02.06.2008
Gauche
Le Parti Socialiste affirme son ancrage à droite en acceptant le libéralisme, l’économie de marché. Il se dévoile en préparant ses attaques les plus sévères, non pas contre la dictature sarkozienne mais contre le nouveau parti de la gauche alternative qui se crée en ce moment à l’initiative de la LCR. Ségolène Royal se met subitement à citer Jean Jaurès et à désigner le capitalisme comme étant l’ennemi qui détruit les femmes et les hommes. La voilà qui déclare que le libéralisme est incompatible avec le socialisme. Venant de Royal, c’est une surprise de taille ! Mais Sarkozy lui-même citait Jaurès il n’y a pas si longtemps, alors, au point où l’on en est… Bientôt, et pour être efficace, le P.S utilisera sans honte les arguments de la droite en mettant en garde contre les gauchistes, contre l’aventurisme du nouveau parti (d’extrême) gauche. Je mets une parenthèse parce que, si ce nouveau parti se crée effectivement, il sera le seul vrai parti de gauche ! On constate que le PC n’existe plus vraiment… Si le P.S arrive au pouvoir, ils feront sans nul doute aussi bien que Jospin avant 2002. Ils seront « aux affaires » pour reprendre leur expression… Ils auront à cœur de montrer aux électeurs qu’ils sont des bons gestionnaires de l’économie et ils taxeront un peu plus les riches, mais pas trop, par crainte de l’évasion des capitaux. Les belles citations de Jaurès et les petites phrases antilibérales auront fait leur temps ! Les réformes qu’ils mettront en place ne changeront rien sur le fond, n’amélioreront en rien la répartition des richesses, ne changeront rien à la paupérisation galopante des français et plus largement de tous les salariés du monde.
Sarkozy continue tranquillement son travail de destruction systématique des services publics. Les socialistes se taisent tout aussi tranquillement. Ce qui est fait ne sera pas à faire ! Quand à reconstruire… Qui en parle ? Sarkozy et son gouvernement au complet mentent effrontément en permanence par l’intermédiaire des médias les plus regardés et les plus lus. Le mensonge institutionnel est une mécanique parfaitement huilé, une démonstration de l’utilisation dictatoriale de la démocratie. La baisse du chômage ? On est passé sous la barre des deux millions ? En multipliant par deux, on n’arrive pas encore au chiffre réel, d’autant moins que l’on ne tient aucun compte des personnes touchées par le chômage, les familles, les enfants… Quand on turbine douze heures par semaine pour trois cent euros par mois, on est plus un chômeur ! On ne compte plus ! On n’est plus compté dans les statistiques ! On est simplement dans la merde et dans la misère. Qui entend le parti socialiste dénoncer ce mensonge ? Plus les revenus du capital augmentent, 58% pour les entreprises du CAC40, plus les salaires baissent ! C’est un effet logique de la balance libérale, un effet accepté par tous les libéraux ! Y compris au parti socialiste. Combien de socialistes sont aussi des actionnaires attachés à l’augmentation à tout prix de leurs bénéfices ? Sans souci des « dommages collatéraux.» A l’assemblée nationale, il va falloir faire des travaux importants pour serrer les rangs du coté droit de l’hémicycle ! Y a-t-il un député socialiste, un seul, encore à gauche ?
La préoccupation principale des petits soldats du P.S est de se demander derrière quel chef ils vont se ranger. Il ne faut pas se rater, en cas de « retour aux affaires », qui sait ?... Les socialistes vont agir sur la peur parce que les français votent avec la trouille au ventre, toujours. Leur seule chance de reprendre le pouvoir est d’agiter l’épouvantail du parti de gauche, de mettre en avant les affaires européennes, la nécessité de respecter les règlementations de l’Europe, que la recherche d’une alternative ne peut se faire qu’à ce niveau là et qu’il convient d’être crédible, ce qui, à l’évidence (diront-ils) ne sera pas le cas du parti anti-capitaliste ! Ils ne se trompent donc pas de cible en tapant à gauche ! Comme ils sont infoutus de se mettre d’accord pour attaquer le pouvoir de la droite dure, qu’ils comptent encore dans leurs rangs un certain nombre de membres dans les strartings blocs de la trahison, ils espèrent se reconstruire un semblant d’unité en visant à gauche. La ou ils se trompent, c’est en imaginant que les français vont les suivre, emboîter le pas à ce parti au sein duquel chacun tire de son coté et où personne n’a d’idées ! Quelles sont les propositions du P.S ? On ne sait même plus de quoi on parle ! Delanoë, Royal, Aubry ? Et Hollande, est-ce qu’il va se contenter de fermer sa gueule ?
Le coté sympathique d’un P.S des années soixante dix, gouverné par un chef indéniable, ce parti dans lequel se retrouvaient moult courants et qui générait de l’espérance ; ce coté est définitivement passé aux oubliettes, remplacé par un ramassis de bobos trouillards accrochés à leur richesse et à leurs actions humanitaires, des pros de la politique ringarde bien éloignés des problèmes réels que vivent la grande majorité pauvre des français ! D’ailleurs ce parti « sympathique » n’a pas lésiné sur les pressions diverses quand Coluche a souhaité se présenter aux présidentielles…
Enfin, je fais parti de ceux qui espèrent que le parti anti-capitaliste sera à la base d’un grand mouvement, exemplaire, que ça va se faire rapidement, que la révolution va avoir lieu, que le monde va être un peu plus souriant. Même si jamais je ne m’encarterais, fidèle que je reste à ma liberté et à la certitude « qu’un homme de parti n’est qu’une partie d’homme.» Ce n’est pas encore demain la veille que je suivrais des consignes…
11:25 Publié dans Texte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, parti socialiste


