14.07.2009
Montreuil (Voynet)
Montreuil : une manifestation dispersée, Voynet dénonce l'action
de la police
© 2009 AFP (Benjamin Gavaudo)Dominique Voynet, maire de Montreuil
(Seine-Saint-Denis), a dénoncé mardi de la part de la police "une démonstration
de force totalement inutile qui a généré à son tour le désordre", au lendemain
des affrontements qui ont opposé manifestants et policiers dans sa
ville.Dominique Voynet, maire de Montreuil (Seine-Saint-Denis), a dénoncé mardi
de la part de la police "une démonstration de force totalement inutile qui a
généré à son tour le désordre", au lendemain des affrontements qui ont opposé
manifestants et policiers dans sa ville.
Entre 250 à 300 personnes protestaient lundi soir contre l'expulsion mercredi
dernier de plusieurs squatters qui occupaient une ancienne clinique, au cours de
laquelle un homme affirme avoir perdu un oeil à la suite d'un tir de flashball
par les policiers.
Pour Mme Voynet (Verts), interrogée sur France Info, la "manifestation dans
laquelle la tension était palpable, dans laquelle aucune violence n'a été
commise" a "été dissoute assez violemment par les forces de l'ordre".
Elle a ajouté que les policiers "ne se sont pas contentés de séparer les
manifestants" mais ont "plaqué violemment un bon nombre d'entre eux contre les
murs" et "les ont frappés à coup de matraque" et "arrosés de gaz lacrymogène,
devant des habitants de la ville totalement stupéfaits et effarés".
Reconnaissant "que certains manifestants étaient venus avec l'envie d'en
découdre" mais "qu'ils étaient une toute petite minorité", Dominique Voynet a
estimé "que c'est le métier des policiers de séparer la grande masse des
manifestants pacifiques et de faire en sorte de cantonner les personnes qui
pourraient être tentées d'en faire plus. Il se trouve que ça na pas été le cas".
© 2009 AFP (Benjamin Gavaudo)Entre 250 à 300 personnes protestaient lundi soir
contre l'expulsion mercredi dernier de plusieurs squatters qui occupaient une
ancienne clinique, au cours de laquelle un homme affirme avoir perdu un oeil à
la suite d'un tir de flashball par les policiers.L'ordre de dissoudre la
manifestation, qui "apparemment venait d'en haut", est "arrivé à un moment où
les manifestants étaient totalement pacifiques et tranquilles", a-t-elle dit.
Elle a demandé une "enquête indépendante" pour "permettre de dire exactement
s'il y eu des violences, quelles étaient ces violences".
"Je ne pense pas pour ma part qu'elles venaient des manifestants, elles venaient
surtout des policiers", a-t-elle ajouté, en indiquant qu'elle allait saisir la
commission nationale de déontologie de sécurité.
A la question de savoir si la manifestation avait été autorisée, la maire de
Montreuil a reconnu que la manifestation n'avait pas été déclarée et qu'elle ne
pouvait pas "être considérée comme explicitement autorisée".
Toutefois, a-t-elle dit, "à ma connaissance, elle n'était pas non plus
interdite, donc la liberté de manifester son opinion devait être respectée".
Elle a enfin mis en cause le comportement du directeur départemental de la
sécurité publique qui, interpellé par des habitants, aurait rétorqué : "si vous
n'êtes pas contents, il faut être conscient du fait qu'en Iran, on tire sur des
gens".
Selon Mme Voynet, il n'y a pas eu de blessés lors de ces affrontements et douze
personnes ont été interpellées, "un peu au hasard" dont "un journaliste du
Monde", puis remises en liberté.
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