09/11/2012
Mouche à la bière (vieille nouvelle )
D’emblée la journée s’était annoncée difficile. Le thermomètre avait affiché dès l’aube une température excessive. Les radios et les télévisions diffusaient depuis quelques jours des messages d’alerte concernant cet inhabituel épisode caniculaire. Quoiqu'en principe ces épisodes de fortes chaleurs ont lieu plus fréquemment l'été que l'hiver... De plus, l’absence de vent favorisait la pollution et gênait la respiration, surtout dans les grandes villes. L’ozone envahissait les rues, se glissait dans chaque interstice, la population la plus fragile devait rester à l’abri, boire surtout, se baigner, se doucher, se rafraîchir par tous les moyens.
La chaleur étouffante de la chambre avait poussé Jérôme hors de son lit dès les premiers rayons du soleil et même avant. Nicole dormait, nue sur le drap froissé. Pas un souffle d’air pour agiter les rideaux pourtant fins au travers desquels le ciel d’un blanc éclatant obligeait à plisser les yeux.
C’est à ce moment précis que la mouche avait fait son entrée en scène, venant bourdonner autour du lit.
Elle s’était posée un court instant sur une des fesses dodues de Nicole, sans s’attarder assez, échappant de justesse à la baffe et Nicole passant à côté de la fessée matinale. Jérôme était passé dans la cuisine où il avait avalé successivement un jus d’orange glacé et un café brûlant. La mouche bourdonnait au dessus de sa tête, une belle et grosse mouche noire dodue à point. Il était sans appétit. Il avait pris une douche tiède avant de s’habiller. Il devait passer par son atelier, chercher les outils nécessaires pour enfin terminer ce chantier merdique à l’autre extrémité de la ville, au delà du périphérique. Il avait jeté un dernier regard sur le corps dénudé de sa femme, il en avait apprécié les courbes, ce sein bronzé posé sur le drap, la longueur attirante du dos et ce gros cul fantastique, alangui, ferme et moelleux contre lequel il faisait si bon se reposer. En traversant la cuisine pour gagner le couloir et la porte, il avait eu une brève hésitation avant d’ouvrir le frigo, d’en sortir une canette de bière et de la vider sans presque respirer. La soif déjà... Il était presque sept heures, grand temps de quitter l’appartement.
Comme attendue, cette journée avait été rude. Ni la canicule ni sa cliente, ni encore moins cette grosse mouche ne lui avaient laissé de répit. Car il avait constaté la présence de la mouche dans l’ascenseur en descendant de chez lui. Il avait essayé de taper dessus, gestes désordonnés qui avaient suffit à le faire transpirer. Il avait abandonné la chasse, le minimum d'efforts et ceux-ci uniquement dévolus à l'efficacité serait la norme du jour. Mais la grosse mouche était aussi dans l’atelier, bourdonnant près d’un vasistas. Jérôme l'avait regardé en se demandant s'il s'agissait de la même ou d'une autre ? Mais il était certain que c'était celle du matin, comme si elle l'avait adopté... Presque arrivé sur le chantier, dans la voiture, il l’avait remarqué, discrète, posée sur le tableau de bord de plastique noir, près de l’autoradio.
La cliente était une mémé racornie et bigote, confite et raide, sèche comme un coup de trique, moralisatrice, acariâtre et bavarde. A chaque bière avalée, du matin jusqu’au soir elle s’était permise des remarques sur le danger des abus et les éventuels retentissement sur la qualité du travail. Jérôme avait vidé un pack de vingt-quatre, ce qui fait que la vielle n’avait pas cessé ses jérémiades. Elle s'était plainte aussi de cette mouche qui se posait partout sur ses meubles alors que chez elle, bien sûr, il n'y avait jamais de mouche ! Le midi il avait été manger un sandwich au comptoir du café voisin comme il le faisait chaque jour depuis le début de ce chantier, accompagnant le pain trop sec et le jambon sans goût de deux demis mousseux et frais. Le plafond du bistrot était couvert de mouches, nuée vrombissante dans laquelle Jérôme croyait bien reconnaître cette grosse mouche…
C’était les dernières finitions, les petites retouches, les vérifications, la remise en place de la décoration, de multiples crucifix, des prises de courant, des meubles et des bibelots. Fidèle à ses habitudes, Jérôme n’avait rien laissé au hasard. La qualité de son travail était irréprochable. La vieille faisait de son mieux pour trouver le défaut, elle tournait dans les pièces à la recherche de la plus insignifiante coulure de peinture, une minuscule malfaçon derrière un radiateur, une petite trace de poussière sur la blancheur des plafonds.
A maintes reprises au cours de la journée il avait donné des coups, à l’aide d’un journal, essayant en vain d’écraser cette unique mouche qui se posait sur le blanc parfait de la peinture. Plus la journée avançait, plus il s'énervait, plus il buvait et plus il était maladroit dans sa chasse à la mouche. Entre la vieille peau et ses remarques et ses bougonnements continuels et cette mouche obsédante qu’il ne parvenait pas à occire, la journée avait été horriblement longue et pénible. Enfin le chantier était terminé. En quelques aller et retour il avait chargé le break avec ses outils, les bâches et les pots de peinture avant d’investir la salle de bains dans laquelle il s’était lavé et changé. La mémé l’attendait dans sa cuisine. Elle avait rempli et signé le chèque, elle avait déposé avec un billet de vingt euros et elle avait poussé la bonté jusqu’à sortir de son frigo une bouteille de bière ! Tout allait bien ! La mouche marchait tranquillement sur la table, Volait jusqu’à la fenêtre avant de revenir. Jérôme fit semblant de ne pas la voir.
Il était content de ce chantier maintenant que c’était, déjà, une histoire ancienne. Il avait oublié les commentaires de sa cliente dès le moment où il avait empoché le pognon. Depuis qu’il faisait ce boulot, il avait connu bien pire. Des mauvais payeurs, des emmerdeurs qui trouvaient toujours le petit détail qui fâche, la petite trace inconvenante sur laquelle il s’appuyait pour retarder leur paiement, la tache minuscule, presque invisible, perdue sous un radiateur ou derrière une porte. Des règlements qu’il fallait attendre longtemps parce que les clients étaient raides comme des passe-lacets. Malgré que la vielle se soit montrée conne et chiante pendant tout le temps, tous les jours, en permanence, elle avait payé rubis sur l’ongle et le nombre de zéro sur le chèque correspondait bien à celui de la facture. La bonne femme était riche et les vingt euros de rab constituaient une surprise plutôt sympathique. Il était assez fier d’avoir su conserver son calme, de rester imperturbable malgré la bêtise des réflexions de l’ancienne et cette mouche noire qui lui tenait compagnie depuis l’aube.
Jérôme bu sa bière sans lui laisser le temps de se réchauffer, serra la main de la vieille et sorti dans la fournaise pour rejoindre sa bagnole. Titubant un peu, il constata qu’il avait tout de même picolé considérablement et l'évacuation par transpiration et les quelques fois où il avait été pissé n'enlevait pas l'alcool du sang. Il était dix neuf heures trente, il faisait encore très chaud, presque quarante cinq degrés, et il avait encore beaucoup de chemin à parcourir avant de se retrouver chez lui.
Pas de problème de circulation jusqu’au périphérique. Jérôme imaginait déjà qu’il serait bientôt arrivé, il se voyait déjà, vautré sur le canapé, une bière à portée de la main. La fluidité du trafic le rassurait aussi par rapport à la voiture. Le break chauffait beaucoup trop et la climatisation avait rendu l'âme depuis longtemps ! C’était une bonne bagnole pour l’hiver, la canicule ne lui réussissait pas. Il déchanta en s’engageant sur le périphérique. Surprenant à cette heure là, un bouchon s’étalait sur des kilomètres. Il n'était pas le seul, loin de là, a travaillé jusque tard en espérant une chute de la température. Il alluma la radio et constata que la mouche se trouvait au même endroit que le matin, qu’elle avait rejoint la voiture elle aussi pour le voyage retour. Jérôme tenta une nouvelle fois d’écraser cette saloperie de grosse mouche qui l’énervait depuis si longtemps. Sa tentative, vaine, failli se transformer en catastrophe parce qu'il donna un coup de volant brusque en tapant, fort, sur le plastique déserté par la mouche. Heureusement, le conducteur de la voiture située à sa gauche évita la collision, Jérôme s'excusa d'un geste vague. Le bulletin d’information de vingt heures fut en grande partie consacré aux phénomènes météorologiques de plus en plus violent qui ravageaient la planète. Les moyennes saisonnières n'étaient plus de mise, elles évoluaient trop vite ! Le pays entier attendait que les orages éclatent, que la pluie vienne et fasse tomber la température. En même temps, tout le monde craignait les pluies trop violentes, la foudre, les incendies et les inondations.
Il faisait lourd, très lourd et la mouche tournait dans la voiture autour de la tête de Jérôme qui craignait de devenir fou. Il mit son clignotant sur la droite et chercha à changer de voie. Il voulait sortir de ce merdier le plus vite possible avant qu’il ne soit trop tard pour lui comme pour sa voiture. La prochaine bretelle de sortie n’était pas encore visible, une pancarte l’annonçait à huit cent mètres. Il tripota les boutons de la radio à la recherche de France Musique, sachant que la musique classique le calmerait. Hélas, quand il trouva la bonne longueur d’ondes, un animateur bavard n’en finissait pas de parler de la surdité de Beethoven. Il eut l’impression que la mouche, qui visitait le pare-brise, se marrait de sa déconfiture. Dépité, il éteint la radio. La sortie était maintenant tout près, une centaine de mètres à peine et il pourrait quitter l’enfer automobile de cet interminable bouchon même en tenant compte de la bretelle qui était, elle aussi, encombrée.
L’angoisse de la panne le bouffait avec un bel appétit, l’alcool du jour faisait monter sa tension, la grosse mouche le rendait dingue. Enfin il avait pu quitter le long serpent quasiment immobile qui poursuivait sa reptation lente dans le couloir bétonné du boulevard périphérique. Il s’engagea au hasard dans une petite rue tranquille dans laquelle il put stationner à l'ombre sans difficultés. Un bistrot de quartier lui tendait sa terrasse ombragée. Jérôme s’affala sur la paille de plastique d’une chaise et commanda un demi à la seule personne présente dans le troquet qu’il supposa être la patronne.
C’était une blonde naturelle, cheveux d’une couleur terne qui ressortait peu sur sa peau aussi blanche qu’un lavabo. Ce genre de peau qui ne bronze jamais, que le soleil, lorsqu’il donne dessus, s’empresse de brûler. Elle avait une énorme paire de seins qui menaçait de faire sauter un à un, ou pourquoi pas tous ensemble, les boutons de son chemisier. Elle était par ailleurs assez maigre, des longues jambes surmontées d’un joli petit fessier tout rond bien moulé par le pantalon de toile. Assez maladroit, Jérôme faillit renverser son verre. Miraculeusement, seules quelques gouttes s’en échappèrent et vinrent souiller la table. Jérôme vida la bière en vitesse et en commanda une seconde. Comme il le souhaitait, la patronne vint chercher le verre vide pour aller le remplir. Jérôme essaya graveleusement quelques blagues mais la femme fit mine de ne pas les entendre. Il ne savait pas au juste pourquoi il lui venait cette stupide envie d’exercer son charme sur cette femme. Même si, à l’évidence, elle ne le laissait pas indifférent, cet exercice en pure perte était une connerie. Le nombre bientôt incalculable de bières qu’il avait avalé dans sa journée n’y était sans doute pas pour rien. Il la regardait sans pouvoir cacher sa concupiscence, il imaginait ses mains remonter doucement sur l’intérieur des cuisses effilées, il voyait sa bouche envelopper goulûment les aréoles roses, il sentait le bout de sa langue titiller les mamelons tendus et malgré cette subite affluence d’images érotiques, il n’avait pas le plus petit début d’érection, pas la moindre sensation, rien ! Elle empocha le billet de vingt euros et s’éloigna vers le bar pour chercher la monnaie. Il baissa alors les yeux pour prendre son verre et il vit cette immonde grosse mouche qui avait l’air, elle aussi, d’apprécier la bière. Elle était venue se poser sur les quelques larmes qu’il avait renversées. Jérôme leva la main pour enfin en finir avec celle qui lui ruinait l’existence depuis le petit matin. Il avait la certitude de ne pas la manquer, pourtant il suspendit son geste car la serveuse revenait avec la monnaie. Il repartit dans sa vaine admiration de la plastique de la blonde. Quand l’intérieur ombreux du café l’eut absorbé, il chercha la mouche, mais elle n’était plus en vue.
Il était maintenant vingt heures trente et il fut atteint de plein fouet par une bouffée d’angoisse à l’idée de se faire engueuler par Nicole en revenant chez lui. Il se leva lentement, et, d’une démarche qu’il voulait sûre, il rentra dans le bistrot. La porte des toilettes, bien visible, se trouvait face à la porte d’entrée. Il y alla rapidement sans un regard sur la patronne qui rangeait les verres derrière son comptoir. Il pissa interminablement, l’épaule calée contre le mur. La mouche bourdonnait au ras du sol, tournant, en virages rapides autour de la cuvette et entre ses pieds. Jérôme pensa qu’elle était bourrée, qu’il n’était pas seul ! Il sortit des chiottes le plus rapidement possible, sous les yeux éberlués de la serveuse patronne aux seins plantureux. Affichant un sourire de contentement, autant pour la vidange totale de sa vessie que pour le bon tour joué à la mouche, il quitta le café et rejoint sa voiture. Il retrouva sans plaisir la moiteur du siège. Le ciel prenait une teinte orangé, étrange, la température ne bougeait pas. C’est en dégageant le break du long du trottoir pour regagner le boulevard qu’il vit la mouche. Elle était maintenant posée sur l’appui tête du siège passager, appliquée à se lisser les pattes. Une fois de plus, il tenta de la tuer et le geste qu’il fit provoqua un coup de volant malencontreux. Il emboutit le pare-choc de la camionnette garée devant. Il fit une petite marche arrière, suffisante pour constater qu’il n’y avait pas sur le fourgon de traces apparentes, et il parti avec le sentiment affreux que la mouche était en train de rire !
Ses pensées revinrent à Nicole. Elle devait s’ennuyer ferme toute seule dans ce grand appartement, sans amis dans les environs. Elle l’a bien cherché ! Décida t’il. C'était bien elle qui en avait assez de la campagne trop tranquille, trop loin des villes, des magasins, des cinémas, des théâtres et autres salles de concert, bref, elle voulait vivre en ville et pas trop loin de la capitale ! Il avait accepté... Sept ans qu'ils étaient ensemble, mariés comme il faut par monsieur le maire et par monsieur le curé... Ils n'avaient pas d'enfants et pas envie d'en avoir. C'est bien assez de devoir se prendre en charge soi-même pour ne pas s'emmerder avec des lardons ! Sept ans de bonheur, surtout au lit, parce que Nicole avait pour l'amour des qualités évidentes en plus de son corps magnifique, mais elle était aussi une sacré emmerdeuse, une emmerderesse comme le chantait Brassens ! Elle utilisait une bonne partie de son temps à se plaindre, qu'elle manquait de fric, que les copains buvaient trop, que leurs femmes voulaient pieuter avec les hommes des autres, que le jardin la fatiguait et qu'il y avait trop de vert partout, trop d'herbe, trop d'arbres, etc.
Lassé par les continuelles jérémiades, Jérôme avait laissé Nicole chercher un appartement en banlieue parce que, quand même, il y avait des limites à ses richesses et la capitale était hors de prix. Et les voilà maintenant au douzième et dernier étage de cet immeuble de standing à quinze kilomètres à l'Est, avec vue sur les pavillons et sur les champs de betteraves et de pommes de terre. Nicole a gagné, il ne faut que trois minutes à pieds pour se rendre à la gare et le train la dépose en plein dans le centre un quart d'heure plus tard. L'appartement est spacieux, une grande pièce à vivre dotée d'un vaste balcon terrasse avec assez d'espace pour installer une table et des chaises longues, pour manger, pour boire et pour bronzer. L'absence de vis à vis permet même la nudité totale sans risquer d'être espionné. Nicole a installé, sans gêner personne, un séchoir à linge accroché à la rambarde du balcon en s'inspirant de sa voisine. Elle est heureuse d'être là et elle se fout bien de savoir que Jérôme va devoir turbiner comme un fondu pendant vingt ans avant d'avoir fini de payer ce beau logement ! Malgré sa satisfaction évidente elle continuait tout de même à emmerder son mari qui cumulait les défauts, trop fumer, trop boire, regarder le foot à la télé, refuser de sortir le soir pour cause de fatigue ! Elle l'engueulait copieusement et il ne cherchait même pas à prendre la fuite malgré la grande rapidité des ascenseurs parce qu'il craignait par dessus tout la rencontre avec des voisins promenant leurs chiens dans les allées et sur les pelouses environnantes, ramassant soigneusement les crottes dans leurs petits sachets ou regardant autour d'eux, droite gauche, derrière devant, et abandonnant lâchement l'étron fumant de leur clébard. De quoi vous dégoûter d'avoir un chien !
Il allait dans son bureau, il s'était réservé un pièce pour s'installer et il travaillait encore et encore tout en picolant car il avait un meuble bar et un petit frigo avec à profusion de la bière et de l'alcool. Un coup de klaxon le réveilla. Il n'avait pas vu le feu qui passait au vert, l'automobiliste de derrière n'était pas content et vociférait en passant son visage luisant par la portière : Eh, vieux con, t'attend que ça mûrisse ?! Bien que très tenté d'expliquer à cet automobiliste ordinaire qu'il était un con, certainement puisqu'on l'est tous pour quelqu'un, mais pas un vieux, ce qui était vexant, il ne réfléchissait pas assez vite, le cerveau anesthésié, noyé dans la bibine. Sa non intervention lui permis d'arriver chez lui un peu plus tôt car il ne rencontra plus d'obstacles sur sa route, route qu'il rallongea quelque peu en pratiquant de nombreux zigzags dus en partie à la bière mais aussi et surtout aux efforts désordonnés qu'il fit pour écraser la mouche. Il gara le break sans toucher les bords, bords constitués par les voitures des voisins et il le quitta le plus vite possible afin d'enfermer la mouche à l'intérieur. Il pensait avoir réussi son coup jusqu'au moment où il est entré dans l'ascenseur et qu'elle est venue, elle a osé, se poser sur son nez !
Il appuya sur le bouton de son étage après avoir hésité un moment car le bouton rouge avec une cloche lui semblait bien tentant... L'ascenseur grimpa silencieusement seulement accompagné par le bourdonnement de la mouche qui maintenant tournait à grande vitesse au ras du sol. Sa tentative d'écrabouillement de l'insecte, plus de douze heures déjà, se solda par une presque chute stoppée par la paroi métallique de la cabine. Déjà qu'il connaît quelques difficultés pour se tenir, c'est encore plus vacillant qu'il peine à trouver le trou de la serrure et lorsqu'enfin il y parvient il constate qu'il se trompe de porte... Il rassemble son énergie résiduelle, il ferme un œil et il trouve la bonne porte, la sienne, le bon trou de serrure et il rentre.
Nicole est affairée dans la salle de bain,il la salue de loin en se dirigeant vers la cuisine. La mouche l'a précédé, elle vient de se poser sur la porte du frigo. Il choisit de l'ignorer, il attrape une bouteille de bière fraîche et il titube jusque dans la salle. La porte fenêtre est ouverte en grand, bêtise de Nicole, ce qui permet à la chaleur de rentrer dans l'appartement. Après avoir posé sa bière sur la table du balcon, il se déshabille, il dépose ses habits sur la canapé et il vient s'asseoir à l'extérieur. Le soleil ne donne plus directement dans sa direction, le balcon est à l'ombre et un très légère brise agite, à peine, une paire de bas et deux très petites culottes suspendues au séchoir. Nicole avait changé de pièce, elle était maintenant dans la cuisine et il l'entendait qui remuait des plats et des assiettes. Il sirote sa bière en pensant qu'il va prendre une bonne douche à peine tiède, que ça va lui remettre les idées en place. La mouche vient se poser sur la table comme pour lui signifier qu'il a raison.
C'est un coup de maître ! Lui le gaucher, la senestre occupée par la canette de bière, à envoyé la dextre avec une rapidité foudroyante et il l'a ! Il sent la mouche dans le creux de sa main, il se régale, un rictus lui déforme la bouche tandis qu'il serre le poing. Nicole, toujours nue, se demande et lui demande pourquoi cette affreuse grimace ? Alors il raconte l'horreur de sa journée avec cette mouche obsédante qui était déjà là ce matin quand il s'est levé et qui ne l'a pas quitté de la journée ! L'énervement en permanence entretenu aussi par cette vieille cliente suspicieuse, cherchant la petite bête à défaut de garder la mouche... Bref, à cause de cette mouche, une journée particulièrement éreintante, la chaleur, la cliente, la mouche, l'embouteillage, le grincheux en bagnole, la mouche... Toujours la mouche et il l'a ! Elle est la, maintenant réduite à une gluance ridicule entre ses doigts et sa paume... Nicole lui demande s'il est bien sûr de lui, parce que, parfois, quand on ouvre la main, la mouche s'envole ! Il rit, cette fois, il est sûr ! Il finit sa bière, il se déplace à la manière d'un James Bond de banlieue, à poil, jusque dans la cuisine. Là, il emmerde une quantité impressionnante de personnes en balançant sa canettes vide dans le vide-ordures puis il revient vers Nicole à la manière d'un empereur romain qui vient d'asservir la Gaule. Arrivé sur le balcon, il ouvre sa main et il jette la mouche, très fort dans l'espace.
Mais la mouche est bien vivante, elle a trouvé dans la main de Jérôme une niche, un abri suffisant pour échapper à l'écrasement, elle vole comme pour faire de l'exercice, se défroisser les ailes, elle rentre dans l'appartement... Nicole plaint son homme, pour sa journée difficile autant que pour sa frustration d'avoir raté, une fois de plus, sa cible. Nicole se penche sur le séchoir pour ramasser bas et culottes, Jérôme admire sa femme, la longueur du dos, la rondeur des fesses, cette fente si attirante, les perles de sueur comme une rosée charmante qui couvre sa peau intégralement bronzée... Et la mouche ! Cette saloperie de mouche qui vient se poser sur la fesse droite de Nicole, qui trempe sa trompe dans une gouttelette de transpiration, qui semble apprécier, qui ne bouge pas alors que Nicole remue son fessier sous l'agression chatouillante...
Jérôme n'hésite pas, il prend son temps, il se positionne parfaitement, il ferme un œil pour viser, il arme son geste, il frappe : Paf !!
Il l'a eu ! Il le sait, il l'a senti éclater sous sa paume. Quand à Nicole elle a juste dit un petit : Hé... Et elle est tombée ! Jérôme s'est penché au dessus de la rambarde, il a regardé sa femme qui diminuait rapidement jusqu'à devenir minuscule au moment du choc sur le sol dans l'allée, ratant de peu un vieux couple occupé à faire chier un vieux chien sur la pelouse proche !
Jérôme a regardé sa main sur laquelle restait comme un trophée un magma visqueux, rosâtre et noire, il a été se laver les mains et en attendant l'arrivée de la police et des pompiers il a été chercher une bière dans le frigo...
Écrit par BONTEMPS dans Humour, Texte | Lien permanent | Facebook
22/08/2012
Les jeux Olympiques...
Ah les jeux olympiques ! Quels spectacles magnifiques pour un amateur de sports. Enfin, il faut plutôt dire pour un amateur de sports français. Parce que ce qui compte, évidemment, c'est l'audience, les parts de marché, le pognon qui rentre dans les caisses. Donc, le véritable amateur de sports télévisés est frustré puisqu'au moment où il s'attend à regarder une finale quelconque, un concours d'athlétisme, une course de fond ou quoi que ce soit d'autre, alors qu'il piaffe d'impatience à l'idée de regarder un beau combat de boxe ou de taekwondo ; il n'ose même pas aller aux toilettes ni même jusqu'au frigo pour chercher une bière, constate, amèrement sans doute, qu'on préfère revenir en studio où officie un Gérard Holtz qui y va plusieurs fois par jour de ses petites et ridicules citations parce que ce monsieur, ringard à souhait, ignore que la culture c'est comme le beurre, moins on en a et plus on l'étale ! Ensuite on nous emmerde avec un film sur Bolt qui pense être le roi du monde parce qu'il court le cent mètres plus vite que tous les autres... Rien que d'écrire ça, je me dis qu'il y a quelque chose qui cloche... Ce film qui passe et repasse tandis que sur la piste il y a des athlètes qui courent, qui sautent qui lancent, mais pas des français ? Enfin les médias du monde entier font enfler démesurément l’ego des sportifs et aussi leur compte en banque, grand bien leur fasse. Les médias et leurs journalistes surexcités qui n'ont même plus dix secondes pour se casser la voix : IL L'A FAIT ! IL L'A FAIT !... L'épreuve reine... L'épreuve c'est de les supporter, les journalistes quelquefois !
A part ça, on a vu, et entendu des commentaires sur les quelques femmes voilées qui ont participé aux jeux. Évidemment c'est du prosélytisme mais, les J.O font la preuve de leur tolérance ! Beaucoup moins de commentaires sur les catholiques qui se « signent », complètement dingues comme Alexis Vastine (le pauvre boxeur) qui répète le signe de croix un nombre insensé de fois entre les vestiaires et le ring ! Et il perd, p'têt bien qu'y a personne là-haut... Bolt encore lui qui prie en montrant le ciel... D'autres encore...
Pourquoi le Vatican n'organise t-il pas des jeux de la Chrétienté ? Et l’Arabie Saoudite les jeux islamiques ? Ou d'autres pays, qu'ils se démerdent entre eux ! Les jeux devraient être laïque, non ? Seule la laïcité est tolérante ! Et si je ne m'abuse, la France est un pays laïque, constitutionnellement laïque. Alors je ne comprends pas que les journalistes des chaînes de télévisions publiques insistent en soulignant à chaque fois que l'occasion se présente, que les athlètes se signent. C'est du sport ça ? Pourquoi ne pas signaler que tel ou tel est athée ? Qu'un autre est un bouddhiste, un adepte de Moon, un scientologue, que tel coureur à pieds est plutôt chiite alors que l'autre est sunnite, etc.
Bref, il était largement temps, ce n'est que mon avis, que les J-O se terminent et qu'on nous lâche un peu les chaussures (de sport) et qu'on retrouve des programmes un peu moins limités. Je sais, rien ne m'empêche de pitonner ou même d'éteindre la télé. Rassurez-vous, j'ai profité du beau temps pour vivre dehors, je n'allume pas la télé très souvent ce qui me dispense d'avoir à l'éteindre. Mais, aimant bien regarder certains sports, je fais parti de ces frustrés qui ont raté tellement d'épreuves parce que les français n'y étaient pas ! Car ce qui m'énerve peut-être plus encore que Gérard Holtz et ces citations à la con, c'est le patriotisme affiché par les sportifs, par les supporteurs et par les journalistes. Le sport, c'est la guerre. Guerre de religion, guerre économique, guerre de médailles, guerre commerciale et publicitaire, bref : Rien de bien propre... Mais ça vous ne risquez pas de l'entendre dans les commentaires sportifs parce que les journalistes en vivent, les télévisions, les journaux, et qu'ils ont autre chose à penser, bien sûr...
Une citation : Vive le sport !.... (Le sport libéral... A vos souhaits.)
Écrit par BONTEMPS dans Humeur | Lien permanent | Facebook
17/08/2012
Infos du pays de Redon 15 Août
Écrit par BONTEMPS dans Photo, Texte | Lien permanent | Facebook
11/07/2012
REBELLE !
Rebelle ? Il y a de quoi se demander ce qui peut se cacher derrière ce si beau mot... Arte nous envoie un florilège de rebelles pour nous aider à passer l'été. Que Cantona soit rebelle, à sa manière et qu'il ait raison en désignant les banques comme coupables des misères actuelles, celles des peuples et celles des pays, c'est une chose, qu'il nous montre quelques exemples de rebelles footballeurs, d'accord. Jusque là, je ne trouve rien à dire. Mais que parmi les rebelles de l'été d'Arte figurent des personnalités comme Serge Gainsbourg ou comme Joë Starr, je me pose des questions !
Déjà, les rebelles « people » sont ils rebelles alors qu'ils vivent d'un système auquel ils permettent de vivre... Ensuite, le Serge Gainsbourg depuis l'année mille neuf cent cinquante huit et le poinçonneur des Lilas, celui encore de « je t'aime moi non plus », celui qui a filmé « Équateur », n'a pas grand chose à voir avec l'épave lamentable qui a oublié toute dignité qu'il est devenu ensuite. Le donneur de leçon qui lève le point sur une scène en disant « je suis un insoumis » avant de chanter la marseillaise... quel sens de la rébellion ! Lui qui se vantait d'avoir fait son service militaire comme tireur d'élite et qui en était fier... Celui qui, bourré comme un coin s'est permis d'insulter Catherine Ringer, qui a tourné dans des films pornos, minablement répétitif, n'ayant à la bouche que le mot « pute ! » Vous appelez ça un rebelle ? Pas moi !
Quand au célèbre comédien Joë Starr, membre de NTM (Nique ta mère, ça c'est rebelle?), il s'est surtout rendu célèbre en cognant sur des femmes ! Décidément, ARTE ça plane, cet été... Ne manque que les avortements à l'Opinel (rebelles évidemment) d'Orelsan qui est tant aimé par les filles... Qui d'autre va devenir rebelle ? A ce train là, on va voir sur la liste tout un tas de célébrités fabriquées par les faits divers et les journaux people, des criminels, (ça c'est rebelle!), des comédiens de pub comme Cassel, des participants de la « télé réalité , » miss France ou miss nationale, etc... Bref, la rébellion est devenue un mot qui rapporte et qui est dans le vent de notre époque, époque pourrie dans laquelle on vit en regardant notre belle planète foncer vers la mort en regardant dans la télévision des émissions destinées à nous vendre des sodas et des téléphones mobiles, portables et je ne sais quoi... ARTE va s'aligner ? Avec « super rebelle » Philippe Manœuvre, on peut s'attendre à tout !
J'aime ARTE en général, je la regarde souvent, chaque jour, mais là, ARTE m'emmerde et je préfère éteindre le poste et lire un bon bouquin !
Écrit par BONTEMPS dans Texte | Lien permanent | Facebook
10/06/2012
La chaussette (Chef d'oeuvre...)
Une vielle Chaussette
Parti se promener
Rencontra une moule fraîche
Qui voulait prendre son pied...
Alors, Hélas ! Dit-elle
Vous n'avez pas de cul
Des pieds jusqu'à présent
Je n'en ai jamais vu !
J'ai quitté ma cafetière
Sur un coup de cafard
J'y passais jusqu'à hier
Et puis j'en ai eu marre...
Mais venez avec moi
Il n'est jamais trop tard
Et chacun ici bas
Peut prendre son panard !
Alors bras dessous bras dessus
(C'est façon de parler)
Toutes deux sont partues
Vivre leurs destinées
Le soir pour avoir chaud
La moule se cachait
au fond de la chaussette
Dans un replis secret
Mais voilà qu'un matin
Pas le temps de s'enfuir
Un troupeau de gamins
S'en vint les assaillir
Elles voulaient prendre leur pied
Elles ne furent pas déçus
Elles reçurent des milliers
De coups de pieds au cul...
Cette Histoire n'est pas belle
Elles moururent écrasées
Jetées à la poubelle
Et puis incinérées
Je n'ai pas de moralité
Pour clore cette aventure
Chacun trouve son pied
Disait une chaussure...
D.L 25/09/2005.
Écrit par BONTEMPS dans Poésie | Lien permanent | Facebook