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16/03/2010

Jean Ferrat

Jean Ferrat - Ma France

 

De plaines en forêts de vallons en collines

Du printemps qui va naître à tes mortes saisons

De ce que j'ai vécu à ce que j'imagine

Je n'en finirais pas d'écrire ta chanson

Ma France

 

Au grand soleil d'été qui courbe la Provence

Des genêts de Bretagne aux bruyères d'Ardèche

Quelque chose dans l'air a cette transparence

Et ce goût du bonheur qui rend ma lèvre sèche

Ma France

 

Cet air de liberté au-delà des frontières

Aux peuples étrangers qui donnaient le vertige

Et dont vous usurpez aujourd'hui le prestige

Elle répond toujours du nom de Robespierre

Ma France

 

Celle du vieil Hugo tonnant de son exil

Des enfants de cinq ans travaillant dans les mines

Celle qui construisit de ses mains vos usines

Celle dont monsieur Thiers a dit qu'on la fusille

Ma France

 

Picasso tient le monde au bout de sa palette

Des lèvres d'Éluard s'envolent des colombes

Ils n'en finissent pas tes artistes prophètes

De dire qu'il est temps que le malheur succombe

Ma France

 

Leurs voix se multiplient à n'en plus faire qu'une

Celle qui paie toujours vos crimes vos erreurs

En remplissant l'histoire et ses fosses communes

Que je chante à jamais celle des travailleurs

Ma France

 

Celle qui ne possède en or que ses nuits blanches

Pour la lutte obstinée de ce temps quotidien

Du journal que l'on vend le matin d'un dimanche

A l'affiche qu'on colle au mur du lendemain

Ma France

 

Qu'elle monte des mines descende des collines

Celle qui chante en moi la belle la rebelle

Elle tient l'avenir, serré dans ses mains fines

Celle de trente-six à soixante-huit chandelles

Ma France

 

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03/11/2009

L'étranger

Sans être nyctalope pourtant

J'ai eu des nocturnes errances

Entre ivresse et désespérance

Qui me reviennent maintenant

Désincarnées et incertaines

Mais encore lugubres et noires

Et je m'y vois comme au miroir

L'image nette bien que lointaine


Chacun de nous la multitude

Lisant l'avenir dans la bière

Encore des demain comme hier

L'âme percluse de solitude

Bien tristes nuits quand j'y repense

Tant de fatigues engrangées

Je m'y vois comme un étranger

Dans des rues fermées de silences


Mais rien ne cogne et rien ne blesse

A resurgir de ces histoires

Qui titubent sur les trottoirs

Avec un parfum de jeunesse

Je m'avoue parfois des regrets

Qu'avec l'âge on s'assagisse

De la mort je vois les prémisses

Est-ce bien elle que l'on cherchait


Quand la folie guidait mes pas

J'avais une chanson aux lèvres

Et cette perpétuelle fièvre

Qui me jetait dans des combats

Alors l'étranger quelquefois

Que je croise dans le souvenir

Me fait signe de revenir

J'y vais mais je ne bouge pas !


D.L03/11/09


 

16/10/2009

Saison

 

Il faudrait l'éloquence froide et mordorée

De cette feuille qui tombe dans son dernier silence

Et qui rougeoie un peu sur le fond délavé

Du ciel bleu et tremblant et de sa transparence

 

La musique du vent soufflant aux branches nues

L'appel d'un corbeau sur le matin tranquille

A peine ce nuage qui traverse les nues

Et me met dans la tête quelques idées puériles

 

Sans sa beauté lugubre l'automne ne vaut rien

Le soleil est trop vif d'une gaieté étrange

Sa lumière trop pâle étouffe les chagrins

Et la douceur du spleen n'aime pas ce mélange

 

Les reflets de la lune viennent astiquer le sol

Blanchissent le gazon des pelouses séchées

La buse sur le poteau guette le campagnol

Le crépuscule voit l'horizon s'embraser

 

Il manque quelque chose qui ne sait dire son nom

Un poids peut-être bien une lourdeur grise

La noirceur des brouillards dessus comme un plafond

Les embruns quelquefois transportés par la bise

 

Dans mes veines palpite ce printemps décalé

Les lézards sortent encore paresser sur les pierres

Le chrysanthème en fleur voit l'abeille butiner

Pour dire cette splendeur trompeuse de la terre

 

Il faudrait l'éloquence froide et mordorée

De cette feuille qui tombe dans son dernier silence

Et qui rougeoie un peu sur le fond délavé

Du ciel bleu et tremblant et de sa transparence

 

D.L15/10/09

 

 

 

 

Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : automne |  Facebook |

06/08/2009

Autruche

Comment vais-je faire si je n'ai pas ma dose

Comment vais-je faire faire pour rester vivant

Comment vais-je faire il faut que je trouve quelque chose !

Pour avoir du ravitaillement

 Comment faisaient mon père mon grand-père

Tous mes aïeuls de tous les temps

Pour devenir nonagénaire

En étant aussi ignorant !

 

Comment vais-je devenir un homme

Si je n'ai pas mes omégas 3

Et sans ma ration de calcium

Et mes OGM au chocolat ?

 

Il me faut les chaussures machin

Un beau catcat pour plaire aux connes

Manger au super mac machin

Et une brosse à dents en chewing-gum

 

Mon lait de soja hydrogéné

Mon viagra aux tenseurs actifs

Mon bifidus mes allégés

Le shampooing qui recolle les tifs

 

Comment vais-je faire je n'ose pas y penser

S'il y a une grève ou une panne

Un soir de match à la télé

Et que je rate un but de Zidane

 

Comment faisaient mon père mon grand-père

Tous mes aïeuls de tous les temps

Pour devenir nonagénaire

En étant aussi ignorant !

 

Bien planqué sous ta capuche

Tu ne vois rien de l'enfer

Pauvre ballon de baudruche

Au gré des vents publicitaires

La politique de l'autruche

Masque la mort de la terre !

 

08/09/05

 

 

16/03/2009

Hommage

J’envoie au sol

D’un coup de boule

Les idées molles

Comme les quilles

Dans un bowling

Je suis ma boule

Dans la rigole

Le rire des filles

Me désaltère

Sur une jambe

Je fais un spear

Je suis sensible

Au crissements

Je rate la cible

Du sentiment

Je le défais

D’un coup de tronche

Et le goudron

M’obstrue les bronches

Je vais serein

Dans les angoisses

Avec ce chien

Appelé poisse

Et sur l’écran

Je me torgnole

Je meurs tout seul

Avec la gnôle

Je pisse des murs

Dans mon cocon

Ça devient dur

Pour mes poumons

Même le masque

A oxygène

Ne ressuscite

Pas les baleines

J’envoie aux chiottes

Les idées flasques

Je pars aussi

Tirez la chasse.