20.05.2008

Qu'est-ce que c'est ?

Dans le passage des semaines

L’aube est tremblante encore en plus

Jusqu’à quand coulera ce fleuve

L’entassement dans la mémoire

Les noms perdus des amours mortes

Les autoroutes de la nuit

Quel jour après viendra tranquille

Avec la chance d’un coup de vent

Remonter les jupes des filles

Jusqu’à mes rêves adolescents

Compterais-je un jour les étoiles

En 93 au mois d’août

Dans les strates éparpillées

Avec mon vieil ami Claudio

 

Qu’est-ce que c’est ce temps qui passe

Et s’étire infiniment

Attiré par l’invisible

Perdu dans le firmament

Qu’est-ce que c’est ce temps qui passe

Se dilate et se rétracte

Et se dilue dans l’espace

Alors que la mort nous menace

 

Mais quels sont ces songes étranges

Cette impression de déjà vu

Cette odeur dans l’armoire

Cette scène déjà vécue

Jusqu’où ira la rivière

Pour déterrer notre passé

Et nous montrer la parallèle

D’une autre vie simultanée

L’aurore peut être bleue ou grise

Les douze mois font une année

Mais à quelques années lumières

Je ne suis pas encore venu

Ni même le père de mon père

Pas plus que mon ami Claudio

 

Qu’est-ce que c’est ce temps qui passe

Et s’étire infiniment

Attiré par l’invisible

Perdu dans le firmament

Qu’est-ce que c’est ce temps qui passe

Se dilate et se rétracte

Et se dilue dans l’espace

Alors que la mort nous menace

 

Dans la durée de ma chanson

Si je m’enfuyais dans le vide

Je pourrais revenir si loin

Sans rien pouvoir recommencer

Pourtant parfois juste pour voir

Comme au poker dans le doute

Je donnerais tout ce que je n’ai pas

Mais à crédit sur l’impossible

Pour annuler les certitudes

Qui castrent l’imagination

Tordre le cou des solitudes

Et la vitesse des avions

Et puis j’irais boire une bière

Avec mon vieil ami Claudio

 

Qu’est-ce que c’est ce temps qui passe

Et s’étire infiniment

Attiré par l’invisible

Perdu dans le firmament

Qu’est-ce que c’est ce temps qui passe

Se dilate et se rétracte

Et se dilue dans l’espace

Alors que la mort nous menace

 

Qu’est-ce que c’est ?

 

D.L 2004

 

07.05.2008

Apremont

Mercredi 7 mai.

Menu du sept mai, pour accompagner le soleil presque estival et la brise légère qui règne dehors. N’était cette saloperie de rhume qui me gonfle le pif ! Enfin, rhume ou non, soleil ou pas, il faut bien manger pour rester en vie et tant qu’à faire, autant transformer en plaisir cette obligation. L’envie me vient soudain de manger des pommes de terre ! Une fois de plus, bien sur. Les patates restent une base primordiale de notre alimentation et de notre plaisir de bouffer. Blo-blo ! Ça me vient de ma Corrèze maternelle. Je ne suis pas né en Corrèze, mais maman, oui ! J’ai envie de pommes de terre à la blo-blo, ce que j’écris comme ça faute d’avoir jamais su, jamais vu comment ça s’écrivait et même ignorant si un jour quelqu’un l’a écrit. Une fois de temps en temps, ma maman nous faisait des patates à la blo-blo et personne à la maison ne s’en est jamais plaint. Forcément, je n’étais pas très attentif à la méthode, aux ingrédients. Il me faut faire à l’improvisation, au goût, que je ne retrouve que de manière lointaine comme tous les souvenirs de jouissance dont jamais on ne reproduit l’intensité. Mais on en crée de nouvelles, des belles, toutes neuves ! L’enfance est loin, qu’importe ! Peut-être que cette recette improvisée de cuisson des patates que je persiste à appeler « à la blo-blo » donne un résultat meilleur que ce fameux plat de ma mère ! Pourquoi non ? Donc ! Je vais chercher les pommes de terre, je les épluche soigneusement, j’en fais autant avec un énorme oignon (jaune paille des vertus), je les lave soigneusement. J’épluche aussi quelques aulx, je farfouille dans le placard pour y dénicher la noix de muscade, je fonce au jardin pour y recueillir quelques grands brins de ciboulette puisque actuellement le persil se désespère dans le nanisme. J’arrache à la tristesse froide du frigo le pot de crème fraîche qui s’y ennuie. J’agrippe un faitout de fonte émaillée, je saute sur l’huile d’olives, je sors le sel et le poivre. Je souffle une minute en admirant tous ces ingrédients qui vont me permettre de régaler toute la famille ce midi. Et je constate la catastrophe !

Le vin blanc ! Il me manque le vin blanc, ingrédient indispensable à la construction (géniale) de cette architecture gustative que je m’apprête  à mettre en œuvre. C’est l’horreur ! J’ai largement assez de composants pour cuire mes pommes de terre, il n’est pas trop tard pour faire des frites, des patates sautées, à l’étouffée et je ne sais quoi encore ! Mais jamais ce plat ne méritera le patronyme inégalable de blo-blo ! Je vais dans le garage, découragé, j’ouvre ce frigo qui ne nous sert que durant l’été, mais je suis déçu. Il y a bien quelques bouteilles, du mousseux, du rouge, triste bilan ! Et mon regard désemparé se porte sur ce carton, ce carton cadeau offert par André et Mireille qui sont venus passer un moment trop court à la maison. J’ouvre fébrilement et j’en sors les meilleurs vins de Savoie, les chautagne rouge, les Chignin-Bergeron blancs, gouleyants jusqu’à un point… Et une bouteille d’Apremont, pas n’importe quoi, pas du gros rendement à l’hectare comme les vins de… Qu’on achète au…

Je décide un compromis. Comme je suis seul, le débat est vite tranché. Je m’installe devant la gamelle, l’huile, une couche d’oignon, et puis les pommes de terre coupées en rondelles pour entasser quelques couches. Noix de muscade, sel, poivre et je continue, couche par couche. J’ajoute de l’ail, de la ciboulette, je remets de la muscade, du sel, du poivre, j’essaie vainement de sentir les premiers effluves mais mon tarin me refuse encore cette joie. Ainsi de suite ! J’ouvre enfin cette bouteille fameuse, j’hésite encore. Ce n’est habituellement pas avec du bon vin que je cuisine. Sauf exceptionnellement, un bon (petit) Bourgogne pour la daube. En général je me contente d’un vin de table, un blanc de blanc comme ceux que l’on achète au supermarché discount du coin… J’ai copieusement arrosé d’eau, maintenant je dois m’encourager pour déposer délicatement le nectar sur le plat qui mijote déjà. Cruel dilemme ! Est-ce que je vais commencer en guise d’encouragement, par m’arroser la glotte ? Je cours le risque de ne plus oser ensuite en verser une dose sur mes patates, de le trouver trop bon, d’avoir l’idée d’un sacrilège. Aïe ! Que faire ? J’opte pour la solution la plus sage, je verse le vin dans le faitout qui commence à chanter la belle mélodie secrète de la popotte. Je contrôle le niveau, je ne perds pas une goutte. Sans changer de main, j’arrache un godet du séchoir à vaisselle et je le pose sur la table. Là encore je verse. Je prends mon temps, je pose le couvercle sur le faitout, j’y dépose de l’eau pour préserver une certaine douceur dans la cuisson puis je reviens au plus important : mon verre et la verrée quasiment transparente qui m’attend.

Que vous raconter ? Au-delà de la minéralité des graves roulés par les torrents, des fruits secs et de la floraison printanière, des milliers de perles qui viennent exploser et exsuder leur saveur sur chacune de  mes papilles, au-delà même, les yeux clos, de cette impression de boire un paysage, les aiguilles d’Arves qui diluent et vaporisent leur beauté, la rondeur de mastodonte du grand Châtelard, la noirceur schisteuse de la pointe de roche noire, au-delà il y a une bonne part d’indicible jusque dans la solitude de la cuisine quand je lève mon verre à la santé des amis, une chaleur particulière sans laquelle la vie serait bien plus difficile. La prochaine fois que leurs pas amicaux les amèneront jusqu’ici, on mangera des patates à la blo-blo en écoutant les mésanges zinzinuler et en dégustant ensemble, une fois de plus, le vin de l’amitié ! A votre santé !

23.04.2008

Amis

Lundi 21 avril.

Il y a une aventure formidable qui a bouleversé ma vie ainsi que celle de nombreuses autres personnes. Je m’étonne de ne pas encore avoir écrit sur ce sujet. Il est trop vaste, trop intime peut-être avec du sens caché dans des tiroirs que je ne veux ou ne peux pas ouvrir… Une histoire qui a commencé un jour de janvier mille neuf cent quatre vingt dix, chez Claude, alors que sa copine de cette époque me coupait les cheveux. Un de leur copain avait le projet de monter une association, d’intégrer « Opérations villages roumains » et d’aider des roumains à sortir de la merde. Je ne veux pas raconter l’histoire des « coureurs sans frontières », j’en suis parfaitement incapable, je n’ai gardé aucun document de cette époque, rien d’autre que ma mémoire. Et puis j’estime que ce n’est pas mon rôle, que je ne peux qu’interpréter à ma manière l’aventure qui a rassemblé tant de monde, et que je ne pense pas toujours dans le sens « commun », que tous les « coureurs sans frontières » ne comprendraient pas ma façon d’analyser les choses. Et puis la mémoire nue n’est pas suffisante pour relater fidèlement toute la complexité de cette expérience. Alors qu’en dire ? En dehors de l’énorme merci à Jean-François dont l’idée m’a permis de vivre cette aventure… De quoi puis-je parler ? Pendant que Claudie me coupait les tifs, je lisais le projet de création d’association, ce qui allait devenir les « C.S.F ». En Avril, il y a déjà dix huit ans, je suis parti en voyage de reconnaissance avec deux autres membres de C.S.F. Il s’agissait de prendre des notes tout au long de cette route entre Berric dans le Morbihan et Bercu en Roumanie, de créer un « road book ». Avec Claudie et Michel, on est parti pour un voyage qui ne nous a pas indemne ! Au mois d’août suivant, vingt coureurs à pieds allaient se relayer sur ces deux mille quatre cent bornes. De ce premier voyage printanier, je me souviens de nombreuses péripéties ainsi que du rhume incroyable que j’ai emmené avec moi et qui a disparu totalement dès mon arrivée dans le village, dès que nous avons rencontré les gens de Bercu. Parce que je ne veux rien raconter d’autre que ça, ce choc émotionnel formidable de notre arrivée dans ce village. Ni moi ni mes collègues de voyage n’avions d’idées préconçues sur ce que nous allions rencontrer, les gens, les choses, la pauvreté. Les reportages, les images, les photos et les vidéos, les récits de ceux qui y avaient déjà été, tout était bien loin de la réalité ! Parce que la réalité passe par le contact, par l’accueil, par l’espérance que « Coureurs sans Frontières » représentait pour les gens qui nous attendaient. On était trois dans notre petite bagnole, remarquable d’emblée dans ce village où les voitures étaient au nombre de deux ! La pauvre boutique de Magda avec quelques rares boites de conserves sur les étagères, le Büfé de Julius, avec quelques bouteilles derrière le bar, Les bestiaux dans la rue, cochons, oies, volailles diverses, les nids de poules aussi, impressionnants ! Les pistes défoncées, les regards habités de toutes les personnes qui nous voyaient arriver comme un avenir tout neuf, comme un printemps nouveau qui leur permettrait un jour de vivre comme nous, s’habiller comme nous, d’intégrer le monde « normal », loin de la pauvreté. On était parti simplement, un camion chargé de fringues et de bouffe devait nous rejoindre sur place. On avait prévu un voyage de deux semaines, on ne connaissait que le nom de la personne qui était, à ce moment, « responsable » du village : Imre Bücs.

Mercredi 23 avril.

Oh, il y avait du peuple pour nous accueillir, tous les habitants du village venaient nous saluer, nous toucher, nous proposer de boire un coup de cette fameuse Ţuika dont on allait rapidement faire la connaissance. Avec Imre et sa famille, je me suis senti bien immédiatement. Le fait qu’il connaisse un peu la langue française a facilité le contact. Dans ce village peuplé de roumains de langue Magyar, aucun de nous trois, petits français, ne comprenaient le moindre mot. Les Habitants de Bercu avaient trouvé une interprète, l’épouse d’un ingénieur agronome qui bossait là et qui était prof de français dans un lycée de Satu Mare, la grande ville du secteur. Les connaissances d’Imre en français lui permirent de constater que les traductions de notre interprète étaient édulcorées, travesties, pas vraiment honnêtes… Passons, ce n’est pas le sujet… A titre personnel, puisque c’est le sujet qui m’intéresse, la pauvreté évidente de ces gens, la visibilité écrasante de cette pauvreté malgré la profusion colorée des tapis recouvrant le sol des maisons pendant les fêtes de Pâques, cette pauvreté n’a pas constitué une barrière solide. J’ai vu en transparence l’extraordinaire richesse de ces gens dans leur façon de vivre, leur culture, le poids de leur affection sans artifices. Avec Imre et Gyongyke, sa femme, le courant est passé immédiatement. Je me suis trouvé à l’aise, comme chez moi, comme si je revenais dans ce pays où je n’avais jamais mis les panards ! Pas d’eau courante, le puits au fond de la cour, les chiottes aussi, petite cabane, une planche trouée au dessus d’une montagne de merde. Pas de frigo, des ampoules pendant des plafonds dans ces maisons de terre crue. Symbole de richesse, une télévision, quelques chaînes en noir et blanc dont au moins une russe. Des vieux meubles, des décorations religieuses sur les murs chez ces gens pour lesquels la religion avait constitué sous Ceausescu un rempart contre le désespoir. Une ouverture d’esprit, une tolérance telle qu’on ne connaissait pas chez nous. Les bancs devant les maisons, sur le bord de la route, où les gens viennent se reposer le soir après le boulot et le dimanche après-midi. Comme en Bretagne dans les années cinquante… Les conversations de bancs à banc… Chaque maison avec sa cour, son puits, ses volailles, ses cochons, une vache ou deux, les oies. Les bergers tsiganes, superbes avec le grand chapeau et le fouet,  qui passent le matin très tôt et qui emmènent toutes les vaches paître dans une prairie quelque part par là, qui les ramèneront le soir, les vaches comme d’ailleurs les autres animaux rentrant tout seul, ne se trompant pas de maison, sauf, rarement. Une vie en quasi autarcie qui permettait de vivre pauvrement et dans laquelle je me retrouvais pleinement, je retrouvais l’enfant que j’avais été. Je n’ai pas été à Bercu depuis neuf ans ! Je ne suis pas rentré dans ce chez moi chimérique, je reste loin de l’amitié de ces gens que j’aime mais qui sont si loin… Ce n’est pas le temps qu’il faut pour y aller, une trentaine d’heures d’autoroute, souvent moins que ça, mais il ne suffit pas d’être disponible, il faut une bonne bagnole qui ne tombe pas en panne en route (Ce qui est arrivé), il faut du pognon pour mettre du carburant dans le réservoir… Compter cinq mille kilomètres environ, un euro cinquante le litre, six ou sept litres au cent kilomètres… Pourtant je garde l’espoir moi aussi. Seize fois j’ai fait ce voyage, pour des durées plus ou moins longues, avec ma famille, mes amis, ou seul. Pas un jour ne passe sans que je pense à eux, sans que je m’imagine entrant dans la cour, sous la tonnelle, sans que j’entende la voix de Gyongyke, celle d’Imre, leurs éclats de rire… J’écrirais sans doute encore, quelques souvenirs qui méritent de figurer dans ce journal, un de ces jours…

Mercredi 23 avril.

J’ai commencé avec Alain, ce pote avec lequel je partage cinquante piges d’une amitié qui, pour être lointaine n’en est pas moins fidèle ; J’ai continué avec Imre, une série de portrait… Le doigt dans l’engrenage de l’important, le départ pour le miraculeux et mystérieux voyage de l’amitié. Alain il est toujours présent, je ne vais pas y revenir maintenant… Les choses sont comme ça. Mais comment parler de lui en ignorant les autres ? Je culpabilise ! Merde… Il y en a dont je parle souvent, qui viennent dans mes chansons, mes poèmes… Le Claudio dont la (déjà) vieille chanson « qu’est-ce que c’est » parle avec acharnement. Elle raconte sans doute que le temps n’a pas de prise sur l’amitié, à condition qu’elle soit pure, c'est-à-dire sans intérêts aucun sinon ceux de l’amour.

Elle parle surtout de la malléabilité du temps, d’accord…

Parce que l’amitié, ce n’est pas inerme, c’est un drôle de sentiment qui questionne, qui va jusqu’aux tréfonds de l’âme, qui secoue l’animal humain ! C’est moins malléable qu’une équation de monsieur Einstein ! Quand un mec est capable d’être ton ami, ton frère, ton père, ton fils, ton confesseur et je ne sais quoi encore… moi, j’ai eu le bonheur de rencontrer ce truc, ce machin bizarre qui bouleverse la vie, qui met de l’ordre et du désordre, qui est là et qui sait l’être et ne pas l’être, qui t’accueille avec le sourire, avec ta femme, ta maîtresse, tes saloperies, ta façon de penser, sans te juger. Le mec qu’on a envie d’être et qu’on a envie de surtout pas être, bref, l’unique ! Il ne peut pas être tout ce que j’ai dit, tout n’est que fantasme. Mais il ne peut pas ne pas être tout ce que j’ai dit, il l’est ! Il n’existe pas et heureusement pour lui, il a bien assez à faire pour ne pas s’emmerder avec les autres, même si les autres sont moi !

Je ne sais pas si on peut juger au nombre de souvenirs ou plus simplement à l’intensité de ceux-ci. J’ai des souvenirs en pagaille et ils sont d’une rare intensité avec Claudio ! Des galères froides dans les montagnes de Pologne, de Slovaquie, par là bas dans l’Est. Le monde change et nous aussi. L’histoire dans laquelle s’inscrivent nos aventures est déjà dans le passé et pourtant c’est demain que je l’attends, c’est demain que je vais encore boire une bière avec mon vieil ami Claudio, c’est demain que je sais qu’il est là et qu’il sait que je suis là. On s’éloigne pourtant, chacun sa vie, sa famille, ses emmerdements divers et variés sans que le fondamental change. L’amitié à ceci de particulier qu’elle peut être multiple alors qu’elle est unique. En dehors de toutes les aventures extraordinaires que nous avons partagé et même si l’avenir ne nous réserve que des rencontres de vieillissants tordus rigolant dans leurs bières (et non leurs cercueils), je crois que personne au monde ne sera jamais capable de déchiffrer le code de cette complicité qui traverse parfois nos regards, même pas moi ! Mais je frôle l’indicible avec Claudio. Que ce soit dans la mémoire roumaine de nos déambulations ou dans le verre que nous lèverons demain, un de ces jours, il y a une vibration profonde, quelque chose d’étrange, une réelle fraternité, née de circonstances, certainement, et éternelle… Claudio quoi…