va casser.
24 01 1976
Cherches au hasard des émotions la voie de la plénitude
Jusqu'à savoir la puissance des larmes
Laisses tes gestes aller à leur quotidienneté mécanique
Cherches la pais dans le renoncement et la folie
Jusqu'au bout
Creuses en ton âme un puits de sagesse et de vide
cherches encore la plénitude et le silence
Jusqu'à être silence et éternité
Ta force abolit le temps l'amour et la mort
cherches l'éternité dans cette fraction de temps
Tranquille
Jusqu'au bout
Vas t'en jusqu'au-delà de l'au-delà
Oublies jusqu'à l'oubli jusqu'aux mots de ton intelligence
Recrées le silence apaisant de la neige épaisse
Élèves toi plus haut que les hommes plus loin que leurs dieux
Vas dans l'absolu du hasard
Jusqu'à créer la mort
Jusqu'au bout de la mort.
15 02 1976
Ici la mer m'a dit
Le chant de mes oiseaux effacera tes rêves
Le vent n'est pas levé ne cherche pas ton voilier
Il restera au port
Ici la mer m'a dit
Sur le sentier de la falaise où rien ne se fait nuage
Tu ne peux pas t'envoler
Ici la mer m'a dit
J'ai creusé de silence une île au fond de toi
Et tu tournes en rond sans un mot dans la tête
Immobile
La mer m'a dit ça
alors j'ai pris un galet et au bout de la plage
Me suis mis à genoux
Le vent au fond de moi s'en revenait du large
Frappant sur les rochers
J'ai gravé dans le sable
Les mots que j'entendais
J'ai vu sur l'horizon
Se dresser une voile
Que la brise gonflait
Je me suis vu écrire ici la mer m'a dit
Le chant de mes oiseaux effacera tes rêves
Quand l'horizon s'embrume une vague est venue
Laissant le sable lisse
Les oiseaux ont chanté.
21 02 1976
Tes yeux sont des reflets du vent
Quand dans leur bleu le mariage
Se fait de la mer et du ciel
Tes yeux qui bruinent de rosée
Dans le vert où je me promène
Quand la forêt a du chagrin
Tes yeux où passent en un instant
Les écumes des mers du monde
Comme dans un rêve de musique
Tes yeux mon amour où je meurs
quand j'y vois briller le plaisir
Et que je murmure je t'aime
Tes yeux sont des reflets d'amour
Quand dans la terre de leurs ombres
tu inhumes toutes mes peines
Tes yeux sont des reflets du vent
Où je voyage avec l'amour
Qui illumine tes regards.
21 02 1976
Je voulais ne rien perdre du temps qui s'en allait
Faire n'importe quoi n'avoir pas de regrets
Courir à perdre haleine tous les chemins devant
Vivre chaque seconde comme un ultime instant
Mais monter et descendre ça ne fait pas grand bien
De l'amour à la haine il n'y a presque rien
Espoir et désespoir tout volait en éclats
Vivre chaque seconde je suis tombé bien bas
Mais vivre nom de nom à quoi ça peut servir
J'ai connu la misère j'ai perdu le sourire
Et j'ai tout essayé pour être -un peu- heureux
Mais l'alcool et la drogue c'est pas ce qu'il y a de mieux
Je me suis fatigué sur toutes ces routes vaines
Où j'ai récolté moins de bonheur que de peines
Ce sont des mots il faut savoir pour les comprendre
Qu'un est le mois de juin et que l'autre est décembre
Dans ce monde où je vis je ne suis pas chez moi
Je tourne en rond je cherche et je ne sais pas quoi
Et puis tous les matins je m'en vais travailler
Et j'écris des poèmes parlant de liberté
Mais vivre comme ça ça n'en vaut pas le coup
A vouloir ne rien perdre je suis devenu fou
J'en ai marre mais j'espère encore et malgré moi
Je tourne en rond je cours sans savoir après quoi...
06 03 1976
L'instant qui vient est déjà loin
dans les instants que je vivrai
Le temps prison qui me retient
Et que je n'oublierai jamais
Quand je fais deux pas en avant
A tout hasard vers la lumière
Le temps de respirer le vent
Et je fais deux pas en arrière
Je joue comme un tango lassé
Entre désespoir et espoir
Et je rêve du mot liberté
Dans le ciel pluvieux de mes soirs
Les habitudes sont vite là
Le rêve n'engendre pas l'action
Quand je parle d'autre là-bas
Je reste planté là comme un con
Un jour je quitterai la ville
Comme on fait un geste banal
Je verrai que c'était facile
Et que cela ne fait pas mal
L'instant qui vient est déjà loin
Dans les instants où je vivrai
Le temps prison qui me retient
Ne laissera pas de regrets.
21 03 1976
Nous irons jusqu'au delà des rêves
Mon amour tu verras
Rien ne nous barrera la route
Et nous aurons pour vivre
L'éternité
Nous chanterons toutes les mers
Mon amour tu verras
Nous verrons toutes les terres
Et tous les êtres
De l'univers
Rien n'empêchera la jeunesse
Mon amour tu verras
De faire du monde un seul pays
Et de l'amour une seule paix
Éternelle
Et nous irons vivre nos rêves
Mon amour tu verras
Dans le cœur des hommes nouveaux
Nos enfants seront ceux là
Mon amour.
03 04 1976
Un peu de musique comme pour taire l'ennui
Mon amour je sais
Je suis fatigué je pourrais dire tu
Tu rentres à huit heures ce soir
Fatiguée
Mon amour ne regarde pas ce feu
Dans mon regard
Il est hier
Deux gouttes de guitare pour un samedi
A qui dire j'en ai marre je deviens fou
Quelle heure est il ? Mon enfant tousse
Je t'attends
Ce feu qui brillait comme une étoile loin
Que l'on touchait du cœur
Comme un soleil
Il est hier
Lundi je partirai dans l'aube froide
Il sera six heures et demi et puis le soir
Plus encore abruti je ne rêverai pas
Mon boulot paye mal et il est dur
Ce soir je prendrai un comprimé pour ne pas y penser
Pour ne pas voir dans la nuit le feu d'un rêve
Demain il y aura un peu de joie et puis
Lundi nous crèvera
Dimanche sera le feu
Mon amour ne dis pas l'espoir !
Je t'en prie.
10 04 1976
Un couple de vieux est passé au soleil
Dans la rue is se tiennent la main
Serré sur tant de peines et tant de joies
Aujourd'hui m'étrange étrangement
Une femme en minijupe qui serre son enfant
Sur sa poitrine un gamin en vélo
Un morceau de désert calme et silencieux
Comme aujourd'hui où je suis ailleurs
Une phrase d'un poète qui par le du Chili
Les camarades morts du temps de Franco
Le sourire du bébé, la chienne un coup de langue
Avril samedi
Le printemps c'est une voix comme aujourd'hui
Et samedi m'étrange étrangement.
10 04 1976
Le vent de l'Est s'en va dans les vagues
Le village est dans le rouge du soleil
Les cloches sonnent il est huit heures à Muzillac
Je pars dans la coupure du temps de mon poème
Les merles sifflent des hymnes à la liberté
Dans la maison les enfants mangent
Le petit déjeuner
La paix est vivante dans l'absence
Je puise de la joie dans le vent glacé
Le temps s'est arrêté dans le silence
Tranquille de mes mots assemblés
Mais il fait trop froid il faut que je rentre
Ma chienne devant moi court sur le chemin
Elle est heureuse
Mon amour je ne veux pas quitter ce poème
Donnes moi la main fermes les yeux
L'instant de déchirure verticale de l'espace
Je ne sais pas si nous en sortirons
Le vent de l'Est s'en va dans les vagues
Le temps n'est plus à Muzillac
Mon amour.
25 04 1976
il me revient des souvenirs sans arbres
Nos pas jumeaux dans l'herbe rase
De l'amour dans nos regards
Et les vagues contre les rochers là-bas
Derrière le phare
Il me revient du vent dans les cheveux
Et toi pensive assise face à la mer
Un chien qui va nous rassemblant
Dans la lande et les chemins
du bout du monde
Il me revient cette île tout a recommencé
Le silence et les rires
La brise glacée de pluie on marchait
Mon amour il me revient cette île
Il me revient Ouessant.
08 05 1976
Toute ma vie de vivre je cherche
Dans vos yeux
Un rêve pareil au mien
Où je suis comme une pierre
Parmi la pierre qui vit
toute ma vie je cherche
Ce regard d'horizon ensemble derrière les vagues
Ensemble
(je ne sais rien)
Au delà des vagues de cette mer
De cette terre
Au delà même (je cherche) de cet ailleurs
Chacun
Chacun ensemble avec lui-même
J'aigris je cherche quoi ?
Toute ma vie de vivre au temps qui va
Au delà de mon amour ma quête de paix
J'aigris dans la solitude et la folie
Le regard avant les mots
Le regard humble devant la beauté
Je cherche
Je cherche ce regard d'ailleurs ?
Je n'en sais rien
Ce sourire figé dans l'espace imperceptible du temps
Je cherche et ne vois rien
Toute ma vie de vivre j'espère pourtant
L'espérance...
15 05 1976
Poème d'un homme dans une usine
Il est là pour travailler
Il pense à sa vie maintenant
Il se demande pourquoi ?
Poème d'un homme qui est triste
Qui rentrera dans un « chez moi »
Anonyme et comme chez eux
Ces gens tout à côté de lui
Poème d'un homme dans une usine
Qui pense à son amour
Amour qui est loin au travail
Et qui se demande aussi pourquoi ?
Les heures les jours les jours les jours
Qui se demande pourquoi le vie
Pourquoi l'enfance pourquoi la vie
Pourquoi le rêve sortir de quoi ?
Poème d'un homme et d'une femme qui en ont marre
Poème d'un homme qui sourit
A une femme qui sourit
sur leurs lèvres glisse je t'aime
Ils ont leur enfant dans les bras
L'instant est lumineux
Pourquoi sont-ils déjà
Un peu tristes un peu blessés
Pourquoi les larmes pourquoi la peine
Pourquoi la vie ?
Poème d'une femme et d'un homme qui travaillent
Ils pensent à leur vie maintenant
Et ils sourient pour la folie
Et ils espèrent.
05 06 1976
Ce toi qui est un rêve assassine les miens
Et je vois dans tes yeux des tourments obscurs
Des cris demain qu'arrache à ma gorge ton chant
Ce rêve au fond de moi est toi dans ma folie
Je t'aime et le silence m'enveloppe de vent
Avec des souvenirs ressassés de corbeau
L'avenir je le vis dans tes rires et tes larmes
Ces ailleurs de maison où nous serons heureux
Mes rêves sont noyés dans l'océan trop vite
Notre amour bateau a ses voiles gonflées
Et joue sur les chevaux d'écume et de misère
Notre port est la nuit où s'échoue le plaisir
Et ce toi dont je rêve me caresse sans fin
Des enfants dans tes doigts courent sur ma peau
Tous ces cris que demain arrache de ton ventre
Ce rêve dans ma folie où nous sommes heureux.
03 07 1976
Pour ce regard bruissant d'ombrage d'automne
Le miroir d'amour et de paix j'écris
Pour la jeunesse dans les rues
Deux doigts en V et le sourire
Pour ce regard de nuit luisante et lunaire
J'écris.
02 08 1976
L'arbre de la liberté, chétif
Dans un triporteur va les rues
Les blousons noirs se battent
Le soir chez les pompiers
C'est les années soixante
J'achète des pétards
J'ai gardé la monnaie en revenant des courses
Et j'ai des culottes courtes
Dans la banlieue des accordéons
C'est le bal des misères les quatorze juillet
La connerie humaine bat le goudron trop chaud
De leur Bastille maquillée et solide
Ça me dégueule maintenant
Jusque dans mes godasses.
16 08 1976
Où vont les jours
Il fait si lourd
Où est l'automne
Où va la vie
Le temps me plie
Tant monotone
Où s'en vont les jours
Où partent les mots
Et la mort bientôt
Viendra mon amour
Les heures se perdent
Et je m'emmerde
L'esprit absent
J'attends toujours
Oh mon amour
Un autre temps
Où s'en vont les jours
Où partent les mots
Et la mort bientôt
Viendra mon amour.
25 08 1976
Un envol blanc et gris au raz de l'écume
Puis les ailes étendues sur un doux lit de vent
L'oiseau comme mes rêves s'éloigne dans l'azur
Mais garde dans son regard l'océan en furie
Il faudra bien qu'il plonge bientôt pour se nourrir
Même un oiseau ne peut vivre que des nuages
Et mes rêves le suivent dans son plongeon vital
Mais ne remontent pas avec lui dans le ciel
La fange existe tant que j'y reste collé
Et avec la folie dans mon regard absent
Je vois l'oiseau de mer m'abandonner ici
Et je meurs doucement noyé comme mes songes.
30 08 1976
Un instant comme sorti d'un rêve
Un seul instant encore
Et je retrouve mes yeux de demain
Et d'hier
Et le sang comme d'habitude
Et le silence
Couleront des arbres et de tes yeux
Couleront des arbres et de tes yeux
Des océans
Et la folie mêlée d'espoir
Ne sera plus
Qu'un instant qui reviendra
Peut-être
Dans l'infini de l'éternité
04 09 1976
J'écris avec des mots d'automne
Des mots mouillés comme le ciel
Comme la terre
Comme mon cœur
Mon âme s'en va vers le nord
J'écris avec des mots de brume
Avec des mots prisonniers
Comme mon amour
Je vais sans espérance
Pourtant c'est bon d'aimer
J'écris avec des mots tristes
Des mots qui coulent comme des larmes
Comme des fleuves
Vers la mer
Mon âme s'en va vers la mort
J'écris avec des mots d'automne
Le souffle de mon désespoir
Celui de mon amour
Et de ma vie
Ne dites pas que c'est le temps
Qui me fait ça
Ne dites pas le temps
Ne dites pas ça
Pourtant c'est beau l'amour !
Et j'aime.
04 10 1976
Je suis toujours allé comme ça
De misère en misère
Comme la nuit
Le papillon vers la lumière
J'ai oublié mon innocence
Entre deux filles deux aventures
Je suis toujours allé comme ça
Au hasard
Le destin me pousse vers cette fange
Si c'est le prix de la liberté
Si j'ai le choix
Je suis toujours allé comme ça
comme une barque seule au large
Je ne porte pas d'uniforme
Ni la crasse ni les cheveux
Je regarde au fond de votre âme
Je ne m'arrête pas sur vos yeux
Je suis toujours allé comme ça
Dans la vie
La vie me pousse dans la fange
Si c'est le chemin de la liberté
Si j'ai le choix
Je vais.
16 10 1976
Je ne peux te donner de moi
Que ce qui est moi
Des mots qui coulent entre des silences
Un sourire qui semble venir de mon enfance
Un sourire des rues
Quelques vagues d'une mer révolue
Une vision bizarre des choses et du monde
Quelques siècles de retard ?
Un enfant qui te ressemble
Et mon amour comme la liberté
Je ne peux te donner de moi
Que ce qui est moi
Des mots qui volent entre des silences
Une fracture du ciel un instant
Qui brise le temps qui passe
Le vent glacé de l'aube
Quand tu vas au travail
Une idée toujours comme une route
Vers la liberté
Je ne peux rien te donner
Je ne peux rien te donner !
21 11 1976
La brume du matin prépare
Le temps pour l'automne arrivant
L'été est plus dans nos mémoires
Que dans le soleil pâlissant
L'aube a des couleurs virginales
Le gel habille la terre en blanc
Les fleurs ont perdu leurs pétales
Les arbres vont leur dénuement
Je sais qu'il est vain de chercher
Dans l'amour quelque raison
Mais je traîne mon cœur glacé
Le notre a duré la saison
Tu as fermé ta porte
Et sur ton seuil le vent
Balaie nos amours mortes
Et s'en va tristement
Viennent les saisons mortes
Emportant notre amour
Tu as fermé ta porte
La nuit chasse le jour.
1978
Quand aura tant coulé le temps
Comme un torrent nous emportant
Quand nous serons devenus vieux
S'il plaît aux dieux que nous soyons
Encore vivant
Je voudrais te donner la main
Arrivé au bout du chemin
Te dire je t'aime oh mon amour
Je t'aime comme au premier jour
Quand la vie nous aura laissé
Un seul rivage pour aborder
Avant que soit l'heure de la mort
L'heure de toucher le dernier port
L'ultime instant
Je voudrais te donner la main
Baiser ta bouche et me noyer
Dans la tendresse et le chagrin
Que ces instants soient les derniers
Je voudrais partir avec toi
Fermer mes yeux sur ton visage
Et ne plus se quitter jamais
Partir pour le dernier voyage
Oh mon amour
Je voudrais te donner la main
Et avec toi être entraîné
De l'autre côté s'il n'y a rien
Notre amour est éternité.
1978
Et je pousse comme une herbe folle
Dans ces sillons trop ordonnés
Je cherche je cherche
Qui peut être heureux dans ce monde
Où je voudrais simplement vivre
Qui viendra avec moi ?
Mais mes racines sont tordues
Et les vents toujours m'écartèlent
Je cherche je cherche
Bloqué par les contradictions
Et englouti sous le silence
Qui viendra avec moi ?
Mais je ne suis pas ce chemin
Si droit qu'il ressemble à la mort
Je cherche je cherche
Pourrais-je trouver dans les mots
La vie enfin sortie des rêves
Qui viendra avec moi ?
La liberté existe t'elle
La liberté la paix l'amour
Je cherche je cherche
Et je tends mes mains et mon âme
Vers cet espoir simple et fou
Et je reste tout seul.
1979
Je rentre le soir il fait jour encore
Il gèle parfois et ce matin
Quelques flocons de neige sont tombés
Le temps...
Les arbres sont gris et paraissent morts
Encore un mois d'hiver le printemps vient
Viendront bientôt des jours ensoleillés
Le temps...
Le temps nous mène et d'habitudes
Se font les jours recommencés
Le temps nous mène et l'habitude
Dans la mort bientôt va casser
Dans le mort bientôt va casser.
1975
On arrive presque à l'an deux-mille
L'homme à quelques millions d'années
Que si Cro-Magnon revenait
Il serait complètement paumé
On arrive presque à l'an deux-mille
Toutes les sciences ont fait des progrès
On vit de plus en plus longtemps
Peut-être grâce aux médicaments
Ça devrait être bien portant
Autoroute et tour de fer
C'est ni paradis ni enfer
On de vivre avec son temps
Est-ce qu'on pourra vivre longtemps
Je n'en suis pas sûr
On vit à l'air industrielle
Ça nous fait pas le vie très belle
L'herbe est noire dans les fossés
Au bord des routes surchargées
L'usine c'est pas la liberté
On a fermé toutes les issues
Rien dire rien entendre rien voir
L'incommunicabilité
Est bien la reine incontestée
Tant le monde a évolué
Gros verrou sur porte en fer
C'est ni paradis ni enfer
Il faut vivre avec son temps
Est-ce qu'on pourra vivre longtemps
Je n'en suis pas sûr
Les réserves de pétrole s'épuisent
En deux-mille tout sera à sec
Mais il faut continuer de produire
chercher autre chose sans s'arrêter
Les flics c'est la sécurité
Il y a des atomes un peu partout
Et c'est pour des siècles et des siècles
Il faut que le monde soit vraiment fou
Mais on continue le chemin
On se prépare une drôle de fin
Flic partout et nucléaire
C'est ni paradis ni enfer
On dit faut vivre avec son temps
Mais enfants l'auront-ils ce temps
Il faudrait pouvoir tout arrêter
Avant que tout soit terminé !
23 04 1979
En forme de testament
Une liberté de mots et de gestes
Peut-être trop de rêves peu de vie
Longue
L'infini de l'instant
Le silence en forme de testament
Le silence comme un aboutissement
Avec l'anarchie
Avec un éternelle adolescence
Mon corps je m'en fous
En forme de testament
Chaque rêve en dernière volonté
C'est bien long la vie parfois
Le silence léger et doux
Avec des rires et de la musique
L'adieu sans larmes
quelque soit la couleur du temps
En forme de testament
L'amour.
16 04 1978
Rien ne ramène la douceur du temps
Pour hier il n'y a pas de chemin
Hors le souvenir
Je cherche d'autres voies vers la liberté
Tout ce que j'ai marché s'inscrit dans mon histoire
Mais ma mémoire ignore le cheminement de demain
Je n'échapperai pas à ma route
Qu'aujourd'hui encore je cherche
La tristesse ne peut vivre au futur
Mais l'espoir et le rêve
Alors je vais sans renier mes pas
Je cherche mon chemin
J'espère et je vis avec ma force et ma folie
Je marche.
1978
J'ai quitté le champs de pierres
Où ne flrurissait plus rien
Et voilà que m'abandonne
L'arbre rêvé de demain
Je quitterais la rivière
Si la source se tarie
Comme un jour j'ai quitté la pierre
Qui peignait les arbres en gris
J'ai quitté la mort et l'ombre
Pour mourir dans la lumière
Si la lumière devient ombre
Moi je resterai de pierre
Ma vie n'est pas un jardin
Où fleurit n'importe quoi
Si les arbres y meurent trop vite
Les pierres n'y meurent pas
J'ai quitté le champs de pierres
Pour une rivière asséchée
Les pierres ont bloqué la source
Je meurs d'avoir trop rêvé.
1978
De plus en plus je me clos
Dans le silence
A quoi serviront tous ces mots
Jetés
Même si je m'en retournais
Jusqu'à l'enfance
Je n'y retrouverais
Que la nuit
Et de plus en plus je rêve
Dans le silence
D'une jouissance infinie
Et secrète
Mais si je vais trop vite
Vers elle
Je ne trouverais
Que la nuit
Et de plus en plus je m'enfuis
Dans le silence
A quoi serviront tant d'instants
Jetés
Dans les poubelles du vent
Qui n'emporte
Qu'un tout petit peu de moi
Dans la nuit
Et de plus en plus je meurs
Dans le silence.
07 05 1978
Si le présent est imparfait
A l'imparfait c'était le bon temps
Si pour nous le passé est simple
Que conjugueront nos enfants
Pauvre maison ta vie est morne
Car en dehors des souvenirs
L'environnement uniforme
Ça n'a rien pour te réjouir
Tu n'auras jamais eu de chance
Habitée trois mois dans l'année
C'est secondaire une résidence
Pour les nantis et les trop gavés
Tu étais traitée sans amour
Par des touristes indifférents
Tu appelais l'automne au secours
L'été n'était pas alléchant
A part les lézards paresseux
Qui se réchauffaient sur tes pierres
C'étaient des cris des coups des feux
Et le goût de l'huile solaire
Au moins l'automne il ya avait des feuilles
Que le vent balayait gaiement
La musique dans les branches vides
Des saules et des chênes puissants
Maintenant l'automne c'est à peine
S'il verdit l'herbe il y en a si peu
Pas besoin de chercher de chênes
Il n'y a même plus de résineux
La mer n'était pas une poubelle
IL y avait encore des pêcheurs
Et sur des plages propres et belles
Nichaient des oiseaux migrateurs
Maintenant si on approche la côte
On est averti par l'odeur
Les grèves sont noires et pestilentes
Il y a longtemps que les oiseaux sont morts
Il n'y a plus dans le silence
Le grincement régulier
D'une charrette sue devance
A pas lent un goémonier
Un goémonier pour quoi faire
Puisqu'il n'y a plus de goémon
Qu'il n'y a plus de vie sur terre
Que dans tes souvenirs de maison
Que dans tes rêves de maison.
1977
Ceux de nulle part sont du vent comme d'une terre
Ils marchent dans l'épais de la pluie
Enracinés au froid de l'air qui leur fouette la peau
Ceux de nulle part ne sont pas du néant
Ils ont dans les yeux un peu de chaque pays
Ils ont dans le cœur déjà la terre où ils vont
Celles où ils iront
Peut être aussi celle où viendra les prendre la mort
Ceux de nulle part sont du ciel
Ils sont des arbres aux racines nuages
Ils emmènent avec eux le bonheur
Moi je suis d'ici et d'ailleurs
De partout un peu
D'ici et du ciel et du vent
Ailleurs de la pluie du froid et du feu
De partout de l'amour
Je suis d'ici de part mes tripes reliées à la terre
Et à la mer
Reliées à la musique aux mots aux morts
Par le flux et le reflux la tempête
Je suis d'ici des chants des champs aussi des fleurs
Je suis d'ici et de nulle part de l'au-delà du rêve
Ceux de nulle part sont du vent comme d'une terre
Et le vent m'emmène ailleurs toujours
M'emmène vers la liberté ailleurs toujours lointaine
Le vent m'emmène je marche dans l'épaisseur de l'air
Je passe je suis sans être vu
Je n'ai pas le temps je passe et j'espère je marche
Je ne sais faire que ça
Je suis d'ici et d'ailleurs de l'amour
je vais où le vent m'emmène toujours le vent
Vers la liberté je n'ai pas le temps je passe et je chante
Écoutez...
01 05 1979
Je n'ai plus
Qu'à refermer les yeux
Et rêver de lumière
Sans prison
Je n'ai plus
Qu'à attendre encore
L'heure de la mort
De ma liberté
Je n'ai plus
Qu'à vivre sans demain
Le temps est déjà loin
D'hier
Et demain
Quelque soit demain
J'ouvrirai les yeux
Sur un soleil nouveau
Et si je n'oublie pas
Le brouillard d'aujourd'hui
Les détours du chemin
M'éloigneront de lui
Même si
Je n'ai plus
Qu'à dormir sans sommeil
Qu'à aimer sans envie
Sans amour
Je n'ai plus
Qu'à refermer les yeux
Et rêver de lumière
Sans prison. 1973
Le monde est fait comme ça
On est sur des rails
En naissant on prend le train
On y reste jusqu'à la fin
Tu as beau tirer le signal d'alarme
Pousser des cris manifester
Des pancartes dans les défilés
Il n'y a pas souvent de gares
Depuis soixante-huit pas d'arrêt
Sauter en marche ne sert à rien
Le monde est fait comme ça
Ceux qui ont la parole s'en servent
Pour dire qu'il n'y a rien à faire
Que leur pouvoir ne va pas si loin
Ne pas toucher aux aiguillages
Qu'on est sur la bonne voie
Qu'on a fait les bons choix
Que sauter en marche ne sert à rien
On est sur les rails
Faudra aller jusqu'au bout
Faudra tomber dans le trou
après le butoir c'est l'explosion
On trouvera mieux que le nucléaire
Pour se foutre la gueule en l'air
On a de l'imagination
Le monde est fait comme ça
Il faut aller toujours plus loin
Il faut aller toujours plus loin !
05 1979
« Je sais d'étranges morts qui ne pourrissent pas
Et qui sont beaux comme la chair adolescente
Ce sont ceux-là dont les vivants parlent tout bas
anges assassinés de leur jeunesse ardente »
Léo Ferré « les morts qui vivent » (Poètes vos papiers)
C'était un soir de fête
Ni à cause des bals
Ni parce que les flonflons
C'était un soir de fête
Parce que la jeunesse
Parce que les copains
On ne se connaissait peut-être pas encore assez
Pour que je dise « mon ami »
On s'entendait bien
Tout le monde s'aimait
C'était un soir de fête
Le rire volait avec nous
On avait peut-être un peu bu
Il n'était peut-être pas encore mon ami
Mais on ne se quittait pas beaucoup
On parlait de motos et de filles
On faisait connaissance
C'était un soir de fête
Peut-être qu'on a sommeillé un peu
Il ne s'est pas réveillé
C'était un soir de fête
pourquoi y a t'il eu demain ?
19 08 1979
Vers quels autres pays s'astreindre à espérer
Mes pas vers quels soleils ou terre d'esprit nouveau
Pétrir quels autres rêves
Sourire
S'installer le matin pour quel autre horizon
Enfoncer de la voix comme un clou dans la main
Quelques trop durs silences
sourire
Vers quels autres étranges lieux se diriger
Dans la pluie drue
Comme dans un ancien automne
De mes joies sans pareilles
Sourire
S'installer sous les arbres allongé sur les feuilles
Les écureuils régnants là-haut dans le regard
Et attendre l'hiver
Sourire
Vers quels autres printemps alors l'enfance comme
Usée d'amour le temps du temps que l'amour s'use
Et dans l'été blessant
Sourire
Vers quels autres pays s'astreindre à espérer
De folie à venir s'envahir doucement
Comme une cinquième saison
Mourir
08 09 1979
C'était un matin gris rappelant nos voyages
La route était déserte dans la brume immobile
Des corbeaux passaient ras la terre retournée
Je voudrais m'arrêter
Et vivre
Te prendre par la main je nous revois si bien
Sur ces routes de pluie combien d'années déjà
Passées et se referment sur notre liberté
Un écureuil rapide a couru dans les phares
On a pris l'habitude le travail les enfants
La fatigue des soirs l'amour que l'on fait moins
La grisaille des jours et moi dans mon silence
Et des ennuis de fric nous qui ne comptions pas
Je voudrais t'emmener d'autres vagabondages
En Allemagne encore pourquoi pas n’importe où
Et n'importe comment mais il faut qu'on y aille
Dans la neige neuve rire comme des enfants
Mais nous ne pouvons pas et le temps fait le reste
La vie ça va si vite on a bientôt trente ans
Le rêve ça va un peu mais l'espérance gèle
De semaines en années notre temps s'obscurcit
Ce midi fatigué j'ai écrit ce poème
Un peu désespéré mais le vie est comme ça
Je voulais simplement te dire que je t'aime
Et que peut-être un jour tout recommencera
C'était un matin gris rappelant nos voyages
La route était déserte dans la brume immobile
Je voudrais repartir avec dans les bagages
Deux petites filles une chienne et toi, mon amour. 11 09 1979
Ce serait un matin d'hiver
Un copain matinal
Allumerait le feu
Et préparerait le café
Le chocolat pour les enfants
Et bientôt on se trouverait
Tous autour de la table
On ferait la liste du jour
Chacun choisirait son travail
Doucement doucement
Ce serait un soir de printemps
Une longue journée
Bien remplis bien aimée
Les plus fatigués dormiraient
certains seraient à lire dehors
Et d'autres à chanter dedans
On allumerait un petit joint
Contents d'aujourd'hui et demain
Hier étant déjà bien loin
Doucement doucement
Ce serait un midi d'été
Il y aurait des invités
Qui nous raconteraient
Ailleurs la vie comment elle est
Dans les autres communautés
Ils nous amèneraient du pain
Ou de la laine ou des sabots
On partagerait le repas
On s'apprendrait quelques chansons
doucement doucement
Ce serait une aurore d'automne
Sur une terre libre
Où vivre une autre vie
J'aurais pu dire dans ma chanson
Les engueulades et les départs
La mort et puis les maladies
La faim les jours noirs les soucis
Mais ça n'est pas intéressant
Et puis on vit ça au présent
Comme des cons comme des cons.
1979
Mon réveil s'arrêtera
Et j'arrêterai aussi
Sans rien pour accrocher mes mains
Ni mes souvenirs
Rien qu'une terre sensible
Qui le nourrit
Et où je renaîtrait
J'attends
J'attends
Avec des rêves grands comme le ciel
Que les mots tuent
Indispensable pour donner
Les mots c'est con
L'amour
J'attends
J'attends
Avec des mots auxquels je crois
Qui ne m'appartiennent pas
Les mots s'envolent
L'amour
J'attends
Combien sommes-nous pour y croire
Les pierres ont elles une mémoire
Le temps c'est con
La mort.
31 12 1978
C'est ce moment tranquille où revit le silence
Où même la maison semble se reposer
Et les objets respirent du même souffle que moi
comme pour calmer les battements de mon cœur
C'est ce moment tranquille où les instants s'étirent
Longs infiniment longs comme une éternité
Où je ferme les yeux et je reste immobile
Pour apaiser en moi la tempête et le feu
C'est ce moment tranquille où doucement se pose
La paix comme un oiseau diaphane et léger
Où tout vit au même rythme lent et minéral
Des secondes où j'arrive presque à le plus penser
Mais ce temps est si court et au combien fragile
Qu'un bruit de pas un rêve l'image d'un sourire
Où un souffle de vent suffit à la casser
Mais je ne sais pas parfois de temps qui soit plus tendre
Qu'attendre
T'attendre.
07 11 1979
Les gestes qui ne comptent pas
Ni les mots nés des habitudes
Les bruits les musiques les voix
Bourdonnement des multitudes
Tout ce qui bouge tout ce qui vit
Les rues les villes les cafés
Les terres les mers les pays
Les femmes les hommes les sociétés
Tout ce que je vois
Ce que je sens ce que j'aime
Ce que je combats
Au fond de moi mon âme saigne
Je voudrais sortir du silence
Et tous les pas que j'ai pu faire
Comme ceux que je ferai encore
Les vagues revenues de la mer
Les bateaux revenus des ports
La liberté jamais atteinte
La page vierge et le stylo
Qui imprimera mon empreinte
Dans l'éternité d'un sanglot
Tout ce que je vois
Ce que je suis ce que je montre
tout ce qui fait mon espérance
Tremble au fond de moi
Comme les secondes sur la montre
Je voudrais vomir mon silence
Tous les poèmes amoncelés
Tous ces mots scellés dans l'encre
Les pages qu'un jour j'ai tournées
Les baies où j'ai jeté l'ancre
Aucune chanson n'est finie
Même quand la guitare s'est tue
D'autres s'enfoncent dans l'oubli
C'est le silence qui continue
Tout ce que je vois
Ce que j'admire ce qui m'enchante
On y a pas pensé souvent
Mais un mot suffit pour que vienne
L'idée du poids que font trente ans
Alignés derrière le miroir
quand on se croise du regard
En se disant qu'on a rien fait
Il faut bien dire aussi
Que la machine nous enchaîne
Et le manège tourne si vite
Demain vient où l'on sera vieux
Que dans le ciel de notre vie
Il n'y a pas beaucoup d'éclaircies
L'image paraît jeune encore
C'est dans la tête que le temps pèse
On sait ce qu'on ne ferait plus
On a plus de ces folles joies
Qu'hier nous arrachaient le cœur
Plus de folles peines non plus
On a laissé notre folie
Le long d'un fleuve merveilleux
On sait pourtant qu'il coule encore
Quand on vivait le temps présent
Sans souci d'après ni d'avant
En laissant filer la jeunesse
On prend encore des coups au cœur
Par la beauté ou par la mort
Comme des retours d'adolescence
On n'a pas passé de frontières
C'est pas demain qu'on sera vieux
Le ciel est bleu par la fenêtre
Il n'y a qu'à dire aussi
qu'on peut arrêter la machine
Qu'on peut descendre du manège
Et se jeter à cœur ouvert
Dans le fleuve tumultueux
Où vivra toujours la jeunesse.
14 07 1980
Matin pluvieux
Aux cris d'oiseaux
Timides
Le vent secoue
Les peupliers
Dimanche
Un parapluie
Énorme et noir
Promène
Sous ma fenêtre
Un chien avec
Son maître
Longeant les murs
Sac sous le bras
Une femme
Le pas pressé
Le pain frais sous
La cape
Un goéland
Vire lentement
Au ciel
Un géranium
Pleure des pétales
Fanés
Et moi assis
Bien à l'abri
J'attends
Que le soleil
Montre son œil
Brûlant
Matin d'été
qui ressemble à
L'automne
Les cloches sonnent
Il est neuf heures
Dimanche
20 07 1980
Qui est venu sonner
Cette nuit à ma porte
Était-ce un ami
Ou bien un inconnu
Je ne sais
Je n'ai pas bougé
De la chaleur du lit
Mais j'ai ouvert les yeux
Et j'ai écouté le silence
C'était peut-être un rêve
C'était peut-être ailleurs
Il n'y a plus rien eu
Vague peur
Et le noir de la nuit
C'était peut être un homme
Ou peut-être un fantôme
Ou peut-être la mort
Qui venait me chercher
je ne sais
Un clochard un poète
Ou un souvenir
Mais je n'ai pas bougé
Cette nuit et je garde
Des regrets
Qui est venu sonner
Cette nuit à ma porte ?
Je ne sais.
28 08 1980
tu peux croire que tu aimes vivre
Et même que tu es heureux
C'est un bon moment à passer
Mais il ne dure pas longtemps
Quand le cafard te tenaille
Sans que tu saches son secret
Tu penses que la fin est au bout
Et passent sans fin les jours
Qui se suivent et se ressemblent
Le travail et le sommeil
Avec amour ou sans amour
Tu veux supprimer la tristesse
En fumant l'herbe de ton jardin
Le matin le soleil t'aveugle
Tu sais que rien ne change rien
Le jour où tu en as marre
tu restes chez toi tu t'en fous
Tu vas cueillir des champignons
Ou tu ramasses des pommes de terre
Tu te dis que tu aimes vivre
Et même que tu es heureux
Puis tu retournes à l'usine
Tu sais que rien ne change rien
Alors tu prends ta guitare
Et tu rêves de liberté.
14 09 1980
Ce que je vis doucement
L'air respiré des forêts
Les lentes longueurs
Je vois quand je veux
Les nuages se déchirer
Où restent sur les crêtes où restent
Des neiges d'hiver
J'ai l'âme éparpillée
sous le ciel gris ou bleu
Comme un blues
doucement
Ce que je vis en douceur
Sur les plages gelées de décembre
Quand je suis seul
Avec les oiseaux
Les goélands les mouettes
Hérons cendrés des marais
Ce que je voudrais
C'est presque tout ce que je voudrais
J'ai la tête en morceaux
Devant la mer étalée
Comme un blues
En douceur
Ce que je vis en dedans
Le soleil perdu du soir
Dans les monts d'Arrée
La liberté des sommets
Tout est songe
Peut importe tout est songe
Je ne peux qu'imaginer
Car je n'ai pas le temps
Le temps que je vis en dedans
C'est un blues, doucement.
29 09 1980
Rien a changé tout se replace
Chaque chose
Les années ont fui
Je n'ai pas vu d'écureuils
Depuis longtemps
Je bois, je fume je vieillis
Je me sens mal
Rien n'a changé rien ne va
Mais je suis si bien
Quand tu es là
Mon amour
J'ai perdu beaucoup de folie
Ma haine est morte
Je vis comme « tout le monde »
J'en ai assez du travail
rien n'a changé
Rien ne va
Mais je suis si bien avec toi
Mon amour
J'ai des cernes noirs autour des yeux
Et des rides
Pas de goût pour le merveilleux
J'ai aigri j'ai maigri
Je n'écris plus rien
Je n'ai pas de souvenir
De ce que j'étais
Rien n'a changé
Mais j'ai peur de la vie
C'est peut-être fou
De t'aimer comme je t'aime
Rien n'a changé rien ne va
Mais je suis si bien
Avec toi
Je t'aime. 30 09 1980
Écoute
La lumière
Des pierres
Leurs chants
D'une éternité
C'est assourdissant
Sans doute car
Tu doutes
Et rien
Tu n'entends.
22 08 1980
Je voudrais écrire
Une chanson belle
Une seule chanson
Me vider de tout
Des mots et des ciels
Des misères du monde
De nos rêves mêlés
Et contradictoires
Je voudrais
Je voudrais écrire
Une musique belle
Une seule musique
Douce comme l'amour
Écrire des poèmes
Dans la longueur des nuits
Pour te dire je t'aime
Et puis t'écrire encore
Je voudrais
Peindre le gris du ciel
Pasant au loin les vagues
Et l'horizon multiple
Des amitiés de sable
S'effritant dans les jours
Ou alors se serrant
Dans un granit lourd
A défier le temps
Je voudrais
Je voudrais raconter
Mais mon temps est trop court
La vie telle qu'elle serait
Si elle était d'amour
Comme un soir tranquille
Chantant sur sa guitare
La voix d'un seul ami
Pour un monde d'espoir
Je voudrais
Je voudrais écrire
Une chanson belle
Une seule chanson
Le temps pousse le temps
Je marche et je vieillis
Et je chante et je sais
si longue soit ma vie
Je n'aurai pas le temps.
09 12 1980
Le matin cache
Son butin
Rouge
C'est en mai
Mais en mai
D'aube
Planté dans
Le froid bleu
Je vois
Loin après
Loin avant
L'aube
Le matin cache
Son butin
Planté dans
Le froid bleu
Rouge
Je vois
C'est en mai
Bien après
Mais en mai
Bien avant
L'aube rouge.
09 05 1979
Rêver sans cesse un monde qui ne sera jamais
Écrire sans cesse un rêve qui ne sera pas lu
Courir sur des chemins magnifiques et faciles
De sourire et d'amour et y rester tout seul
Vivre le cœur ouvert vers la vie souveraine
Aimer l'amour jusqu'à s'en faire péter l'âme
Souffrir aussi sans fin des souffrances humaines
Devant le papier blanc se retrouver tout seul
Un grand remue ménage me secouant la tête
Les idées et les mots me martelant l'esprit
Le cerveau déchiré tel des pieds sur l'asphalte
D'espérance marcher en signes sur le papier
Marcher encore mùarcher jusqu'au bout du silence
Et de la solitude et de l'amour aussi
Avec au fond du sang d'obscures mécaniques
Indécentes à se mettre nues et à crier
Retranscrire les chants qui montent de la terre
Les cris des pierres les arbres les caresses du vent
La mort qui marche aussi et l'angoisse des hommes
Le temps dans la poitrine qui sonnera le glas
Aller du crépuscule à l'aurore est la route
De l'aurore à la nuit de la mort à la vie
Semblable à tout jamais à soi-même et aux autres
Peut-être vivre enfin une cinquième saison
A la mort retrouver le silence être seul
Et puis ne rien laisser qu'en poèmes glacés
Les rêves de ce monde qui ne sera jamais
Qu'un peu de la folie coulant des solitudes. 06 01 1980
Je vois dans la nuit glisser les lumières
De ce train qui vient de quitter la gare
Il vient de Paris et va vers Quimper
En passant il raconte des histoires
Des histoires de pluie des choses d'hier
Des instants perdus dans le désespoir
De l'amour la mort et puis la misère
Et la vie n'efface rien de ce trou noir
Un amour s'en va un amour arrive
La même folie et le même goût
Une partie de moi reste à la dérive
On avance on n'oublie rien du tout
Rien du tout ce soir où par habitude
J'ai pris un stylo pour écrire un peu
Recroquevillé dans ma solitude
De cette douleur j'ai senti le feu
Jamais d'autres flammes si fortes soient elles
Ne pourront masquer cette fièvre là
Je pourrais connaître d'autres amours belles
Je sais un brasier que rien n'éteindra
Et si aujourd'hui la femme que j'aime
Est comme le soleil d'un matin d'été
J'ai au fond du cœur une ombre ancienne
Qui file sur les rails d'un destin brisé
J'ai vu dans la nuit glisser les lumières
D'un train qui traînait des flots de hasard
Et qui sans douceur cassait les barrières
Des profonds secrets de mon désespoir.
07 11 1991
Je voudrais pour toi la mer
Quand les vagues écrivent des poèmes
Quand dans le bleu du matin
Les goélands disent que je t'aime
Je voudrais pour toi le ciel
Quand le vent mange les nuages
Et viennent les étoiles dans la nuit
Guider mes pas dans tes voyages
Je voudrais pour toi le feu
Quand il éclate le bois en cris
Et quand au cœur de l'hiver
Il berce les rêves de ta vie
Je voudrais pour toi le sourire
Pour tes yeux vidés de la peine
Pour l'enfant qui un jour viendra
Je voudrais te dire je t'aime.
28 10 1974
Mon amour s'endort bleu sur ma peur
Aux draps comme les cieux et les fleurs
Mon amour, bercée de silence
S'abrite de mes cauchemars
Et porte en elle la présence
De notre enfant de notre espoir
Mon amour rêve t'elle si calmée
De cette vie nouvelle bien cachée
Et moi je voudrais croire en dieu
Et j'aimerais pouvoir lui dire
toi que l'on dit si glorieux
Pour moi garde lui son sourire
Mon amour frissonne dans ce lit
Douce respiration de la vie
Dans le tendre oubli du sommeil
Avant que la nuit ne s'achève
Avant que vienne le réveil
Ma force soit en elle et ses rêves
Mon amour s'endort bleue fatiguée
Aux draps comme les cieux de l'été
08 07 1975
Tout ce qui vit dans mon regard
Le vent qui fait frémir les fleurs
Le vol blanc des oiseaux de mer
Les vagues frappant le rivage
Ton nom est en toute beauté
Toutes les beautés sont ton signe
L'odeur de la terre mouillée
Celle du vin frais et de l'ombre
O douceur des choses banales
O silence ardent des tendresses
Toi suspendu avec le temps
A la potence de l'avenir
ton nom est au creux des forêts
Avec l'écureuil et le loir
Avec l'aigle et avec l'agneau
Avec l'enfant émerveillé
Toute vivance t'appartient
C'est pour toi que ma chair vibre
Par toi qu'exultent toutes joies
Par toi que toutes les amours naissent
Tout ce qui vir dans mon regard
Aujourd'hui d'été et de calme
Apporte sur mes lèvres ton nom
Liberté.
23 07 1982
Le bonheur ce n'est pas grand chose
Le bonheur ce n'est pas beaucoup
La beauté fragile d'une rose
Dans le soleil chaud du mois d'août
Le bonheur on ne le voit pas
On ne le sent ni ne le touche
Il est et déjà il n'est pas
comme ce sourire sur ta bouche
Le bonheur va le bonheur vient
Il passe dans notre horizon
comme un lièvre sur le chemin
comme le bateau sous le pont
C'est l'instant qui se fait caresse
Le calme doux d'une embellie
Le plongeon à fond de tendresse
Avant de retrouver la vie
Le bonheur ce n'est pas beaucoup
D'imperceptibles petits riens
A peine le chant du coucou
Dans une aube tiède de juin
Dans le noir il est la lumière
Il est la flamme dans le froid
Le sourire dans la misère
La solitude quelquefois
C'est l'instant qui se fait caresse
Le calme doux d'une embellie
Un plongeon à fond de tendresse
Avant de retrouver la vie. 29 11 1982
Ni l'eau fraîche d'une source vive
Ni le printemps d'un chant d'oiseau
Même la douceur d'une rive
Bordant de vers un ruisseau
Pas l'instant nu d'une caresse
Ou le souvenir de la mer
Ni la folie de la jeunesse
Et son parfum volant dans l'air
Pas même les cieux quand ils pleuvent
L'orage tonifiant de l'été
Ni l'hiver qui donne aux fleuves
D'un torrent la saine gaîté
Non plus la peur des mésanges
Au froid venant à nos maisons
Non plus la perfection des anges
Que créent nos imaginations
Plus que le silence des tendresses
Des matins chauds au fond du lit
Plus que l'insouciance des ivresses
Ou l'obscurité de la nuit
Rien ne suffit il n'est de mot
Ni de chansons ni de poème
Pour dire plus fort et plus beau
Simplement mon amour
Je t'aime.
04 01 1983
La nuit d'aujourd'hui s'emplit d'un vide effrayant
D'un silence chargé de silence
La nuit souveraine chaude et lourde immobile
Les mots s'éteignent les étoiles se taisent
Pas un souffle ne veut troubler cette épaisseur
La poésie me laisse la poésie s'en va
J'ai craché son venin déjà
Le papier reste vierge et muette la voix
Les feux de la mémoire désespère ce temps
Dans lequel je glisse silencieux maintenant
Le désert coule sa chape noire et irréversible
Et noie les mots dans son néant
La forme disparaît dans l'absence de fond
Les sommets s’aplanissent et se comblent les puits
Je reste nu devant les solitudes grises
Les nuits portaient leurs chants au hasard des silences
La poésie vivait encore
Les insomnies avaient le verbe fiévreux
Le désert était plein d'espoir et de musique
La solitude avait la folie du stylo
Mais la nuit d'aujourd'hui reste vide...
08 07 1983
Le soleil de l'aube à allumé le gel
Et libère sur la neige des myriades d'étoiles
Les aiguilles se dressent massives et glacées
Le mélèzes au Sapey laissent passer la neige
que le gel de la nuit retenait en leur toile
Un brouillard amical nous cache la vallée
Il y a aux Chambeaux encore quelques névés
La terre comme une mousse éclate de crocus
Le dôme du Châtelard garde le blanc d'hiver
Les premières marmottes ont quitté le terrier
C'est le printemps qui vient chaque jour un peu plus
On ramasse des trolles en allant aux Bottières
Sur la balme on trouve encore quelques mousserons
Bientôt seront girolles et cèpes dans la panier
Au loin dans nos regards la Meije et l'Étendard
De roche noire on voit les pics de Belledone
A Léard on respire la pleine liberté
Et si je suis ici ce n'est pas par hasard
Quelques flocons parviennent à transpercer la pluie
Et la fraîcheur du soir se perd dans la flambée
Les cimes sont masquées par le flot noir des brumes
souvenirs et futur se mélangent cette nuit
Dans l'éternelle saison fleurie de l'amitié
De ce chalet sourire qui dans mon cœur s'allume.
23 11 1985
Il ne me reste rien d'enfance
Il ne me reste rien de bleu
Dans ces naufrages de silence
Où je me sens devenir vieux
La montagne à des vagues roses
Lorsque tremble la fin du jour
Dans une éternité morose
Nous mortels parlons d'amour
Parlons causons et à boire
Laissons couler les fleuves de mots
Nous voudrions risquer pour voir
Et il ne reste que nos os
Et la mer est infatigable
Dans un érotique ballet
Pénétrée de vent et de sable
violée parfois cocu jamais
que faisons nous nous pauvres diables
De notre mortelle durée
Pour ne pas voir couler le sable
Ineffable du sablier
Nous parlons d'amour et de mort
A l'ombre d'arbres centenaires
Et nous accompagnons les morts
Dans le calme des cimetières
J'ai été un môme innocent
J'ai jeté vite l'innocence
Et mes rides vont se creusant
Me voisi réclamer l'enfance... 06 04 1984
A quatre heures du mat on hésite
Entre la fin et la poursuite
D'une nuit partie l'œil ouvert
Entre paradis et enfer
Refuser le jouir du sommeil
Pour guetter le premier soleil
si le matin n'est pas trop gris
Si le ciel n'est pas trop pourri
Ces quelques heures nues et coupantes
Posées devant la tasse fumante
Se comptent déjà au passé
Si pleines où rien ne s'est passé
C'est le désert en ouverture
Une fenêtre ouverte sur
des libertés inexplorées
Des veilles de rêves éveillés
silencieusement on avance
Entre joie et désespérance
Dans un temps passif et couché
Soufflant les brumes du café
Et puis on voit venir l'aurore
On se retrouve debout dehors
Les six coups vont bientôt sonner
Le vent frais chasse les buées
Dans le premier rayon qui vient
On chasse d'un geste de la main
La dernière fatigue accrochée
Et on boit un premier café
ou
La première fatigue accrochée
Et on boit son dernier café.
26 07 1984
Encore une cigarette grillée
En attendant le soleil
Ou l'amour ou la fin du monde
Encore un jour ou une année
Une averse de grêle
Et une fleur épanouie
Aimer le chant des oiseaux
Les merles les chardonnerets
Et grattouiller sa guitare
Encore un verre de vidé
Le cri aigu d'une marmotte
On est vraiment pas pressé
Encore une vie qui s'achève
Le jour où je reviendrai
que serai-je dans ce monde
Peut-être encore animal
Végétal ou minéral
L'important c'est le moral
Ce qu'il faut c'est être bien
Ne rien faire mais le faire bien
S'en aller tout doucement
Vivre et jouir
27 05 1984
Je ne veux pas aller en terre
Allongé dans une caisse en bois
Le trou bouché par une pierre
Avec des fleurs sur le toit
Je ne veux pas chaque Toussaint
Être embellit de chrysanthèmes
Pauvres fleurs triste jardin
Où une routine les sème
Je n'aime pas les cimetières
Savoir couché Dans le froid
Mon corps même déjà poussière
Serait mourir une seconde fois
Vivant je n'aurais jamais cru
Au paradis ni à l'enfer
Je ne veux quand je ne serai plus
Être emmerdé par des prières
Plonger mon corps dans les flammes
Ainsi que j'ai toujours souhaité
L'amour se charge de mon âme
Et ma vie l'aura consumée
Puis confiez mes cendres au vent
Dans le cendrier du hasard
Et que je devienne l'amant
Des pluies des neiges et des brouillards
Je ne veux pas aller en terre
Je veux vivre une dernière fois
éparpillé dans l'atmosphère
Et dans l'infinité du temps 06 11 1985
Peut-être n'ai-je pas su déchiffrer les signes
Moi depuis si longtemps debout dans les tempêtes
Les murs dans la cendre debout encore et dignes
Là dans mon cœur noirci où chantent encore vos fêtes
Une aube de soleil qui vient après la pluie
L'océan des nuages tranquilles dans la vallée
Et dans ce jour qui vient semblable à une vie
Le sourire et les larmes l'hiver et puis l'été
Je connaissais vos rêves je m'immisçais dedans
J'y craquais des membrures répandais mon parfum
Je riais à vos rires et vibrais à vos chants
J'aspirais les vapeurs douces de vos festins
Je sais des cris d'enfants dans des matins légers
Des fatigues sublimes des alcools ruisselants
Les silences spacieux de la sérénité
Ces instants de repos où l'on oublie le temps
Je me souviens du linge séchant sur mon balcon
Les fleurs multicolores peuplant les jardinières
Face au ciel découpé de pics sur l'horizon
Ce grand bleu presque noir d'une étrange lumière
Les nuits sont longues longues bien trop longues parfois
J'aime tant le soleil qui projette des ombres
Mais je sens le sang battre encore au fond de moi
Je sais la renaissance au delà des décombres
Je sais demain j'y suis déjà je me souviens
D'autres rires d'autres chants aux accords des guitares
d'autres vies à venir le printemps qui revient
Et des amis toujours pour écrire l'histoire... 21 09 2011
Écrit par BONTEMPS | Lien permanent | Facebook
La fille de l'île
LA FILLE DE L'ÎLE
OUBLI
avec le temps me reviennent
Des histoires de mon passé
des bévues et des fredaines
Que je croyais effacées
Des amours d'une semaine
D'une folie d'un été
Des erreurs des calembredaines
Des mensonges des billevesées
Pourtant elles me souviennent
avec tant de netteté
Et de façon si soudaine
Que je ne peux en douter
Si j'en ai rêvé certaines
D'autres ont bien existé
Et j'ai encore de la peine
De les avoir vues s'évader
Parmi ces liaisons anciennes
Je vois avec acuité
Le visage d'une îlienne
Sa jeunesse sa beauté
Je sens sa main dans la mienne
L'insolent de ses baisers
Était-ce à Ouessant où Molène
Il a coulé trop d'années
trop de fées trop de sirènes
Passantes que j'ai cru aimer
Était-ce à Paris où à Rennes
Comment ai-je pu oublier...
TRAVERSÉE
La mer envoyait ses paquets Balayer le pont Du bueguel Eusa Le bateau tanguait et roulait Dans ce béton Verdâtre et froid
Moi je fuyais la capitale Et la folie et le mal
Novembre essayait d'être laid Avec son crachin Comme un ciel qui pleure Les terres disparaissaient Sous les embruns Dans le Fromveur
Je fuyais l'alcool des nuits Et la violence et l'ennui
Emmitouflée dans la cabine Regard plongé dans un bouquin Elle ne voyait rien j'imagine C'était pour elle quotidien Moi j'avais plutôt mauvaise mine La pâleur du parisien Avec un zeste de déprime La tempête m'allait si bien
|
Et puis elle a levé les yeux Le port approchait Cette beauté soudain Cette fille au regard si bleu Qui me regardait J'étais encore loin
Elle m'a donné un sourire Je n'étais pas près d'atterrir
Le matin était gris et doux J'étais arrivé Dans le bout du monde Ses cheveux dansaient sur ses joues comme avait dansé L'écume sur l'onde
Je ne savais pas où dormir Elle m'avait donné un sourire.
|
PARIS
Ah Paris Paris Paris du jour
Le matin glauque les yeux lourds
Le chambardement des entrailles
Un café rhum pour que ça aille
Paris Paris et le turbin
Des sept heures et demi le matin
Le jour est long et sans espoir
Tu bosses jusqu'à six heures du soir
Paris métro pour le voyage
La variété du paysage
La page de pub dans les stations
Et le tunnel Dubo-Dubon
Paris de la sueur et du temps
Qui file triste et fatiguant
Paris le sandwiche de midi
Dans un troquet vieillot et gris
Ah Paris Paris Paris des nuits
Paris de rues et des oublis
Quand il n'y a plus d'aujourd'hui
Plus de demain que la folie
L'herbe qui pousse sur l'alcool
Pour être sûr que ça décolle
Paris qui danse sur son nombril
Comme sur le ventre d'une fille
Paris le soleil de minuit
Ou le boulevard sous la pluie
Paris des putains attirantes
Et du sommeil qui s'absente
Paris de l'aube qui hallucine
Pendant le retour à la mine
Paris de la mort annoncée
Et le départ est arrivé...
La baie de Lampaul tranquille Et le sourire de cette fille.
LE GÎTE
L'hôtel était fermé
A quoi bon ouvrir
S'il n'y a pas de clients ?
La patronne du café
M'a donné une adresse
Chez l'habitant
Je ne savais pas
En frappant à la porte
Qu'elle serait là
Comme dans un songe
Où Morphée m'emporte
Quand dans ses bras je plonge
Sa mère est venue
J'ai payé une semaine
Je ne savais plus rien
La vie avait disparu
La ville et la haine
Et j'étais bien
COUP DE FOUDRE
Dans le pâle soleil du matin Je l'ai accompagné au porc Nous avons gardé nos distances Sur la lande tout se voit de loin Pas un arbre dans le décor Nous avons gardé le silence
Parfois nous nous sommes regardés Et nos sourires étaient bavards J'avais pour moi seul la beauté Celle du monde celle de son regard
Et sur le chemin du retour Ses cheveux volaient sur le vent Son pull dessinait ses seins La folie nous tournait autour Me faisait bouillir le sang Alors je lui ai pris la main
Ça a duré dix mètres à peine avant les premières maisons Dans sa paume contre la mienne Je sentais une douce vibration
|
Je l'ai laissé là sur le seuil Je suis parti me promener Il faisait si beau ce jour là J'étais léger comme une feuille J'avais envie de m'envoler Les vagues rugissaient ma joie
dans un creux entre les rochers Dans le sable je lui ai écrit Les mots que l'amour ne dictait La plus belle des poésies
Bientôt la mer a effacé Ce message qu'elle n'a pas lu Mais par transmission de pensées Je sais bien qu'elle l'a entendu. |
PRÉ SALÉ
Loin des restaurants miteux
Les bars pourris les bouis-bouis
Les casse-dalles calamiteux
Les verres sales la bière aigrie
Le nuage de fumée
Flottant sous le plafond jauni
Le steak dur vite avalé
Les légumes vite vomis
Loin l'œuf dur du comptoir
Avec son goût d'eau usée
Les rêves de vrais tartares
A la viande avariée
Les choucroutes ratatinées
Le vin blanc qui fait des trous
Les sardines trop huilées
Qui imbibent le pain mou
Bout de terre entourée d'eau
que puis-je manger de meilleur
que des côtelettes d'agneau
Pour consolider mon bonheur
C'est simple autant que c'est beau
C'est parfumé et succulent
Rien n'égale la viande d'agneau
De pré salé de Ouessant !
NUIT EUSA
Dans sa chambre d'adolescente
Aux murs décorés de posters
De tous ces rêves qui la hantent
Je suis passé avec sa mère
Simplement pour lui dire bonsoir
On a échangé un sourire
Quand la maman tournait le dos
Je n'avais pas envie de dormir
Son regard me faisait chaud
Comme le soleil troue le brouillard
Demain matin elle partira
Vers Brest et la cour du lycée
Je crois qu'elle me manque déjà
Mardi sera vite arrivé
enfin je pourrai la revoir
Les yeux ouverts sur ce lit
J'entends les vagues qui déferlent
Décorent le silence de la nuit
Comme dans l'aube le chant du merle
Je pense à elle dans le noir
que suis venu faire ici ?
Qule piège me tend le hasard
Quitter la ville et sa folie
Tordre le cou du désespoir
Je pense à elle dans le noir
Demain matin elle partira
Vers Brest et la cour du lycée
Je crois qu'elle me manque déjà
Mardi sera vite arrivé
Enfin je pourrai la revoir...
LUNDI
Lundi je me suis fait des copains
Pour échapper à la pluie
Je suis resté au bistrot du coin
Pour tromper l'attente et l'ennui
Il y avait quelques mecs au rade
Qui avait l'air d'écluser sec
rien à faire d'autre que boire avec
Et devenir bons camarades
On s'est marré comme des benêts
A se moquer des parisiens
Des marseillais et des lyonnais
Et puis aussi des ouessantins
Ils connaissaient bien sûr les gens
Chez qui j'avais une carrée
Des discrets des pas causants
Comme l'île sait en fabriquer
Que la fille était bien jolie
La plus belle dans les parages
Ils auraient aimé qu'elle dise oui
Mais elle était si sauvage
Le retour a été bien long
Je tanguais comme sur les vagues
Je devais avoir l'air d'un con
Sous la pluie marcher en zigzag
Mais la journée se finissait
Et j'étais bien dans mon ivresse
Quand je vis mon lit j'étais fait
Et j'y tombais à la renverse.
AMOURÎLE
J'étais flottant dans ce nuage
Près de la pointe de Créac'h
Imaginant des mélodies
Dans le son rauque
De la corne de brume
J'étais entre angoisse et espoir
devant la suite du voyage
Je scandais son nom en silence
Sur mon pas dans le brouillard
Impatient de la revoir
Peut-être de reprendre sa main
Et de lui dire des bêtises
Chaque instant me menait vers elle
Bercé par les cris des mouettes invisibles
J'avançais dans la gwerz lancinante
De cette merveilleuse folie
La veille je l'ignorais
Elle m'ignorait aussi
Ai-je depuis aimé avec autant
D'amour ?
OBSESSION
Allongé sur ce grand lit froid
Je bouquinais les fleurs du mal
Ou autre chose je ne sais pas
Peut-être même le journal
Je la voyais à chaque page
Je l'entendais à chaque mot
Elle m'avait mis dans une cage
Dont elle était tous les barreaux
Je fermais les yeux pour dormir
Pour sortit de cette obsession
Mais je retrouvais son sourire
Le sommeil fuyait pour de bon
Je regardais par la fenêtre
Tourner la lumière du phare
Mais dans mon corps et dans ma tête
Rien ne perçait le brouillard
Je voulais maudire le jour
Où j'étais venu sur cette île
Où j'avais reconnu l'amour
Dans le regard de cette fille.
VAGUES
Comme dans une hallucination avec a fatigue et la brume Une irréelle apparition Aérienne comme une plume Elle est entrée silencieuse Ses ailes portées par le vent Dans la lumière cafardeuse Elle a amené un printemps J'ai d'abord cru à une vision La nuit a des effets pervers Un excès d'imagination Elle m'a fait signe de me taire
Tremblante un peu sans qu'il fasse froid Elle semblait encore indécise Elle s'est approchée de moi Et elle a ôté sa chemise Alors j'ai ouvert grand le lit Elle s'est glissée entre les draps Frissonnante fraîche et transie Je l'ai serrée entre mes bras Les vagues caressaient la plage De sa peau comme de la soie Nous sommes partis en voyage Plus haut que tous les au-delà
Aller jusqu'au bout du désir Chaque retour est un départ On sait que la nuit doit finir Que reviendra le jour blafard |
Alors on s'est donné sans fin C'était pour elle la première fois Et quand est venu le matin Elle dormait tout contre moi Combien de filles dans mes nuits Une semaine un jour ou un mois Et qui sont tombées dans l'oubli Pour que ne reste que celle là
Les vagues caressaient la plage De sa peau comme de la soie Nous sommes partis en voyage Plus haut que tous les au-delà. |
LES MOTS
Je voudrais connaître les mots Que la poésie distille Dans son alambic Dire la force du printemps Quand il vient au cœur de novembre Jouer sa musique
Dire le soleil de la nuit La chanson du vent sur le toit Compagnons d'instants fantastiques Traduire tout ce qu'elle m'a dit Prise dans l'étau de mes bras Pour ce voyage magnifique
Je voudrais vivre infiniment La douceur de ces instants Ces délices harmoniques retrouver ce goût ce parfum Le velouté du satin De sa peau douce et magique
Dire le soleil de la nuit La chanson du vent sur le toit Compagnon d'instants fantastiques Pris dans l'étau de ses bras Pour ce voyage magnifique
Si loin des peurs irraisonnées La mort derrière la porte La folie toujours à guetter Le petit bonheur qu'elle emporte |
La course effrénée des jours Les nuits au bord des démences L'angoisse qui joue des tours Et la prison du silence
Si loin l'avenir triste et gris De la grande ville sans lumière Sinon le néon sans vie De ce tunnel sous la terre Si loin les amères aventures Qui me laissaient désespéré Bien loin cette désinvolture Qui ne servait qu'à me cacher
Je voudrais connaître les mots Que la poésie distille Dans son alambic Dire la force du printemps Quand il vient au cœur de novembre Jouer sa musique.
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JE L'AIMERAI
Le lycée l'avait reprise
Les vacances seraient pour plus tard
Moi j'avais des choses à régler
A dérégler
Je ne voulais plus de Paris
Je ne voulais plus du désespoir
J'avais envie de m'envoler de rêver
Le samedi elle reviendra
On se croisera sur le quai
Et le bateau l’emmènera
Enez Eusa
Je lèverai le pouce
Au bord de la route
La pluie cachera mes larmes
Enfin s'il pleut
Un jour je reviendrai c'est sûr
Mais demain est bien compliqué
Je suis devant tant de ruptures
Tant de blessures
Que garder de cette aventure
Que le vent de la liberté
Soufflant de la mer un air pur ou impur
Demain est un autre monde
On ne peut pas s'arrêter
J'avance et chaque seconde
Fait partie de mon passé
Je vis avec cette histoire
Et avec bien des regrets
J'avais beau ne pas vouloir
Cette fille je l'aimais
Le bateau a quitté le port
tout a changé désormais mais jusqu'à ma mort cette fille je l'aimerai !
OUBLI
Je l'ai revue par hasard Quelques années plus tard A Vannes allez savoir La chance nous conduit Nous nous sommes regardés Le temps avait glissé Elle n'avait pas changé Et nous avons souri
Au café de la mairie Assis à la terrasse J'ai commandé un demi Elle a pris une glace
On ne se disait rien Ses yeux au fond des miens Elle a dit : tu vas bien Pour rompre le silence Elle venait ici Chez son petit ami Quelques jours quelques nuits Elle était en vacances
Moi j'étais installé Je vivais près d'ici J'allais me marier J'ai fini mon demi |
Alors on s'est levé Il fallait se quitter L'amour était passé Était enfuie la fièvre A chacun son destin Il y a tant de chemins Je lui ai pris la main Et j'ai baisé ses lèvres
chacun de son côté On a repris la route Elle ne s'est pas tournée Un peu triste sans doute
J'y pense maintenant Il s'est passé trente ans J'ai des petits enfants Des douleurs de l'arthrose Quelquefois dans la nuit Avec mélancolie Je repense à nos nuits Et puis à autre chose... |
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L'île
UNE ÎLE
2006
RACINES
Comme les cheveux d'or des déesses incertaines
Elles tissent aux nuages des lambeaux de soleil
Accrochant les lumières des révoltes anciennes
Et tant de découvertes qui encore m'émerveillent
Elles m'accrochent doucement au vent de liberté
La terre qui les tient est toute la planète
Elles sont migratrices à moi seul agrippées
Elles ma font léger mais fort comme la tempête
Elles sont d'un seul bloc dans de l'amour sculptées
En inversant la pôles on trouve de la haine
C'est un vaisseau fantôme mille fois naufragé
Mille fois revenu mais la côte est lointaine
Elles sont faites de brume de chimères et de mots
de sombres mélodies qui peuplent le silence
La dureté des pierres la mouvance des flots
Le bonheur d'être triste du chant de l'espérance
Elles n'ont pas de repos elles n'ont pas de lieu
A peine un univers du feu et de la glace
Elles flottent dans l'air colonisant les cieux
Jusqu'au vide sidéral des confins de l'espace
Elles sont dans ma peau chaque morceau de chair
Chaque pas chaque odeur chaque respiration
Et sans cesse elles s'étendent elles caressent la terre
Elles viennent s'immiscer jusque dans mes chansons
Mes racines.
SÉRÉNITÉ
Une île a jamais perdue aux frontières des solitudes
Une île jamais explorée au delà des certitudes
Une île qui te ressemble même dans ce que tu veux cacher
Immatérielle diaphane comme la volupté
Sérénité
Une île suspendue comme un vaisseau de vent
Une île suspendue dans un ciel nu et blanc
Une île comme un espace absent des dimensions
Une île comme l'ivresse d'un vol de papillon
Sérénité
Une île où les vivants et les morts se mélangent
Une île dans la douceur de mélodies étranges
Une île de jeunesse d'éternelle folie
Une île d'oubli total où l'on oublie l'oubli
Sérénité
Une île sur ce chemin au grand jour déployé
Une île d'arc en ciel et de nuits étoilées
Une île tranquillement si loin des inquiétudes
Une île jamais perdue aux frontières des solitudes
Sérénité
CE MONDE
Ranger les peurs dans l'armoire des peurs
Entre les piles de quotidien dans la chaleur du nid
Avec un demain semblable aux demains et aux autres demains encore
Tourner les yeux vers l'intérieur pour voir enfin autre chose
Un paisible paradis sans dieux et sans tourments
Une île déserte enfin sans l'angoisse du mal et du bien
De l'amour et de la haine du convenable et du convenu
Du conçu et du concevable du correcte et de l'incorrect
S'ouvrir et s'oublier au plus profond des vagues
Dans la caresse abstraite de la seule réalité tangible de l'être
Ranger les peurs toutes les peurs et se faire face
Ranger le passé dans les tiroirs secrets de l'amertume
Ranger l'avenir dans les tiroirs secrets des aventures
S'allonger dans la pureté de l'air dans l'océan miraculeux
Se laisser porter par le courant caressant du vide
Faire face à la déchéance et à la mort impitoyable
Brûler les peurs et revenir tranquille dans ce monde où tout est différent !
ÉLÉMENTS
D'abord la source de la vie Qui se joue dans la transparence Dans la mouvance et l'émouvance Et les subtiles mélodies Le jaillissement splendide Du plus loin de l'inconnu De quelles étoiles fondues De quel au-delà du vide
Puis le support magmatique Maçonné par la main du temps Écrabouillé par les géants Et par leur force tellurique Le rocher coupant du désert La glaise douce à façonner Et la richesse des étés L'écueil au milieu de la mer
Le lait rougeoyant du volcan Qui allume des incendies Qui embrase les féeries Le magicien incandescent Qui transforme la terre en or D'un seul cri de sa colère Fait la légèreté de l'air Brûle la vie comme la mort
Je suis fait d'eau et de terre Et le feu m'habite souvent Je suis de tous les éléments Qui composent l'univers
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Je suis la poussière et le vent Je suis la lave et la rivière Je suis le silence des pierres Et les vagues de l'océan
D'abord la source de la vie Puis le support magmatique Le lait rougeoyant du volcan Je suis de tous les éléments. |
COMBIEN
Combien de fois suis-je déjà venu ?
Combien de fois sur la parallèle invisible
Suis-je encore semblable et différent
Perdu au cœur du voyage infini
Combien de vies passées
Combien de vies qui passent
Pour autant de morts à venir
Combien de fois l'aspiration du vide
Vers des promenades silencieuses
Sur des chemins désolés
Vers des amours impossibles
Vers des mondes qui n'existent pas
Combien de balades à deux
Tenant des fées miraculeuses
Pour tant de bonheur envolé
Combien de bonheurs refusés
Pour garder le vent sous mes ailes
Et l'habiller de mots étincelants
Combien de marées rugissantes
Pour effacer sur le sable
des traces de rêves aux longs cheveux
Des sourires angéliques
Les poèmes clandestins de la jeunesse éternelle
Combien de mondes imaginés pour exister dans ce réel chimérique
Combien de navires naufragés par les tempêtes de démence
avant d'être serein sur le pont de celui qui sait où il va
Combien de fois devrais-je partir encore
Avant de toucher terre sur cette île
Pour longuement me reposer
Pour devenir ce que je suis
Pour enfin revenir au monde et à l'amour.
KELTIA
Pauvres pays de granits affleurants
Aux récifs plantés dans le flanc des collines
Nageant la lande sauvage et la fleur d'aubépine
Aux âmes vagabondes dans les pluies et les vents
Ruisseaux dégringolant le long des chansons pures
Caressant les racines des chênes centenaires
aux arbres se battant sur l'épaule des pierres
Et aux fées habitant dans les forêts obscures
Pauvres et tristes pays dans le fond de mon cœur
Montagnes décharnées sur les vallées ombreuses
Menez Arrée ici ou Monédières ailleurs
Une île Keltia dans le fond de mon cœur.
SONGES
J'ai hissé la voile des songes
Et le vent s'y est engouffré
qu'importe s'il est un mensonge
quand il est ma réalité
Demain suffira pour ma peine
Puisqu' hier déjà a suffi
Que me libère de mes chaînes
Le songe qui peuple ma nuit
Il me faut bien chaque jour
Quitter la brise vagabonde
Retrouver dure et sans amour
La tristesse de ce monde
Que flottent mes mots vers vos âmes
Qu'ils portent un soleil chaleureux
Qu'ils fassent de nous hommes et femmes
Sur mon île des gens heureux
Qu'ils permettent que l'on s'évade
Pour échapper aux coups du sort
que la vie soit une dérobade
Pour n'y pas penser à la mort
J'ai hissé la voile des songes
Et le vent s'y est engouffré
qu'importe s'il est un mensonge
quand il est ma vérité.
RETOUR
Je reviens un monde m'appelle Je dois quitter l'océan Rejoindre l'artificiel Quitter l'émerveillement
Je dois aller faire les courses Au supermarché du coin Ouvrir les cordons de la bourse Acheter des pâtes et du vin Je dois passer au tabac Pour mon quotidien poison Jouer au loto pourquoi pas Ma chance sur quelques millions
Je dois aller au boulot Il parait que c'est normal Que chacun en a son lot Qu'il faut se tuer au travail Ensuite si je ne suis pas crevé Après le repas du soir Je regarderais la télé Avant de me mettre au plumard
Gavé de publicités Et de programmes à la con Je rêverais que je vais acheter Une grosse bagnole de patron Quand le réveil sonnera Il sera temps d'y retourner Ça dure toute une vie comme ça C'est la libéralité
|
Puis par un beau jour de fête Petit vieux ratatiné Je pourrais prendre ma retraite Et un peu en profiter Mais payé une misère Je devrais bosser encore Le repos c'est au cimetière Les vacances c'est la mort
Alors je repars sur mon île Où souffle un vent de liberté Où on peut vivre tranquille Avec les lutins et les fées. |
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Poèmes
« Il s'agit d'un sentiment de vide intérieur et d'isolement qui ne correspond pas nécessairement à un besoin de compagnie ou au manque de quelqu'un en particulier, mais plutôt au sentiment d'être à la fois déconnecté du monde, incompris. Au fond, c'est la conscience aiguë de sa situation d'humain qui est et qui restera seul face à lui même et à la mort. »
(Les nouvelles solitudes. Marie France Hirigoyen. La découverte 2007)
ANNÉES 2000
Et quelques égarés des années 90, 80 et 70...
Juste laisser filer les jours après les jours
Le pas après le pas l'instant après l'instant
c'est le chemin qui compte qu'il soit long ou court
l'indiscutable fin ne viendra qu'en son temps
11 / 01 / 2021 1
Dans le creux frais du jour
Épuisé des nuages
Comme dans l'ivoire des tours
Refusé des voyages
Dans l'éphémère tremblant
des absences sereines
Et les déchirements
des bonheurs et des peines
Je laisse une lampe allumée
Et elle me souvient de toi
Petit point dans l'obscurité
Tout cet amour est pour toi
Près de ce lit bien fait
Des livres éparpillés
La table de chevet
Tant de mots égarés
Dans le cœur noir des nuits
Perdues dans le secret
Ce souvenir qui fuit
Mais ne s'oublie jamais
Je laisse une lampe allumée
Et elle me souvient de toi
Petit point dans l'obscurité
Tout cet amour est pour toi
Dans le matin glacé
du soleil de l'hiver
Comme un brouillard tombé
L'orage sur la mer
L'incroyable splendeur
Qui arrête le temps
tu reviens tout à l'heure
Et toujours je t'attends
Je laisse une lampe allumée
et elle me souvient de toi
Petit point dans l'obscurité
Tout cet amour est pour toi.
27 09 07
C'est un p'tit mec
Aux grands quinquets
Tout bleu
Un vrai soleil
même quand dehors
Il pleut
Si ça va pas
J'vois son sourire
Ça va
J'entends ses cris
J'entends ses rires
Ça va
Je l'vois pousser
De jour en jour
C'est bien
J'demande pas plus
J'prends l'amour comme
Il vient
J'veux pas savoir
Qu'un jour il se-
Ra grand
Quand ce sera
J'l'aimerai toujours
Autant !
Quand il m'appelle
Qu'il dit je t'aime
Papa
C'est du bonheur
Qui ne s'enfui-
Ra pas
C'est un p'tit mec
Aux grands quinquets
Tout bleu
Un vrai soleil
Même quand dehors
Il pleut
17 04 03
Je ne sais pas si le soleil va se montrer
Dans la fraîcheur du matin qui m’exaspère
Encombré par le vide d’un dimanche d’été
Alourdi et pensif d’une torpeur étrangère
Je joue dans le jour gris une autre adolescence
Je regarde grimper lentement les volutes
Des mots dans le tabac grillés par le silence
Avalés d’un pinson qui s’essaie à la flûte
J’attends la visiteuse à l’alignement strict
Qui aujourd’hui se traîne de douze sabots lourds
Puis je pèse je juge et je rends mon verdict
Les vers éparpillés s’étonnent tout autour
Je suis mon propre alien et n’en suis pas content
Je dévoile des secrets je fore dans l’intime
Je m’écoute mentir dans la chanson du vent
J'attends de la folie une fin pour la rime
J'ai trop dormi sans doute et j’ai les cheveux longs
Avec un peu de gris soulignant le blafard
Un bâton sur l’épaule portant le baluchon
Je voudrais supprimer la route de la mémoire
Quelques grilles éparses tentent l’enfermement
Je regarde de loin j’apprécie la distance
Je me perds dans le vague de l’immense océan
Aspirant les embruns rénovés de l’enfance
Je triture l’avenir d’un passé que j’exhume
J'oublie de regarder le jour qui me fait face
Ce présent sans saveur que le vide consume
Qui me perce pourtant de ses yeux de rapace
Je promène mes panards tranquilles dans la campagne
Une balade rythmée d’un accord de guitare
Une habanera en direct d’Espagne
Qui s’amuse en chantant sur mon tempo faiblard
J'ai des ampoules aux pieds j’en épaissis mon style
Les syllabes fatiguées arrivent par douzaine
Dragueuses insatisfaites elles cherchent une idylle
Aujourd’hui je crains que leur prospection soit vaine
Le soleil s’est montré une chaleur paisible
A envahi l’espace et le ciel a bleui
Le vide s’est écrasé j’ai pété ses fusibles
Et dans le soir léger solitaire je souris.
-
20/07/2008
Je la sais-là qui rôde
Comme la chair qu'érode
Les vagues en maraude
Le temps écrit une ode
Une onde mélodique
Dans le parfum frangé
Qu’étranglent les tropiques
Dans le soir fatigué
Encore combien de fois
Ce regard amusé
Les fragrances de lilas
Trompant mon âme usée
Immobile impavide
Et de fière apparence
J'emmène mon pas vide
Visiter le silence
De mon mieux j'écartèle
Le poids des souvenirs
Et je mets des attelles
A demain pour tenir
Si le néant me happe
Je le remplis de mots
Ainsi je m'en échappe
En y laissant mes maux
Je pleus parfois dedans
Des pluies noyant les peurs
Larmes séchées de vent
Et derrière les pleurs
Et avril quelquefois
Vient troubler mes hivers
L'aube gardant le froid
Comme regardant hier
L'erreur de perspective
Dans laquelle je badaude
Patience définitive
Je la sais-là qui rôde
14 03 2009
J’envoie au sol
D’un coup de boule
Les idées molles
Comme les quilles
Dans un bowling
Je suis ma boule
Dans la rigole
Le rire des filles
Me désaltère
Sur une jambe
Je fais un Spare
Je suis sensible
Aux crissements
Je rate la cible
Du sentiment
Je le défais
D’un coup de tronche
Et le goudron
M’obstrue les bronches
Je vais serein
Dans les angoisses
Avec ce chien
Appelé poisse
Et sur l’écran
Je me torgnole
Je meurs tout seul
Avec la gnôle
Je pisse des murs
Dans mon cocon
Ça devient dur
Pour mes poumons
Même le masque
A oxygène
Ne ressuscite
Pas les baleines
J’envoie aux chiottes
Les idées flasques
Je pars aussi
Tirez la chasse.
16/03/09
Peut-être qu'après tout
Je suis une métaphore
Une image perdue
Comme un égarement
Métaphore euphorique
Photophore sans lumière
Comme la voie lactée
Quand on aura tout bu
Je ne suis qu'un reggae
Aux guitares muettes
Un poème funambule
Nageant dans le whisky
Une note oubliée
D'un sombre concerto
Ce voyageur lassé
De rester immobile
Un noble aventurier
Affamé qu'on sert tôt
Un amour en attente
D'un avion sans moteur
L'ordinateur d'un cadre
Qui joue en solitaire
Le cul d'une fausse blonde
Qui m'empêche de dormir
Et la main de ma sœur
Qui ne naîtra jamais
Cette table ou Gauguin
N'a jamais mis les pieds
Et cet alexandrin
Qui ne sait pas compter
Un métro déjanté
Qui prolonge sa ligne
Et porte son quartier
Jusqu'au bord de la mer
Une jeunesse enfuie
Une mémoire amère
Un jour surréaliste
Sans soleil et sans nuit
Quelques années encore
A crever sous l'ennui
Un état dépressif
Qui rigole et qui baise
Et se saoule la gueule
En buvant son tilleul
Un bonheur du matin
Un fromage de montagne
Des rêves pour demain
De néant garanti
En bref pas grand-chose
Dans ce noir qui avance
Une simple méta chose
Et ma mélancolie
04 08 06
Rien qu'un bout de silence
A peine habillé
Des mots dans la danse
Des phrases rimées
C'est rien qui nous gène
Une mélodie
Pour dire toi je t'aime
Pour dire toi
Mais qui ?
Du soleil un peu
Doux comme au printemps
Quand on est heureux
Et qu'on a le temps
Une fraction de paix
Loin de la folie
Un sourire qui met
La joie sur la tristesse
Rien qu'un bout de silence
Pour une chanson
Sans importance
16 03 82
Marcher tranquille
Infiniment
Dans une ville
Ou dans les champs
Pour aller voir
Tout simplement
Fleurir l'espoir
Et le printemps
Dans le cagnard
Ou les frimas
Dans ce hasard
Où vont les pas
Sur la montagne
Dans la beauté
Dans la campagne
Jaunie des blés
Dans l'aube claire
Ou le brouillard
Vers la rivière
Au cours traînard
Vers le torrent
Et ses galets
Ses scintillements
Et ses reflets
Franchir le vent
Qui se rebelle
Contre ce temps
De l'irréel
De l'inconscience
Du dépassé
Des imprudences
Échevelées
Loin des camions
Et des bagnoles
Dans les mousserons
Et les girolles
En toute quiétude
Dans la forêt
Dans la solitude
Et la paix
Pour ramasser
Des champignons
Se balader
Dans les saisons
Les bois les prés
Et les ravins
En liberté
Dans les chemins
Des fruits d'été
Pleins de plaisirs
A déguster
Comme un sourire
Des blancs divers
Comme l'aubépine
Et des hivers
De neige fine
Si sous les pas
File le temps
Si la vie va
Plus lentement
C'est encore bon
Dans le matin
Chaque saison
A ses parfums
Marcher sous le
chant des oiseaux
sous les étoiles
au fil de l'eau
se moquer de
la nuit qui vient
le soleil
reviendra demain
Pour vivre libre
Rester debout
En équilibre
Sans garde-fou
Se battre pour
La dignité
Et pour l'Amour
La liberté
Contre les fous
Jamais repus
Qui tuent le monde
Et qui nous tuent
de leur pouvoir
et leur violence
de leurs mensonges
et leur démence
Marcher Tranquille
Infiniment
Dans une ville
Ou dans les champs
Pour aller voir
Tout simplement
Fleurir l'espoir
Et le printemps
06-11-2004 & 12-04-2018 & 09-01-2021
Je laisse le monde et l'immonde
Je pars me baguenauder
Antennes ouvertes sur les ondes
Qui forgent ma sérénité
Je marche dans l'aube en fleurs
Et dans la chanson des oiseaux
Chaque pas évacue mes peurs
Ma chienne boit le ruisseau
Mes fantômes sont avec moi
Ils flottent en ma compagnie
Ils me racontent n'importe quoi
Parlent de la beauté de la vie
Le merle me dit attention !
Ne marche pas sur ce beau ver
Le rouge-gorge et le pinson
Décident d'aller boire un verre
Les ajoncs cachent leurs piquants
Dans l'or brillant de leur parure
Des jonquilles passent fleurissant
Le chemin de mon aventure
Mais bientôt il faut revenir
Il faut se rendre à la raison
Goûter les fruits d'autres plaisirs
Dans l'abri doux de la maison
Les bonheurs sont de toute sorte
Demain le soleil va briller
et je pourrai ouvrir la porte
qui ouvre sur la sérénité
27 03 05
Comme le bois rongé rejeté par les flots
Allégé et usé dévoré par le sel
comme une réminiscence flottante entre deux eaux
Si semblable aux nuages envahissant le ciel
avec je ne sais quoi qui ressemble à l'automne
L'élégance fragile et le décharnement
Dans le jour velouté que le brouillard façonne
quand la feuille de l'arbre s'évade doucement
Comme un feu qui s'éteint laissant la brume épaisse
S'installer pour de bon jusque dans les pensées
Étendre sur la nuit son manteau de tristesse
qu'un soleil matinal ne saura pas ôter
Comme le marée tranquille qui recouvre l'estran
Noyant dans son voyage le sable des chimères
Laisse un soupçon d'écume chahuté par le vent
s'amarrer aux regrets troubles d'un autre hier
tous les rêves secrets fermés dans le silence
Les paroles non dites les amours avortées
Le sourire des femmes et leur indifférence
Au moment où la vie aurait pu basculer
les douces illusions la rondeur des hanches
Sur lesquelles la main ne s'est jamais posée
qui durent comme un fruit accroché à la branche
Relents d'adolescence au goût acidulé
Tous ces morceaux d'histoire peuplant les cimetières
Qui frappent brusquement et emportent le cœur
Dans un galop brutal et des sanglots amers
qui détruisent un peu plus les restes de bonheur
Des souvenirs banals qui pourtant font naufrage
Comme le soleil couchant se perdant dans le roux
Et le rire même fou qui renaît d'une image
Est happé par le sel et s'éteint dans la boue
Et le pas est plus lourd et chaque heure est plus pleine
De ce sac gonflé par les vies et les morts
De la balance qui penche du côté de la peine
Mais chaque pas attire un autre pas encore
Demain sera demain pétillant comme un vin
Ou aigri et amer sans trace d'allégresse
Et le soleil viendra réchauffer le matin
Alors je sortirai promener ma vieillesse.
26 11 05
Aux percussions mouillées de la pluie sur l'ardoise Quand le matin éclate les nuages sur le toit Au goût des confitures de mûres et de framboises Au sentier du printemps qui marche dans le bois
Au crépitement sec des hivers glacés Dans la chaleur du bois qui pète et se consume A la finesse de l'air des silences enneigés A l'heureuse chanson des bêtes qui transhument
A l'océan furieux qui s'acharne à la grève Aux tempêtes qui viennent arracher les embruns Aux ports cimetières pour les bateaux qui crèvent Le pont mangé de rouille déserté des marins
Au miaulement geignard de mon chat à la porte Qui rêve de croquettes et de coussins moelleux A la musique légère du pas dans les feuilles mortes A l'oignon épluché qui fait pleurer les yeux
A l'accord de guitare qui ferraille sous mes doigts Une harmonie loufoque qui me va comme un gant au tabac qui graillonne jusqu'au fond de ma voix Et qui met dans les notes d'étranges sifflements
A ce bouchon content de quitter la bouteille Pour donner à mon pif l'assemblage de parfums Des fruits secs du blanc aux rouge des groseilles Rigolant les papilles dans la gueule des copains
Aux averses que coupe l'averse de soleil Quand le vent fait chuter la blancheur des pétales Au gel qui fait briller le jour qui se réveille Au pigeon qui roucoule sa rengaine matinale |
Au renard qui mulote sur les prés de septembre Quand l'azur a permis de clore les moissons Au héron qui repeint ses plumes dans la cendre En guettant son dîner du coin de son œil rond
Au sourire pointu de cette jolie femme A la nuit qui avance vers l'autre jour demain Aux mélodies secrètes à démonter la gamme Quand les crampes salopes viennent attaquer mes mains
Au voyage lointain des soies de Samarkand Et tant d'autres cités où je n'irai jamais Aux huîtres de Penerf et au sel de Guérande A tous les souvenirs qui me grimpent au palais
A la liberté noire du fond des solitudes A la beauté parfois qu'elles font naître en dedans Aux rêves qui se créent dans la douce hébétude Aux mensonges utopiques qui me poussent en avant
Au bonheur fragile du sourire des gosses Au rire qui engloutit le reste du chagrin Ma chienne qui salive en rêvant à un os aux pauvres qui voudraient ne plus l'être demain
A l'imagination tranquille qui radine Aux fêtes qui viendront dans les rues pavoisées A la révolution qui se lèche les babines Devant l'alternative qui construira l'été
Au champignon furtif qui tremble du chapeau Quand le champignonneur armé de son panier Voit déjà dans sa poêle posée sur le réchaud Le cèpe voisinant les patates sautées
|
A ce mouflet fiérot qui chiale des escarbilles
Debout dans le couloir du train de son passé
A ce futur vieillard qui regarde les filles
En avançant peinard vers la sérénité
Au rythme alexandrin qui syncope mes pieds
Au sombre désespoir qui s'agrippe à mes basques
A l'alchimie secrète qui les fait se mêler
Et oblige les mots à faire tomber les masques
A tout ça et au reste je n'ai rien à donner
qu'un peu de temps passé aujourd'hui pour écrire
Tout ce fatras de mots épris de liberté
Dans la nuit qui s'avance vers le jour pour mourir.
12 / 12 / 2007
Regarder briller l'incandescence
Avec des airs de liberté
Dans la nuit glauque qui avance
Dans un cortège désespéré
Parce que c'est la mort qui conduit
Cette infinité de fantômes
Qui nous suivent toute la vie
comme un régiment de symptômes
Car la mort celle dont on parle
Celle qui a pris les êtres aimés
Les a tiré vers la néant
qui par la main qui par les pieds
Les poumons qui n'en peuvent plus
La voiture ivre du connard
La corde serrée du pendu
Qui étrangle son désespoir
Ces morts qui ne sont pas la notre
Et qui nous rongent et nous appellent
C'est toujours celle des autres
Impitoyables et cruelles
Et même si elle était belle
comme une fille prête à tout
Docile douce et éternelle
Qui donc voudrait tirer un coup
Prendre la tête du défilé
Hanter de larmes et des rires
Les amours et les amitiés
Jusqu'à leur heure de partir
La mort est une vraie salope
Qui nous tend les bras pour toujours
Sans se soucier de l'horoscope
De l'année du mois et du jour
Elle n'oppresse que les vivants
Elle est comme la plainte du loup
L'immense brûlure d'un instant
qui nous brûlera jusqu'au bout
Même quand elle est la délivrance
Ce n'est que pour celui qui part
Celui qui reste a la souffrance
D'un puits profond et sans espoir
La mort est au bout du chemin
Elle nous attend avec patience
Elle est comme une nuit qui vient
Nous enfermer dans le silence
Le soleil brille sur la vie
Et dans le feu des souvenirs
Traînant la douleur sans oubli
Présente jusque dans les sourires
La mort est une vraie salope
Qui nous tend les bras chaque jour
Comme le froid qui nous enveloppe
Et nous prive à jamais d'amour
21 / 11 / 2005
J'ai connu un Montreuil qui n'existera plus
Le crottin des chevaux ramassé dans la rue
Les bateaux de papier courant les caniveaux
La bande de copains pour les courses en vélo
Les filles gentilles et douces pour quelques émotions
Des promesses non tenues des paniers de frissons
Des soleils d'amitié des flippers des billards
Et des soirées trop bues à tenir les comptoirs
J'ai construit des Corrèze chimériques et tranquilles
Des collines ondulantes pour entourer les villes
Des chemins dans les bois d'automne mordorés
Des amours au printemps fleuri des châtaigniers
J'ai bâti des enfances au ventre des étés
des bonheurs insolents des filles au cerisier
Des veillées de silence des matins doux et clairs
Et des incandescence au toit des Monédières
J'ai vécu des Bretagne d'îles noyées de vent
Des féeries rougies au feu de l'océan
Des endormissements de brumes et de pluies
Des journées bien trop courtes et des nuits de folie
J'ai ceinturé mes songes d'ajoncs et de genêts
Espace fleuri de landes profondeur des forêts
D'éternelles aventures échappées des chansons
De délices infinies perdues dans l'horizon
Il ne faut pas grand chose pour construire une vie
Des histoires et des rêves des jours suivant des nuits
Des souvenirs parfois amenés par le vent
Pour que je sache encore que j'ai été enfant
Que j'ai pensé un monde qui serait sans frontières
enfin débarrassé des douleurs et des guerres
Mais je n'ai rien trouvé de ce que j'imagine
Pas trouvé une terre où planter mes racines
Je n'ai rien vu passer je suis adolescent
Porté par les hasards j'ai filé dans le temps
Bien assez pour savoir que la vie est cruelle
Qu'il suffit de l'amour pour qu'elle devienne belle
08 / 06 / 1986
La terre que je pétris prend la forme des mots
Qui ne peuvent pas dire la douceur de l'argile
Le contact soyeux de mes doigts sur ta peau
L'opulente rondeur d'une saison tranquille
Je bande du pinceau sur le papier trempé
Comme la note qui vient éclater dans l'oreille
L'obsession qui me comble comme la volupté
D'un dimanche d'été ravagé de soleil
Le silence rebondit sur la portée du vent
Là où le verbe est mort trop bavard quelque fois
Le trait et la couleur disent le sentiment
Ou l'exacerbation du désir parfois
J'entends des violons en marchant dans la rue
Quand je ferme les yeux la lumière est violente
Comme une envie d'alcool subite et incongrue
Comme la beauté bleue d'une femme indolente
Et ce rêve de lèvres enfiévrées de douceur
qui vient me caresser le ventre de la nuit
Comme l'aquarelle sait en donner la couleur
Comme un double soupir repose la symphonie
qu'importe que comprenne ou ne comprenne pas
Les sculptures de mots la peinture des musiques
Elles n'ont rien à dire et pourtant elles sont là
Un simple souvenir pour un moment magique
Que raconte l'oiseau dont le chant m'émerveille ? 06 /10 / 08
A peine quelques feuilles au sol
Tu changes la couleur de l'alcool
Tu n'es pas un petit joueur
tu te fous pas mal du bonheur
tu sais garder de l'allure
Tu sens déjà venir l'hiver
qui te prend les côtes et te serre
Même si le froid est pour demain
Il t'écrase déjà les mains
tu préserves la devanture
Et comme pour préserver ton âme
Tu sais sourire aux jeunes femmes
Tu te veux toujours prêt à tout
Tu gardes quelque chose de fou
Tu te prépares à l'aventure
Ta jeunesse reste devant toi
Te dit tant que tu veux de moi
Tu peux compter sur ma présence
Pour garder ton adolescence
Et elle te montre sa cambrure
Tu fais le rêve que tu veux
Partir jeune tout en étant vieux
Si l'amour reste ton joker
Tu aimes encore ce poker
Tu as su garder ton cœur pur
Alors qu'importe la saison
Le grand soleil ou la mousson
L'horloge où s’égrènent les heures
Devant toi il y a du bonheur
Tu sais écouter son murmure
A peine quelques feuilles au sol
Tu changes la puissance de l'alcool
Tu n'es pas un petit joueur
Tu te fous pas mal du malheur
Tu sais garder de l'allure.
01 10 06
C'est du soleil en noir et blanc
Sur des photos d'un autre âge
Brillant au regard des enfants
Le sourire mangeant le visage
Un grand soleil en noir et blanc
Que l'on pétrit comme l'argile
Qui laisse partir au néant
La pluie des jours difficiles
C'est de l'amour sans le chagrin
Doux comme la beauté des filles
Les fleurs d'été dans le jardin
Et l'ombre des siestes tranquilles
C'est le miel des pauvres matins
L'odeur du charbon et du bois
Le ballon avec les copains
L'orage qui cogne sur le toit
C'est la parfum particulier
D'une chambre dans la maison
Les cris des gamins du quartier
Et un refrain d'accordéon
C'est le goût du premier baiser
Et de la peau nue sous la main
De ce premier lit partagé
Dont le drap rêche devient satin
C'est une ancre posée au fond
De l'océan des souvenirs
L'éternité d'une saison
Qui ne pourra pas revenir
Le provisoire définitif
Du sourire d'une fiancée
Que comme peignant sur le motif
Le peintre n'a pas terminé
C'est l'avenir d'un autre temps
C'est le passé que l'on construit
Et qui dure éternellement
Que l'on appelle nostalgie.
05 04 07
Je joue toujours je veux jouer
Je ne supporte pas les murs
Ni les impossibilités
De cette absence de futur
Les pétales de la fleur de l'âge
renaissent de l'humus parfumé
Je voudrais partir en voyage
Votre monde me tient enfermé
Je mets la folie en musique
Elle naît de ma tête étoilée
Dans cette vie où tout se complique
L'amour ce n'est pas compliqué
Derrière la porte la lune veille
Presque pure dans l'obscurité
La nuit m'allume le soleil
L'existence ne fait que passer
Les barreaux sont de cordes douces
De la geôle où je me morfonds
Dur l'univers que courrouce
Qui brave les interdictions
Un soir peut-être ou un matin
Peut-être at temps des cerises
Cette balade prendra fin
Il n'y aura pas de surprise
Dans un dernier sursaut lucide
Avant que le néant m'aspire
Et que je parte dans le vide
Encore une fois j'aimerais rire
Je veux jouer je joue toujours
Funambule de la folie
Sur le fin filin de l'amour
Que notre monde n'a pas compris
25 07 07
Oh ! J'en ai rêvé des grands voyages
Je me voyais explorateurs
Abordant des nouveaux rivages
Comme un captain Cook amateur
Vasco de Gama d'opérette
Naviguant au gré de l'envie
Entre la tristesse et la fête
Entre le silence et la vie
Oh ! J'avais des terres à défricher
Des îles vierges à conquérir
Des mystères à élucider
Et dans la voile de mes désirs
Quelques beautés adolescentes
Qui me rassasiaient de sourire
Avec une grâce insolente
J'étais au port à me maudire
Oh ! Quel océan là devant moi
Quel horizon encore après
Quand l'horizon n'existe pas
Puisqu'il s'échappe à tout jamais
Que de flots en vain parcouru
Que de naufrages et de tempêtes
Pour toucher des côtes inconnues
Approcher des berges secrètes
Oh ! Qu'aurais-je bien pu découvrir
Qui fasse qu'un jour je m'arrête
Aurais je gagné un empire
Il n'eut été qu'une défaite
Entre le silence et la nuit
Quand me souviennent les aventures
Quand entre tangage et roulis
l'appel du large me capture
Oh ! Sur la route qui mène à vous
Je n'ai pas mis mon dernier pas
Vous êtes toujours je l'avoue
Une terra incognita
Vous êtes encore dans le lointain
Ce paysage àa contempler
Et je ne suis bien qu'en chemin
Vers votre cœur à prospecter
Oh ! J'en ai rêvé des grands voyages
Où je chavirais dans vos yeux
Abordant de nouveaux rivages
Des archipels merveilleux
Où me mène l'envie d'aimer
Partir encore pour toujours
Tant d'univers à explorer
C'est l'océan qui est l'amour.
14 02 04
J'appartiens à ce monde
Je suis un animal humain
En ce monde rien ne m'appartient
Ni l'air ni l'eau ni le feu
Je sens chacune des pulsations
Les glissements les tremblements
Car mes racines sont robustes
Et mobile comme le vent
Chaque jour je tourne chaque nuit
Le hasard m'a conduit ici
Ailleurs il pouvait m'emmener
Ici ou là-bas quelle importance
Les cailloux des déserts ou l'eau des marais
La sombre et verte éternité des forêts
La couleur de ma peau celle de mon âme
Je suis un animal humain
Je n'aime pas beaucoup mes semblables
En ce monde rien ne m'appartient
De la beauté devant mes yeux
Ni du regard des amoureuses
J'aspire le chant des rossignols
Et je vibre dans le printemps
chaque frissons des saisons vivantes
Me touche au plus profond du corps
le soleil me caresse jusqu'au cœur de l'hiver
J'appartiens à ce monde
10 11 06
Mickaëlle on s'aimait sur le bancs dans la rue
C'était en quelle année je ne m'en souviens plus
Je venais te chercher le soir devant chez toi
La rue était à nous et tu étais à moi
Jamais il ne pleuvait parce qu'on avait vingt ans
Et puis c'était l'été on n'avait pas le temps
Aujourd'hui dans mes nuits il y a du soleil
Mais si je suis bien vieux c'est que tu es bien vielle
Mille ans se sont passés je ne t'ai pas revu
Je suis déjà pépé qu'es-tu donc devenue
Tu t'encalifourchais sur moi sous les étoiles
Et on partait voguer grand vent dans la grand-voile
L'aventure de ces nuits tes jolies seins tout ronds
Dont tu étais si fière qui me rendaient si con
Ces plaisirs défendus qu'on défendait si bien
Sur les bancs dans le rue quand tu me disais viens
Mickaëlle si longtemps après je pense à toi
J'aimerais bien jouer encore à ces jeux là
Mais je tourne une valse à nos jeunesses enfuies
Un rayon de soleil sur ma mélancolie
Sans cesse le présent est déjà du passé
Ces petites nostalgies paraissent bien dépassées
Du gnangnan de poète au romantisme lourd
Pourtant nos galipettes c'était bien de l'amour
Mickaëlle on s'aimait sur les bancs dans la rue
C'était en quelle année je ne m'en souviens plus
Je venais te chercher le soir devant chez toi
La rue était à nous et tu étais à moi. 14 07 99
A peine passé le sas de la porte cochère
Une odeur lourde et grasse de sardines et de bière
Vient m'assaillir le nez je la suis dans la cour
Retenant ma nausée mais j'ai le souffle court
Elle a piqué son fard en me faisant de l'œil
Je revenais le soir de Paris vers Montreuil
Dans ce triste métro je pensais à son cul
A la croix de Chavaux nous sommes descendus
Pad besoin de lancer d'inutiles discours
elle a le pas pressé d'envie de faire l'amour
Elle marche devant moi son manteau est râpé
Moi je bande déjà j'en suis un peu gêné
A ses traits je devine une trentaine avancée
Un trou dans ses bottines clame sa pauvreté
La porte s'ouvre en grinçant sur un couloir gris
Le décor désolant et terne de sa vie
Puis nos corps ont chanté un refrain de bonheur
On a tout oublié pendant une petite heure
Je me suis rhabillé et puis je suis parti
Au creux du lit froissé elle s'était endormie
J'ai rejoint mes copains dans notre vieux bistrot
Joué au 4,21 en buvant quelques pots
Je n'ai rien raconté de cette drôle d'histoire
Cette heure vite passée sentait le désespoir.
21 09 06
Elle est venue me voir
Sans mon consentement
J'en fais pas une histoire
Mais n'étais pas content
Je discutais peinard
Avec mon marmouset
Sirotant un p'tit noir
Le printemps finissait
Je laissais les cerises
Pour une cigarette
Et sous la cagnardise
J'enlevais ma liquette
Elle s'approchait déjà
La salope invisible
J'en aurais ri mais là
Ce n'était pas risible
Elle m'a sauté au cou
Quand je buvais mon jus
Et puis plus rien du tout
J'avoue je n'ai rien vu
Elle est venue par derrière
Et elle m'a étranglé
Je suis tombé par terre
Et elle m'a embarqué
Mon gamin regardait
Et j'étais couché là
Quand elle rigolait
Me pensant au trépas
Elle donnait rien de mieux
Que le vide absolu
N'y étant pas heureux
J'en suis vite revenu
Je lui ai dit tu repasseras
Quand tu veux maintenant
J'espère que t'attendras
Que mon môme soit grand
Je te connais assez
Pour ne pas avoir peur
Mais je n'ai pas usé
Mon forfait de bonheur
Et puis tu te crois forte
Mais tu n'as pas compris
Les amours ne sont mortes
Que lorsqu'on les oublie.
21 06 07
Alors à quoi on joue à bosser comme des cons ?
A quoi ça peut servir ? Pas le temps d'y penser
On glisse sur notre erre sans savoir s'arrêter
Sans savoir où on va sans imagination
Qu'y a t'il donc devant puisqu'on fait des enfants
Quels espoirs garde t'on pour eux Qu'ils soient meilleurs ?
Les petits riches dans la richesse et le bonheur
Les petits pauvres dans les rues avec la faim
Le précaire la précarité l'impuissance
La colère qui ne gonfle pas ou est vaine
Le contentement du peu l'absence de haine
L'autre protégé se pavane dans l'insolence
Les mots ne servent à rien les oreilles sont bouchées
Par les discours verbeux des pouvoirs et du fric
Et par les religions qui sont comme des tics
Je me courbe je me plie je me signe et je prie
dieu multiple et sanglant et partout et ailleurs
Qui agenouille le monde et lui tord la bouche
Par la douleurs les cris et les armées farouches
par la folie encore installant la terreur
Bétail chômeur il y en a plein le réservoir
Esclaves consommateur nourri de faux espoirs
On naît et on avance on ne sait faire que ça
Sans réfléchir jamais qu'au profit immédiat
On nous dit liberté quand c'est libéralisme
On entend liberté déformé par le prisme
De la politique et de la publicité
Être riche être beau être blanc et bronzé
En cherchent on ne trouve pas mais il se peut
Aussi qu'on trouve et sans chercher qu'on est heureux
Aveugle et sourd bien sûr sans fatigue et sans rêves
qu'une télé plus grande et du foot sans trève
Une troisième voiture un frigo en couleur
Et des enfants esclaves pourrissant dans l'horreur
Pour que des mômes goinfrés chéris par l'occident
consomment de la marque mais restent innocents
Est-ce qu'il se peut encore qu'on rêve d'autre chose ?
Se peut-il que des mots disent encore quelque chose ?
Que tout n'est pas perdu que la braise rougeoie
Que ce vent seul suffit pour retrouver la joie
Est-ce qu'il se peut encore qu'on quitte notre nombril
Que l'on constate simplement qu'on n'est pas seul
Qu'on peut faire autrement que coudre notre linceul
Que partout sur la terre on peut barrer la route
Au monstre commercial et son cortège idiot
En levant des idées en rénovant des mots
En retrouvant des rêves au sortir du doute
D'un autre monde une autre vie une illusion
Au fond du puits une lumière à entrevoir
Une belle alternative tuant les désespoirs
Alors à quoi ça sert de bosser comme des cons ?
22 12 04
Si vous saviez derrière les brouillards
Alors que je suis immobile
Sans pluie ni vent posé comme un poids mort
dans le flou abrupt de l'absence de détails
si vous pouviez voir
si vous pouviez voir comme c'est facile
Et grisant de filer dans les gares et les aéroports
Pour être sûr d'être là sûr d'être vivant
Moi je ne bouge pas je reste assis
Je crains trop les mirages
Je laisse Syracuse et Kérouan
Mais je croise les étoiles qui
Brillent dans vos yeux et qui font mes voyages
Mon escale c'est vous cette sécurité
De venir de partir au gré de nos rencontres
Je vais au port la nuit
Ce n'est pas Amsterdam
Mais c'est un port quand même
Je me fous des marins je préfère les filles
Je veux dire dans mes rêves de fauteuil
Quand je pars ou je reste c'est du pareil au même
Aucun embrun ne vient me fouetter les narines
Et la mer n'arrive jamais jusqu'à Montreuil
Et pourtant je m'en vais là où vous n'allez pas
Là où vous n'irez pas parce c'est dans l'intime
Dans mes Valparaiso mes Buenos aires
Mes Kamtchatka ma Tasmanie
L'infini du voyage ce voyage infime
D'infime du visa collé là, dans ma tête
A créer des images dans le cœur de la nuit
Si vous alliez derrière les brouillards
Vous y trouveriez un jardin
Sans bassin et sans nénuphars
Un désert de sable fin
Des voyages de solitude
Pour partager avec le monde
En buvant une bonne bière
En fumant une mauvaise clope
Si vous alliez derrière les brouillards
que la nuit installe entre nous
si vous pouviez voir
Il y a du bonheur
Immobile.
28 11 04
Un geste suffirait
Pas n'importe quel geste
Un baiser sur les lèvres
Une main sur l'épaule
La chaleur d'une chambre
gorgée de ton parfum
Et le soleil vainqueur
D'un lendemain matin
Quelques mots suffiraient
Pas n'importe quels mots
Ceux qu'il ne faut pas dire
Ceux qui sont bien trop doux
Les mots d'une chanson
Qui parlerait de nous
Les pages d'un roman
Écrasé d'amour fou
Le geste cependant
c'est tout juste un sourire
et les mots d'aujourd'hui
C'est à peine un bonjour
Mais je sais que tu rêves
Et tu sais que je rêve
Si nos songes se joignent
C'est pour faire l'amour
20 06 06
Qu'est-ce qui va tomber encore
Une tuile de mon toit ?
Une pierre de mon puits ?
Quel sorcier m'a jeté un sort ?
Est-ce que je peux tomber plus bas
Dans cette misère qui m'envahit ?
Que peut-il aussi m'arriver
Qui ne s'est pas encore produit
Quelle saloperie dans mon enfer ?
Quelle nouvelle adversité
Va venir me pourrir la vie
Quelle maladie quel cancer ?
Est-ce que le feu crépitera
Cet hiver dans la cheminée
Quand le froid glacera mon sang ?
Quel alcool me réchauffera
Et m'aidera à rêver
De la venue d'un autre temps ?
Sans doute que le jour viendra
Demain peut-être
Avec le sourire du soleil.
16 09 06
L'amour avec Lucie
Est un peu comme une île
Où rien n'est interdit
L'amour avec Lucie
est un peu comme une île
Où tout serait facile
C'est si doux et si lent
Qu'on se perd sur son corps
Dans cette suprême torture
Même si chaque instant
Vers la petite mort
Est une grande aventure
Elle est d'aspect menue
Les seins comme des cimes
Douces à s'y promener
La rondeur de son cul
De ses fesses sublimes
Invite à s'arrêter
l'amour avec Lucie
S'il n'est pas anodin
S'il est tellement bon
L'amour avec Lucie
N'a pas de lendemain
Il est comme un bonbon
On le croque en rêvant
Que sa saveur sucrée
pourrait durer toujours
Mais elle n'a pas d'amant
Qu'elle n'a pas viré
Avant le point du jour
J'aimerais être celui là
Puisqu'elle dit qu'elle m'aime
Que je la fait bien jouir
Qu'elle est bien avec moi
Qu'enfin elle est elle même
Et pourtant elle me vire
L'amour avec Lucie
Est un peu comme une île
où rien n'est interdit
L'amour avec Lucie
Est un peu comme une île
Où tout serait facile...
19 04 05
Est-ce que c'est simplement l'approche
Sereine ou non du dernier port
Malgré la folie qui s'accroche
Comme cette jeunesse qui tient encore
Est-ce simplement le goût des brumes
Où s'est évaporée l'enfance
Et que notre présent parfume
D'incompréhensible espérance
Est-ce les voyages en utopie
Qui sont restés tant utopiques
Qui engrossent les nostalgies
Et font demain mélancolique
Est-ce les rêves inaccessibles
Toutes les bien trop belles chimères
Tous les désirs indicibles
Quand rien ne peut se refaire
Est-ce pourtant sans tristesse
Novembre qui montre son nez
Humide zet noir comme une détresse
Du jour par les nuits éventré
L'environnement monochrome
Dans l'épaisseur des brouillards
Et les voix glacées des fantômes
Qui reviennent du désespoir
Est-ce l'hiver qui vient bientôt
Ou le printemps trop éloigné
Et le silence des oiseaux
Sur les branches aux feuilles tombées
Est-ce le ventre gelé du temps
Qui nous traîne vers l'avenir
D'un univers où nos enfants
Peut-être connaîtront le pire
Est-ce déjà les chrysanthèmes
Aux couleurs passées des chagrins
Ces paroles qui disent je t'aime
Mais qui reviennent de trop loin
Peut-être ces relents d'été
Cet accent de soleil qui brille
Une sensation de liberté
L'insaisissable beauté des filles
Est-ce les regrets les remords
qui mordent dans le vivant
Qui nous rapprochent des morts
Sans nous attirer pourtant
Tous les amis trop tôt partis
Comme ces fiancées provisoires
Dont le souvenir engourdi
Vient en nous prolonger l'histoire
Les pères et les mères échappés
Qui manquent à notre quotidien
Les enfants trop vite envolés
Dont on voudrait tenir la main
De notre adolescence enfuie
On a rempli notre mémoire
L'adolescence dure et puis
On en néglige les désespoirs
Est-ce simplement effet de l'âge
De ce corps qui ne veut plus rien
De ces amours qui font naufrage
Et dont on n'oublie jamais rien
Est-ce de l'espoir l'usure
Qui nous transporte vers l'absence
Et fait crier les déchirures
Qui se plaisaient dans le silence
Est-ce une poussée romantique
A saisir une providence
Un dernier sursaut poétique
Une suprême incandescence
Cette nuit pourquoi cette nuit
Cette troupe autour de moi
Cette étrange mélodie
Quand me souviennent leur voix
Est-ce simplement l'approche
Sereine ou non du dernier port
Ou le passé qui s'effiloche
traînant son lourd fardeau de morts.
17 & 28 10 2006
Lorsque vous aviez dix-sept ans
Madame vous étiez belle
Et aussi souvenez-vous
Je n'étais pas mal du tout
Par une chaude journée d'août
De cette année exceptionnelle
Vous m'avez offert sans tabou
Votre corps de demoiselle
Elles avaient assez vécu
Nos belles amours platoniques
On pouvait mettre au rebut
Nos poèmes romantiques
Nos longues lettres enflammées
Transporteuses des passions
Ces gros paquets de courrier
C'était bon pour le pilon
Tout cet amour dans le texte
Avait perdu son parfum
Il nous paraissait grotesque
Comme un passé trop lointain
Pas besoin d'être savant
Même tous les cons le savent ou presque
Si l'amour est un sentiment
Il ne peut se passer du sexe
Nous savons bien aujourd'hui
Approchant les soixante berges
que l'absence de sexe ternie
Vite la beauté des vierges
Adieu la poésie d'hier
Quand la folie qui me submerge
N'est qu'un excès glandulaire
Évacué par ma verge
Si un jour les mots croisés
Remplacent les siestes amoureuses
C'est que l'ennui aura gagné
Finies les époques heureuses
C'est pour mieux parler de tendresse
Qu'on aura chacun son plumard
On pensera avec sagesse
Qu'on pourrait faire chambre à part
Incorrigibles romantiques
Les souvenirs qui viendront
Dans le soir mélancolique
De bien loin remonteront
De ce temps encore courtois
Où je vous aimais à distance
Si pour vous je bandais déjà
vous n'étiez qu'une espérance
Lorsque vous aviez dix-sept ans
Madame vous étiez belle
Et aussi souvenez-vous
Je n'étais pas mal du tout
Par une chaude journée d'août
De cette année exceptionnelle
Vous m'avez offert sans tabou
Votre corps de demoiselle
25 10 06
Alors que j'étais garé
Immobile
J'ai vu passer sous les nuages
Un immense silence
Tranquille
Qui voulait partir en voyage
Il était fait de neige
Épaisse
Et ressemblait à un fauteuil
Alors j'ai calé sur ce siège
Mes fesses
Sur le dur froid de cet accueil
Je n'avais pour seul bagage
qu'un sourire
Et un fatras de mots tordus
Rassemblés au fil de mon âge
Souvenirs
Chaos de sentiments confus
Et j'ai vogué dans ce ciel pâle
Cafardeux
Suspendu dans la peine
Comme un poisson dans un bocal
Malheureux
D'être sans amour ni haine
Un jour comme les autres jours
Blafard
Au cœur d'une ville inconnue
Fermé dans l'ivoire de ma tour
Une guitare
Soudain s'est offerte à ma vue
Cette vision était sonore
Et belle
Rassasiée de réminiscences
Elle était plus encore
Cruelle
Pour moi bloqué dans le silence
J'ai rêvé si fort du soleil
Brûlant
Pour fondre toute cette neige
Que j'ai entendu le réveil
Sonnant
qui m'a éjecté de mon siège
Depuis je tombe lentement
Emporté
Bercé de douces ritournelles
Planant tranquille au gré du vent
En liberté
Le chant des oiseaux sous mes ailes.
29 05 06
Je ne sais pas qui vous êtes
Je ne crois pas vous connaître
Je voudrais que vous soyez demain
Celle qui me donnera la main
Celle qui me fera oublier
Tous les malheurs du passé
Les violences d'aujourd'hui
Le silence glacé des nuits
Et toutes les folies du monde
Bien sûr le gris dans mes cheveux
Bien sûr les rides au coin des yeux
Et tout le poids de mon histoire
Les bonheurs et les désespoirs
Bien sûr le torrent s'est calmé
Mes colères sont apaisées
Si quelques force m'abandonnent
Il reste l'espoir que me donne
Le désir de vous rencontrer
Je veux oublier l'automne
Cette saison qui frissonne
Après les délires de l'été
Les fruits et fleurs à satiété
Je veux recréer le printemps
Chaque jour chaque moment
L'insouciance et l'allégresse
Saoulées du feu de la jeunesse
Je veux manger votre sourire
J'ai hâte enfin de vous tenir
Dans mes bras hâte de vous dire
La folie de nos lendemains
La folie de l'âge qui vient
Pour nous seuls dans notre abri
Loin du cauchemar et du bruit
Débarrassés de nos chaînes
Exclus du monde et de la haine
Sans dieu ni maître que l'amour
J'ai envie d'un grand soleil
Même s'il doit faire fondre mes ailes
Un soleil de dessin d'enfant
Avec des rires et des chants
Des champs reverdis de plaisir
Des grandes prairies à courir
Des couleurs à mettre en bouquet
Sur notre table de chevet
Et pour parfumer notre lit
J'envoie ce message dans le vent
Et moi je reste dérivant
Flottant au gré des espérances
Et des relents d'adolescence
Le vide veut être comblé
La solitude être gardée
Pour le soleil gelé du soir
Quand il se perd dans les brouillards
En attendant je vous attends
J'ai envie que vous m'aimiez
J'ai envie de vous aimer
Où êtes-vous ?
20 09 04
Il y a le monde autour en larmes et en sourire
Et le cri des enfants dans la cour de l'école
Des rêves de soleil et des pluies de désirs
des chansons qui s'écrivent et des chats qui somnolent
Les plages noires des volcans où l'océan se brise
Et l'orchestre du vent qui joue ses symphonies
Un ourson qui s'amuse sur son bout de banquise
Un albatros errant qui plane dans la nuit
Le parfum de l'humus dans le sous-bois d'autmne
Une déchirure de mouettes sur le gras d'un labour
La beauté d'une femme dans le regard qu'elle donne
Qui habille de bleu la mélodie du jour
Cette odeur de café qui vient charmer l'aurore
Le bonheur du sentier qui s'allonge sous les pas
La luisance du trottoir que l'averse décore
Et le torrent limpide qui file entre les doigts
Le poète insolent défricheur de béances
Qui vide des silences sur du papier nu
Accrochant au matin les voiles de l'espérance
Que viennent gonfler les songes d'un passé disparu
Il y a le monde autour en larmes et en sourires.
05 09 08
La nuit menteuse t'enveloppe de rêves
Elle prend plaisir à malaxer
Ta conscience et ton inconscience
Elle sait faire hurler les silences
Et te rejeter sur la grève
Le vide cruel et fatigué
La nuit est réelle comme l'idée
Que tu regardes dans le miroir
Dans l'onde fraîche de la mer
La vague grimpe sur ta chair
Comme tes doigts dans la volupté
Une fumée dans le ciel noir
A peine le temps d'un sommeil
Les quelques secondes du songe
Le trouble gomme ton sourire
La gêne gène le plaisir
Et au moment où tu t'éveilles
Le jour efface le mensonge
Je me contente de me taire
Je me satisfais de si peu...
10 09 08
Ce n'est pas une toile de maître
Ici des maîtres il n'y en a pas
(Sauf un peu pour l'altitude
Juste pour les droits d'hauteur)
Ici il y a le ciel
Les parfums ne se racontent pas
Le silence et le soleil
Et tout ce que je ne dis pas
Ici tout est grave et beau
Comme la pluie qui tape le toit
Comme le trou au fond du seau
qui laisse passer le pipi de chat
Ici la grâce du dérisoire
Le sourire d'un ami qui boit
La beauté de l'illusoire
Et tout ce que je ne dis pas
Ici les mots ont la saveur
D'un grand cru classé de bordeaux
Ils se distillent avec bonheur
Ils sont gazeux comme de l'eau
Ici parfois quand le soir miaule
Dans un printemps baigné de froid
C'est douceur le vent qui nous frôle
Et tout ce que je ne dis pas
D'ailleurs je n'ai plus rien à dire
Le monde est moche quelquefois
Il se ferme sur ses délires
Il pèse lourd vers le bas
Le feu vient griller les arbres
Le maquis et la pampa
Il brûlera même le marbre
si ça continue comme ça
La folie que vit la terre
N'est pas ma folie à moi
Sept milliards d'humains sur terre
Et moi et moi et moi ?
Ici il y a le ciel
Les parfums qu'on ne raconte pas
Le silence et le soleil
Et tout ce que je ne dit pas.
28 04 2005
Quand les silences tomberont
Comme des fruits trop mûrs
Quand les paroles des chansons
Feront trembler les murs
Quand la pluie fleurira
Le sable des déserts
Quand l'homme arrêtera
Sa course vers l'enfer
Quand le vent frais du matin
Dissipera les fumées
Que le soleil câlin
Viendra nous réchauffer
Quand nos rêves ne seront plus
En richesses inutiles
quand nous changerons le superflu
contre une vie tranquille
Alors nous pourrons nous aimer.
26 01 06
Une valse russe et lente
Une longue mélopée
Une gwerz lancinante
Ou un blues déchiré
Comme la brume du matin
Sur la lande désolée
Ces notes comme un chagrin
Comme un sanglot réprimé
Le chant exprime la douleur
Il sait la mort inéluctable
Et par son cri ou sa douceur
Il console de l'imparable
Par la grâce d'une mélodie
Il anime le désespoir
C'est une lueur dans la nuit
Une porte au bout du couloir
Le chant transforme la douleur
Dans son secret laboratoire
C'est un espace de bonheur
Une étoile dans le ciel noir
Quelques minutes sorties du temps
Un instant d'oubli total
Un tranquille éloignement
Une injection de penthotal
Une valse russe et lente
Comme un sanglot réprimé.
29 09 06
Je rêve de la constance du souffle
La continuité du vent
Je veux que jamais ne s'essouffle
La fertilité du néant
Construire une bulle fragile
Regarder dans sa transparence
toute une éternité futile
Et y musiquer le silence
Je rêve que jamais rien n'arrête
La violence du torrent
Que la rime se tienne prête
A combattre le courant
Construire la profondeur du puits
Pour y vider le temps perdu
Pour y dilapider l'ennui
Pour y perdre le superflu
Je rêve debout le nez en l'air
De l'amour étendant ses ailes
Pour qu'il transporte l'univers
Que pour tous la vie soit belle
Construire un monde c'est facile
Tout en sourire et en douceur
Seul tapant comme un imbécile
Le clavier de l'ordinateur
Je rêve qu'encore le rêve dure
Qu'il me montre sur son chemin
Les immobiles aventures
Qui me feront bouger demain
Je rêve de la constance du souffle
La continuité du vent
Je veux que jamais ne s'essouffle
La fertilité du néant
07 08 08
Qu'est-ce qui va tomber encore
Une ardoise de mon toit
Ou une pierre de mon puits
Quel sorcier m'a jeté un sort
Est-ce que je peux tomber plus bas
Dans la misère qui m'envahit
Que peut-il aussi m'arriver
Qui ne s'est pas encore produit
Quelle saloperie dans mon enfer
Quelle nouvelle adversité
Va venir me pourrir la vie
Quelle maladie quel cancer
Est-ce que le feu crépitera
Cet hiver dans la cheminée
Quand le froid glacera mon sang
Quel alcool me réchauffera
Et m'aidera à rêver
De la venue d'un autre temps
Sans doute que le jour viendra
Demain peut-être
Avec le sourire du soleil.
16 09 06
Pas de vacances pour moi
Pas de week-ends de repos
Pas de plage sous le soleil
Pas de bonheur pour demain
Les secondes s’égrènent
Les jours et les semaines
Et je suis là inutile
Dans ce monde difficile
Pas de pitié pour moi
Puisque je n'existe pas
Je ne sers plus à rien
Ni ma tête ni mes mains
Je traîne mes angoisses
Des montagnes de poisse
Et je reste immobile
Tandis que le temps file
Pourtant j'étais normal
Quand j'avais du travail
Depuis que je suis chômeur
Je vis dans le malheur
Le temps file en vitesse
Quand ça rigole un peu
Mais quand vient la tristesse
Il freine il devient vieux
Pas le temps de penser
Ou d'être en liberté
Je voudrais bien savoir
Où se trouve l'espoir
Pourquoi je n'ai plus rien
Pour ma tête ou mes mains
A quoi je peux servir
quand tout ça va finir.
22 10 03
Je t'envoyais par la poste
Toute ma mélancolie
Une fortune en timbres-poste
Pour expédier mes lents colis
Puis je guettais le facteur
Le matin des samedis
Pour savoir si du bonheur
Allait colorer ma vie
Notre histoire était étrange
Aussi belle et aussi bête
Je taisais nos beaux échanges
Tu devais rester secrète
Les copains et les copines
Et les petites amies
Se doutaient je l'imagine
Que déjà mon cœur était pris
Mais, mais je savais me taire
Même tranquille sur l'oreiller
Après l'étreinte passagère
D'une belle amourachée
Qui usait de tous ses charmes
Pour savoir enfin pourquoi
Je refusais de rendre les armes
Je leur disais n'importe quoi
L'époque n'était pas faite
Pour les amours éloignées
Quelques centaines de kilomètres
C'était la mer à traverser
On suivait chacun sa route
Avec l'esprit bien occupé
On se disait que sans doute
On finirait par se retrouver
Alors chaque semaine
On noircissait du papier
On écrivait les je t'aime
Qu'on ne pouvait se susurrer
Petit vieux perclus de misères
Il m'arrive de regretter
Cet amour épistolaire
D'avant que la mort soit passée
Je t'envoyais par la poste
Toute ma mélancolie
26 10 06
Un jour ou l'autre l'on se dit
Tous ces courriers trop refroidis
Déposés presque par hasard
Consignés dans une triste gare
Un autre jour comme aujourd'hui
Ou dans le secret de la nuit
Le temps dans sa distillerie
Dégueule son alcool maudit
Pourquoi de toutes ces aventures
Cette douleur qui fulgure
De ce deuil l'avortement
Si ce n'est parce qu'on est vivant
Derrière la trame des confidences
On a usé même les silences
Pourquoi cette désespérance
Pourquoi le poids de cette absence
Un mot suffit ou une image
Pour que l'on reparte en voyage
Le souvenir n'est pas la mort
Même si l'on a quelques remords
On était dans le même train
Sans se questionner sur demain
si ce demain est dépassé
Le sourire d'hier est resté
Que me reviennent
Les joies anciennes
Qui parfumaient nos désespoirs.
20 05 07
TABANARCHIE
Une paix abstraite s'installe dans le silence crépusculaire
Le merle se tait l'air a cessé de bruisser dans les feuilles
A peine encore à l'ouest l'incandescence fait un clin d'œil
L'obscur et le tragique des mots dans la nuit se libèrent
Mais ce n'est pas un cri je n'ai pas cette peur
Rien qu'un jour qui arrête là sa banalité
Le chant sans désespoir d'un amour qui meurt
De ce triste trépas de trop avoir été
Au couvercle quelques étoiles indécises
colorent le bleu sombre de tachetures nacrées
Les ombres sans contours deviennent imprécises
Le poumon goudronné goûte sa rareté
Comment s'appelait-elle et qu'importe son nom
jusqu'il y a si peu elle était ma jeunesse
Si jamais je l'oublie je deviens un vieux con
Le sexe racorni sans espoir de tendresse
Elle habitait rue de la solidarité
Juste dans l'angle du boulevard Bakounine
Elle avait une âme qui me faisait bander
Le cul d'une ouvrière le sang de Kropotkine
Le temps passe paraît-il et je passe dans le temps
Pauvre incrédule aux récits des contes de fées
Éternel cocu et toujours espérant
Et croquant dans la mie du pain de l'amitié
Contemplatif je compte au camping des misères
Les tipis du refus les wigwams des clodos
Quand le vent libéral rétame leurs colères
Quand l'assassin hiver les couche sur le dos
Il me reste un euro juste assez pour un litre
A boire à la santé d'un quelconque richard
Mais le cœur n'y est pas l'estomac récalcitre
Pas facile pour le pauvre d'abreuver les soiffards
Qu'est-elle donc devenue elle qui était si belle
Pour que je me déplace le dimanche matin
Les guibolles en coton les éponges en flanelle
Et le doigt dans leur urne avec mon bulletin
A me faire bassiner avec la république
Je ne suis pas un mec je suis un citoyen
De quoi me parlez-vous ? Les services publics ?
J'ai vu ça en histoire c'était les temps anciens
La nuit me berce tranquillement
D'une valse lente à souhait
Je tousse un peu sur ses trois temps
Deux pour la guerre un pour la paix
où est de mes rêves la beauté
Alors que la connerie s'obstine
Et que la mort est à guetter
Que m'achève la nicotine
Un temps pour la sérénité
Malhabile un temps pour l'amour
Jamais rien pour la liberté
Mais un temps pour l'espoir qu'un jour
C'est curieux comme parfois vie et mort se marient
Quand la terre fait toujours sa révolution
Mais que fais t'on de plus d'un mot aussi joli
A l'Est rien ne se lève sans le goût du pognon
Moi j'arrive à mon terme et je n'ai rien changé
La bêtise me tue les cons sont si nombreux
Quelques esprits peut-être que j'ai un peu touché
Qui se sentent si seuls qu'ils en sont malheureux
Quelques marches à monter dans la rue sur les flics
quelques coups échangés avec quelques fachos
Quelques drapeaux levés contre l'ère atomique
Des discours bégayés aux comptoirs des bistrots
Je n'en ai pas fini de mes propos futiles
Seule la mort à son heure me fermera le bec
A moins que la folie voulant se rendre utile
D'un de sa magie rende mon cerveau sec
C'était peut-être rue Proudhon qu'elle habitait
Un vieux taudis dont elle n'était que locataire
Elle sortait son tabac des troncs qu'elle pillait
Elle me le partageait comme on partage en frères
Mais mes pauvres frangins va comprendre aujourd'hui
si tu as des idées il faut les convertir
Dans la publicité si tu y as des amis
Ou dans la politique si tu n'as rien à dire
La clope du condamné que je roule dans mes doigts
Ça fait quarante piges qu'elle me tient enfermé
Avec un peu d'alcool elle me tire vers le bas
Construisant une fortune pour les cigarettiers
Ça tire sur les neurones ça épuise les soufflets
Mais ça a du parfum dans le vent libéral
L'imbécile fumeur chante le dernier couplet
Pas de richesse pas de sécurité sociale
Un monde sans autoroute voudrait-il de l'indien
C'est duchanvre bien sûr qu'il me plaît de parler
Ça sèche un peu la gueule mais ça fait tant de bien
Où donc habitait-elle je n'en ai pas idée
La nuit me berce tranquillement
D'une valse lente à souhait
Je tousse un peu sur ses trois temps
Deux pour la guerre un pour la paix
Où est de mes rêves la beauté
Alors que la connerie s'obstine
Et que la mort est à guetter
Que m'achève la nicotine
Un temps pour la sérénité
Malhabile un temps pour l'amour
Jamais rien pour la liberté
Mais un temps pour l'espoir qu'un jour
Elle habitait dans cette maison insalubre
avec des fantômes et des adolescents
On entendait la nuit la musique lugubre
La voix des copains mort pour ses beaux yeux de sang
Je fumais des P4 c'était quelques centimes
Je me noyais dans le parfum des parisiennes
Je jouais les funambules sur le bord de l'abîme
Je trouvais dans l'alcool des délices musiciennes
Dans le matin bancal je jetais aux oiseaux
Quelques miettes de pain avant d'aller au taf
Je rêvais de l'amour et j'empilais des mots
Avec des noms de filles titrant les paragraphes
Et jamais de réponses à mes drôles de questions
Je rencontrais parfois pour un peu d'espérance
Les quelques camarades habitant sa maison
On construisait des plans pour rompre le silence
J'affichais sur les murs des slogans interdits
Je décorais le tubes de mots provocateurs
Mes songes mon montraient en poète maudit
La route me tendait ses bras et puis son cœur
Les vieux de ce temps là me foutaient les jetons
Pas un seul argument plaidant à leur décharge
Être en vie si longtemps pour devenir si con
Combien je durerais à rester dans la marge ?
Elle habite mes tripes alors que maintenant
Mes éponges rongées me tirent vers la frontière
Que mon corps ne veut plus être un adolescent
Que mon cœur ne veut pas faire machine arrière
Je suis un vieux corbeau croassant des silences
Parfois je fais la pause si souvent je soupire
Je me les roule amer au fond des dépendances
En regardant demain il m'arrive de sourire !
Un temps pour la sérénité
Malhabile un temps pour l'amour
Jamais rien pour la liberté
Mais un temps pour l'espoir qu'un jour...
D.L, Tabanarchie 14/15/16/08/2006
Elle sera devant moi alanguie nue et belle
Et je n'aurai pas peur en avançant vers elle
J'allongerai le pas pour être à ses côtés
Et je frissonnerai devant tant de beauté
Je lui dirai peut-être s'il me reste des mots
La saveur de sa chair la douceur de sa peau
Je poserai mes lèvres sur le carmin des siennes
J'en goûterai le miel et j'oublierai ma peine
Et je me coucherai contre son corps tranquille
Contre la fraîcheur pâle de son ventre immobile
Puis je l'enlacerai et elle m'enlacera
Je pleurerai peut-être quelques larmes de joie
J'aimerai qu'elle m'emmène bien au delà de l'âge
M'engloutir longuement dans l'infini voyage
Je suis prêt à partir avec toi maintenant
Pour une éternité ou même pour un instant
Pour ce si court moment qui sera le dernier
après toutes les amours qui m'ont été données
Une seconde seulement au bout de la folie
Mon souffle s'en ira se perdre dans la nuit.
22 04 14
Esthète de l'ombilic
Je marche sur mon fil
Au dessus des à-pics
D'un quotidien tranquille
La nuit je me dépêche
De ne rien faire du tout
J'attends des denrées fraîches
Pour modifier mes goûts
Je fais des longs voyages
Je plane infiniment
Je tente l'atterrissage
Quand il n'y a plus de vent
J'ausculte et j'introspecte
Jusqu'à l'obscur profond
De noir je me délecte
Je fabrique du poison
Je chute quelquefois
Dans des marais bizarres
Des gluances de vodka
Des sombres désespoirs
A dessein je cramponne
Dans ces délires amers
Les rêves que me donnent
L'alcool nu de l'enfer
Je tourne sur mon axe
Et je vomis enfin
Les cailloux que malaxe
L'estomac du matin
Et le jour vient banal
Un peu enchifrené
Alors d'un mouchoir sale
Je me vide le nez.
25 10 07
La folie est passée un jour à la maison
Je lui ai dit d'entrer et de boire un gorgeon
Quelques lambeaux alcoolisés
De poser quelques hardes sur sa rugosité
De poser quelques routes devant ma liberté
Quelques déserts désenchantés
C'était un simple geste d'avoir ouvert la porte
Je larguais le normal en me disant qu'importe
Je préfère croire à la magie
J'imaginais sans peine des vastes étendues
Des prairies de poèmes gravées sur sa peau nue
Comme sur une terre embellie
Elle m'a montré des mondes engloutis et glacés
Des hallucinations de matins fatigués
Comme des soleils de corbeaux
Elle m'a montré des feux qui n'existeront pas
Les chemins désolés qui ont fui sous mes pas
Des amours enfuies bien trop tôt
En pensant à l'envers j'ai inversé l'envers
Et dans l'artificiel j'ai inventé l'enfer
Sur le fil du rasoir des nuits
Elle restait là gentille dans chacun de mes mots
fidèle derrière la grille qu'elle tressait de barreaux
Et jusqu'au creux chaud de mon lit
Et elle est encore là à me combler le vide
A exploser toujours ce réel insipide
A me tordre les mots béants
Elle lancine à mon âme des phrases torturées
Et des mélancolies d'utopies déchirées
Qui s'absentent dans le néant
La folie est passée un jour à la maison
Plus jamais elle ne m'a quitté.
21 12 07
Une pleine valise de mots
Et un tombereau de musiques
Quelques sentiments à propos
Pour assurer les harmoniques
Quelques montagnes sous le ciel
Avec une armée de nuages
Taches grises sur l'aquarelle
Photographiant ce pays sage
Le gris d'un crachin quelquefois
Et quelques malles de brouillard
Le soleil des autrefois
Quand j'allais encore quelque part
Avec le sourire dans les yeux
De ce regard qui intrigue
Pâlissant les pupilles bleues
Dans l'énormité des fatigues
J'ajoute les bordées de comptoirs
De maintes nuits adolescentes
Cette vie qui finit si tard
Cette vieillesse qui s'absente
Dans l'ambre maltée des whiskys
Dans le vieil or de la bière
Et le matin des amnésies
Sur le manège de l'enfer
Quelques aventures gelées
Vers l'Est dans le cœur de l'hiver
Avec le chaud des amitiés
Pour effacer les frontières
Des logorrhées débordantes
Sur des torrents de ţuica
Quelques images désopilantes
Pour se souvenir de ça
Un cargo de vent dans les voiles
Pour faire surgir des sirènes
A bécoter sous les étoiles
Dans des obscurités sereines
L'implacable beauté des femmes
Avec leurs offrandes douces
Et le chagrin des mélodrames
Lorsque le désir s'émousse
Voilà un peu de mon bagage
Le minimum à emporter
Si tu veux partir en voyage
Avec l'envie de m'emmener
Je complète d'une brosse à dents
Et d'une paire de chaussures
Et je suis prêt dès maintenant
Pour chevaucher les aventures.
05 06 06
Il demi tourne sans brusquerie
Sans lâcheté sans menteries
Et s'il te tire en arrière
c'est qu'il connaît sit bien ta vie
Qu'il vire à la mélancolie
Quand il te renvoie sa lumière
Il te ramène avec tendresse
Aux eaux troubles de ta jeunesse
Et ses amourettes perdues
Toutes les filles étaient princesses
Tu pensais surtout à leurs fesses
En ignorant leur « vertu »
Aucune pluie sur le trottoir
Aucune nuit quand il fait noir
Aucune parole sans musique
Pas une couleur sans espoir
Pas une larme sans mouchoir
Au ciel des étoiles magiques
Tu aimes à te laisser aller
Pas de frontières barbelées
Quand tu démarres sur ton âge
Toutes les vies sont à rêver
Il ne faut pas être pressé
Pour s'embarquer dans ces voyages
C'est une chanson de Ferré
C'est la plage sous les pavés
Ou le regard clair d'une fille
Ou un poème d'Aragon
Que Ferrat a mis en chanson
Comme une aspiration tranquille
Aucune image dans le brouillard
Pas un semblant de désespoir
Aucune parole sans musique
Pas un copain qui fout le camp
Sans un signa amical avant
Pour rejoindre un monde magique
Et si je dois partir demain
Comme un bandit comme un vaurien
Gavé du sirop de la rue
Que va t'il donc rester de moi
Dès que je ne serai plus là
De celui que je ne suis plus
Que pourront penser mes enfants
Et les enfants de mes enfants
Si je devais rester muet
Ne pas leur parler des parents
Et des parents de mes parents
De la vie avant ma venue
De tout ce que je garde au cœur
Des milliers d'instant de bonheur
Tous les printemps de mon décor
L'aube des levers de bonne heure
quand vient sur la cime la lueur
Qui vient illuminer l'aurore
Et tout l'amour que j'ai pour eux
Quand je me sens devenir vieux
Parfois dans mes nuits solitaires
Ne serait rien sans la mémoire
De ceux qui ont fait notre histoire
Ceux qui ont brûlé les galères
A qui ou à quoi suis-je égal
Dans ce monde pour être normal
Est-on esclave avant de naître
Si je ne me souviens de rien
vous pourrez d'une seule main
Éliminer tous mes ancêtres
Mais quand je regarde derrière
C'est pas très loin après la guerre
A moi ça me donne des ailes
Je vole au dessus des tordus
Les libéraux et les glandus
Je plane encore hors de leur ciel
qu'est-ce qui ne vient pas d'hier
De quoi pourrais-je être fier
Quand l'univers perd le sourire
Il ne sert à rien d'être amer
Je veux pour mes enfants la terre
Qui ne soit pas qu'un souvenir
Aucune honte sur ma vie
Qui se tourne sans brusquerie
Sur tous nos rêves du passé
Le soleil brille sur mes nuits
C'est la beauté des nostalgies
Que l'avenir vient éclairer.
12 04 06
Je sens venir de terre comme une vibration
Un petit tremblement quelque chose qui gronde
Une autre poésie dans les mots des chansons
Je sens dans le présent se propager une onde
J'entends que devient fade le chant d'autres sirènes
Que grelotte la frousse dans leurs voix éraillées
Qui nous vantent en grinçant un avenir bien terne
J'entends déjà le bruit de ce train dérailler
Je vois venir l'après comme une impertinence
Des ailes d'albatros dégageant les brouillards
qui nous cachent encore les fleurs de l'espérance
Qui nous tiennent encore entres ces murs blafards
J'imagine demain béants de la corgniole
Les riches méprisants qui n'auront pas compris
Pleurnichant dans leur flic attendant la torgnole
Qu'ils ne recevront pas car ils seront finis
C'est demain c'est déjà leur monde qui se fendille
La rue qui fait tomber les pierres de leurs palais
C'est demain c'est déjà le futur qui scintille
Comme dans cette chanson de mes rêves secrets.
18 10 07
Qu'est-ce c'est cette vie qu'on vie
Quelle est cette dans qu'on danse
Ces trépidations ces cris
Et cette désespérance
Et ces lumières dans la nuit
Ce chaos qui tue le silence
Toute l'horreur et le bruit
La panique et la violence
Tous ces avenirs finis
Grâce aux dieux en dissonance
Tout ce future qui s'enfuit
Dans ce monde en décadence
Faut-il que tout soit écrit
Que cet animal qui pense
Sans cesse construit et détruit
Et détruire le met en transe
A quoi ressemble aujourd'hui
Alors qu'hier était souffrance
On a vraiment rien compris
Rien gardé des expériences
On a rêvé l'Anarchie
Laissant au vent sa semence
On a vénéré l'utopie
Se disant qu'avec de la chance...
Dans les ruines on est assis
A pleurer nos souvenances
Entre Guevara et Gandhi
On espère partir en vacances
Lest avions qui trouent l'infini
Ont bousillé les distances
Les villes qui brillent les pays
Qui ne savent plus les différences
On ressort les mots bannis
On prêche la tolérance
Mais les rêves ont déjà cuit
Dans le feu froid de l'impuissance
La richesse a de l'appétit
Le pauvre ne crie plus vengeance
Le riche doit être enrichi
Le pauvre lui remplit la panse
Le portefeuille bien garni
on achète même l'enfance
Même l'amour s'est enfui
avec la paix et l'insouciance
La tristesse qui m'envahit
C'est la joie de mon enfance
Les idées de paradis
Un reflet de l'innocence
Je me fous de la folie
Et de la mort qui commence
J'ai encore la force d'un cri
Pour anéantir le silence
Faut-il que tout soit écrit
Quelle est cette dans qu'on danse
Même l'amour c'est enfui
On espère partir en vacances.
26 10 04
Le silence imposant se répondait tout seul, son écho, mille fois répercuté par le vide, multipliait sa puissance.
L'absolue nudité du néant était parfaitement immobile.
L'espace infini et sans couleur n'était traversé par rien.
Je vis comme un nuage transparent ma dernière pensée s'enfuir, j'étais mort.
12 02 1982
Assemblage de mots mouvants, tournants
Dans mon environnement
Et, qu'un à un
J'attrape
Et dénude et
Range dans un tiroir à mots
Pour un jour en extraire
Vite
Un poème
27 12 1981
Elle est comme l'aigle sur sa proie
Tu ne peux sortir de ses serres
Elle est comme la pluie et le froid
Elle te maintient en hiver
Et ton sourire reste coincé
Et ton amour reste endormi
Elle est possessive et sacrée
Et tu es seul à sa merci
Elle vient forte et souveraine
Tu l'attends comme une mousson
Dans le silence des matins blêmes
Où elle te laisse nu et con
Et tu ne connais pas les armes
Qu'il te faudrait pour la tuer
Tu as le cœur au bord des larmes
Et du chaos dans tes pensées
Elle pose son sac et s'installe
Au plus profond de ton esprit
Et sans te faire ni bien ni mal
Elle casse doucement ta vie
Elle s'empare de la tendresse
Comme pour la sortir de ton cœur
La remplace par la détresse
La solitude et le malheur
La tristesse est tranquille
Elle aime à faire pleurer
Elle te met en exil
Le bonheur à côté. 20 01 1982
Ce n'est qu'après avoir marché pendant huit heures que je me rendis compte, en me réveillant, que j'étais couché dans mon lit.
12 02 1982
J'ai suivi le fleuve innombrable
Mille chemins, mille nuits, mille horizons, mille silences
Je ne sais pas si j'ai choisi
Si je choisis ce mot qui vient avant d'âtre pensé
Celui qui s'inscrit avec son poids
Son passé, sa culture et la mienne
Et qui sera compris ou pas, qu'importe !
Je suis encore le fleuve
Je parle d'amour avec lui presque involontairement
Il est là en moi
Je suis là en lui
Si je me tais il m'étouffe
Et quand lui ne dit rien
Me voilà infirme de lui à chercher le membre absent
Comme s'il s'agissait d'un de mes bras ou de ma tête
En fait c'est tout à la fois
C'est moi entier coupé par me manque de lui, d'elle
Lui, le mot, elle, la poésie
La poésie est l'air que je respire
La fleur que je vois, la femme que j'aime
La poésie s'appelle amour
Elle est partout la poésie
A l'usine quant tu crèves, chez toi quand tu vis
Dehors, dedans, partout
J'ai suivi son fleuve innombrable
Et je retourne au fond de moi quand j'y plonge
Elle est le sang en moi
La où tout est clos, si clos qu'elle ouvre les barrières
Et que je laisse aller sa jouissance
La poésie est l'espoir du monde
L'espoir universel, le seul espoir
viens avec moi, tourne les pages
La poésie c'est la vie
Tu peux suivre à ton tour ce fleuve magnifique
Où rien ne s'oublie, rien ne s'oublie
On est si petit on dure si peu de temps
Viens...
07 09 1980
Des troupeaux de chiens morts cavalent dans les couloirs
Du même rythme fou ils se poussent et se pressent
S'écrasent contre las murs et marchent sans rien voir
Et moi les voir suffit que leur allure m'oppresse
Et je ne peux rien faire que d'aller à leur pas
Poussé traîné tiré bientôt sans volonté
Presque même allant là où je ne voudrais pas
Et le cauchemar dure vais-je me réveiller
Et je me ratatine contre les portillons
Dans mon regard s'éteint la dernière des flammes
Je suis indifférent sans haine je dis pardon
Quand je sens dans les reins le sac d'une dame
Je suis dans le troupeau numéro matricule
Je cours au fond de moi la machine travaille
Elle est réglée pour prendre des coups de pieds au cule
Je vais bêtement où l'on a voulu que j'aille
Je sens la mutation je deviens un taré
On me marche dessus et je reste placide
Intimement je rêve de paix de liberté
Et j'appelle folie ces seuls instants lucides
Parfois dans mon délire je deviens une chèvre
Encornant les chiens morts cassant les portillons
Ballottant de la queue et grignotant des dents
Ballottant de la queue et grignotant des dents.
25 01 1974
Progressivement je transhume
De l'avant je me catafalque
Je rumine ce titre posthume
Lettres dorées à l'orichalque
Qui orneront le virtuel
D'une pierre de vocabulaire
Qui a défaut d'être éternelle
N'encombrera rien sur la terre
Le jour sournoisement m'affale
Par cette douceur attendue
Qui fait tant de bien dans le mal
Comme un oxymoron verrue
J'oublie en me creusant la tête
A l'affût de quelques conneries
Les pinces du crabe qui guette
Derrière mes vertèbres pourries
Je revendique le droit des fous
A taciturner la folie
A triturer l'espace mou
Dans lequel se contraint leur cri
J'envisage du téléphone
Le bouchon quittant le goulot
Des copains aux verrées gloutonnes
Au cœur des nuits gorgées de mots
Je m'entends sentencieux et con
Prêchant mon discours libertaire
flottant dans le fétide sans fond
Comme l'anneau détaché du ver
N'en gardant que la solitude
Comme le garde-fou du contraire
La mauvaise fois dès le prélude
Et l'amitié pour le sincère
Alors dans la nuit je débonde
J'écoute mon corps voyager
Et mon esprit se dévergonde
Puisqu'il n'a rien à expliquer
Pas de retenue de censure
Pas d'aile de pigeon de côté
Pour éviter les salissures
Qui jaillissent de ma liberté
Pas l'obscure clarté étrange
De la lanterne du passé
Ni l'horrible odeur de vidanges
Que donne les rêves dépassés
Je poursuis sans bruit mon voyage
En aspirant dans le silence
Un peu d'air de la fleur de l'âge
Qui parfume ma transhumance.
04 12 07
C'est comme une océan gris et froid de ciment
Qui cogne les rochers lucides de la grève
Le soc d'une charrue au corps du sentiment
Une réalité qui vient noyer les rêves
Un crachin vespéral qui brouillasse l'azur
Une pesanteur sombre qui appuie sur le dos
L'ivresse masochiste qui ouvre les blessures
La mort qui frissonne de ce froid dans le dos
C'est ton système à toi qui flingue les systèmes
Une idée essentielle ou renaît l'animal
Heurtant l'intelligence dans ce qu'elle a d'humaine
quand l'inhumanité intègre le normal
C'est la peu qui s'échappe et la folie qui gagne
Qui te prend par la main clamant sa vérité
Qui ne te lâche plus trop fidèle compagne
T'entraîne sur les cimes d'un pays désolé
C'est l'ennui qui s'absente derrière la porte close
Là où on ne sait plus qui a tort ou raison
Là où on aimerait que les ordures explosent
retombant en cascade pour enfouir les cons
C'est l'alcool noctambule qui prend de l'altitude
Et te fait explorer le puits de ta conscience
Le silence de l'autre qui dit ta solitude
Quand tu planes là-haut Contemplant la démence
C'est ce savoir malsain qui peint ta poésie
Mais qui ferme la porte à tant d'entendement
Une idée perspicace qui frôle la folie
Et que l'univers prêche par tous ses saignements
C'est l'amour qui talonne pour sortir de la crasse
Et c'est la liberté une liberté noire
Cette bulle qui remonte seule vers la surface
Et la lumière viendra sortie du désespoir. 07 08 07 58
A quoi bon la couleur les soleil les nuages
L'automne qui démarre sa saison de voyage
Depuis un mois déjà l'été a fait naufrage
Et maintenant l'hiver est en apprentissage
A quoi bo la douceur la chaleur de midi
Quand c'est dans le sous-sol que se cache la vie
Que le jour peu à peu se perd dans le gris
Que l'aube se fatigue a remplacer la nuit
Tout autour de mon île l'océan est plus dur
Et les vents sont plus forts pour gonfler la voilure
La nostalgie du temps chante les aventures
D'une jeunesse enfouie sous bien des déchirures
A peine un souffle d'air et trente ans sont passés
Une vague de rêves que je voudrais surfer
Cet endroit où se mêle avenir et passé
Toute la neige qui vient ne va rien effacer
Le gel va venir dans le mois de novembre
Déjà je le sens bien il fait froid dans la chambre
Le matin trouvera la braise sous la cendre
Dans la cour il ya encore des bûches à fendre
Qu'importe la météo puisque l'on est vivant
Et qu'en mars c'est sûr reviendra le printemps
Il suffit de savoir ce qui est important
Je ne suis pas pressé je veux durer longtemps
Changement de saisons
changement de bonheur
La nuit arrive
De bonne heure.
20 10 06
Même si je laisse hier tout ce qui est trop tard
Que les dés sont pipés je le sais par avance
Je saute dans la flaque au milieu du trottoir
Même les jours de pluies ensoleillent l'enfance
Alors je vois demain les traces dans la neige
Que la folie d'aimer laisse sur son chemin
Ce sont les notes d'un impossible solfège
qui ne se joue qu'à deux comme d'une seule main
Le soleil qui revient je le vois dans tes yeux
Mais je suis en retard de bien quarante piges
quand il me semblait être cet ado merveilleux
Et tous mes souvenirs n'en sont que des vestiges
Je me rêvais et j'aime à me rêver encore
Romantique et maudit dans la nuit solitaire
En poète debout face au vent dans l'aurore
Une fille avec moi sauvage libre et fière
Ça se soigne c'est sûr mais toujours je déjante
En humain parmi d'autres pauvre grain de poussière
Je vois un autre monde ici me désenchante
Alors je m'en fabrique un bel imaginaire
L'âge me ride de son fouet mais ne pénètre pas
La sève monte encore même dans le rude hiver
Ce serait le printemps mais je n'y pense pas
Quelquefois la jeunesse à des relents amers
Je me réchauffe des femmes qui s'offrent à mon regard
si berlles je me raconte des filles de mensonge
Quand le sommeil arrive je les suis sans retard
Qui viennent se promener dans l'espace des songes
Et combien seront-elles ces passantes à mes yeux
A me convier pour tant d'infaisables voyages
Je voudrais voir mes mains dans ce désir soyeux
Avec du pur amour sans filet ni trucage
Alors je laisse autant et je laisse toujours
La démence mener ma barque chimérique
Et je persiste à voir dans l'invisible autour
Des aventures chaudes rencontres utopiques
Je suis un maraudeur à l'affût du plaisir
Je fais don de tendresse et j'accepte l'offrande
D'un geste d'un regard ou d'un joli sourire
J'ai l'épargne secrète j'attends les dividendes
Je ne suis pas de ceux hésitant du tango
Myopes qui ne savent plus ni l'avant ni l'arrière
Le rêve c'est demain hier est dans les mots
Et le baiser final a les pieds sous la terre
Je ne suis pas de ceux croyant dans le miracle
Qu'un déluge annoncé laissera sains et saufs
Et tranquilles et légers contemplant la débâcle
Assis sur un gazon que le soleil réchauffe
L'âge creuse et ravine et burine la peau
Agit sur la tripaille et sur le palpitant
Il essore les muscles et fait tordre les os
Mourir jeune c'est fini je n'en ai plus le temps
Je berce d'illusions ma vieillesse à venir
D'une main virtuelle pour caresser les courbes
Je m'aide quelquefois d'une verrée de plaisir
Pour adoucir ma gorge parfumée par la tourbe
Mon âme est insatiable elle guette l'émotion
Que le désir allume parfois sur la pupille
D'une inconnue rêveuse dont la séduction
Écrira dans ma tête un poème fébrile
Je ne suis pas de ceux que la peur ratatine
Et qui bourre à ras bord de fric leurs édredons
Qui méprisent les gueux et cela me fascine
Rêvent de l'autre vie promise des religions
Je ne suis pas de ceux qui façonnent leur corps
En prenant pour modèle un dieu publicitaire
Et dont la chair pendouille dépourvue de ressort
Quand l'âge triomphant laisse s'en échapper l'air
Je ne suis pas de ceux qui en conquistador
choisissent sur catalogue des congés exotiques
Et pleurent pour une nuit dans un aéroport
Une grève bloquant leurs vacances idylliques
Je ne suis pas de ceux dont la seule ambition
Est celle de « m'as-tu vu » de petite envergure
Qui guette dans les temples de consommation
La marque qui d'un seul coup allonge la pointure
Notre monde est le même c'est le regard qui change
La solitude amie qui fait le sentiment
Et le ressentiment de la bêtise étrange
Qui nous prend par le cou pour un étranglement
Je suis cet amoureux permanent et perdu
Dans le bonheur suprême que crée la permanence
Un nostalgique amer des amours jamais eues
Un vagabond errant aux portes du silence
Et j'attends de demain une bouche pour la mienne
L' « ardence » du désir et la pulpe gonflée
La fraîcheur juvénile qui purifie l'haleine
Les lèvres sans scrupules qui s'offrent à baiser
Je ne suis pas de ceux sans amour ni haine
Formaté jusqu'au fond aveuglé jusqu'au sang
Dans le cruel des jours mon esprit se promène
Sens en éveil je vois je goûte j'écoute je sens
dormir dans des draps une femme à son côté
En se tournant le dos taciturnant le noir
Je me demande parfois où est la dignité
Une chambre lugubre ou un coin de trottoir
Je n'ai pas de sagesse la votre m'horripile
Je préfère la folie quand elle l'est à vos yeux
Aucun de vous ne peut aborder sur mon île
Elle est si jeune et belle et vous êtes si vieux
Dans le mensonge miroir vous vous voyez si grands
Que vous trouvez indigne le pauvre qui mendie
vous ne donnez alors qu'un regard méprisant
Et le miroir réel vous rend votre mépris
Je ne suis pas de ceux bloqués dans une case
Dont la pensée minus rebondit sur les murs
Leur revient dans la gueule les plie et les écrase
Fait gonfler leur orgueil et leur cache l'azur
De ceux qui s'agenouillent marquant leur soumission
A une vieille horreur bâtie de couardise
Pour y régénérer l'essence de leurs pulsions
Et semer la violence où le monde s'enlise
Je suis celui qui passe en se sachant passer
Je suis celui qui rêve de ta peau impossible
Les ailes étendues et la bouche fermée
Le sourire en dedans du regard impassible
Comme ce brouillard léger dans les arbres en lambeaux
Comme ces mots veloutés que je ne dirai plus
Comme l'appel au secours d'un monde qui fut beau
La lettre non écrite que j'ai pourtant reçue
Je suis celui qui met du printemps dans l'automne
Quand janvier au soleil craque dans la froidure
Quand le poil qui blanchit fait vieillir le bonhomme
quand son songe imagine l'été et l'aventure
Je suis cet ignorant dont le seul savoir
Se construit de désir et de désespérance
Le désir animal l'animal désespoir
Et l'amour par dessus pour grossir la souffrance
Dans le vent de l'hiver j'agglomère ce chaos
Adolescent encore debout dans ce poème
Et la nuit qui blanchit m'épargne de ces mots
Et je tais à jamais cette romance : Je t'aime.
16 01 09
J'ai vécu des instants aux confins de l'horreur
Dans une nuit entre le brouillard et la peur
Des instants ou mes rêves étaient de terminer
Ce chemin où l'amour m'avait abandonné
J'ai traîné derrière moi sur ce chemin de terre
Une besace lourde de joies et de misères
Je n'oublie rien pas même que je suis vivant
Que la mort peut venir dès le prochain tournant
Mais je ne suis pas seul et ce n'est plus l'enfer
Demain arrive pour atténuer d'hier
Les douleurs et les larmes et pour créer l'espoir
Et faire de tendresse ce soir et d'autres soirs
Mais je ne peux plus dire jamais
Mais je ne veux plus dire toujours
Et je ne veux plus
Parler d'amour.
02 07 1981
J'entends la chanson des champignons qui poussent
Les percussions de la pluie qui éclabousse
Le froissement léger des feuilles qui pourrissent
Le cri lent du granit le rire de mon fils
L'automne qui chuchote sa vie secrète et dense
Au ventre de la terre fourmillement intense
hirondelles parties vers la lointaine Afrique
L'écume bouillonnante de la côte Atlantique
On pourrait croire que le monde est en paix
Que la nature va sur son chemin parfait
Que rien ne peut perturber l'équilibre
Que l'amour existe que les hommes sont libres
La neige est vierge sans la trace d'un pas
Le ciel est pur l'avion ne le strie pas
Le chant du merle habille le silence
Le sourire d'une fille habille l'espérance
Un accord de guitare sur le feu qui crépite
La brise qui envoie l'averse sur les vitres
Une femme lovée dans la douceur du lit
La malice dans les yeux de l'enfant qui sourit
On pourrait croire que partout c'est pareil
que jamais rien n'arrête la course du soleil
Que les frontières ne sont pas inventées
Et que la guerre n'a jamais existé
Sur l'océan l'ouragan se prépare
Typhon cyclone qui frappent au hasard
Comme l'avalanche qui dévale l'adret
Et qui emporte les hommes et les chalets
Jusqu'où peut s'envoler mon rêve d'aventure
Plus haut que ce tuyau où brûle les ordures
Plus loin que les fumées qu'il crache vers les nues
Comme pour nous cacher un Éden perdu
On voudrait croire que le monde est en paix
Que la nature va sur son chemin parfait
Que rien ne peut perturber l'équilibre
Que l'amour existe que les hommes sont libres
25 10 05
Avec le ciel et ses nuages
Avec le vent avec ton âge
Avec l'oiseau qui vient chanter
Dans ton jardin sa liberté
Avec les fleurs avec les fruits
Avec le corps avec l'esprit
Avec la mer avec le sel
Avec le vin avec le miel
Avec l'enfance qui ne revient pas
L'adolescence qui ne s'en va pas
Avec les filles que tu as aimé
Sans rien leur dire juste rêvées
Avec maintenant comme hier
Avec le monde avec la terre
Avec les hommes malgré l'enfer
Pour que la paix balaie la guerre
cherche l'harmonie.
13 05 04
Le linge est craquant sur le fil
Le silence est blanc comme la neige
Sous la lune le sol scintille
comme les étoiles de mon rêve
On ira dans les pentes
Avec des luges et des skis
On fera des descentes
Des courses jusqu'à la nuit
Le froid est dans mes mains
Le gel est dans mes pieds
Au chaud je serais bien
Il est temps de rentrer
Le gros bonhomme glacé
A des yeux de charbon
Une carotte pour le nez
Et des dents en bouchons
L'hiver est arrivé
Les jours vont s'allonger
On va pouvoir glisser
On va bien s'amuser
24 12 05
Et puis elle est partie
Épuisée et finie
Sans pouvoir revenir
Que dans les souvenirs
Elle était douce et belle
Singulière et plurielle
Les nuits comme les jours
Elle se gavait d'amour
Parfois je le sens bien
elle tend encore sa main
vers ma paume ridée
Vers mon cœur fatigué
Dans le printemps parfois
Je crois entendre sa voix
chanter dans un murmure
Le goût de l'aventure
Je me prends à réver
De sublimes étés
D'un parfum de vacances
D'un refrain d'insouciance
D'une vie à construire
Un nouvel avenir
Je sais que c'est folie
Je sais qu'elle est partie
Parfois je le sens bien
Elle tend encore sa main...
23 06 07
Sans souci de l'impertinence
Je m'installe au cœur de la nuit
Pour transpercer les transparences
Dans les jeux de la poésie
J'écris ce qui me vient à l'âme
Depuis demain ou le passé
J'écris le sourire des femmes
Et leurs épaules dénudées
La fragilité de l'amour
Et la longueur de la vie
Parfois l'obscurité des jours
Parfois la langueur et l'ennui
Je voudrais rompre le silence
En faire des menus cristaux
Trancher le cou des apparences
Me défaire de mon air idiot
J'aimerais animer les débats
Des élections médiatisées
Faire avaler aux candidats
Du sérum de vérité
Les montrer à poil au vingt heures
Quand ils retiennent leurs proutes
voir sil leur talent d’esbroufeur
Résiste à leurs corps en déroute
J'écris le cul d'une voisine
Si la lune me fait du gringue
On peut croire que j'hallucine
Et même que je deviens dingue
L'albatros me donne ses ailes
Et la jeunesse sa folie
Je me promène dans le ciel
Sans jamais me bouger d'ici
Je fais des filles violoncelles
Dans mes visions surréalistes
Je chantonne les ritournelles
D'un vieux solitaire anarchiste
Je rêve que le pouvoir des mots
Peut à lui seul virer la crasse
Nous dépolluer le cerveau
Sortir la terre de la mélasse
Alors tout seul dans mon coin
Avec la nuit tout autour
Je pisse dans mon jardin
Et puis je dors jusqu'au jour
Bonjour...
15 10 06
Quelques minutes comme un luxe insensé
Ce temps qui file pour rien que pour rêver
Oublier les oublis et tout le reste
vivre dans l'harmonie du jour qui vient
Du soleil pâle habillant au lointain
En rose indien des nuages modestes
Quelques minutes arrachées au réel
Dans la couleur douce d'une aquarelle
durée tranquille d'une respiration
Juste se dire il fait beau on est bien
Dans l'air léger baladant des parfums
Attendre encore dans cette vibration
quelques minutes à s'ancrer dans le cœur
l'éternité d'un instant de bonheur
chercher le mots pour partager tout ça
Dire l'indicible le néant et la paix
tout le fragile de ce moment secret
Quelques minutes qui ne s'effaceront pas
Poser son cul sur le banc du jardin
Juste avant l'aube dans le frais du matin
Quelques minutes la musique du silence
Un peu de brume comme un paquet cadeau
De la lumière sur le chant des oiseaux
Un vent subtil qui fait la transparence.
06 07 05
Est-ce que c'était rue saint Michel
Ou bien rue de saint Malo
Cette nuit quand tombait du ciel
Des larmes tirées d'un piano
Qu'avait-on fait ce soir là
Il n'y avait que nous deux
Est-ce qu'on sortait du cinéma
Je crois que j'étais heureux
C'est toi qui a pris ma main
Sans réfléchir comme une enfant
Je ne pensais pas aux lendemains
Tu pleurais en souriant
Nous avons marché enlacés
Jusqu'à ton appartement
Et comme on n'était pas pressé
On a fait l'amour lentement
On a recommencé parfois
Sans se dire de mots inutiles
Pour le simple plaisir d'être là
Rêvant dans la nuit tranquille
Puis la vie nous a séparés
On a rangé les souvenirs
Quelquefois quand pointe l'été
J'aimerais bien y revenir
Peut-être bien rue saint Michel ?... 31 03 06
Après ces jours sans fond où j'ai mis à la voile
En mouillant ma chemise à souquer face au vent
Je vois surgir du gris un port pour une escale
Et la lumière du phare a le goût du printemps
Après toutes ces nuits ravagées de colère
De désespoir ancré du désenchantement
Je laisse enfin aller je glisse sur mon erre
Et la toile faseye lourde sur le gréement
Après l'écran tordu où je glisse mes notes
Une à une sur la vague qui charrie mes ordures
Des silences et des mots qui s'emberlificotent
Aveuglant la vigie en haut de la mâture
Je me laisse flotter et la brûlure du sel
Et le froid de la bise qui mord dans ma chair
S'habillent soudainement de la douceur du miel
sous un ciel chatoyant qui embellit la terre
qu'importe le mensonge s'il construit du plaisir
Et si le poil blanchit sous les assauts du temps
Si la mémoire ne garde qu'un éclat de rire
Et le soleil radieux du sourire d'un enfant
Si ce jour d'aujourd'hui ne compte que vingt-quatre heures
Même si ce provisoire se termine demain
L'éphémère de la valse suffit à mon bonheur
L'éternel de l'amour suffit à mon destin.
18 01 08
L'aurore est mélodieuse sur les bourgeons craintifs
Dans les branches presque nues que le vent fait frémir
Le soleil de l'hiver darde un rayon chétif
Sur le pinson transi et beau comme un sourire
Il y a dans le gel des brillances nacrées
Même dans le froid pâle des chaleurs insouciantes
Une grive m'observe depuis le cerisier
Un pigeon applaudit de ses ailes battantes
Je respire lentement le silence fleuri
Les grasses matinées d'une enfance tranquille
Une odeur de dimanche pour se sortir du lit
Au jardin où se montrent primevères et jonquilles
Ce n'est pas le printemps encore ce n'est pas lui
D'ailleurs l'azur clair est vide d'hirondelles
Et la lumière tarde à éloigner la nuit
A envoyer la brume se perdre dans le ciel
J'ai tant aimé le givre crissant dans les chemins
Au gré de mes balades solitaires et fécondes
De l'infini des rêves : sans jamais le mot fin
Immobile je poursuis mes pensées vagabondes
J'ai tant aimé la bise me cisaillant la chair
A me sentir vivant dans l'ivresse glacée
Comme l'oiseau passant de la mer à la terre
Le héron engourdi mulotant dans les pré
Mon fils regarde l'eau dévaler la colline
Emplis toi de la beauté pure de ce moment
La blancheur des cristaux que la clarté satine
La mélodie sereine qui baigne cet instant
Février aujourd'hui a des allures d'avril
Et le prunus habille de rose ses brindilles
Demain encore lointain apparaît comme une île
L'autre côté des nuits où les étoiles scintillent
Mon fils garde toujours le bonheur dérisoire
Et fugace de l'amour de ce morceau de temps
Cette fragile seconde d'éternel provisoire
Dans laquelle l'hiver sait rêver du printemps.
14 02 08
Dans les prisons touffues des épines acérées
Qui labourent la chair des blessures ouvertes
Dans le dur tintamarre des mensonges avérés
Qui inonde l'espace que l'amour déserte
Dans le monde qui ploie sous la fatalité
La folie de si peu qui suicide l'espoir
Dans ce zoo où l'humain joue la fraternité
Dans le ciel si bleu que ce bleu vire au noir
Dans les mots des discours où le vide résonne
Les lendemains heureux ne sont plus que des rêves
Dans le bel océan profond qu'on empoisonne
Il y a le reflet d'une planète qui crève
La prison est partout même dans un fauteuil
Dans la publicité aveuglant la lucarne
Dans l'œil borgne et froid de la rue qui t'accueille
Son objectif sec comme le sort qui s'acharne
La cage domestique qu'on te fait avaler
Tu le gardes tout seul pas besoin de serrure
Quand la consommation s'appelle liberté
Que la télévision s'appelle l'aventure...
Dans le souvenir sec comme dans le vent du soir
Dans la tristesse acide et dans le vin à boire
Je m'évade
Dans les morts venues dans la mort qui viendra
Dans les chagrins perdus et les confins des joies
Je m'évade
Dans la lumière bleue de l'aube ensoleillée
Le carmin frémissant d'un crépuscule d'été
Je m'évade
Dans le rêve serein d'un plus bel avenir
Les yeux de cet enfant et ses éclats de rire
Je m'évade
Dans le mutisme lourd des campagnes enneigées
Le crissement du pas sur la terre glacée
Je m'évade
Dans la brise flottante caressant l'horizon
L'ombre légère du soir qui ferme la maison
Je m'évade
Dans la vive lenteur des arbres et des pierres
Et le lourd sentiment des absences amères
Je m'évade
Dans l'incessant voyage de l'immobilité
Et le sourire sauvage du vent dans les nuées
Je m'évade
Dans la chair profonde des notes et des silences
La liberté des sources et dans la transparence
Je m'évade...
2009 ?
C'est une route déserte et nue
Un chemin qui va nulle part
Là où personne n'est attendu
Là où il n'y a rien à croire
Un joli sentier sentier sur la crête
Pour y dominer le néant
Défricher ses pensées secrètes
Dévaler les pentes du temps
C'est une route clandestine
que personne ne veut savoir
La mélancolie qui patine
Sur le vécu de son miroir
Pa l'ombre creuse de l'été
Où aiment s'abriter les bonheurs
Pas le creuset des amitiés
Dans lequel fondent les peurs
C'est une route noctambule
Trimballée au gré des hasards
Le fil ténu du funambule
Et la trouille du désespoir
C'est le lendemain qui vacille
Dans un présent sans horizon
Le passé qui met des guenilles
Pour habiller son abandon
C'est une route sans histoires
Dans le taciturne des nuits
Sans avenir et sans mémoire
Pas même celle des nostalgies
C'est ce petit chemin sordide
Sue lequel on existe plus
Où se crée la haine solide
Et le principe du refus
C'est une route...
29 01 08
Les amours égarées au gré de l'inconscience
Parmi les mots qui taisent les plus beaux des silences
Les souvenirs construits par les rêves présent
Cet assassin qui part avec l'adolescent
Les bonheurs incertains du vers dans la poème
Avec le rythme lourd des lettres qui vont et viennent
Comme des ventres collés qui vieillissent lentement
Comme le soleil d'hiver présage le printemps
Les tripes déchirées d'un avenir déçu
La nausée réprimée dans les boyaux tordus
Les nuages qui fondent dans le bleu de la mer
La chanson vagabonde qui traîne dans l'amer
La mémoire assiégée des passés qui s'arrangent
Ce qui ne sera plus et qui devient étrange
Avec ce sentiment de fin et d'être encore
Un bateau dérivant dans l'attente d'un port
Et ce repos absent sous le ciel de la nuit
Cet obscur agressif où se planque l'ennui
La mélodie glacée du râle dans les éponges
Ce vide de l'aurore où se planquent les songes
Comme le défilement des âmes arrachées
Livres si peu ouvert et déjà refermés
Et pourtant tant de cris dans la blancheur des pages
L'absence quelquefois fait durer les voyages
Avec ce poids poisseux qui poigne dans la chair
Qui tord les existences les demains les hier
La rivière qui défile son film au ralenti
On y pêche l'instant on y laisse la vie
Comme contemplant de loin l'horizon du rivage
L'horizon dont les murs ferment cet ermitage
Creusé dans les photos blêmes des espérances
La sirène épuisée du navire en partance
Dans la dilatation spatiale des aventures
comme la beauté du jour qui naît d'une blessure
L'imparfaite distance qui roule dans ce torrent
Où l'immobilité regarde passer le temps.
11 01 08
Noir en dessous noir en dessus
Noir en dehors noir en dedans
Noir alentour comme un refus
Noir comme désespérément
Fermé derrière fermé devant
Le silence comme une barrière
Le froid fermé toujours pesant
Mordant jusqu'au cœur de la chair
L'angoisse qui creuse son trou
Et qui refuse les voyages
Le rêve désarmé qui s'en fout
L'oppression qui fait des ravages
Pas d'horizon ni de nuances
La vue bloquée du quotidien
La blancheur qui avance
Jusqu'à la peur du matin
L'impossible oubli des souffrances
Qui tordent les muscles et les os
Et qui lardent les espérances
En piqûres froides du couteau
La mémoire marbrée du miroir
Qui se souvient d'un avenir
Que le temps passant peint en noir
Comme le revers d'un sourire
Noir en dessous noir en dessus
Noir en dehors Noir en dedans
Noir alentour comme un refus
Noir comme désespérément.
21 03 08
Je ne retiens qu'anecdotiques
L'amour infinitésimal
Le fou rire des nostalgiques
Histoires qui finissent mal
Ce goût de tourbe qui stationne
Dans le rêve doré des whiskys
J'ai le décodeur qui déconne
Je passe le cap de la nuit
J'ai la mémoire qui sature
De beaux mensonges encore trop verts
Et la jeunesse qui s'aventure
Dans les chants givrés de l'hiver
Je me bavarde en solitaire
des contes à s'asseoir debout
bourré pissant comme une gouttière
Saoulé d'un hermétisme mou
Je me concrète d'incrédible
En concrétions stalagtitantes
Qui donnent des nausées pénibles
Aux petits matins qui déchantent
J'ai la vieillesse qui voyage
vers des lointaines galaxies
Quand le jour revient j'ai mon âge
Au fumet des mélancolies
Alors j'arrache de demain
Le vin gâché des utopies
Judas préservé de copains
Je ne peux vendre que ma folie
Je m'ermite le choix est sincère
En saignant de l'âme et du cœur
Pour les amours que j'ai su taire
Pour y enfermer le malheur
J'espère voir éclater un signe
Le cul posé sur mon divan
Tout en tâchant de rester digne
Je lâche un pet tonitruant !
27 12 07
Le silence est d'or
Il ne vole pas
Je préfère les oiseaux qui pépient
Le silence c'est la mort
Il tombe au fond il est inerte
Le silence c'est le poids du malheur
Et de la solitude
Je préfère les oiseaux qui chantent
Ils sont légers ils dansent dans l'air
Des ballets insensés
Ils sifflent l'air de la liberté
Le silence me cloue au sol
Sa musique est sombre et monotone
Sa musique est bavarde et parle de folie
Je préfère la mandoline
Le oud la lyre et la conversation
Le silence est cotonneux et lourd comme la neige mouillée
Il s'ennuie dans les fonds
Dans les profonds de l'âme
Dans les poèmes abscons
Et dans les déchirures de l'amour
Je préfère les cris des enfants qui sont comme des oiseaux
Je préfère les oiseaux et la conversation
Je préfère m'envoler
Et pourtant je me tais
Chut...
04 12 04
Sentir le froid glacé du vent dans la tempête
Un cerveau congelé quelque part dans la tête
l'alcool seul pétrifié dans l'absence des nuits
L'aurore décolorée dans la brume endormie
Voir le temps s'étaler gluant comme une morve
Une boue molle et grasse fille au regard torve
Inquiétant et collant du vide déprimant
Sans l'éclat de malice des pupilles d'enfants
Découdre fil à fil le crêpe noir des mémoires
Voiler l'écran lucide et sombre du désespoir
N'accepter de folie que la folie du jour
Ce sourire tranquille qui ressemble à l'amour
Dégueuler le breuvage amer et solitaire
De la peur planquée jusqu'au fond des chimères
La musique tordue des sommeils incertains
L'obtuse logorrhée trompeuse du matin
Mais j'attends le printemps demain
Pour y planter mes pas pour y placer mes mains
Pour revenir de loin comme on vient de l'hiver
Pour y planter mes pas sur un chemin désert
De l'avenir qui vient moi j'attends le printemps demain
15 01 08
La pluie sur les vitres
Tape la mesure
Ça ne va pas trop vite
Ça ne cogne pas trop dur
La brise désarçonne
L'oiseau sur le fil
Ma chanson d'automne
Reste bien tranquille
Le soleil se montre
Entre les ondées
Je vais à sa rencontre
Je ne suis pas pressé
Je n'ai rien à foutre
Je suis un chômeur
J'ai l'œil dans la poutre
Une paille de bonheur
Je reste debout
je fais face au vent
J'aimerais j'avoue
Que ça dure longtemps
Ce petit tempo
Cette valse lente
A tout ce qu'il faut
Et cela m'enchante
La pluie sur les vitres
Qui marque le temps
Me fournit un titre
Pour une chanson
Je fais face au vent
J'aimerais j'avoue
Que ça dure longtemps... 19 10 06
La danseuse de tango
A le cœur argentin
Elle aime son macho
La guitare et les pleurs
avant arrière elle va
Jusqu'au petit matin
Elle accroche ses pas
A ceux de son danseur
Elle a le cœur vibrant
comme la corde qui sonne
Et le corps languissant
du temps qui s'abandonne
Elle n'a sur la peau que le noir du satin
Au creux du ventre le désir et le chagrin
La danseuse de tango
Glisse sur les tristesses
elle exulte et c'est chaud
La beauté de l'offrande
La danseuse de tango
Est gracieuse et lucide
Elle jette le pied haut
Et son sourire candide
Elle tourne et transpire
Au bras d'un hidalgo
Elle use du plaisir
Comme d'une arme terrible
Elle semble se plier
A ses caprices hautains
A lui faire oublier
que sans elle il n'y a rien
Elle n'a sur la peau que le noir du chagrin
Au creux du ventre la douceur du satin
La danseuse de tango
Mène l'homme où elle veut
elle bride la macho
Pour mieux le rendre heureux
26 01 04
Je la regarde quand elle passe
Quand elle sourit légèrement
Son regard embellit l'espace
Comme une averse de printemps
Je reste seul à la terrasse
Avec mes yeux d'adolescent
J'aimerais tant trouver ma place
dans sa vie même pour un instant
Je suis un morceau de silence
Que le hasard à posé là
Moins réel qu'un transparence
Un triste miroir sans éclats
Mais au profond de mes absences
Je rêve que je lui prends la main
Et qu'un nouveau chemin commence
Qu'elle fait partie de mon destin
Elle est mon but inaccessible
Je cherche les mots à lui donner
Tant de beauté est indicible
Tant de douceur est à pleurer
Je la regarde quand elle passe
Quand elle sourit légèrement
Son regard embellit l'espace
Comme une averse de printemps
Mais pour elle je n'existe pas
Je ne suis qu'un objet banal
Elle ne me voit pas je la vois
Elle est si belle que j'en ai mal.
29 08 07
Je voudrais vous raconter
Ce coin où je suis né
Où j'ai vécu l'enfance
Ce petit coin tranquille
Dans le cœur d'une ville
Mon temps de l'insouciance
Dans la maison en bois
qu'avait construit papa
C'était pas la richesse
Pour moi j'étais petit
C'était un paradis
Tout rempli de tendresse
C'était il y a longtemps
Avant que je sois grand
Dans les années cinquante
C'était toujours la fête
Quand un air de musette
Sortait du poste à lampes
Avec tous les copains
Les mômes des voisins
On jouait dans la rue
On n'emmerdait personne
Et sur le plan bagnoles
C'était pas la cohue
De nos grands yeux d'enfant
On admirait les grands
Qui avaient des mobylettes
Eux c'étaient des loubards
Des vrais des blousons noirs
Des héros dans nos têtes
Soixante et soixante-dix
Sont passés bien trop vite
Pour que vraiment j'y pense
Quatre-vingt est venu
Et puis tellement de plus
La nostalgie avance
Quand je vais à Montreuil
Je revois ce quartier
Bourré de souvenirs
si tout a bien changé
Pas l'ombre d'un regret
Ne voile mon sourire
Le passé est passé
J'ai quitté ce quartier
J'ai quitté mon enfance
Et mes mômes un beau jour
Penseront avec amour
A leur temps d'insouciance
08 02 1985 – 16 12 1992
J'ai connu un Montreuil qui n'existera plus
Le crottin des chevaux ramassé dans la rue
Les bateaux de papier courant les caniveaux
La bande de copains pour les courses en vélo
Les filles gentilles et douces pour quelques émotions
Des promesses non tenues des paniers de frissons
Des soleils d'amitié des flippers des billards
Et des soirées trop bues à tenir les comptoirs
J'ai construit des Corrèze chimériques et tranquilles
Des collines ondulantes pour entourer les villes
Des chemins dans les bois d'automne mordoré
Des amours au printemps fleuri des châtaigniers
J'ai bâti des enfances au ventre des étés
Des bonheurs insolents des filles aux cerisiers
Des veillées de silence des matins doux et clairs
Et des incandescence au toit des Monédières
J'ai vécu des Bretagne d'îles noyées de vent
Des féeries rougies aux feux de l'océan
Des endormissements de brumes et de pluies
Des journées bien trop courtes et des nuits de folie
J'ai ceinturé mes songes d'ajoncs et de genêts
Espace fleuri de lande profondeur de forêt
D'éternelles aventures échappées des chansons
De délices infinies perdues sur l'horizon
Il ne faut pas grand chose pour construire une vie
Des histoires et des rêves des jours suivant des nuits
Des souvenirs parfois ramenés par le vent
Pour que je sache encore que j'ai été enfant
Que j'ai pensé un monde qui serait sans frontières
Enfin débarrassé des horreurs et des guerres
Mais je n'ai rien trouvé de ce que j'imagine
Pas trouvé un pays où planter mes racines
Je n'ai rien vu passer je suis adolescent
Porté par le hasard j'ai filé dans le temps
Bien assez pour savoir que si elle est cruelle
Il faut bien peu de choses pour que la vie soit belle.
1995 ?
La nuit me balaie le visage
Comme le soleil de minuit
Elle me saoule bien davantage
Qu'une botte de radis
Cette nuit il fait bien clair
Pourtant c'est à peine midi
Un casse-croûte et un petit verre
Et ce sera reparti !
La grande Berthe me l'avais bien dit
Celle du fond du bout du fond
Ne bois pas cette saloperie
Ou tu vas devenir con
Tu vas faire comme moi après
Tu ne sauras plus ce que tu fais
Tu iras chercher du muguet
sur une plage en plein juillet
Tu pourras voir des voitures
Sur les quais dans le métro
Et semer sur tes brûlures
Quelques beaux plants d'artichaut
Tu arriverais à confondre
Le pape avec une putain
Et donner à son arrière train
Le dû du pauvre tapin
Prends pas ce truc au trichlo
Ça te donne mal à la tête
Tu crois que c'est rigolo
Que c'est mieux pour faire la fête
Mais pourquoi tu fais du vélo
Sur le képi de cet agent
Ça ne lui plaît pas de trop
Et tu pédales contre le vent
Arrête de tambouriner
Je te dis c'est pas un taxi
Et l'hôtel où on va t'amener
N'est pas l'hôtel du paradis
Fais gaffe ne pique pas les grilles
Pour en faire un barbecue
Déjà ce ne serait pas facile
Et ça ne leur plairait pas du tout
Demain si tu sors intact
Tu vas te mettre aux radis
Ça a beaucoup moins d'impact
Que cet alcool je te le dis
Tu n'est pas près d'être bourré
En buvant du jus de salsifis
Mais tu gardes ta liberté
Même si tout autant tu vomis
Mais tu auras des regrets
Et même de la nostalgie
De ces nuits de grand soleil
Où tu jouais avec ta vie
En oubliant les garde-fous
Et lorsque tu seras mort
Tu ne regretteras rien du tout !
1997
Il fait chaud il fera beau demain
C'est l'été qui crache son venin
Des jeunes filles nues prennent leur bain
Une autre mafflue montre ses seins
Vivement l'automne
Que je mange des pommes
Tout seul
Le sable sent l'huile et la sueur
Les touristes y trouvent leur bonheur
Les amoureux s'activent dans les fourrés
Les châteaux sont détruits par la marée
Vivement l'hiver
que je pêche des praires
Tout seul
Les campings débordent de graisse brûlée
Ça pue la friture et la diarrhée
Lest bagnoles écrasent les bas-côtés
Le garde-champêtre est débordé
Vivement le printemps
Que je cueille les fleurs des champs
Tout seul
Au café il y a des filles délurées
Qui se laissent facilement peloter
Le string à peine caché par la jupette
On y met la main sans qu'elles rouspètent
Y a que l'été
que je ne prends pas mon pied
Tout seul !
06 07 06
Avant de te connaître
Je croyais à la mort
Le ciel par la fenêtre
N'était plus qu'un décor
Je ne pouvais y voir
Que des étoiles éteintes
Comètes sans espoir
Ne laissant pas d'empreinte
Avant de te connaître
J'avais tout oublié
Je faisais semblant d'être
Enveloppe abandonnée
Je ne sentais plus rien
Ni désir ni douleur
J'allais sur le chemin
Sans malheur ni bonheur
J'étais sans impatience
Du sourire des femmes
Perdu dans le silence
Où je tenais mon âme
Je contemplais le vide
De l'avenir perdu
Je goûtais l'insipide
Et je m'y plongeais nu
Et puis tu m'as fait naître
Puisque je n'étais rien
Avant de te connaître
que tu me tendes la main
Dans le vert de tes yeux
J'ai vu le grand soleil
Disque d'or sur le bleu
Dont tu as peint mon ciel
Au désert de ma vie
Tu as semé des fleurs
Ton sourire a suffit
A réveiller mon cœur
Tu es ma source vive
Et ma liberté même
Ma chance mon estive
Je t'aime
22 09 07
Elle lui lance un regard
Bavard
Et lui
Ébahi imbécile
Ne voit que la beauté
La beauté sombre et bleue
De ses yeux
Plus tard
Pour s'endormir peut-être
Il verra tout le reste
Il verra tous les gestes
Il repensera
A la tête penchée sur l'épaule
Au visage posé sur la main
A la chair pulpeuse
La bouche entrouverte
Plus tard sera trop tard
Au sourire
Comme une lumière
Il aura encore un espoir
Puis le contraire
Plus tard
Perdu dans son regard
Trop tard.
27 07 08
Combien de temps faut-il
Des souvenirs tranquilles
Des frôlements secrets
Des regards discrets
Pour ce premier baiser
Cette peau caressée
Pour ces mots murmurés
Pour ces deux corps serrés
Combien de temps faut-il
Petits instants tranquilles
A voir main dans la main
Le soleil du matin
Et puis tant d'autres jours
A se dire toujours
A ne faire plus qu'un
A rêver le chemin
Combien de temps faut-il
Pour une vie tranquille
De chansons et de rires
Voir les enfants grandir
Pour ce petit matin
Sur le banc du jardin
Paisible et silencieux
Simplement être heureux
Combien de vies faut-il ?
12 07 08
Je ne comprends plus tes messages
Je ne sens plus tes vibrations
Je ne sais plus si tu es sage
Je ne sais plus qui a raison
tout ce passé qui m'appartient
Quand je me souviens de tes yeux
Comme cette pluie du matin
tombée de tes nuages bleus
Est-ce que tu sais ce que je veux ?
Je ne vais plus dans tes méandres
Je ne fouille plus tes silences
Je suis sans sourire à te rendre
Le présent est une indécence
Tout ce passé qui est le mien
Cette vie où rien ne s'agite
Mes lèvres posées sur ta main
Cette vie où je vais trop vite
Est-ce que je sais ce que je veux ?
Je déchire toutes les attaches
Puisque demain sera nouveau
Je ne sais plus où tu te caches
J'aimerais bien aller plus haut
Tout ce passé qui me revient
Comme un grand vide dans le cœur
Tu t'effaces de mon destin
Pourtant plus rien ne me fait peur
Est que je sais ce que je veux ?
Et si l'amour m'abandonne
Si je choisis la solitude
C'est tout le froid que tu me donnes
Pour l'avenir qui se dénude
Tout ce passé déjà lointain
A longer des tristes frontières
Qui m'accompagne vers un demain
Qui va ressembler à hier
Est-ce que je sais ce que je veux ?
Mais je ne veux pas te corrompre
Pas plus que te sacraliser
Il n'y a plus de lien à rompre
Plus rien ne peut nous détacher
Je choisis la route déserte
Parce que je n'ai pas trouvé mieux
Si ce chemin me déconcerte
Est-ce que je sais ce que je veux ?
(non daté)
Je cherche des pierres de patience
Pour construire mon bunker
Je les choisis soigneusement
Elles doivent préserver le silence
Qui règne dans le fond de la mer
Comme dans mon enfermement
Je n'ai pas de maître à penser
Je n'ai pas d'idole pas de dieu
J'attends sans hâte la vieillesse
J'ai une enfance dans le passé
Un grand soleil d'étés heureux
Et je me dis que rien ne presse
Je suis un moine contemplatif
Qui ne connaît pas de prières
Sinon des blagues pour rire à l'aise
Le diable et moi c'est kif-kif
Quand je rode dans la monastère
Où je veux vivre mon ascèse
Je suis un mystique ignoré
Un vieux messie sans foi ni loi
Je lève le jupon des blondes
Un irréligieux athée
J'ai même du mal à croire en moi
Sauf quand la bêtise débonde
J'ai vécu cent-mille vies
Dont quelques unes de bonnes
Celles que j'ai oubliées
J'ai eu des milliards d'amis
Excusez moi je déconne
Ce qu'il faut une poignée
J'ai travaillé bien longtemps
Pour autant de choses futiles
Que je suis bien fatigué
Est-ce qu'il me reste du temps
Pour enfin jouir de l'inutile
De nature et de liberté
Où vais-je trouver un désert
Une terre que le vent dénude
Pour y installer la paix
J'y inventerais des pierres
Pour protéger ma solitude
Je vous y inviterais
Mais mon pas se fait si lourd...
02 08 06
Elle est douce elle file dans nos mains
Comme les traits blancs des autoroutes
Ces lueurs dans le lointain
Entre le ciel et le doute
Elle est comme une frontière
Une rupture dans le temps
Entre demain et hier
Comme l'avenir au présent
Elle est ce que l'on veut en faire
Du plaisir ou du malheur
Le paradis ou l'enfer
Elle ne dure que quelques heures
Elle est à toi maintenant
Sans limite et sans profondeur
Fraîche comme un coup de vent
Parfumée comme les fleurs
Insaisissable et magique
Elle peut te faire voyager
Sur des ondes de musique
Surfant sur la voie lactée
Elle vient tout doucement
Et s'insinue dans les regards
S'immisce dans les sentiments
Et fait naître les brouillards
C'est une porte vers la liberté
Un sas avant la plénitude
Une tristesse désarmée
Le secret de la solitude
Elle a tout ce qu'il faut pour plaire
Même si elle peut faire peur aussi
Avec sa curieuse lumière
Ce silence qui s'épaissit
Elle est ma compagne fidèle
Elle guide ma main quand j'écris
Elle est une fée si belle
Qui peut allonger la vie
Elle est vive comme un torrent
Immobile comme l'attente
Blanche comme le gel craquant
Ou sombre et désespérante
Elle te passe de l'autre côté
Mais c'est toi qui avance toujours
Elle revient pour nous reposer
On voudrait qu'elle soit l'amour
Elle va de soleil en soleil
Elle nous montre l'univers
Des myriades de points pareils
Au grain de sable du désert
Je l'aime livide sous la lune
Je l'aime noir comme l'oubli
Je l'aime légère comme une brume
Je l'aime sombre comme un puits
Elle est la promesse du jour
Elle est le désir du lit
Elle est tout cet espace autour
Qui fait ressentir l'infini
La nuit
17 10 04
Tu es ivre de son regard clair
Tu n'as plus besoin d'autre chose
Que le satiné de sa chair
C'est ce que la vie te propose
Qu'importe les heures et les jours
Et la mélodie du silence
La rivière du temps qui courre
Sur son éternité immense
Rien que sa peau contre ta peau
Te suffit pour que tu découvres
Sa transparence comme de l'eau
Derrière la fenêtre qui s'ouvre
Elle devient ton alcool tranquille
L'aube de ton jardin des délices
Ton utopie de l'an dix-mille
Ton addiction sans artifice
Elle joue sur ton corps des arpèges
Comme sur les cordes d'une guitare
Tu fais parti de son solfège
Sur la portée où elle t'égare
Et si elle part sur le vent
Vers des ailleurs où tu n'es pas
Des paysages différents
Ton amour ne la quitte pas
Alors tu la serres dans tes bras
tu laisses tes mains se promener
Quand elle s'allonge près de toi
Avec l'envie de voyager. 22 10 08
Tu peux sans t'en rendre compte
Sauter tous les ruisseaux
Tu es si près de la source
Tu écoute ce que raconte
Le son cristallin de l'eau
Qui sans fin poursuit sa course
Même si c'est un torrent
Et qu'il cascade parfois
Tu te plais dans ces jeux fous
Comme tu joues avec le vent
S'il te malmène quelquefois
T'entraîne dans ses remous
Mais la rivière s'élargit
il faut apprendre à nager
Ou remonter sur la berge
Ce tumulte c'est la vie
Ce souffle la liberté
Qui inonde tes vingt berges
Plus tard et plus large encore
Il te faut chercher des ponts
Pour poursuivre le voyage
Le fleuve change le décor
Et s'il approche l'horizon
Il alourdit le bagage
Et si tu me tends la main
Est-ce que je pourrais franchir
D'un bond cette éternité
Quand j'arriverai demain
En dépit de mes désirs
A l'océan redouté
Quand seront loin les tempêtes
Les folies les ouragans
tous les ponts seront trop courts
Quand seront mortes les fêtes
Les jours de déchaînement
Il n'y aura plus d'amour
Laisse aller à la jeunesse
Le sang vif du ruisseau
Tu es si près de la source
Ne te soucie pas que cesse
Un jour de couler le flot
Quand j'aurai fini ma course.
10 11 08
Le vent dessine dans les nuages
Des vraisemblances chimérique
Des géographies des voyages
Et des émotions poétiques
La beauté d'une déchirure
Le gris qui s'ouvre sur le bleu
Je lis dans les effilochures
La tendre lumière de tes yeux
Je suis assis comme au spectacle
L'âme dans les rêves ancrée
Pour y déchiffrer les oracles
Météo de la destinée
Je vois la jeunesse dans mon âge
Des fleurs rouges épanouies
Le désir au cœur du présage
Comme l'espoir dans la folie
Et puis la nuit mange le ciel
Étale l'obscur sur la toile
Et dans ce noir artificiel
Elle allume quelques étoiles
Je me satisfais de bien peu
A peine une vision fugace
L'effleurement sur mes cheveux
Un geste pur comme une audace
Que m'importe les transparences
La lune visible sur l'azur
La peur jusqu'au fond du silence
Le songe noyé sur ta cambrure
Ce n'est rien d'autre qu'un nuage
Que le vent vient effilocher
Qui m'entraîne dans ce voyage
Que stoppe la réalité.
11 07 09
Il reste là sans rien attendre
Ne lui demande pas qui il est
Sa réponse pourrait te surprendre
Si par hasard il répondait
C'est un beau vieux aux cheveux gris
Au sourire dans les yeux brillants
La clope au bec les dents jaunies
La peau tannée par les ans
Son visage creusé de ravins
Est couvert d'une barbe frisée
Il tient sa canne dans une main
L'autre sur un genou posée
Il me regarde sans me voir
Ne répond pas à mon bonjour
Il va resté là jusqu'au soir
Assis sur ce banc dans la cour
Ça fait bien longtemps qu'il habite
Ce vieil immeuble de Paris
Personne ne lui rend visite
Personne ne sait comment il vit
C'est un vagabond du dedans
Je le vois chaque matin
Venir se poser sur le banc
Sa canne tordue à la main
Je persiste à le saluer
Et il persiste à me sourire
Sans cesser de voyager
Son passé est son avenir
Un jour il ne sortira pas
La cour restera déserte
Je crois qu'il me manquera
Que je souffrirai de sa perte
Il reste là sans rien attendre
Je ne lui demande rien...
11 09 06
Il faudrait l'éloquence froide et mordorée
De cette feuille qui tombe dans son dernier silence
Et qui rougeoie un peu sur le fond délavé
Du ciel bleu et tremblant et de sa transparence
La musique du vent soufflant aux branches nues
L'appel d'un corbeau sur le matin tranquille
A peine ce nuage qui traverse les nues
Et me met dans la tête quelques idées puériles
Sans sa beauté lugubre l'automne ne vaut rien
Le soleil est trop vif d'une gaîté étrange
Sa lumière trop pâle étouffe les chagrins
Et la douceur du spleen n'aime pas ce mélange
Les reflets de la lune viennent astiquer le sol
blanchissent le gazon des pelouses séchées
La buse sur le poteau guette le campagnol
Le crépuscule voit l'horizon s'embraser
Il manque quelque chose qui ne sait dire son nom
Un poids peut-être bien une lourdeur grise
La noirceur des brouillards dessus comme un plafond
Les embruns quelquefois transportés par la bise
Dans mes veines palpite ce printemps décalé
Les lézards sortent encore paresser sur les pierres
Le chrysanthème en fleur voit l'abeille butiner
Pour dire cette splendeur trompeuse de la terre
Il faudrait l'éloquence...
15 10 09
A peine léger comme une brume
Comme la feuille décrochée
Un fragment de temps que parfume
Ce bout de rêve ensommeillé
Je n'ose pas ouvrir les yeux
Je ne veux pas me réveiller
Je plane sur le sourire bleu
De ce matin ensoleillé
L'étoile brille dans ma nuit
comme la lumière de l'été
Le froid s'esbigne dans l'oubli
Ta peau est chaude et veloutée
Je n'ai plus ni âge ni poids
Je ne crains pas de me noyer
Je m'agrippe de tous mes doigts
A tes seins comme à des bouées
Mais il est temps je le sais bien
Que je dégage du plumard
L'automne souffle un vent malsain
Et la douceur du songe m'égare
Je dois retrouver le réel
La rouille qui fait grincer les os
Quitter le bonheur virtuel
De ma peau tout contre ta peau
A peine ce soupçon de vent
Déjà ton corps s'est échappé
Dans l'air sourire évanescent
Petit plaisir pour la journée
Ce bout de rêve ensommeillé. 05 10 05 96
L'amour désarticule le sang de l'éphémère
Le précipice ouvert sous le fil aveuglé
Puits profond de silence
Et parfois je me vois mendier dans le désert
Parfois je rêve encore de cette éternité
Comme d'une innocence
Il peut pleuvoir comme le vent peut souffler très fort
Un fragment d'azur clair peut déchirer le gis
Venir même le printemps
Parfois mes jambes sont lourdes je regarde dehors
Sans trouver de courage même au cœur de la nuit
Quand l'escalier descend
L'amour même la haine me deviennent étrangers
Je flotte au gré de l'air parfois dans une bulle
Et je suis libre enfin
Dans le poison cruel de cette liberté
Le tranchant du rasoir sous mon pas funambule
Comme unique chemin
Le poids de l'or me ploie sous sa charge imposante
Je fermerai ma gueule un de ces jours prochains
Lorsque tout sera dit
Jamais je n'ai écrit de chansons qui se chantent
si parfois j'ai voulu m'y noyer mes frangins
Des torrents de whisky
Je laisserai pourtant ces délires gravés
Des poussières de cagnard avant l'heure des moustiques
Des soleils qui se lèvent
quelques étoiles filantes dans le ciel d'un été
Des concrétions amères qui se voulaient musique
Les mots pillant les rêves
Parfois le blanc nacré sur des routes lointaines
Un copain mâchonnant une baguette en béton
Et tant d'autre voyage
Des navire sauvés d'un port en quarantaine
Sur la mer givrée d'une autoroute sans fond
L'aventure en bagage
Je suis né immobile depuis je vagabonde
Et je refais des pas tant de fois déjà faits
Qui ne se refont pas
chaque instant m'est précieux tant que je suis au monde
Ma mémoire est un gouffre qui se gonfle de laid
Et de beau quelquefois
Je n'oublie jamais rien je m'arrange et je passe
Je fais des analyses dans mon laboratoire
Je triche un peu parfois
Je lâche l'animal si l'animal me lasse
Je tangue vers l'obscur j'y devine un espoir
Dans le cœur lourd et froid
Hambourg Copenhague Vienne Bratislava
Satu-Mare Bercu Dunkerque Rotterdam
Quand parfois j'y reviens
Ultime vagabond qui traînaille par là
Tant de temps qui s'écoule où s'écoule mon âme
Quand il n'y a plus rien
J'étends mes jambes maigres au cygne qui décolle
Avec mes pieds puants trempant dans le Neckar
Sous la pluie germanique
Parfois je laisse au fond un peu de cet alcool
Cette chair de houblon que l'on boit jusque tard
Un bière utopique
Je naufrage parfois d'un sombre désespoir
Je laisse dériver ma barque sur mon ire
Et je vais jusqu'au bout
Le matin me réveille arpégé de guitare
Et de cernes bleuis allégés d'un sourire
La sagesse du fou
Je suis d'os et de peau et de ce sang impur
Qu'on apprend aux gamins qui s'en font une idée
Pourtant je reste intact
Rien de rien en ce monde dont je puisse être sûr
Que la mort qui m'attend à cette extrémité
Et qui manque de tact
Je n'oublie rien jamais et je souris encore
L'out back violet de l'été en décembre
Où je n'irai jamais
La méditerranée si nue de l'autre bord
Hamid de Kabylie a cessé de m'attendre
Au bled à Michelet
Michèle me tient la main souvent quand je transpire
Elle reste avec moi elle me donne des mots
Comme des enfants heureux
Quand je me couche alors le désert se retire
Et si je sens parfois un souffle sur mon dos
J'en prends assez pour deux
L'amour me condamne perpétuité infime
a la saveur du jour demain qui se prépare
A me noyer encore
A la douceur du grain aux fragrances intimes
Et aux navigations obscures et sans radar
Pour repousser les ports
Le facteur est passé du mot épistolaire
Tenant son pistolet à factures braqué
Dans ma boite crânienne
Je sème à la tempête des jeux de solitaire
Cette lettre nouvelle qui n'est pas arrivée
Est-ce la pénultième
Tout ce temps échappé fuyant d'une blessure
Pour encore une aurore et une aurore parfois
Respirant l'avenir
Le surf sur les lames frôlant la déchirure
Et les chevaux d'embruns galopant sous le toit
Je les entends hennir
Et des visages lampes et du son de vos voix
J'éclaire consciemment jusqu'au fond de mon cœur
Une onde familière
Un rire de guitare me surprend quelquefois
Un hoquet ferraillant qui ressemble au bonheur
Le sang de l'éphémère.
02 08 08
Ce miroir fendillé renvoie surtout mes rides
Il confond le futur et le conditionnel
Mais le « si » qu'il me joue s'agace devant le vide
C'est le poids de ce rien qui fait trembler mon ciel
Il ramène l'imparfait avec ses auxiliaires
Les images transies d'un temps aléatoire
La blessure d'un soleil qui se cachait hier
Qu'une goutte de pluie ranime à la mémoire
Des images de mots en noir sur le fond blanc
La fougue de ce torrent en presque automatique
Qui roule dans ses galets les morts et les vivants
L'avenir qui s'en fout le passé qui claudique
C'est derrière que ça joue en mineur bien souvent
En septième quelquefois pour blueser le plaisir
Et le majeur tendu pour voir d'où vient le vent
Qui grave sur l'écran l'infime du souvenir
Ce fleuve me réfléchit parfois un flot d'insultes
Un barrage de remords contient l'impétueux
Jusqu'à ce que l'oubli apaise le tumulte
Semant dans la musique des soupirs pernicieux
Même l'imaginaire quand je suis sur le pont
Envoie sur le tableau sa lumière rasante
Il creuse des ravins même dans les chansons
Il grésille jusqu'aux croches les plus insignifiantes
Maintenant je regarde le passé immédiat
Les yeux de l'avenir avalés par les cernes
Une lumière noire envoyant ses éclats
Dans mon dos loin derrière où je tiens la lanterne
Demain n'existe pas sinon au creux des songes
Et le passé n'est simple qu'à ne pas y penser
L'avant qui nous soutient si le présent nous ronge
Comme une météo de la réalité
Lecteur pointilleux je déchiffre les signes
Que mon cerveau envoie par mes doigts engourdis
S'afficher sur l'écran et même entre les lignes
Je vois se resserrer celles du fendillement
Alors laissant aller je cataracte encore
Contemplant ébahi dans ce fatras de mots
Ma jeunesse qui se terre au fond de ce décor
Et se souvient d'un monde où demain sera beau.
28 06 07
Que de temps qui passe à ne penser à rien
Suspendu dans le vide comme un triste pantin
A regarder dans l'invisible et dans l'absence
A piétiner dans le néant et le silence
Que de moments figés dans une gélatine
La transparence molle d'un ennui qui s'obstine
A ouvrir les yeux sur le gris du matin
Au seuil d'une journée longue comme un chagrin
Trop de désirs manquants pour que le soleil vienne
Que le chant des oiseaux me tire et me retienne
Tant d'obstacles à sauter quand je me sens perdu
Sans force dans le pied pour me botter le cul !
19 06 06
Tant de nuits tant de jours qui passent
Et les gestes d'amour s'encrassent
S'éloignent les soleils les étoiles
Vient le goût du sommeil dans la toile
Dans les toiles
La toile blanche du jour ou de la nuit
Où sont les traces d'amour où sont-elles parties
On dit que c'est tendresse cet ennui
Avant j'aimais tes fesses et la vie
Et la vie
J'aimais être dans toi et courir
théâtre et cinéma le plaisir
Profiter te ta peau me nicher
Tout ce doux et ce chaud embrasé
Exacerbé
C'est fini le temps du tango bien ralenti
On a perdu le tempo on a vieilli
Bientôt sera le moment de tout fermer
Pour moi maîtresse pour toi amant fini de rêver
Fini de rêver
Tu reviendras contre moi est-il trop tard
Y a t'il d'autres émois d'autres espoirs
Autre chose à vivre pour nous Rien que deux
Oublier brouillards et remous être heureux
Être heureux
Tomorow is another day c'est ce qu'on dit
Ça fait du bien au oreilles C'est joli
Je ne pas te dire je t'aime ou chérie
Je ne veux pas te faire la peine d'une menterie
Tant de jours tant de nuits
Vient le goût du sommeil...
19 12 04
Bien sûr je prends toujours
Quelques gestes d'amour
Que parfois tu me donnes
Ce sont des faux semblants
Exempts de sentiment
Juste un ersatz en somme
J'y trouve l'apaisement
La fin de ces tourments
Qui maltraitent mon corps
Ce n'est pas une offrande
Rien qu'une affaire de glandes
Qui cesse après la mort
Fini les barricades
Les sombres engueulades
Quand je n'en pouvais plus
Que je hurlais de rage
Tu faisais ton bagage
Puis on n'en parlait plus
J'étais dans le malheur
Vivants sur mes douleurs
Nié solitaire et fou
Mais tu vois le temps passe
Et les chagrins s'effacent
Ce temps là je m'en fous
Les mois et les années
Et les heures ont filé
Voyage sans retour
Emmenant les souffrances
Et la désespérance
Et détruisant l'amour
Je n'ai pas cette tristesse
Ni ce mal que laisse
Les anciennes blessures
Je n'ai pas de colère
Je ne suis pas amer
Je suis sans déchirure
Mais maintenant tu vois
Tu fais n'importe quoi
Et je ne dis plus rien
Tu restes dans ma vie
Mais pas dans mes soucis
Plus dans mes lendemains
Tu fais comme tu veux
Ou bien comme tu peux
Je ne sais rien y faire
C'est dommage mais tu vois
Aujourd'hui chaque pas
Que tu fais m'indiffère
Ce qu'il faut de duperies
Ce tas d'hypocrisies
Je les ai balayé
Je vis au jour le jour
Et ce désert autour
Je me sens libéré
C'est curieux quand j'y pense
De sortir sans souffrance
D'un naufrage pareil
Et d'aimer en silence
La belle indifférence
Qui devient mon soleil.
(non daté)
Salut vieux crabe salut beau prince
C'est la camarde qui tient tes pinces
Je viens t'écrire une chanson
avant que tu aspires mes poumons
Que tu viennes bousiller mon foie
Mon œil ma langue mes pieds mes doigts
Que tu t'en prennes à mon colon
A mon cerveau ou mon menton
Que j'ai des ganglions qui poussent
Et des tumeurs comme cette mousse
Qui vient sur les troncs d'arbres au nord
Du côté froid du côté mort
Tu joues mais ce n'est pas marrant
Puisqu'on perd la plupart du temps
Même si on perd dès la naissance
Même si c'est perdu d'avance
Je dois dire qu'on est pas pressé
De voir la ligne d'arrivée
Les sprinters c'est bien en vélo
Avec toi c'est moins rigolo
Qu'est-ce que tu attends pour y passer
Tes stases ne peuvent pas t'infecter
Tu es caché au fond de nous
Sûr de ne pas rater ton coup
Tu es dans l'eau tu es dans l'air
Tu fais du paradis l'enfer
Tu es dans la chair et le sang
tu vas jusqu'au cœur des enfants
Moi je sais bien que tu es là
Tu ris quand je me moque de toi
Tu es sûr de tous tes calculs
Tu affûtes tes mandibules
OUI je sais bien que tu es là
Peut-être bien que tu m'auras
Peut-être bien que je mourrais
Et qu'avec toi je partirais
En attendant je suis vivant
Et si je n'en ai plus pour longtemps
Il me reste un filet de voix
Assez pour t'écrire tout ça
Salut vieux crabe salut beau prince
C'est la camarde qui tient tes pinces
Moi c'est l'amour qui me tient debout
Tant que j'en aurais Tu ne m'auras pas !
15 11 04
Je ne veux pas des avions
Ni des trains à grande vitesse
Je suis bien à la maison
A profiter de ma paresse
Après quoi courent tous ces gens
Que je vois sur les trottoirs
Ou qui forment ce serpent
Qui bouche le boulevard
A quoi bon courir tout le temps
Passer sa vie au boulot
Courir est bien trop fatiguant
La mort viendra bien assez tôt
C'est si bon de ne rien faire
Que d'aller se promener
Les pieds bien posés sur terre
Et ses parfums dans le nez
A quoi ça sert d'aller vite
Ne rien voir de la beauté
Dans ce monde où tout s'agite
On ne peut plus respirer !
Je ne veux pas des avions
Ni des trains à grande vitesse
Je suis bien à la maison
A profiter de ma paresse.
Solitaire je bois de l'alcool mou
J'attends
D'une improbable espérance
Faut-i croire que je suis fou ?
Qu'y a t'il derrière le silence ?
Sinon moi
Mes broches font du yo-yo
Mon estomac se révulse
C'est dans mon sang
Ça pulse
C'est ma vie
Ça n'interdit pas le sourire
Ni l'amitié même l'amour
Je pourrais même mourir de rire
Mais ce n'est pas mon jour
Ce sois je bois de l'alcool mou.
09 09 06
Dans cinq minutes ou demain
Sans rien dire ni préparer
Sans bagage ni destin
Que l'envie de respirer
Sans rien oublier d'avant
Et sans rien savoir d'après
Pour profiter d'un instant
Pour n'avoir pas de regrets
Laisser derrière moi les doutes
Préférer le cri du vent
Se laisser faire par la route
Ne pas se soucier du temps
Je suis prêt pour le départ
Je suis paré pour aventure
Puisqu'on est là par hasard
Et que jamais rien ne dure
La vie est une plaisanterie
De bon ou de mauvais goût
On peut la rire à l'envie
Ou la vomir de dégoût
Je vous emmène avec moi
On démarre quand vous voulez
Et puis si on reste là
On a le droit de rêver
Je suis prêt pour une autre vie
Pour toutes les espérances
Toutes les couleurs tous les pays
Tous les bonheurs toutes les chances
Dans cinq minutes ou demain...
25 07 05
La folie est dans la conscience
Où elle joue un accord majeur
Et la sagesse dans le silence
Dans le froid où fanent les fleurs
Et ma main sait rester immobile et secrètes
Quand tu tends cette chair qu'elle ne peut plus toucher
Et les rêves sont vains dans cette nuit abstraite
Et mon âme sous le poids plie sans rien oublier
C'est en mineur que vient vibrer l'accord
Et jusqu'à l'infini s'étend sa résonance
Et l'atroce folie qui sépare nos corps
Prolonge le chant maudit de la désespérance.
05 11 06
Le vert est teinté de froid
Il se recroqueville dans l'aube
Même si l'automne n'est pas là
L'été se confit dans la daube
La brume baigne le matin
L'hiver déjà joue son prélude
Et lje marche sur ce chemin
Dans le vent de la solitude
Bientôt seront entre les murs
Les artifices des guirlandes
Trouées dans le néants obscur
D'un longue nuit de contrebande
Et la lumière va gagner
Une autre bousillera mon cœur
Et le printemps va arriver
Comme une fille qui me fait peur
Le mal succède à la douleur
Et la douleur suit le plaisir
Comme pour un enfant les pleurs
Sombrent dans un éclat de rire
Je n'ai qu'une idée du bonheur
Elle te ressemble aujourd'hui
Je n'ai qu'une idée du malheur
Quand le jour part revient la nuit
Tourne la valse des amours
Qui jamais ne durent
Mais aux nuits alternent les jours
La vie naît de cette blessure.
05 09 06
Sans être nyctalope pourtant
J'ai eu des nocturnes errances
Entre ivresse et désespérance
Qui me reviennent maintenant
Désincarnées et incertaines
Mais encore lugubres et noires
Et je m'y vois comme au miroir
L'image nette bien que lointaine
Chacun de nous la multitude
Lisant l'avenir dans la bière
Encore des demains comme hier
L'âme percluse de solitude
Bien tristes nuits quand j'y repense
Tant de fatigues engrangées
Je m'y vois comme un étranger
Dans ces fermées de l'absence
Mais rien ne cogne et rien ne blesse
A resurgir de ces histoires
Qui titubent sur les trottoirs
Avec un parfum de jeunesse
Je m'avoue parfois des regrets
Qu'avec l'âge l'on s'assagisse
De la mort je vois les prémisses
Est-ce bien elle que l'on cherchait
Quand la folie guidait mes pas
J'avais une chanson aux lèvres
Et cette perpétuelle fièvre
Qui me jetait dans des combats
Alors l'étranger quelquefois
Que je croise dans les souvenirs
Me fait signe de revenir
J'y vais mais je ne bouge pas ! 03 11 0921/02/21
Quand je sors de ce film
-J'y tiens le premier rôle-
Je me perds quelquefois
Dans la réalité
La lumière qui décline
L'aube qui ralentit
La beauté
Qui s'évade vers d'autres horizons
La jeunesse éternelle
Illusion
Un petit pas idiot vers demain
Dérisoire
Une poignée de remords ramassés
Pour l'insensé d'un geste
Hasardé par mégarde
D'un rêve sans contrôle
Quand je sors de ce film
Je laisse les mensonges
Je me retrouve usé
Avec cette fatigue
Et l'âge qui avance
L'avenir exigu
Et le soleil quand même
Pâle et bas de janvier.
25 01 09
Un chien à lunettes
Mange une gaufrette
Couché dans la cour
Assis dans une yourte
Le canard mongol
Joue du violoncelle
Une institutrice
Écrit au tableau
Ce poème idiot
Un chien à lunettes
Assis dans une yourte
Écrit au tableau
Une institutrice
Couchée dans la cour
Joue du violoncelle
Ce poème idiot
Le canard mongol
Mange une gaufrette
Un chien à lunettes
Écrit au tableau
Une institutrice
Le canard mongol
COUCHÉ dans la cour
Ce poème idiot
Joue du VIOLONCELLE
Mange une gaufrette
Assis dans une yourte
Un chien à gaufrettes
Assis au tableau
Écrit le canard
Une institutrice
Mange des lunettes
Idiot dans une yourte
Violoncelle couché
Mongol dans la cour
joue ce poème !
17 09 08
Mourir d'une savonnette au pied d'un lavabo Une belle glissade et un manque de pot Provoquant dans la chute une inondation Jusque dans les éponges il y a des morts plus cons
Mourir dans le sommeil au bout des lassitudes Dans le creux frais d'un rêve presque en béatitude Ou mourir au réveil contemplant le plafond Le regard bientôt vite il y a des morts plus cons
Mourir en se noyant au fond d'une bouteille Pour avoir cru y voir se cacher des merveilles Avant d'être aspiré par le cul du flacon Et n'en pas revenir il y a des morts plus cons
Mourir à la sauvette bien planqué dans le noir sous un tas de carton couché sur le trottoir par une nuit d'hiver et de triste abandon Tué d'indifférence il y a des morts plus cons
Mourir dans une baignoire d'aucun ont essayé La baguette magique de l'électricité Le chaud et froid banal pour une hydrocution Ou les doigts dans la prise il y a des morts plus cons
Mourir par manque de bol alimentaire coincé rempli jusqu'au oreilles parfaitement gavé Bloqué en plein milieu de la déglutition Sans pouvoir respirer il y a des morts plus cons
Mourir aux cabinets d'un prout exceptionnel A consteller les murs des éclats de shrapnel Et puis qu'enfin les gaz fassent péter la maison Dans un feu d'artifesses il ya des morts plus cons
Mourir au garde à vous saluant le drapeau La mitraille ennemie envoyant ses pruneaux
De ce petit trou rouge en plein milieu du front |
De ce petit trou rouge en plein milieu du front Le doigt sur la gâchette il y a des morts plus cons
Mourir ratatiné bouffé de métastases Mourir de ce virus ramené d'une extase D'un rhume mal placé d'une maladie sans nom Ou d'un cœur fatigué il ya des morts plus cons
Mourir avec un flic assis sur la poitrine Un de ces abrutis de la race porcine Qui n'a pour seule cervelle qu'un ordre de mission Et le sens du devoir il y a des morts plus cons
Mourir en promenade dans la nature complice Et faire ce pas de trop au bord du précipice Pour après des années transformé en glaçon sourdre au pied d'un glacier il y a des morts plus cons
Mourir de son vivant avalé par la faim Vidé de choléra et voir venir la fin Comme une banalité sans poser de questions Simplement étonné il y a des morts plus cons
Mourir dans la tempête d'un arbre fatigué qui choisit notre tête pour venir se coucher Et finir écrasé le pif dans le gazon comme une fleur fanée il y a des morts plus cons
Mourir de s'envoler par la fenêtre ouverte Les bras bien écartés et atterrir inerte L'écarlate du sang décorant le goudron D'un monochrome rouge il y a des morts plus cons
Mourir de liberté comme d'une aventure Pour une belle idée jusqu'au bout des tortures Partir en envoyant les mots d'une chanson Au nez du tortionnaire il y a des morts plus con
|
Assis devant un char et bien douché d'essence
Partir dans la beauté de cette incandescence
Pour que se voit de loin le poids de l'oppression
Et qu'elle recule enfin il y a des morts plus cons
Assis dans une bagnole ou tranquille au plumard
Dans un congélateur ou bien en plein cagnard
Que l'on soit centenaire que l'on soit nourrisson
Que l'on soit gros ou maigre la mort c'est vraiment con
C'est le bout du chemin c'est elle qui nous attend
Elle qui nous emmerde tant que l'on est vivant
On aimerait qu'elle soit et reste une abstraction
Qu'elle n'existe pas la mort c'est vraiment con !
16 11 08
Le matin quand je m'éveille
Je tourne mon visage heureux
Vers le généreux soleil
De notre avenir radieux
Je prends mes médicaments
Avant le petit déjeuner
Des excitants et des calmants
des vitamines pour la journée
Ensuite avec le sourire
Je pars gaiement vers le boulot
douze heures par jour c'est pas trop pire
Même si ce n'est pas un cadeau
Le patron en veut toujours plus
On est bien d'accord sur le fond
Travailler plus pour gagner plus
Que me rapportent mes actions
Je constate que certains matins
J'ai un peu de mal à me lever
J'ai mal aux pieds et mal aux mains
Les articulations rouillées
Avec mes quatre-vingt printemps
Je ne m'en sors pas encore trop mal
J'ai tant d'amis qui ont foutu le camp
Vers un autre monde sans travail
Je peux faire cette confidence
Je pense à eux sans tristesse
Je les ai vu crever en silence
Noyer au fond de la détresse
Moi si je pouvais choisir
C'est un dimanche que je partirais
Je voudrais bien mourir de rire
Maintenant qu'on ne rit plus jamais. 10 05 07
Je regarde ce temps immobile qui passe
Au rythme des saisons et de leur souvenirs
Tous ces hivers trop blancs ces automnes fugaces
Que la mémoire invente et qui nous font vieillir
Qu'y a t'il derrière éclairé de jeunesse
Qui vient pour habiter l'avenir étréci
Ces images violentes qui pourtant nous caressent
Et ces larmes qui perlent au bord des nostalgies
Ces bonheurs révolus piquants comme des épines
Le sourire des photos aux couleurs fanées
Les échos de ces voix s'accordant pour le spleen
Et les éclats de rire depuis longtemps fêlés...
(Non daté – oublié - inachevé)
Elle sait le temps qui passe elle chante les saisons Elle n'a pas peur des mots elle est la liberté Elle est la voix des hommes jusque dans l'abstraction Elle taille l'émotion du verbe pour la sculpter
Elle se pointe en loucedé et me chope la calebasse Sa litanie de mots encombrante quelquefois Comme une averse glauque qui engluerait l'espace Elle vient me pourrir l'air bien mieux que le tabac
Elle gerbe ma folie je la suis à la trace Sans pouvoir tout capter de ses messages abscons Car elle est si lucide que s'en est dégueulasse Et je marfle ses baffes comme si c'était bon
Elle est profuse en tout elle embellit le monde Rarement quand elle plane sur le vol des oiseaux Mais un coup de fusil lui rappelle l'immonde Et sa sérénité fout le camp aussitôt
Dans ses voyages elle a parfois des Amériques Des cordillères bleues regorgeant de silence Quelques Afghanistan aux herbes chimériques Et des libres Afrique tapant sur la conscience
Un tonnerre canonnant lui ramène à propos Un gendarme casqué debout sur une poubelle Et quelques abrutis s'enfonçant dans le pot Des pétards dont les mèches n'attendent qu'une étincelle
J'entends sa voix de nuit car elle est les ténèbres Et que le jour n'efface pas sa réalité : Ce vrai de pacotille que l'univers célèbre Cet écrasant de vide qui flingue la vérité
Elle envoie dans l'espace d'aventureux messages Qui cognent et rebondissent sur la bêtise fière De décideurs sourds et libres dans leur cages
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De se crever les yeux pour ne pas voir l'enfer
Elle pose des questions qui n'ont pas de répliques Mais font tinter les chaînes qui nous tiennent captifs Des interrogations de bac philosophique qui nous laissent dans la brume douloureux et pensifs
Elle chante le malheur pour créer son contraire Et son blues quelquefois s'autorise les pleurs Dans les larmes il y a l'essentiel qu'elle libère Dans la douleur parfois il y a du bonheur
Dans le quotidien lourd elle prend de l'altitude Loin du rouge du sang et du blanc du linceul Elle préfère goûter les vins des solitudes Et ceux de l'amitié qu'on ne boit jamais seul
Elle me tient compagnie quand me lâche l'amour Elle éponge en secret les sanglots des chagrins Qu'elle habille tendrement d'une chanson de faubourg De cette chanson là qui parle de demain
Elle est ma sœur ma mère ma femme et quelques autres Rebelle quand elle unit Villon et Néruda Fraîche comme ce lit sur lequel je me vautre Je l'attends sans attendre car je sais qu'elle est là
Sans elle il n'y a rien sinon le pragmatique Des horaires contraignants et des jours incertains Elle sème dans ses paroles une lumière magique Pour fabriquer du rêve et changer de destin
Elle rêve sans hésiter d'un meilleur utopique Elle touche à tout coup le cœur du sentiment Elle se maquille de mots s'amuse de musique Et se laisse envoler dans les dessins d'enfants La poésie ! 13 09 07
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Écrit par BONTEMPS dans Poésie, Texte | Lien permanent | Facebook
02/03/2021
On Aurait 29 07 1973
ON AURAIT
On aurait, écoute, on aurait ce que tu veux, ce que je veux, une maison, une grande maison avec des lits pour tous, pour tout le monde et des animaux et du soleil et de la paix. On aurait la paix et la liberté et tout le monde serait comme nous, on aurait l'égalité totale et la liberté. On aurait la liberté et l'amour.
Je suis fou de voguer comme ça au gré d'un vent de rêve et d'amour, on aurait l'amour.
J’effleure ta peau encore les yeux clos de sommeil
Je sens ta bouche sous ma bouche
Je viens dans la nuit m'éclairer à tes rêves
Je t'aime
On aurait, mais qu'a t'on ? On a un cœur un corps, on a entre les lèvres une fleur qui rit, une fleur qui pleure aussi, on a au fond des poches des restants de misère, on a aussi dans le cœur des bonheurs et des chagrins d'amour.
Mais on a l'amour, on a dans la tête trop de liberté quand des lourdes chaînes de principes et d'habitudes entravent nos pieds
On a des poings serrés.
On a dans la tête des belles idées de liberté,
trop de liberté ?
Trop de liberté !
On aurait la liberté, on aurait des fleurs dans les yeux, des folles musiques d'espérance dans la bouche, on aurait des mots d'amour, tous les mots seraient amour, on aurait l'amour.
Mais au présent l'amour est béton et fumées, contrat et hypocrisie, mais l'amour n'est plus la vie ! Alors, aimer ?
Pourquoi puisqu'on a rien, que faut-il ?
A quoi bon les larmes ?
On a plus rien que des rêves, que vains espoirs alors il faut s'inventer une prison nouvelle pour goûter la solitude. Il faut être seul pour savoir l'amitié, pour savoir les hommes et les femmes qui tendent les mains.
Alors aime moi, cache moi et regarde dans mon regard la folie du rêve, la folie du vent. Écoute, on aurait un toit et des amis et on s'aimerait, on s'aimerait. On s'assumerait sans contrainte et on serait peinard. Viens, plonge avec moi dans ce rêve.
J'effleure ta peau, j'ai les yeux rougis de peine
Je sais en toi mon chagrin
Je sens ta bouche sous ma fièvre
Je sens tes lèvres sous mes lèvres
On aurait...
29 07 1973
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